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Christoblog

Articles avec #apichatpong weerasethakul

Cemetery of splendor

Dans ce film, il y a : des soldats mystérieusement endormis dont l'âme sert épisodiquement de carburant à des rois morts (?), un médium qui parle aux morts et touche un pénis en érection (:)), une bénévole avec une jambe plus courte que l'autre (:(), deux dieux qui s'incarnent en jolies poupées vivantes (!), un gros américain et un organisme unicellulaire en surimpression sur un ciel bleu (?!), une grue de chantier, un dinosaure en plastique et des néons colorés qui forment de jolies photos pour le dossier de presse (.....).

Alors, oui, j'ose le dire, c'est n'importe quoi. Bien sûr, techniquement c'est quasiment parfait au niveau du cadre et de la photographie, mais pour tout le reste Joe semble ressasser ici son cinéma sous forme de tics répétitifs (les changements de couleur des néons, les filles et les garçons qui se lèvent des bancs à tour de rôle).

La magie poétique qui peut naître de la mayonnaise du maître thaïlandais n'apparaît dans ce film que fugitivement : il manque peut-être ses visions fantastiques qui scandaient ses films précédents (la seule du film, une sorte de gros coeur immergé, n'est guère convaincante).

Le talent de Weerasethakul ne fonctionne que par effet de sidération. Il faut être saisi et transporté par ce que l'on voit. Si comme ici ce n'est pas le cas, on s'ennuie ferme en se fatiguant à imaginer ce que le film rechigne à nous montrer.

Apichatpong Weerasethakul sur Christoblog : Tropical malady (***) / Oncle Boonmee (*)

 

2e

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Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)

Pyramide DistributionJ'étais prêt à aimer ce film.

D'abord parce qu'un précédent opus du réalisateur m'avait intrigué et en partie séduit, d'autre part parce que j'ai une tendresse particulière pour la Thaïlande et son cinéma, enfin parce que quand un grand festival quitte les sentiers mainstream, cela me plait plutôt.

Malheureusement, et même avec toute la bonne volonté du monde, il faut bien conclure qu'il n'y a pas grand-chose à sauver dans cette Palme.

La mise en scène est inexistante, le plan fixe étant la norme, la caméra à l'épaule tremblotante la vaine variante (dans la grotte, sous l'eau). La photo qui s'annonçait somptueuse est incroyablement laide (à tel point que je pensais être tombé sur une copie endommagée, mais d'autres critiques m'ont convaincu du contraire). Le propos est décousu, et sa charge symbolique m'a complètement échappé.

Le gouffre entre mon esprit et le film est tellement grand que je ne comprenais pas toujours ce que je voyais : où sont ces fameuses vies antérieures dont parlent le titre (dans le poisson chat) ? Le buffle de la première scène a t'il un sens ? Les ouvriers laotiens ? Comment raccorder les photos montrées dans la séquence du rêve dans le futur et ce qui est raconté ? Et quel est le rapport entre les derniers plans lynchiens dans la chambre d'hôtel et le reste du film?

Ce qu'on peut sauver dans le film tiendrait en 10 minutes, il dure malheureusement 1h50, ce qui signifie que vous avez largement le temps de penser à vos courses (pour ma part les livres que je dois acheter). Il fut des Palmes d'or discutées ou controversées, mais là, à part quelques critiques qui considéreront que Weerasethakul est plus un artiste plasticien qu'un cinéaste (je l'ai lu !), je ne vois pas qui pourra aimer, sauf à être maso ou défoncé ou peut-être boudhiste.

Apichatpong Weerasethakul sur Christoblog : Tropical malady


1e

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Tropical malady

Ad VitamEn attendant de voir le 1er septembre la Palme d'Or d'Apichatpong Weerasethakul, je visionne son dernier film, avec un peu d'appréhension, au vu des critiques lues : le film serait abscons, hermétique, contemplatif, étrange....

Verdict : il est un peu de tout ça, mais curieusement il ne provoque pas d'ennui, en tout cas pas dans sa première partie.

Le film est en effet découpé en deux parties complètement distinctes.

Dans la première on suit la naissance d'un amour entre deux hommes : Keng, un jeune soldat, et Tong, un garçon de la campagne un peu simplet. Cette partie est absolument remarquable. Le film alterne des séquences courtes, souvent surprenantes (comme cette ouverture étonnante dans laquelle les soldats trouvent un cadavre), brillamment mises en scène. La direction d'acteur est stupéfiante de précision, chaque regard, haussement de sourcil, geste, semblent chacun porteur d'une signification profonde. La photographie est admirable, la nature montrée avec une sensualité inouie qui rappelle Terence Mallick ou Andrea Arnold. Rarement la naissance d'un amour aura été montré avec autant de délicatesse. Cette première heure donne donc l'impression de la découverte d'un cinéaste absolument majeur.

Après une heure, Keng erre dans la forêt, à la recherche de Tong, qui y circule nu, le corps entièrement tatoué. Cette partie est complètement muette, ponctuée de "cartons" comme dans les vieux films muets, évoquant des légendes de monstres et de fantômes un peu confuses. Vers la fin du film, on ne voit plus Tong mais un tigre : l'amant de Keng s'est il métamorphosé en monstre ? Si dans cette partie la nature sauvage thailandaise est aussi bien filmée que dans la première, la monotonie des plans lasse un peu.

Le film est dans son ensemble une véritable expérience sensorielle et intellectuelle, qui convoque toutes sortes de références variées et provoque des émotions aux nuances délicates. Une réussite.

Au détours d'une phrase, Tong semble annoncer le film primé à Cannes : il parle d'un oncle qui se souvient de ses anciennes vies, jusqu'à 200 ans en arrière. S'agit il d'Uncle Boonmee ?


3e
 

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