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Christoblog

Articles avec #herve pierre

Benedetta

Benedetta présente l'immense avantage de pouvoir faire l'objet d'une lecture à une multitude de niveaux.

Commençons par le film qui a choqué une partie des critiques : le nanar grossier où ça chie, ça pète, ça se fout des godes entre les jambes, ça zigouille, ça tranche des têtes, ça balance des répliques visiblement destinées à faire rire le spectateur et choquer le bourgeois. Celui-ci est amusant. 

Il y a aussi le film férocement blasphématoire, qui encule Dieu, ou pour être plus précis, pénètre la nonne profondément, puisque le godemichet en bois est taillé dans une statue de la Vierge. Commençant où le film précédent se termine (la grossièreté), il se termine dans des sphères bien plus politiques : utilisation des miracles, cupidité à tous les étages, absence de croyance véritable.

Il y a au passage un joli film de reconstitution historique, même si on est loin la somptuosité de La reine Margot. Verhoeven prouve tout de même ici qu'il n'a pas son pareil pour retourner un genre (le film en costume) comme un gant.

Il y a aussi un thriller psychologique dans Benedetta : qui gagnera à la fin, qui manipule qui, et jusqu'à quel point ? Qui est avec qui, finalement ? Les miracles sont-ils tous bidonnés ? Le nonce vaincra-t-il au final ?

Et enfin, il y a la façon dont Verhoeven fouille les recoins de l'âme humaine, un film aux confins de la métaphysique et de la sexualité : que croire ? qui croire ? que sentir ? comment jouir ?

Tous ces films se mêlent harmonieusement grâce à un sens du rythme exceptionnel et à des acteurs et actrices au sommet de leur forme. Virginie Efira, Charlotte Rampling, Olivier Rabourdin et Lambert Wilson sont excellents.   

J'ai beaucoup aimé ce film, qui pour moi représente un véritable tour de force.

Paul Verhoeven sur Christoblog : Total recall - 1990 (**) / Elle - 2016 (****)

 

3e

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J'accuse

Le principal intérêt du film de Polanski est de raconter froidement le déroulement de l'affaire Dreyfus, vu du côté de l'enquêteur Picquart. 

L'aspect didactique du film, qui m'a fait enfin comprendre de quoi il retournait de façon parfaitement limpide, est donc sa qualité principale. La réalisation, sage et efficace, parfois un peu maladroite, n'est pas spécialement à remarquer.

C'est plutôt du côté de l'interprétation qu'il faut chercher les points forts de J'accuse. Si Emmanuelle Seigner est toujours aussi nulle (si elle n'était pas la femme de Polanski, elle ne serait évidemment pas là), le reste du casting est assez impressionnant, avec une pléiade d'acteurs de la Comédie Française, et un Jean Dujardin absolument parfait, sec comme un coup de trique. Sous son influence, le film semble filer vers son dénouement comme une flèche, tendu et ramassé, parfaitement servi par la musique obsédante d'Alexandre Desplat.

Le film donne aussi - et surtout - à penser : la rectitude morale et la volonté de justice sont des sentiments assez forts pour qu'un homme borné et raciste adopte une attitude de Juste. C'est vertigineux.

 

3e

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