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Melancholia

Kirsten Dunst & Charlotte Gainsbourg. Les Films du LosangeMelancholia s'ouvre par une série de plans fixes à la beauté glaçante et aux lumières irréelles.

Par son aspect poseur, voire pédant, cette ouverture rappelle celle (complètement ratée) de Minuit à Paris. Elle fait également penser au long insert cosmo-panthéiste de Malick dans The tree of life. D'une certaine façon, les spectateurs pressés pourront se contenter de ces quelques plans : ils contiennent les plus belles trouvailles du film, le résume parfaitement (en en dévoilant d'ailleurs la fin) et illustre une de ses caractéristiques principales, la lenteur.

Deux soeurs : Justine (sublime Kirsten Dunst) et Claire (la sombre Charlotte Gainsbourg).

Deux parties. Dans la première, Justine se marie. Le mariage tourne au fiasco au fur et à mesure que Justine perd pied avec la réalité. Le film lorgne incontestablement vers le repas de famille du formidable Festen, le film de Thomas Vitenberg. Il n'en a malheureusement pas la force. Kiefer Sutherland, le héros de 24, semble importer ses tics de justicier, il regarde par dessus ses épaules avant de frapper à une porte comme si une armée de terroristes allait débarquer. Bref, sans être complètement nulle, cette partie dogme semble avoir été vue mille fois, et on s'ennuie ferme. Peut-être faut il être (ou avoir été) dépressif, comme Lars von Trier lui-même pour saisir toutes les nuances de la chute de Justine. Pour ma part, j'ai souffert et ne me suis pas passionné pour ces petits psychodrames mesquins et sans intérêt.

Dans sa deuxième partie, le film décrit les jours qui précèdent la collision de la planète Melancholia avec la Terre. Même décors (un hôtel de luxe et un golf), mêmes personnages (hors le mari éconduit, bien sûr). Au fur et à mesure que l'échéance approche, les personnages semblent inverser leur polarité : Justine devient sereine (elle préfère une grandiose catastrophe à de menues satisfactions) et Claire panique. Cette partie est plus réussie que la première, elle souffre cependant d'un goût curieux pour certains effets kitchissimes (le dernier plan !) et pour certains messages douteux (la Terre est mauvaise). Le scénario étire jusqu'à la rupture une intrigue minimale.

Melancholia laisse au final un sentiment d'oeuvre malade, riche de potentialités, mais n'étant parvenue à les concrétiser complètement.

 

2e

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anne 17/11/2014 12:21

je ne regarde jamais de films genre fantastique , aussi je pensais voir un film original voire poétique
à partir d'une bonne idée : une planète va frapper la terre , LVT a manqué d'idée créatives ,et puis qu'est ce que c'est cette limousine idiote ? et ce pont que les chevaux ne veulent pas franchir pas plus que la petite voiture de golf , cela veut dire quoi ?
la seule chose que j'ai aimée ds ce film , c'est la musique sublime de Wagner qui s'adapte merveilleusement ici , et la dernière image
lu le début de la critique de Rémi , trop long et surtout un langage émaillé de grossièretés qui le discréditent

Claire 20/09/2011 20:40


Arf, quel ennui...tu as très bien résumé!


fredastair 10/09/2011 00:53


Effectivement il fallait oser le rapprochement avec "Minuit à Paris", qui me semble pas vraiment dans le ton, mais plutôt rigolo. Chez Von Trier, les ralentis annoncent toute la suite, c'est sûr,
et ce n'est qu'à demi-convaincant.
J'en tire les mêmes conclusions que toi (à part la fin, que je n'ai pas trouvé cheap) : de belles potentialités plutôt gâchées.


lalau 31/08/2011 13:05


Melancholia est un film à la fois prétentieux,pédant, voire pompier: la photo est belle, voire sophistiquée, mais le fond manque singulièrement de profondeur.
Je suis d'accord avec Christophe quand il fait le lien entre Festen et la première partie du film. Pour finir, la B.O. est à vous dégoûter de Wagner : elle appuie de façon outrancière le propos.


Bob Morane 22/08/2011 10:02

Sur le moment je me suis trouvé un peu anesthésié et pas loin de penser comme toi (surtout la première partie assez chiante), mais au fur et à mesure j'ai beaucoup aimé le film et surtout la fin. Malick avait complètement raté là ou en effet Lars sublilme. Même le coup de la limousine m'a surpris à froid avant finalement me faire marrer. Film à laisser mûrir.