Christoblog

Philomena

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/501/21050161_20131016165208601.jpgJe m'attendais à un Stephen Frears un peu mou, au regard des critiques et de la bande annonce. Mais pour une fois, cette dernière ne dévoile que très partiellement la trame complète du film, qui s'avère une oeuvre à la fois très attachante et parfaitement maîtrisée.

Le sujet est multiple. Il s'agit d'abord de relater un épisode terrible de l'histoire irlandaise : la façon dont des bonnes soeurs catholiques vendaient en 1952 des enfants de filles-mères à des Américains. Cet aspect est passionnant et permet au duo Frears/Cogan d'être particulièrement caustique et impitoyable vis à vis de l'Eglise.

Mais il y a bien d'autres angles de vue dans le film, comme celui qui consiste à confronter deux personnalités totalement différentes qui vont apprendre progressivement à se connaître et à se respecter : le journaliste cultivé et cynique, la vieille femme inculte mais digne.

Le film séduit enfin par un troisième aspect : celui d'une enquête quasi policière, avec ses rebondissements improbables (la mention "inspiré de faits réels" permet ici de ne pas crier à l'invraisemblance), ses culs-de-sacs apparents et son final ahurissant.

Stephen Frears y affirme une maîtrise totale, et tout est parfait dans le film : montage au cordeau, décors magnifiques, cadrages et photographie superbes, utilisation judicieuse de fausses images d'archive, et surtout, surtout, deux performances d'acteurs sublimes.

Un excellent moment, qui allie rire, larmes, émotion et curiosité intellectuelle. Le meilleur film de l'année, pour l'instant, avec Nymphomaniac, dans un genre très différent.

Stephen Frears sur Christoblog : Tamara Drew

 

4e

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bannish 15/02/2014 13:10

ah nan! pas d'accord du tout pour en faire un grand film ! C'est joué d'avance, presque caricatural, sans aucune surprise de fond et de forme. C'est un film qui se regarde honnêtement, et les acteurs produisent ce qu'on attend d'eux.
2 étoiles, 2.
Pas plusss !
Quant au meilleur film de ce début d'année, c'est bien sûr, à mi-février, Dallas Buyers Club !

bannish 15/02/2014 23:28

Je n'avais effectivement pas prévu ces deux éléments, qui sont assez anecdotiques au regard de la dynamique de narration, non ? Si le fils n'était pas conseiller de Bush, gay et enterré "là où il est", est-ce que ça changerait fondamentalement notre affaire ? C'est un peu décoratif, pour donner un ptit pluss, un côté plus trendy...Mais il me semble pourtant que le réalisateur voulait davantage séduire par le chemin que par la solution. Et ce chemin était tracé au GPS, avec tous les clichés du genre.

Chris 15/02/2014 20:52

Tu es très fort si tu avais prévu dès le début :
- que le fils était gay, conseiller de Bush et mort
- qu'il était enterré là ou il l'est
Moi perso, ces découvertes successives m'ont bluffé (mais je peux être très bon public, PARFOIS !)