Christoblog

Only god forgives

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/091/21009179_20130529135745784.jpgRegardez bien l'image ci-contre et imaginez Ryan Gosling en train d'essayer de garder exactement cette même expresssion pendant 1h30.

Voilà à quoi ressemble le dernier film de Nicolas Winding Refn, dont on peut dire qu'il est effroyablement raté. Scénario affligeant, personnages mutiques et caricaturaux, tics visuels vus un million de fois en mieux ailleurs, suspense inexistant, violence aseptisée qui ne fait même pas peur, le film est désastreux du début à la fin.

Only god forgives (au passage, quel titre ridicule, on dirait un James Bond) reprend nombre de situations de Drive, en thaï et en pire, comme la scène rigolote ou un homme se fait littéralement épinglé devant une assemblée de jeunes femmes se fermant les yeux, scène qui fait écho à celle du cassage de gueule dans Drive, perpétré devant un parterre de danseuses topless.

Pour fonctionner, un film de genre comme celui-ci doit pousser les limites, être super-inventif ou terriblement rythmé, sinon il déclenche une vague d'ennui effroyable.

Alors, pour me distraire durant la projection, j'ai imaginé toutes les façons de dérider Ryan Gosling :

  • lui chatouiller l'oreille avec une plume
  • pyro-graver ses pectoraux au fer à souder
  • le teindre en rouge, pour qu'il soit raccord avec la lumière du film
  • lui demander pourquoi il n'a pas eu le cran de venir à Cannes se faire siffler (au lieu d'inventer cette stupide histoire d'assurance à la noix)
  • lui dire que Winding Refn veut tourner une comédie avec lui (aïe, aïe, aïe) 

Plat, creux, glacé, c'est comme si toutes les défauts de NWR et aucune de ses qualités étaient réunis dans un seul film. Je ne suis même pas sûr que Dieu lui pardonne.

Nicolas Winding Refn sur Christoblog : Le guerrier silencieux / Drive

 

1e

Commenter cet article

Vicky 07/08/2013 22:32

Ryan Gosling est assez agaçant dans sa façon de jouer ...ou de ne pas jouer, plutôt, il a la même expression dans tous ses films et ses répliques tiennent toutes sur un timbre poste.

Par ailleurs, je trouve que l'ambiance fait vraiment gros cliché... c'est l'Asie donc on met des lumières rouges, des dragons, et une bonne dose de karaoké cheap et blédard pour avoir l'impression
d'y être.

Kristin Scott-Thomas reste néanmoins excellente dans son rôle et elle est ce qu'il y a de meilleur dans le film, comme ce qui a été dit précédemment.

Chris 22/08/2013 21:23



On est globalement d'accord.



cha 06/06/2013 12:25

Je ne trouve pas non plus le titre ridicule, le film parle d'un homme qui a un fort complexe d'infériorité du à son frère et sa mère castratrice, il n'arrive même pas à avoir de relation sexuelle.
Il se sent perdu et manque de repère, il est à la recherche d'un Dieu et c'est ce policier qui va pouvoir lui pardonner ses pécher. Le film est aussi clairement une critique des hommes (et non des
femmes) qui envahisse un pays pour y développer la prostitution et y faire un trafic de drogue.
J'ai beaucoup aimé Drive, ce film un peu moins bon, j'ai notamment trouvé la musique un peu trop présente et accentué, mais l'image est très belle et c'est un véritable film d'atmosphère.

Colimasson 02/06/2013 11:13

Un film extrêmement triste en effet.

Chris 03/06/2013 21:48



Triste et plat.



ileana 01/06/2013 16:48

Excellente critique !

Je me suis bien amusée avec ta suggestion :
"lui dire que Winding Refn veut tourner une comédie avec lui"

Chris 03/06/2013 21:48



Merci... mais je l'ai lu dans un article, on n'est donc pas à l'abri !



monsieur prudhomme 01/06/2013 14:20

Je trouve cette critique bien sévère. J'ai bien aimé ce film, même si j'ai quelques réserves. On retrouve dans le film les mêmes ingrédients que dans Drive. Un héros inexpressif sur qui l'on peut
projeter ce que l'on veut, une stylisation extrême, un scénario minimaliste, un certain kitsch, une fin ambiguë. Refn revisite les lieux communs des films de gangsters pour en livrer sa version
saugrenue et esthétisante. Au fond c'est peut-être ça Only god forgives : de la culture populaire recyclée par un esthète kitsch et provocateur.

Chris 03/06/2013 21:50



Ta dernière phrase est assez juste, sauf que je n'ai même pas trouvé ça très provocateur.