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La reine Margot

La reine Margot est une splendeur visuelle. 

Tout ce qu'on voit à l'écran semble marqué par le sceau de la perfection. Les extérieurs et les décors, épurés et réalistes à la fois, forment un écrin exceptionnel pour une direction artistique hors du commun : costumes, lumières, photographie, musique sont portés au plus haut degré de professionnalisme.

La caméra de Chéreau est brûlante. Elle virevolte autour d'acteurs qui sont tous incroyables. Isabelle Adjani est somptueuse, sa blancheur laiteuse irradie l'écran et son jeu parcourt un spectre extrêmement large d'émotions et de sensations.

Autour d'elle chaque acteur semble jouer sa vie à chaque instant. Auteuil est méconnaissable, Perez est christique, Anglade sombre avec un brio bouleversant, Pascal Gréggory rode de façon terriblement inquiétante, et l'interprétation de Virna Lisi est dantesque. Les seconds rôles eux-mêmes forment un casting qui comblerait de bonheur n'importe quel réalisateur : Jean-Claude Brialy, Dominique Blanc, Asia Argento ! 

Les scènes de foule sont à elles seules des morceaux de bravoure comme on en voit peu souvent : à la fois frappantes par la densité du nombre de figurants (et la qualité de leur direction, chacun d'entre eux joue vraiment), et la façon dont Chéreau réussit à y incruster les dialogues entre les personnages principaux. On mesure dans ces scènes d'ensemble à la Scorsese (le mariage, la Saint-Barthélémy, la chasse au sanglier, le siège de La Rochelle) les moyens démesurés qu'a nécessité La reine Margot : six mois de tournage, un budget énorme pour l'époque. 

Le film, admirable de bout en bout, ne génère curieusement pas réellement d'émotions. Il séduit par sa sombre, cruelle et écrasante beauté.

 

4e 

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La chasse à l'homme

La fermeture des cinémas est l'occasion de voir des films qu'on n'aurait jamais pris le temps de voir dans des circonstances normales.

La chasse à l'homme, d'Edouard Molinaro, est ainsi une curiosité de 1964 à découvrir sur Netflix en ce moment.

Le point fort du film est sans aucun doute son casting impressionnant : Jean Paul Belmondo, Claude Rich, Jean Claude Brialy, Françoise Dorléac, Catherine Deneuve, Michel Serrault, Bernard Blier, Francis Blanche, Marie Laforêt, Marie Dubois, Micheline Presle, et beaucoup d'autres. 

La chasse à l'homme est découpé en trois parties et une multitudes de petit sketchs. La première partie, consacrée au personnage joué par Bébel est délicieuse, et ce dernier dégage un charme absolument irrésistible. La partie consacrée à Claude Rich est plus classique, vaudeville assez classe, à base de mari cocu, d'ingénue pas si ingénue et de femme dans le placard. Blier y est excellent. La dernière partie, tournée en Grèce, est alerte et pleine de charme. Françoise Dorléac y est rayonnante.

Le tout est bien balancé et sans prétention, dialogué de main de maître par Audiard, et se laisse regarder avec plaisir et gourmandise.

 

2e

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