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A l'origine

Stéphanie Di GiustoIl arrive que des acteurs portent un film d'un bout à l'autre. Dans A l'origine, c'est exactement l'inverse : François Cluzet saborde le film du début à la fin.

Le film est basé sur des faits réels : un escroc fait croire à toute une région qu'une autoroute abandonnée va bientôt être remise en construction. Il prend la tête du chantier et construit effectivement un bout d'autoroute, égrenant au passage fausses factures et chèques en bois.

Des faits réels qui deviennent non crédibles : Cluzet l'a fait ! Il commence par une heure de non jeu. C'est assez simple : il s'agit, quoiqu'il arrive (par exemple Emmanuelle Devos a envie de faire l'amour avec vous) d'afficher un masque impassible et buté, en prononçant le moins de paroles possible.

Comment un escroc peut il être escroc sans être un tout petit peu comédien ? On ne le saura pas (des images de Catch me if you can me traverse l'esprit, là au moins on y croyait). Dans un deuxième temps, il s'agit de faire croire que l'on croit aux sentiments, à la solidarité, etc... Solution de Cluzet : sourire à chaque plan (mais là Emmanuelle Devos s'en va, et on la comprend). C'est binaire, et on ne peut simplement pas y croire.

C'est d'autant plus dommage que le scénario en lui-même tenait la route et que les autres acteurs sont bons : Vincent Rottiers, dont on n'a pas fini de parler, Emmanuelle Devos (Ah...). La fin du film est affligeante et sombre dans le pathétique franchouillard : visite improbable au siège de la société (comment peut il entrer et sortir en vêtement de chantier d'un immeuble de la Défense ?), accident de pelleteuse. Même un apprenti scénariste n'aurait pas transformé de petites ficelles en si grosses cordes.

Les dernières images sont pitoyables, on a même peine à en parler : Cluzet court au lever du soleil en brandissant son drapeau de fausse société comme à la guerre (la fameuse photo sur la guerre du Pacifique utilisée par Eastwood) , alors qu'une escouade d'opérette gendarmesque le poursuit (tout en le croisant !).

Du grand n'importe quoi.

 

1e

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anne 11/02/2015 13:44

quelle rigolade en lisant la critique féroce de Christophe , parce que je pense exactement le contraire !
F.Cluzet joue super bien , c'est un régal de voir son évolution ds le film et ce ballet des engins de chantiers , du
jamais vu
la fin géniale m'a fait penser à " rencontres du IIIème type "
seules, les tasses de café qui reviennent constamment m'ont horripilée

Chris 01/03/2010 20:24

Très fort Stoni, tu arrives même à laisser des commentaires sur des films que tu n'as pas vu !!!

Stoni 01/03/2010 19:31

Pas d'accord non plus. Ah mais non, pardon, je l'ai pas vu celui-ci. Désol'.

pierreAfeu 27/11/2009 10:17

Je rejoins le rang des "pas d'accord avec toi". Cluzet est bon (cet escroc est dépassé par une escroquerie qu'il n'a pas créée, d'où son abattement), le film intelligent (sans doute plus proche de Sautet que des Dardenne, signature du bon cinéma populaire à la française, se situant ainsi dans la même catégorie que Welcome), la mise en scène subtile. Bref : une bonne surprise.

heavenlycreature 26/11/2009 23:35

Pas d'accord non plus... j'ai beaucoup aimé!