Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Christoblog

Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)

J'étais prêt à aimer ce film.

D'abord parce qu'un précédent opus du réalisateur m'avait intrigué et en partie séduit, d'autre part parce que j'ai une tendresse particulière pour la Thaïlande et son cinéma, enfin parce que quand un grand festival quitte les sentiers mainstream, cela me plait plutôt.

Malheureusement, et même avec toute la bonne volonté du monde, il faut bien conclure que je trouve pas grand-chose à sauver dans cette palme.

La mise en scène est rudimentaire, le plan fixe étant la norme, dont la caméra tremblotante est l'unique et rare variante (dans la grotte, sous l'eau). La photographie, qui souvent est somptueuse chez Weerasethakul, est incroyablement laide, à tel point que je pensais être tombé sur une copie endommagée. Le propos est décousu, et sa charge symbolique m'a complètement échappé.

Le gouffre entre mon esprit et le film est tellement grand que je n'ai vraiment rien compris ce que je voyais : où sont ces fameuses vies antérieures dont parlent le titre, dans le poisson chat ? Le buffle de la première scène a t'il un sens ? Et les ouvriers laotiens ? Comment raccorder les photos montrées dans la séquence du rêve dans le futur et ce qui est raconté par ailleurs ? Et quel est le rapport entre les derniers plans lynchiens dans la chambre d'hôtel et le reste du film?

Ce qu'on peut sauver dans le film tiendrait en 10 minutes, il dure malheureusement 1h50. Il fut des palmes d'or discutées ou controversées, mais là, à part quelques critiques qui considéreront que Weerasethakul est plus un artiste plasticien qu'un cinéaste, je ne vois pas qui pourra aimer, sauf à être maso ou défoncé. Ou peut-être boudhiste.

 

1e

Commenter cet article

A
Je me doutais que je n'allais rien comprendre au film, mais je trouvais l'ambiance de la bande annonce incroyable.
Sauf que voilà, j'ai beau m'efforcer d'être snob, je me suis rarement autant ennuyé devant un film, c'était presque une torture, une humiliation devant des images qui ne m'évoquait rien. Quand je vois un poisson chat qui couche avec une princesse j'ai du mal à voir autre chose, je suis peut etre un peu con, mais du coup j'ai assisté à un spectacle ridicule (je parle même pas de la fin où je suis très heureux d'admirer des gens regarder la télé). Le pire c'est que je suis resté ouvert me disant que j'étais simplement passer à côté, mais impossible de trouver une analyse digne de ce nom de la part des critiques qui ont adoré (ex cahier du cinéma), 2 pages de branlette intellectuelle pour au final rien de concret, des phrases toutes faites qu'on ne peut pas rattacher au film.
Répondre
G
J'ai rien compris au film. C'était moche, en plus.
Répondre
C
Eh oui, pL, moi aussi ça m'étonne, mais les qualités que j'avais discernées dans Tropical Malady (une acuité dans le jeu des acteurs, des images somptueuses) semblent avoir disparues... Je n'ai rien a priori contre les plans fixes (en tant que fan d'Angelopoulos...) mais là franchement : une fenêtre ouverte sur rien, la forêt vide, etc... Et puis Tropical Malady marquait une progression, certes ténue, mais on voyait en gros où on allait. Mais la plus grosse différence c'est dans la qualité de la photo, dans Oncle Boonmee, c'est fade, surexposé, laid, sans imagination...franchement, ce qu'on voit : c'est pas beau.
Répondre
P
Je suis très étonné que tu aimes Tropical Malady et pas Oncle Boonmee. Les deux films se ressemblent énormément, l'ambiance est presque la même.
Quant à ce qui est de la mise en scène, je la trouve pour ma part brillante (d'ailleurs je ne vois pas en quoi le plan fixe est un défaut, surtout qu'ici les plans sont brillamment composés): le travail sur le son est impressionnant, et j'ai trouvé les images magnifiques.
Répondre
F
ou Tim Burton...
Répondre