Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

La reine Margot

La reine Margot est une splendeur visuelle. 

Tout ce qu'on voit à l'écran semble marqué par le sceau de la perfection. Les extérieurs et les décors, épurés et réalistes à la fois, forment un écrin exceptionnel pour une direction artistique hors du commun : costumes, lumières, photographie, musique sont portés au plus haut degré de professionnalisme.

La caméra de Chéreau est brûlante. Elle virevolte autour d'acteurs qui sont tous incroyables. Isabelle Adjani est somptueuse, sa blancheur laiteuse irradie l'écran et son jeu parcourt un spectre extrêmement large d'émotions et de sensations.

Autour d'elle chaque acteur semble jouer sa vie à chaque instant. Auteuil est méconnaissable, Perez est christique, Anglade sombre avec un brio bouleversant, Pascal Gréggory rode de façon terriblement inquiétante, et l'interprétation de Virna Lisi est dantesque. Les seconds rôles eux-mêmes forment un casting qui comblerait de bonheur n'importe quel réalisateur : Jean-Claude Brialy, Dominique Blanc, Asia Argento ! 

Les scènes de foule sont à elles seules des morceaux de bravoure comme on en voit peu souvent : à la fois frappantes par la densité du nombre de figurants (et la qualité de leur direction, chacun d'entre eux joue vraiment), et la façon dont Chéreau réussit à y incruster les dialogues entre les personnages principaux. On mesure dans ces scènes d'ensemble à la Scorsese (le mariage, la Saint-Barthélémy, la chasse au sanglier, le siège de La Rochelle) les moyens démesurés qu'a nécessité La reine Margot : six mois de tournage, un budget énorme pour l'époque. 

Le film, admirable de bout en bout, ne génère curieusement pas réellement d'émotions. Il séduit par sa sombre, cruelle et écrasante beauté.

 

4e 

Voir les commentaires

Un jour si blanc

Dans la droite ligne de plusieurs films récents de qualité, l'Islande a fourni une livraison intéressante à la Semaine de la Critique 2019 avec ce film de Hlynur Pálmason.

Autant le dire tout de suite, nous sommes ici dans un registre de cinéma d'auteur exigeant (et, c'est vrai, un peu ennuyeux par moment) : format long, scènes étirées, tics de mise en scène, très lents travellings avant, mise en scène un peu rigide.

Le cinéaste n'hésite pas à exploiter des idées très conceptuelles : par exemple filmer au milieu du film tous les personnages de face et de loin, comme des portraits, ou composer des natures mortes avec différents objets pour évoquer un accident de voiture.

Si vous êtes curieux, le voyage vaut tout le même la peine. Outre la nature islandaise, encore une fois très présente dans son immensité, le visage buriné de l'acteur Ingvar Egert Sigurdsson est magnifiquement filmé. L'acteur est décidément de beaucoup de films islandais importants de ces dernières années, dont Sparrows et Jar City.

Après un départ un peu pénible, Un jour si blanc décolle réellement dans sa dernière partie avec une série d'évènements prenants et plutôt inattendus. Il devient alors très intéressant, entrecroisant avec un certain brio des thématiques fort différentes (deuil, amour filial, jalousie, vengeance, violence).

A découvrir.

 

2e

Voir les commentaires

Steve Jobs

Ce film n'est pas une biographie classique de Steve Jobs. Il est curieusement construit autour de trois moments clés de la carrière du créateur du Macintosch, trois moments qui précèdent la présentation au public de trois produits différents, qui connaîtront des succès très variables.

Pendant ces quelques heures en coulisse, le scénario invente des rencontres récurrentes avec les personnes qui comptèrent pour Jobs : sa collaboratrice / assistante (incroyable Kate Winslet), sa fille, ses amis de jeunesse, ses patrons.

Les dialogues et la structure du scénario élaborés par Aaron Sorkin sont comme d'habitude complexes et virtuoses, mitraillette intellectuelle qui ne laisse aucun répit à notre cerveau. La mise en scène survitaminée de Danny Boyle, dont l'efficacité dépend tellement de son adéquation au sujet, trouve ici un beau terrain d'expression, tellement l'ébullition mentale permanente de Jobs est raccord avec la fluidité dynamique du réalisateur anglais.

On apprend beaucoup de choses (qu'on oublie immédiatement), y compris sur les zones d'ombre du personnage.

Ces qualités font de Steve Jobs est un divertissement agréable bien qu'un peu ronronnant.

Danny Boyle sur Christoblog : Trainspotting - 1996 (***) / Slumdog millionnaire - 2008 (***) / 127 heures - 2010 (*) / T2 Trainspotting - 2017 (**) / Yesterday - 2019 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Concours Adults in the room : Gagnez 3 Blu-ray (Terminé)

A l'occasion de l'anniversaire de sa sortie en salle (c'était le 6 novembre 2019), je vous propose en partenariat avec Wild bunch de gagner 3 exemplaires du Blu-ray du film de Costa-Gavras, Adults in the room.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle est le nom de l'acteur qui joue le rôle du premier ministre grec ?
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 21 novembre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le BR envoyé par le distributeur (attention : ce sera après la fin du confinement). NB : un des trois BR sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

Voir les commentaires

Coup de foudre à Notting Hill

Il faut reconnaître à la comédie romantique ultra connue de Roger Michell deux qualités principales.

La première tient au scénario de Richard Curtis. Si l'intrigue principale n'est pas extraordinairement originale, le film vaut principalement par sa sobre rigueur narrative et la qualité d'écriture des seconds rôles. A ce titre, le personnage de Spike est un formidable archétype d'excentricité anglaise.

Le second atout de Coup de foudre à Notting Hill est bien sûr la prestation très solide de l'ensemble du casting, à commencer par le jeu tout en subtilité de Julia Roberts, qui parvient à nous faire croire à ce rôle improbable de star mondiale tentée par la normalité. Hugh Grant ne fait pas grand-chose, et le fait très bien, alors qu'on retrouve avec plaisir quelques têtes connues qui assurent parfaitement (par exemple, un Hugh Bonneville juvénile, qu'on retrouvera dix ans plus tard dans Downton Abbey).

La mise en scène est agréable, le film a très bien vieilli, ses couleurs sont magnifiques, le sens du détail y est imparable et on finit le film dans une sorte de chaude quiétude cotonneuse.

 

3e

Voir les commentaires

ADN

ADN commence plutôt bien.

Maïwenn confirme dans le premier tiers du film son talent pour filmer les scènes de groupe (comme dans Polisse). Chaque personnage parvient à exister avec l'expression d'une belle personnalité, et les interactions lors des regroupements sont tour à tour émouvantes ou drôles.

On se prend d'affection pour le grand-père. Sa relation avec le jeune Kevin (joué par Dylan Robert, la révélation de Shéhérazade) est un moteur inter-générationnel efficace et positif. On aime détester le personnage joué par Fanny Ardant, insupportable comme d'habitude, et on aime aimer celui joué par Caroline Chaniolleau, éminemment sympathique.

Bref, tout se présente plutôt bien, jusqu'au moment où le film devient centré sur la petite personne de la réalisatrice et sa quête des origines. Epaulé par des alter ego sans consistance (Louis Garrel en roue libre, Marine Vacth transparente), Maïwenn est de tous les plans, et tous sont mauvais.

On suit sa demande de test d'ADN sans intérêt, ses minauderies lors de la lecture des résultats, ses lectures et sa pseudo-prise de conscience politique (avec pélérinage esthétique sur le pont de Neuilly), ses démêlés avec un employé d'ambassade caricatural fort sympathique, et enfin, cerise sur le gâteau, son shooting dans les rues d'Alger, filmé comme un défilé de mode au milieu d'une révolution. 

Où comment une chronique familiale intéressante se termine en ridicule ego-trip.

 

2e

Voir les commentaires

Adieu les cons

Le style de Dupontel, à la fois exubérant dans sa forme et rigoureux dans sa structure, se prête particulièrement bien à l'intrigue déjantée et pourtant crédible d'Adieu les cons.

On retrouve ici l'ambiance et la pertinence énervée de 9 mois ferme. Dupontel et la sublime Virginie Efira se donnent la réplique avec beaucoup de classe et de précision dans une intrigue au cordeau, parfaitement ramassée.

Le film est dense, inventif, rythmé. Il n'hésite pas à lorgner du côté du mélo avec une réelle grâce, à l'image de cette séquence finale devant l'immeuble et ses ascenseurs, pleine d'émotion.

On aimera plus ou moins, suivant qu'on entre ou pas dans l'univers stylisé de Dupontel. Pour ma part, j'ai été ému et j'ai pris mon pied.

 

3e

Voir les commentaires

Concours Petites danseuses : gagnez 3x2 places (suspendu)

Ce concours est suspendu pour cause de confinement. Rendez-vous quand les cinémas ré-ouvriront.

A l'occasion de la sortie en salle de Petites danseuses le 4 novembre, je vous propose de gagner 3 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quel âge ont les plus jeunes danseuses du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 3 novembre 20 h.

Un tirage au sort départagera les gagnants. Le film est diffusé par KMBO et son partenaire est Mademoiselle Danse.

NB : un des trois lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

Voir les commentaires

Drunk

L'alcool, à dose raisonnable, est un puissant désinhibiteur qui favorise la construction de liens sociaux. A plus haute dose, il s'avère dangereux et destructeur. Voilà le postulat peu original de Drunk, qui dans un premier temps, semble devoir se limiter à ce contenu programmatique.

Le jeu convaincant des acteurs (à l'exception de Mads Mikkelsen, un peu trop monolithique à mon goût) et la fluidité de la mise en scène permettent au film de se maintenir au-dessus de la moyenne, jusqu'à ce que le scénario décolle finalement dans la deuxième partie du film. Drunk prend alors une coloration plus sombre et beaucoup plus intéressante.

Malgré de nombreuses lourdeurs dans le scénario, qui rappelle celles de La chasse, on se laisse donc finalement prendre à ce tableau à la fois amusant et touchant des affres de la quarantaine masculine scandinave. La scène de fin emporte finalement le morceau, offrant au film une échappée bienveillante et explosive. 

A savourer donc, sans modération.  

Thomas Vinterberg sur Christoblog  : La chasse - 2012 (*) / La communauté - 2017 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Kajillionaire

Kajillionaire est un objet étrange, à la fois film indépendant US typique, comédie gentiment déjantée façon Little miss sunshine, récit d'émancipation, thriller psychologique et romance amoureuse.

Le résultat est mitigé. Le début du film est plutôt plaisant, le temps qu'on découvre avec curiosité chacun des personnages. 

Le jeu stéréotypé d'Evan Rachel Wood agace toutefois rapidement, d'autant plus que le scénario tourne au ralenti au coeur du film, avant de se dynamiser à nouveau sur la fin. 

Personnellement, j'ai décroché vers le premier tiers du film sans jamais vraiment recoller tout au long des longues minutes suivantes (le film dure 1h43). Je n'ai pas vraiment ressenti l'histoire d'amour, ni été convaincu par l'arnaque finale. La mise en scène de Miranda July m'a enfin semblé poussive et terne.

Une déception.

 

2e

Voir les commentaires

Josep

Aurel, dessinateur de presse, passe ici avec bonheur derrière la caméra, pour produire une oeuvre sensible et poétique, à défaut d'être renversante.

L'animation n'est pas le point fort du film, qui est avant tout un film de dessinateur. Pour l'apprécier, il faut donc accepter l'aspect sommaire des mouvements, souvent réduits à une succession de trois ou quatre planches fixes, légèrement vibrantes.

Si l'animation est rugueuse, la mise en scène compense en partie cette faiblesse par une utilisation subtile des dessins (ceux d'Aurel bien sûr, mais aussi ceux, originaux, du dessinateur Josep Bartoli, personnage principal du film). Le film propose également quelques belles idées en matières de lumières, de couleurs et de transitions entre deux séquences.

Le scénario fait l'objet d'une sophistication d'une qualité variable, mais parvient globalement à maintenir notre intérêt. On croise avec plaisir Frida Kahlo et on se cultive en révisant la façon dont la France à accueilli les perdants de la guerre d'Espagne en février 1939. 

Une soirée plutôt agréable, réussie sur le plan esthétique et culturel, qui peine à générer une véritable émotion. A noter que les acteurs prêtant leur voix aux personnages sont tous très bien, avec une mention spéciale pour Sergi Lopez et François Morel, parfait en salopard.

 

2e

Voir les commentaires

The Eddy

On présente parfois The Eddy comme la série de Damien Chazelle, ce qui est abusif, car il n'en est ni le showrunner, ni le scénariste. Il est l'un des producteurs, et a réalisé les deux premiers épisodes, qui sont plutôt réussis.

La série commence donc très bien, avec un épisode formidable caméra à l'épaule, qui pose un cadre intéressant, donne à voir de la musique vivante, et se termine par un évènement étourdissant.

Certains acteurs et actrices crèvent l'écran dès le début de la série. Andre Holland, vu dans Moonlight, est assez charismatique (mais son personnage est malheureusement mal écrit et assez antipathique). La géniale Joanna Kulig (Cold war) séduit et impressionne, comme d'habitude. Tahar Rahim et Leïla Bekhti sont formidables, et enfin la jeune Amandla Stenberg est une révélation. 

Malheureusement, l'intérêt du spectateur faiblit progressivement au long de ces huit épisodes. Le principe de centrer chaque segment autour d'un personnage (comme Lost !) trouve ses limites quand le personnage n'a rien à dire (c'est notamment le cas de l'épisode 4 consacré à Jude). L'autre grand problème de la série est le manque d'évolution de chaque personnage : chacun garde obstinément sa ligne de départ, même quand celle-ci s'avère catastrophique.

The Eddy reprend un peu de poil de la bête dans les épisodes 7 et 8, avec quelques jolies séquences (l'ouverture musicale de l'épisode 7 est excellente) et un sursaut de l'intérêt de l'intrigue, même si les péripéties criminelles restent au final assez peu crédibles.

En conclusion, la série de Netflix n'est pas désagréable dans son ensemble, formidable par moment (la scène des funérailles par exemple), et plombée par quelques défauts structurels.

A noter que Houda Benyamina (Divines) a réalisé deux épisodes.

 

2e

Voir les commentaires

Concours Une vie secrète : Gagnez 5x2 places

A l'occasion de la sortie en salle de Une vie secrète le 28 octobre, je vous propose de gagner 5 x 2 invitations valables partout en France. 

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : en quelle année se déroule l'action du film ? 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 25 octobre 20 h.
 
Un tirage au sort départagera les gagnants.

NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

Voir les commentaires

Sur mes lèvres

Désireux de découvrir le cinéma du jeune Jacques Audiard (je ne connais aucun de ses quatre premiers films)  j'ai enfin profité de mon abonnement OCS en visionnant Sur mes lèvres.

Je ne vais pas tourner autour du pot : j'ai ressenti un véritable choc esthétique à la vue de cette chronique à la fois sensuelle et poétique. 

La mise en scène est d'abord incroyablement inventive et cohérente. Les effets de manche que certains peuvent juger vulgaires chez Audiard trouvent ici leur pleine justification à travers la matérialisation des problèmes d'audition de Carla. Le film parvient miraculeusement à faire ressentir son handicap par des astuces dans la bande-son et dans l'image, mais aussi dans la mise en scène.

Le casting est l'autre point fort du film : Vincent Cassel, Emmanuelle Devos et Olivier Gourmet trouvent ici tous les trois peut-être leur meilleur rôle. Devos compose un personnage emprunté et sensuel qui ne ressemble pas du tout à ceux qu'elle jouera abondamment par la suite, Cassel dégage une énergie et une animalité rare et Gourmet est inquiétant comme jamais.

Sur mes lèvres brille enfin par son scénario redoutablement efficace, au rythme tour à tour alangui et haletant. Du grand art, et pour moi le meilleur Audiard.

Jacques Audiard sur Christoblog : Un prophète - 2009 (***) / De rouille et d'os - 2012 (****) / Dheepan - 2015 (***) / Les frères sisters - 2018 (**)

 

4e 

Voir les commentaires

Stripped

Avec Stripped, Yaron Shani conclut après Chained et Beloved une série de trois films consacrés à l'amour, ou si l'on veut être plus précis, à la douleur causée par l'absence d'amour.

Par son ampleur, la cohérence de son projet artistique et sa force évocatrice, cette trilogie d'impose comme un des moments marquants de 2020.

Comme dans les deux volets précédents, et même si ici le propos est un peu moins percutant et surprenant que dans les deux autres opus, c'est la capacité qu'a Shani de s'approcher au plus près des âmes qui frappe le spectateur. Ce sentiment de proximité extrême, on l'éprouve rarement au cinéma : Kieslowski, Cassavetes, Ceylan, dans des genres très différents, sont capables de faire naître ce sentiment.

Stripped est un double portrait destructuré qui nous bouscule et nous interroge. Il a même déclenché une polémique d'une rare bêtise sous la plume des Cahiers du Cinéma et des Inrocks, qui tentent de distinguer une intention morale au film, qui en est totalement dépourvu. Les intentions des deux protagonistes résultent d'un ensemble d'éléments qui dépassent la bien-pensance consensuelle pour nous faire approcher la complexité de l'âme humaine : un personnage principal n'a évidemment pas le devoir d'être sympa pour qu'un film soit intéressant.

Un immense réalisateur est en train de s'installer dans le paysage mondial, et c'est une bonne nouvelle.

Yaron Shani sur Christoblog : Ajami - 2010 (****) / Chained - 2020 (***) / Beloved - 2020 (***)

 

3e

Voir les commentaires

Honeyland

Dès les premières images de Honeyland (une femme progresse dans des paysages magnifiques), on sait qu'on va assister à un grand moment de cinéma documentaire. Tout est en effet parfait dans cette première séquence : la photographie, les cadrages, le montage et la progression dramatique jusqu'au vertigineux passage dans la falaise.

Il n'y a qu'à se laisser guider par la main bienveillante du couple de réalisateurs pour pénétrer dans la vie quotidienne de Hatidze et de sa vieille mère, qui vivent dans un dénuement total au milieu de nulle part. On est ému, intrigué, fasciné par cette vie simple et l'élan vital qui se dégage de ces deux femmes, malgré des conditions de vie très difficiles.

L'arrivée d'une bruyante famille turque et de leur vaches dans le village abandonné apporte tout à coup une dimension picaresque au film, déjà admirable. Honeyland devient alors une sorte de thriller psychologique : comment la cohabitation va t elle se passer ? Les deux mondes (celui paisible de Hatidze, et celui agité de la famille) vont-ils pouvoir se rencontrer ?

Je ne vais pas déflorer les ressorts dramatiques puissants qui vont découler de cette confrontation, mais je vous assure qu'ils sont aussi forts que ceux qui pourrait naître dans le cerveau d'un scénariste particulièrement imaginatif.

Le film aborde nombre de sujets importants d'une façon plus ou moins directe (la mort, le désir d'enfant, l'amour, la joie de vivre, le rapport à la nature), avec une grâce admirable. Sa densité et sa dureté permettent de le classer au même niveau que les chefs d'oeuvre de Wang Bing.

A ne pas rater.

 

4e 

Voir les commentaires

Concours Wet season : Gagnez 2 DVD (Terminé)

A l'occasion de sa sortie le 22 septembre, je vous propose en partenariat avec Epicentre de gagner 2 exemplaires du DVD du film d'Anthony Chen, Wet season.

Pour ce faire :

- répondez à la question suivante : quelle prix a remporté le premier film d'Anthony Chen 
- joignez votre adresse postale
- envoyez moi le tout par ici avant le 7 octobre 20 h.
 

Un tirage au sort départagera les gagnants. Vous recevrez ensuite le DVD envoyé par le distributeur. NB : un des deux DVD sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aimé ma page FB ou mon compte Twitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien)

Voir les commentaires

Lux Aeterna

Quand Noé est prétentieux, il m'énerve profondément. Quand il s'amuse simplement, comme c'est le cas ici, je le trouve rafraîchissant.

La première partie du film consiste en une logorrhée de Béatrice Dalle, qui en arrive à se saoûler elle-même, sous l'oeil perplexe d'une Charlotte Gainsbourg qui se demande ce qu'elle fait là. C'est certes assez peu original, mais délicieux.

La seconde partie est une plongée en apnée sur un plateau de tournage où tout le monde part en vrille. C'est vertigineux, brillamment mis en scène, et bourré d'idées (la parenthèse dadaïste de Charlotte en train d'appeler la baby-sitter de sa fille, d'une salle de dissection !). Noé y manifeste cette confondante facilité à filmer d'une façon fluide les espaces confinés, qui impressionnait déjà dans Climax.

La troisième partie organise un paroxysme sur les bases habituelles de lumières stroboscopiques et d'une bande-son obsédante. On a déjà vu cela chez Noé, mais la scène est ici dépourvue des oripeaux métaphysico-mystiques qui polluent parfois le cinéma du franco-argentin. On ne vit ici la scène que pour ce qu'elle montre, et c'est bluffant.

Gaspar Noé semble donc ici poursuivre dans la voie de son film précédent : une attention extrême aux acteurs, une caméra jouissive, une intrigue modeste, des effets réussis (les splits screens carrés sont de toute beauté).

J'ai profité à fond de cette friandise sans conséquence, qui se déguste sur le pouce.

Gaspar Noé sur Christoblog : Irréversible - 2002 (***) / Enter the void - 2009 (*) / Love - 2015 (*) / Climax - 2019 (****)

 

3e

Voir les commentaires

Arythmie

En plein coeur de l'été 2018 est sorti ce film russe, qui du coup est complètement passé inaperçu.

C'est bien dommage. Le réalisateur Boris Khlebnikov propose en effet une chronique intéressante qui vaut à la fois pour son sujet principal (le délitement progressif d'un couple) et sa toile de fond (l'état du système sanitaire russe, les difficultés de la vie quotidienne).

Si le scénario et la mise en scène sont loin d'être parfaits, on est entraîné ici par la performance des deux interprètes principaux (Alexander Yatsenko et Irina Gorbacheva). Il parviennent tous les deux à nous étonner et à nous séduire au fur et à mesure que le film progresse, trouvant leur chemin à travers un labyrinthe d'évènements de plus en plus ubuesques.

Arythmie commence donc doucement, pour monter en puissance jusqu'à un final absolument renversant (la petite fille brûlée). 

Une oeuvre étonnante, typiquement russe dans sa démesure alcoolique et son brassage perpétuel de burlesque et de tragédie. A découvrir.

 

2e

Voir les commentaires

Ondine

Ondine est une créature mythologique, présente à la fois dans les mythologies gréco-romaines et germaniques. Elle revêt ici les traits plutôt agréables de l'actrice Paula Beer, découverte dans le formidable film d'Ozon, Frantz.

Le cinéma de Christian Petzold, froid et théâtral, s'adapte assez mal à l'histoire que raconte maladroitement Ondine

Là où il aurait fallu de la poésie et du mystère, il propose des métaphores maladroites (l'aquarium, le scaphandrier, la tâche de vin sur le mur) et des personnages secondaires grossièrement dessinés. Ondine elle-même mime son caractère divin en prenant une moue inexpressive qui est plus ennuyeuse que mystérieuse. Quant aux longs développements sur la ville de Berlin, on se demande bien en quoi ils servent le propos.

Le film échoue également à faire ressentir la passion qui unit Christoph et Ondine. Pour ce qui se veut le tableau d'un amour qui s'étend au-delà de la mort, c'est dommageable.

Comme dans les deux autres films que j'ai vu de cet auteur allemand, j'ai trouvé que le scénario ne tenait pas la distance d'un long-métrage. Sa mise en scène, parfois élégante à force de distanciation, est ici simplement quelconque.

 

1e

Voir les commentaires