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Articles avec #josephine japy

Sur les chemins noirs

Même si l'ensemble de ce film n'est pas vraiment catastrophique, il faut reconnaître que rien n'y est bon.

Le pire est peut-être la façon dont il est écrit. Le scénario alterne les prises de vues en pleine nature avec de courts flash-backs qui ne présentent généralement aucun intérêt, et qui sont de plus raccordés fort maladroitement au temps présent.

L'interprétation de Jean Dujardin, qui entre parenthèses ressemble de plus en plus à Gilles Lelouche, n'est pas très convaincante. C'est un peu dur de le dire abruptement, mais sa crédibilité en intellectuel est assez faible, et il n'incarne pas à l'écran la rugosité dérangeante de Sylvain Tesson. Les autres personnages ne sont que des silhouettes grossièrement dessinées et mises en scène d'une façon souvent pataude (l'esthétique porno chic des scènes avec Joséphine Japy par exemple).

Si comme moi vous n'êtes pas fan des aphorismes pontifiants de Tesson, vous risquez de vous ennuyer ferme, et de regretter que le vertige de la marche au long cours, et en pleine nature, ne soit pas plus sensuellement rendu.

Le film réduit l'expérience physique extrême du personnage principal (1300 km tout de même) à une enfilade de cartes postales insipides dont on s'attend à voir surgir un Michel Drucker qui lancerait un sonnant "Formidable !" au spectateur, du haut du Mont Lozère ou d'une barque sur la Loire. 

Sur les chemins noirs respire le manque de talent dans toutes ses composantes.

 

1e

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Mon inconnue

Pas beaucoup d'esbroufe dans ce film modeste d'Hugo Gélin, mais de réelles qualités : un casting et une direction d'acteur parfaits, et une légèreté dynamique assez rare dans la comédie française.

Du point de vue casting, François Civil est vraiment très bon, parvenant à la fois à nous faire croire à la situation absurde qui fonde le film, et à réagir avec un certain pragmatisme aux évènements. Joséphine Japy est formidable de délicatesse et de charme. Benjamin Lavernhe enfin crève l'écran en copain complice.

L'autre grande qualité du film est une façon de marier comédie, fantastique et romance comme peu ont réussi à la faire. Mon inconnue a ainsi des petits airs de comédie classique américaine à la Capra : il déroule son synopsis avec légèreté, souplesse et élégance. Il parvient à nous faire considérer le prétexte abracadabrant du film (des mondes parallèles pour faire simple) comme un cadre au final crédible, dans lequel le trio d'acteurs déploie leur talent avec agilité et conviction.

La réalisation et la direction artistique (un Paris de carte postale) contribuent également au plaisir simple ressenti à la vision du film.

Un divertissement de très bonne tenue.

 

2e

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Respire

Respire, le deuxième long-métrage de Mélanie Laurent, a enthousiasmé la Semaine de la Critique à Cannes 2014.

Le découvrant aujourd'hui, je ne peux m'empêcher d'être un peu décu. Si la description du monde des adolescentes y est très réussie, la progression du film m'a semblé un peu mécanique.

C'est au final l'interprétation de la jeune Joséphine Japy qui sauve le film. La fascination, les élans sincères, puis l'enfermement sont joués à la perfection par la jeune comédienne. Lou de Laâge, dans le rôle de la vamp allumeuse m'a semblé au contraire jouer faux plusieurs fois. Dans ce film de femmes, Isabelle Carré est une nouvelle fois prodigieuse.

Sans révéler trop de choses du film, cette histoire de pervers narcissique paraît avoir été racontée mille fois (dans des milieux, et avec des âges et des sexes différents). Il faut un vrai talent de réalisatrice à Mélanie Laurent pour susciter ici l'intérêt, à travers un montage nerveux, une certaine concision dans les enchaînements et une mise en scène très expressive, parfois à la limite de la démonstration de force, à l'image de ce travelling immense lorsqu'on découvre la vérité sur Sarah.

Un film intéressant et plaisant à suivre.

 

2e

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