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Christoblog

Articles avec #grimur hakonarson

Mjolk, la guerre du lait

Le deuxième film de Grimur Hakonarson ne retrouve pas la veine tragico-comique qui faisait de Béliers une véritable révélation (Prix Un certain regard à Cannes en 2015), mais il confirme son talent de cinéaste réaliste et sensible.

On suit ici les démêlés d'un jeune couple de paysans contre la coopérative dont il font partie, coopérative censée les protéger et les aider, mais qui au final les étrangle, sous prétexte du bien commun. 

Il y avait là matière à un développement politique des plus intéressants : comment une structure apolitique et coopérative peut se transformer en mécanique infernale qui broie les plus récalcitrants ?

En choisissant de plutôt s'attacher au personnage d'Inga, le réalisateur perd en intérêt ce qu'il gagne en sensibilité (car l'interprète est tout à fait convaincante).

Le film, agréable et bien réalisé, reste toutefois anecdotique, et plaira surtout aux amoureux de l'Islande, dont je fais partie.

Grimur Hakonarson sur Christoblog : Béliers - 2015 (****)

 

2e

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Béliers

En décernant son prix principal à Béliers, le jury de la section Un certain regard de Cannes 2015 a fait preuve d'un rare discernement.

Le deuxième film de Grimur Hakonarson est en effet une réussite totale.

D'abord, il y a ces paysages islandais infinis, aussi impressionnants dans l'immensité verdoyante de l'été que dans la pénombre hivernale. Il y a ensuite ces deux acteurs époustouflants, deux frères silencieux depuis des années, tout en habitant l'un à côté de l'autre, et qui ne communiquent plus que par chien interposé.

Mais l'intérêt du film réside surtout dans l'évidente intelligence du scénario et du montage. A partir d'un prétexte ultra simple (une maladie décime les moutons), Hakonarson parvient à construire une oeuvre qui est à la fois un western haletant, un thriller ovin à fort suspense, et une comédie au neuvième degré, qui peut être désopilante. 

Béliers est à ce titre un très bel exemple d'humour islandais : une distanciation pince-sans-rire, qui rappelle l'humour british, en plus cruel, avec des pointes de surréalisme rugueux. 

La mise en scène est sûrement la plus belle que j'aie pu voir cette année au cinéma : chaque plan paraît à la fois simple, beau et indispensable. La beauté plastique du film est entièrement mise au service d'une dramaturgie réglée de façon millimétrique.

Un superbe morceau de cinéma, à découvrir absolument.

 

4e

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