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Mad men (saison 5)

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/77/49/08/20053306.jpgJ'ai été plutôt déçu par cette saison qui n'apporte aucune nouveauté par rapport aux précédentes.

Les créateurs semblent ronronner un peu et vivre sur leurs acquis, accentuant simplement un peu les caractères de leurs personnages principaux, dans une ambiance de plus en plus noire.

Don Draper et Peggy Olson se partagent les rôles les plus intéressants. Betty disparaît à l'arrière plan, comme d'autres personnages secondaires.

L'actualité semble pour la première fois une toile de fond artificiellement peinte, plutôt qu'une réalité (les Rolling Stones qu'on ne verra évidemment pas, les émeutes raciales dont on ne mesure ni le sens ni la portée, etc). On surprend même les scénaristes à placer dans leur script des astuces narratives dignes de séries plutôt bas de gamme (le cancer de Betty, les électrochocs, les parents de Megan).

Pas de nouveaux personnages d'importance, pas d'évènements très marquants (si ce n'est la chute de Lane, que la saison fait durer comme un ultime recours dramatique) : je me rends compte qu'écrivant sur cette saison plusieurs semaines après l'avoir vue il ne m'en reste déjà presque plus rien, si ce n'est l'impression agréable d'avoir effleuré des meubles de bois de précieux et du cuir de qualité, en sirotant un triple whisky.

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2e

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The walking dead (Saison 1)

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/35/82/19783229.jpgAprès Mad men et Breaking bad, voici une troisième série de la petite chaîne US qui monte, AMC.

The walking dead est tiré d'un comic-book à succès. Le prétexte est assez simple, et rappelle celui du film de Danny Boyle 28 jours plus tard : un flic tombe dans le coma et lorsqu'il se réveille sa famille a disparu et le monde est envahi de zombies.

Le début de la série est assez prometteur, avec des zombies terrifiants et un acteur principal, Andrew Lincoln, qui donne une épaisseur réaliste à son personnage. La fin de l'épisode 1, et le début du 2 sont en particulier très réussis, avec des vues d'Atlanta désertée qui sont assez frappantes. Les images et les effets spéciaux sont de qualité cinématographique.

La série se banalise un peu lorsque le héros retrouve un groupe de survivants (dont sa famille) : les schémas psychologiques deviennent alors un peu simplistes et on se demande si les scénaristes n'ont pas avalé une boîte de lexomyl. Même si certains personnages sont attachants, l'intérêt peine à se maintenir, jusqu'au dernier épisode qui génère un regain de frissons avec la découverte d'un savant complètement isolé dans son bunker.

Malgré ses imperfections la série de Franck Darabont se laisse regarder, notamment parce qu'on est indéfiniment curieux de voir où les pas de ces ultimes rescapés vont les conduire. Leur situation semble absolument désespérée, et c'est ce qui est drôle.

A noter la brièveté étonnante de cette première saison (6 épisodes seulement, contre 13 pour la deuxième et 16 pour la troisième), qui montre bien qu'il s'agissait d'un ballon d'essai qui n'aurait pas été renouvelé si le succès n'avait pas été là.

J'affinerai mon avis lors de la deuxième saison, qui attend sur mon étagère de rejoindre le lecteur de DVD Sony.

 

2e

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Mad men (Saison 4)

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/66/88/40/18961598.jpgVoilà, j'ai enfin fini les saisons de Mad men disponibles en DVD.

Alors que je m'attendais à être déçu par cette saison qui marqua une sorte de coup d'arrêt dans la diffusion de la série (marquant une interruption d'une annnée sabattique avant la diffusion de la saison 5) il s'avère que celle-ci est ma préférée.

Le rythme un peu lent de certaines saisons (le début de la 1, une partie de la 3) est ici oublié au profit d'une narration qui m'a semblée plus proche des standards habituels des autres séries, et qui me convient parfaitement.

Le début de cette saison 4 est marquée par une progression dramatique ensorcelante : la descente aux enfers progressive, mais assez rapide, de Don Drapper. Séparé de Beth (la pauvre n'est pas beaucoup mieux lotie psychologiquement que son ex-mari), Don pète gravement les plombs, de plusieurs points de vue, sentimentaux et professionnels (pour la première fois).

Son passé se solde dans un deuil prévisible, mais néanmoins douloureux. Cette partie de l'intrigue, qui m'intrigua si profondément dans les saisons précédentes se trouve donc expédiée un peu abruptement, mais ce n'est pas pour me déplaire.

Ce sont d'ailleurs ces différentes accélérations narratives qui troublèrent à mon avis les amateurs de la première heure, peu habitués à voir dans cette saison se dénouer en un clin d'oeil des situations qui d'habitude auraient fourni matière à 6 ou 7 épisodes.

Beaucoup d'éléments annexes m'ont beaucoup plu, je pense par exemple à cet accès de racisme anti-japonais de Sterling, ou à l'émancipation progressive mais bien réelle de Peggy.

La réalisation reste au niveau le plus élevé qu'on ait pu voir pour une série, et la reconstitution de l'époque dans les moindres détails est une pure merveille.

Vivement la saison 5, en cours de diffusion aux US.

Mad men sur Christoblog : Saison 1 / Saison 2 / Saison 3

 

4e

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Mad men (Saison 3)

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/77/49/08/19475325.jpgAlors que la saison 5 se déroule tranquillement aux US, je progresse paresseusement dans la série.

Après une saison 1 un peu décevante, et une saison 2 passionnante, la saison 3 me laisse un goût mitigé dans le gosier : toujours autant de scotch et de cigarettes, mais on finit par s'y habituer.

Les destins des différents personnages se développent lentement : Betty s'éloigne de plus en plus de Don, ce dernier est inexorablement impassible, Peggy poursuit une irrésistible ascension, Sterling est de plus en plus attirée par la chair fraîche...

Cette saison renoue avec les lenteurs de la saison 1 et je trouve qu'elle est un peu en retrait par rapport à la saison 2.

Peu de découvertes nouvelles sur la vie antérieure de Don : la série de ce point de vue semble devoir accoucher d'une souris. Certains personnages disparaissent presque, et c'est dommage (je pense à l'homosexualité refoulée de Salvatore par exemple, qui constituait un beau sujet).

La confrontation américano-britannique ne produit pas l'effet détonnant auquel on pouvait s'attendre. Et enfin j'ai été un peu déçu par le manque d'intéraction avec l'actualité, à part peut-être la mort de Marylin et surtout le très bel épisode 12 sur la mort de Kennedy (réalisé par Barbet Schoeder s'il vous plait), impressionnant.

Bien sûr, la série reste tout de même d'un très haut niveau, avec une réalisation de qualité cinématographique, une interprétation parfaite, des décors et costumes fabuleux, et un aspect historique des plus intéressants.

On s'ennuie tout de même un peu parfois. La saison 4 sur Christoblog dans quelques semaines.

 

3e

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Mad men (Saison 2)

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/66/88/40/18961603.jpgOuh là là, j'entends déjà ceux qui vont dire qu'ils ont déjà vu la Saison 4 de Mad men, et que je suis bien lent, et ta ta ti et ta ta ta.

A ceux là, je répondrai que cette série mérite qu'on prenne son temps, justement. Dans ma chronique de la saison 1, je soulignais combien la série était atypique, proposant plus une ambiance qu'une intrigue.

Ceci reste vrai dans la Saison 2. Pas de cliffhanger dans Mad men, mais plutôt une sensation que le temps s'écoule avec un coefficient de viscosité important. Si l'intrigue reste minimaliste (les contrats des publicitaires s'égrènent d'une façon mécanique, mais intéressante, reflétant les mouvements de fond d'une époque), ce sont les caractères des personnages qui parviennent ici à acquérir une épaisseur psychologique de plus en plus convaincante.

Prenons le cas de Peggy Olson, par exemple, particulièrement représentative de la modernité introduisant le paradoxe chez la femme (ou l'inverse). Ou celui de Salvatore, qui découvre une homosexualité refoulée - alors qu'un petit jeunot sans complexe professionnel affiche la sienne ouvertement. Tous les personnages dans cette saison s'épanouissent comme des fleurs carnivores, capiteuses, ridicules, touchantes, humaines.

Don Draper, au milieu de cette humanité balzacienne en marche apparaît comme un trou noir. Qui est-il : on ne le sait pas vraiment, et cette saison n'apporte que des embryons de résolution à cette énigme. Que veut-il ? Que ressent-il ? On ne le sait pas non plus, tant sa conduite parait être celui d'un sex addict égaré dans une époque qui ne le comprend pas, et qu'il ne comprend pas.

Si dans cette saison les personnages prennent chacun (enfin) toute leur épaisseur, que dire de la fabuleuse qualité de la reconstitution, et de l'extraordinaire travail sur les couleurs, les textures, les musiques, les chatoiement du temps. C'est à un régal proustien que nous convie Mad men : émerveillement de voir une époque entière surgissant sous nos yeux, zébrée d'apperçus de modernité (la mort de Marilyn, la Baie des cochons, les premiers concert de Dylan), qui pour nous étaient jusqu'alors moins que des souvenirs : de simples traces.

Mad men réussit un tour de force : nous faire tellement sentir présent le passé, que l'avenir d'alors semble irréel.

Cette saison atteint des sommets de bizarrerie élégante et éthérée dans son escapade californienne, absolument géniale et filmée d'une façon magistrale, cinématographique et acidulée. Du grand art.

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4e

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Mad men (Saison 1)

Elisabeth Moss. AMCEn juillet 2007, une petite chaine télé américaine, AMC, surprenait le monde télévisuel américain en présentant une série résolument originale : Mad men.

Pas de vedettes, pas ou peu d'action, pas de cliffhanger en fin d'épisode. Bref, un condensé de procédé anti-commerciaux qu'on pensait réservé à HBO, et encore.

Nous sommes dans les années 60, au sein d'une agence de publicité. Il faut bien le dire, au début on n'y comprend pas grand-chose, tellement le langage, ainsi que les comportements, sont codés et datés. Tous les hommes fument et boivent comme des trous, y compris au travail (quelle époque !) et songent aussi à sauter leur secrétaire, qui a priori est assez souvent du même avis.

Un début déstabilisant, dans lequel les personnages n'ont pas grand relief. Il faut attendre la moitié de la saison pour se familiariser avec Don Draper et ses acolytes qui finalement ont chacun leur personnalité. Les femmes sont encore plus intéressantes. Si la secrétaire du boss est une bombe sexuelle intrigante, la petite nouvelle (Elisabeth Moss, ci contre) s'avère être une coriace, et intelligente qui plus est. La femme de Don, dépressive, constitue un tableau poignant de la situation de la femme au foyer.

Un coup de théâtre éclairant le passé de Dan éclaire l'épisode 10 et à partir de là, on peut dire que la série est parfaitement lancée.

Ce qui fonde la différence de Mad men d'avec ses illustres prédécesseurs des early 2000 (Lost, Alias, 24), c'est la qualité de la mise en scène, la recherche de la perfection pour tous les éléments (décors, musique, photo) qui rendent le produit fini aussi estimable qu'un film : le pitch, le concept ne sont plus au coeur de l'intérêt qu'on porte à la série. En ce sens on se rend mieux compte aujourd'hui du rôle de passeur qu'on joué deux grandes séries des années 2000 : Les Sopranos et The wire.

Je reviendrai à l'occasion de mon billet sur la saison 2 sur Mathew Weiner, le showrunner de la série et sur ses influences, de Sirk au cinéma français en passant par l'écrivain méconnu John Cheever, un des inspirateurs de Bret Eaton Ellis.

 

3e

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