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La reine Margot

La reine Margot est une splendeur visuelle. 

Tout ce qu'on voit à l'écran semble marqué par le sceau de la perfection. Les extérieurs et les décors, épurés et réalistes à la fois, forment un écrin exceptionnel pour une direction artistique hors du commun : costumes, lumières, photographie, musique sont portés au plus haut degré de professionnalisme.

La caméra de Chéreau est brûlante. Elle virevolte autour d'acteurs qui sont tous incroyables. Isabelle Adjani est somptueuse, sa blancheur laiteuse irradie l'écran et son jeu parcourt un spectre extrêmement large d'émotions et de sensations.

Autour d'elle chaque acteur semble jouer sa vie à chaque instant. Auteuil est méconnaissable, Perez est christique, Anglade sombre avec un brio bouleversant, Pascal Gréggory rode de façon terriblement inquiétante, et l'interprétation de Virna Lisi est dantesque. Les seconds rôles eux-mêmes forment un casting qui comblerait de bonheur n'importe quel réalisateur : Jean-Claude Brialy, Dominique Blanc, Asia Argento ! 

Les scènes de foule sont à elles seules des morceaux de bravoure comme on en voit peu souvent : à la fois frappantes par la densité du nombre de figurants (et la qualité de leur direction, chacun d'entre eux joue vraiment), et la façon dont Chéreau réussit à y incruster les dialogues entre les personnages principaux. On mesure dans ces scènes d'ensemble à la Scorsese (le mariage, la Saint-Barthélémy, la chasse au sanglier, le siège de La Rochelle) les moyens démesurés qu'a nécessité La reine Margot : six mois de tournage, un budget énorme pour l'époque. 

Le film, admirable de bout en bout, ne génère curieusement pas réellement d'émotions. Il séduit par sa sombre, cruelle et écrasante beauté.

 

4e 

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D'après une histoire vraie

Une catastrophe, un incident industriel, une gabegie, un navet de première ampleur : on ne sait pas trop comment trouver les qualificatifs qui décriront le mieux le niveau d'indigence crasse qu'atteint ce film.

Le jeu des deux actrices est absolument pitoyable. Eva Green entre ainsi au Panthéon des pires actrices, avec une prestation qu'elle traînera comme un boulet honteux tout au long de sa carrière : elle surjoue le mystère, alors qu'un jeu plus neutre aurait à l'évidence mieux servi son personnage. 

Le scénario est à la fois cousu de fil blanc et tissé d'invraisemblances, le film devenant progressivement une caricature de lui-même en même temps qu'une pâle copie de Misery, auquel on pense forcément. Les motivations de Elle restent floues, la crédulité de Delphine suspecte, la réalisation de Polanski est standard, on s'ennuie et on peste de perdre son temps.

Une cruelle déception.

 

1e

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