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Party Girl

Caméra d'Or au dernier Festival de Cannes, Party girl propose une déflagration d'émotions. 

Avec un parti-pris qui paraît naturaliste, mais ne l'est pas tant que ça tant la mise en scène est présente, le film se love autour du personnage clé d'Angélique pour produire des scènes d'anthologie à fort pouvoir lacrymal : la déclaration d'amour, l'écriture de la lettre, les retrouvailles avec la fille, le mariage, la nuit de noces. Entre ces scènes très travaillées, la caméra semble errer légèrement de scènes fugaces en gros plans volés. Le tout est assez roublard.

Ceux qui ne verseront pas au moins une larme prouveront donc lors de ce film qu'ils ont un coeur de pierre. Les autres (dont je fais partie) se délecteront des mille détails qui rendent le film attachant.

Party girl est un film de l'entre-deux : on ne sait pas trop s'il faut rire ou pleurer, l'action se situe alternativement d'un côté de la frontière et de l'autre, on y passe allègrement de l'allemand au français, Angélique elle-même ne sait pas trop si elle veut s'amuser ou se caser, le film est une fiction tourné avec des personnes qui jouent leur propre rôle, etc. 

A la fois flottant et dense, le film pourra sembler trop à certains et pas assez à d'autres. Pour ma part, il m'a intrigué (comment parvenir à une telle unité stylistique avec trois réalisateurs ?) et parfois bouleversé. A vous de voir.

 

3e  

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Bellin 11/09/2014 07:39

"Déflagration d'émotions", tout est dit et bien dit. Oui, ce film est un tsunami de tendresse, de rage de vivre, de solidarité familiale, de volonté de Liberté farouche face à la promesse d'une retraite pantouflarde. Indomptable et entêtée Angélique ! Elle n'est pas prête de disparaître dans notre mémoire de cinéphiles. Quel électrochoc et quelle chaleur au cœur trop souvent blasé... MERCI aux 3 réalisateurs-en-un et à leurs formidables interprètes plus authentiques que des pros.