Christoblog

Xenia

Bonne nouvelle en provenance de Grèce. On savait que ce pays pouvait proposer un cinéma d'auteur pointu (Athina Tsangari, Yorgos Lanthimos), on découvre aujourd'hui qu'il peut produire un cinéma touchant, exigeant et original.

Xenia commence comme un clip hyper kitsch, et franchement queer, avec des visions délirantes qui donnent au film une tonalité quasi fantastique. On voit passer au large un paquebot sur lequel chante celle qui  sera le fil rouge du film : la chanteuse italienne des années 70 Patty Pravo.

Habilement manipulé par le réalisateur qui multiplie les pistes, on s'attache très vite au personnage de Dany, jeune gay de 16 ans, joué par le formidable Kostas Nikouli.

Sa rencontre avec son frère Odysseas, puis leur recherche d'un père hypothétique, est plein de charme et de surprise. Le scénario du film, même s'il n'est pas férocement original dans sa deuxième partie, s'avère être plein de charme et d'émotion, alors que la mise en scène de Panos Koutras varie ses effets avec un talent certain.

Un réalisateur à suivre.

 

3e  

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dasola 05/07/2014 07:08

Rebonjour Chris, j'ai beaucoup aimé le film sauf la confrontation avec le "père" qui casse l'ambiance et n'ajoute pas grand-chose. Il y a quelque chose qui me gêne. Mais film à voir.

Arnaud 04/07/2014 11:21

Kostas Nikouli, à suivre !
Film touchant

Bellin 30/06/2014 13:49

Comme tu le dis, Chris, "un film touchant, exigeant et original". J'ajoute : pétillant. Ce qui est bien vu et qui relance sans cesse l'action, c'est que les deux frangins sont aux antipodes. On est toujours dans le contraste : à l'excentricité délicieusement kitch du cadet répondent la mesure et la maturité grave de l'aîné. Mais ce qui relie les deux - c'est en quoi cette odyssée est prenante - c'est leur tendresse mutuelle, une vraie complicité (qui éclate lorsque les deux frères dansent ensemble ou fuient dans la forêt). Cette fraternité retrouvée compense in fine l’extinction définitive du mirage paternel. Ceci dit, le rire s’étouffe vite : la xénophobie rôde à chaque coin de rue tandis qu'éclate l'homophobie primaire. Mises à part quelques réserves personnelles sur la trop grande place accordée au lapin-doudou, oui, un rocambolesque et émouvant road-movie qui m'a personnellement enchanté.