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La mort de Dante Lazarescu

Ion Fiscuteanu. Bac FilmsImaginez une sorte de croisement contre-nature d'Urgences (oui, la série US), de 4 mois, 3 semaines, 2 jours (la palme d'or méritée de Mungiu) et de Rohmer. Cela vous donnera une idée de l'OVNI que représente le film de Puiu.

Au début, disons pendant les 30 premières minutes, la situation est approximativement la même que pour Irréversible (bien que pour des raisons inverses) : vous avez envie d'arrêter. La description de la décrépitude du sus-nommé Lazarescu est franchement ennuyeuse et un peu trop caractéristique du cinéma de l'Europe de l'Est.

A partir du moment ou Dante (appelons le comme ça) quitte son appartement pour une odyssée nocturne dans les rues de Bucarest, le film prend une tournure onirique résolument originale et captivante. Au fur et à mesure que les diagnostics plus ou moins sérieux s'enchaînent, et sous l'égide d'une infirmière (tellement) si humaine, le film commence à ressembler à une pièce de Beckett passée au mixeur slave.

On suit avec intérêt, puis avec perplexité, et enfin avec passion l'odyssée de notre Dante à travers les cercles de l'enfer roumain, chaque hôpital représentant une étape vers, vers .... une dernière scène magnifique qui tirera les larmes de votre coeur de cinéphile endurci.

Hormis la première demi-heure un peu convenue, un chef d'oeuvre doux-amer. Très remarqué à Cannes 2005, avec raison.


3e

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félix 07/03/2011 00:21

nous sommes donc bien d'accord :)
superbe film