Christoblog

Articles avec #louise bourgoin

Les chevaliers blancs

Le cinéma de Joachim Lafosse a quelque chose de froid et d'intrigant.

On ne sait jamais trop quoi penser de ce qu'il nous montre : faut-il prendre les choses au premier ou au deuxième, voire troisième degré ?

De ce tableau très réaliste de ce que fut l'épopée picaresque et ridicule de l'Arche de Zoé, on ne sait pas exactement quoi retenir. Peut-être simplement cette évidence : la détermination n'a pas besoin d'être malhonnête pour être dangereuse, il lui suffit d'être stupide.

Le point faible du film est de ne pas ménager assez de suspense sur la motivation des uns et des autres, les cartes sont trop rapidement abattues dans un contexte qui nécessiterait (encore) plus de subtilité machiavélique dans l'écriture du scénario.

Le point du fort du film est de placer Vincent Lindon, icone de l'intransigeance morale depuis La loi du marché, dans la position amigüe de celui qui se trompe de combat.

Au final, malgré ses indéniables qualités de mise en scène, il n'est pas naturel de conseiller sans états d'âme la vision des Chevalier blancs : à vous de voir. 

Joachim Lafosse sur Christoblog : A perdre la raison (***)

 

2e

Voir les commentaires

Je suis un soldat

Pour son premier film, Laurent Larivière réussit une entrée fracassante dans le cinéma français.

Je suis un soldat est d'abord un bijou en terme de réalisation. La photographie est magnifique : elle capte les ambiances du Nord avec une minutie et un grain limpide, et rend presque beaux les paysages plutôt tristounets de la région de Roubaix. 

Les mouvements de caméra élégants (notamment des travelings avant et arrière de toute beauté), les très beaux effets de focales et de profondeur de champ, le montage alerte : tout concourt à imposer Laurent Larivière comme un réalisateur à suivre.

Le deuxième point fort du film, c'est la présence magnétique à l'écran de Louise Bourgoin, absolument extraordinaire dans ce rôle de jeune trentenaire fauchée obligée de revenir vivre chez sa mère et sa soeur, elle-mêmes dans une grande précarité. Après La loi du marché, Je suis un soldat donne à voir le même type de pression sociale : le personnage de Sandrine doit travailler dans des conditions plus que précaires auprès de son oncle violent, alors que celui joué par Vincent Lindon devait se compromettre dans un job dégradant.

Il faut ajouter à toutes les qualités du film le tableau fascinant du milieu méconnu qu'est le commerce illégal de chiens, ainsi qu'un casting impeccable (Jean-Hugues Anglade inquiétant, Anne Benoit impeccable, Laurent Capelluto attendrissant).

A voir absolument.

 

4e  

Voir les commentaires

Un beau dimanche

Bien que desservi par une bande-annonce tristounette, qui semble révéler (à tort !) tout le contenu du film, Un beau dimanche vaut vraiment le coup d'être vu.

Nicole Garcia s'y révèle une excellente réalisatrice, filmant personnages et paysages avec une égale délicatesse, drapant son film d'une très jolie photographie.

Pierre Rochefort (le fils de la réalisatrice et de Jean Rochefort) joue avec une belle intériorité un personnage très intéressant et complexe, dont l'histoire ne se dévoile que progressivement. Il parvient à voler la vedette à une Louise Bourgoin jouant très bien la vulgarité des cabanes de plage. Dominique Sanda, en mère grande bourgeoise est absolument parfaite, son visage est un écran de cinéma à lui tout seul.

Bien dosé dans son intensité et sa durée, subtil et délicat, Un beau dimanche est injustement sous-estimé.

Nicole Garcia réalisatrice sur Christoblog : Un balcon sur la mer.

 

3e

Voir les commentaires

Tirez la langue, mademoiselle

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/162/21016298_20130627165927364.jpgRien, ou pas grand-chose, à sauver dans ce film.

Le scénario est absolument quelconque : deux frères tombent amoureux de la même femme.

Si Laurent Stocker s'en sort honorablement, comme d'habitude, grâce à la subtilité de son jeu, tous les autres acteurs sont très mauvais.

Louise Bourgoin, dont le seul mérite est d'être charmante, a un rôle d'idiote très mal écrit (ces scènes ridicules dans le bar), mais c'est Cédric Kahn qui est particulièrement mauvais, cantonnant son jeu à une sorte de mutisme forcené.

Les personnages secondaires sont plus que mauvais, ils sont catastrophiques : les pauvres participants aux Alcooliques Anonymes réduits à de grossières caricatures, les Chinois ridiculisés, et une assistante médicale (Annabelle) lamentable. Serge Bozon est aussi mauvais acteur que son collègue réalisateur Cédric Kahn.

Les dialogues semblent tous tomber par hasard dans la bouche des personnages. La mise en scène est effroyable, on a l'impression que la moitié du film est consacrée à filmer des gens en train de marcher. Les cadres sont affreux, la photo crade (le dernier plan est d'une laideur insigne : exemplaire à ce titre). Lors des conversations en champ / contrechamp on perçoit nettement que les plans ne sont pas raccord.

Le film est artificiel et médiocre de bout en bout. Un naufrage curieusement apprécié des critiques de tout poil.

 

1e

Voir les commentaires