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Les adieux à la reine

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/16/45/20027723.jpgOn ne dira jamais assez le bien qu'il faut penser de ces films qui tiennent debout par la grâce de leur mise en scène, la perfection des détails qui les composent (costumes, musique, lumières, décors, seconds rôles) et l'excellence de leur interprétation. Un exemple récent de ce type de film est L'Apollonide, avec lequel Les adieux à la reine partage plusieurs points communs, dont la présence au casting des deux réalisateurs/acteurs Xavier Beauvois et Noémie Lvovsky.

Comme dans le film de Bonnello on est ici captivé de la première à la dernière seconde par la mise en scène brillante de Benoit Jacquot, et tout particulièrement par ses admirables mouvements de caméra. Il faudrait voir et revoir ce dialogue amoureux entre Marie-Antoinette et Gabrielle de Polignac, lors duquel la caméra, très proche des visages, oscille plusieurs fois de droite à gauche.

Jacquot excelle à rendre les ambiances par petites touches : la pauvreté des appartements des domestiques, le gigantisme du château-monde que constitue Versailles, son isolement du reste du monde.

De l'histoire proprement dit, on ne peut pas dire grand-chose sans en dévoiler ce qui en fait la valeur, mais là encore le film réserve une excellente surprise. On aurait pu croire que vu ses qualités plastiques le film pouvait se dispenser d'un scénario digne de ce nom, mais ce n'est pas le cas. La psychologie de la jeune servante est magnifiquement cernée par une Léa Seydoux en grande forme (son meilleur rôle avec Belle épine). Mais que dire de la prestation époustouflante d'une Diane Kruger habitée littéralement par son rôle ? C'est magnifique ! Quant à Virginie Ledoyen, on a comme d'habitude un peu envie de la baffer, mais son physique rend tout à fait crédible l'attirance de la reine pour elle.

Le cinéma français au mieux de sa forme : on pensait 2011 exceptionnelle, mais Benoit Jacquot prend le relais pour 2012, en attendant Cannes.

 

4e

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Edouard 20/04/2012 15:42

Oui, nous sommes d'accord, même si je n'ai pas spécialement envie de gifler V. Ledoyen. Nous avons retenu la même scène marquante, celle où les allers-retours de la caméra tissent le rapport entre
les deux femmes.

Nelly Moaligou 09/04/2012 22:08

@ Rémi : et par rapport à notre monde d'aujourd'hui, cela ne vous parle pas du tout comme histoire ? La liseuse qui sert "d'appât" et sans avoir d'autre choix que celui d'obtempérer parce que c'est
un rôle héroïque fait pourtant penser à bien des muselés d'aujourd'hui !

Rémi 09/04/2012 10:58

Mon avis beaucoup moins enthousiaste sur ce film que je considérais comme assez brillant jusqu'à sa moitié et dont la chute ne fut que plus regrettable :

http://ilaose.blogspot.com/2012/04/les-adieux-la-reine.html

Nelly Moaligou 05/04/2012 22:08

Désolée pour les fôtes d'ortograff Chris, le CoMte Fersen et un SOIT au lieu de soiENT, sans doute le souvenir de la liseuse qui se ramasse dans les couloirs du château, c'que c'est que de se
prendre les pieds dans le tapis pour faire son entrée !

Nelly MOALIGOU 05/04/2012 00:35

Réserves faites sur la vérité historique (où est donc passé le séduisant Conte de Fersen ?), c'est un magnifique condensé des paillettes d'un pouvoir avant la chute. Trois jours pour rester ou
fuir... En creux, la masse populaire, ce monstre... Pas de sang, pas de violence frontale. Juste quelques fioritures peu productives, les piqûres de moustique, la pendule... Il est contagieux le
pas heurté de cette lectrice imaginaire dans le labyrinthe où elle retrouve, outre ses pareilles, les privilégiés désormais en alerte. On la suit, on tombe avec elle et on se relève aussi. Le
château intérieur et extérieur est ainsi arpenté, l'occasion de cadrages d'un rare raffinement. Alors c'est vrai qu'il y a cette liste qui crée le choc.Cause le froissement bien sonore des étoffes
lors d'une entrevue collective avec sa majesté. Dommage que les conversations des actrices les plus jeunes soit à l'inverse devinées plus qu'entendues nettement... Les sautes d'humeur de
Marie-Antoinette comme les signes que se font en catimini ces dames dans son dos compensent cette lacune (les petites taches de lumière disséminées dans les intérieurs d'un visage à l'autre ou les
plans bleutés qui prennent la relève sont pur délice). Quelques flâneries en robe de poupée le long des plans d'eau pour la postérité. Très revigorant à l'image... Un film à oscars que ce
Versailles flamboyant, exportable sans difficulté. Le plus est vraiment le fond du film, ce drame qui parle à notre quotidien : milliardaires repus, hiérarchie rempart, flexibilité sans limite...
Jusqu'à quand ?

Chris 05/04/2012 19:50


Magnifique ! Que puis-je ajouter, si ce n'est que le commentaire parfois éclipse l'article...