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Je suis un soldat

Pour son premier film, Laurent Larivière réussit une entrée fracassante dans le cinéma français.

Je suis un soldat est d'abord un bijou en terme de réalisation. La photographie est magnifique : elle capte les ambiances du Nord avec une minutie et un grain limpide, et rend presque beaux les paysages plutôt tristounets de la région de Roubaix. 

Les mouvements de caméra élégants (notamment des travelings avant et arrière de toute beauté), les très beaux effets de focales et de profondeur de champ, le montage alerte : tout concourt à imposer Laurent Larivière comme un réalisateur à suivre.

Le deuxième point fort du film, c'est la présence magnétique à l'écran de Louise Bourgoin, absolument extraordinaire dans ce rôle de jeune trentenaire fauchée obligée de revenir vivre chez sa mère et sa soeur, elle-mêmes dans une grande précarité. Après La loi du marché, Je suis un soldat donne à voir le même type de pression sociale : le personnage de Sandrine doit travailler dans des conditions plus que précaires auprès de son oncle violent, alors que celui joué par Vincent Lindon devait se compromettre dans un job dégradant.

Il faut ajouter à toutes les qualités du film le tableau fascinant du milieu méconnu qu'est le commerce illégal de chiens, ainsi qu'un casting impeccable (Jean-Hugues Anglade inquiétant, Anne Benoit impeccable, Laurent Capelluto attendrissant).

A voir absolument.

 

4e  

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