Christoblog

Rengaine

 

Lors de mon séjour cannois, je suis entré un peu par hasard dans la salle qui projetait le film de Rachid Djaïdani (je me suis gourré de séance, cela arrive dans la folie cannoise), et  j'ai eu une excellente surprise.

Le film est en effet un condensé bref (1h15) mais intense de drôlerie, et d'observation des communautés noires et maghrébines.

Dorcy, jeune noir chrétien, veut épouser Sabrina, qui n'a pas moins de ... 40 frères !! Le plus âgé, Slimane, fait donc le tour de la fratrie pour recueillir les avis de chacun.

Le scénario est un prétexte à une enfilade de vignettes très bien vues, dont certaines sont absolument hilarantes, comme celle du sondage sur les minorités, celle de la lap dance offerte en cadeau ou celle de la torture, magnifique manipulation. Le film dit en riant plein de choses sur la société et le personnage du grand frère est un beau rôle, assez touchant. On voit bien que les blacks et les beurs peuvent faire affaire, avec deux limites ... le sexe et l'argent.

Le réalisateur a tourné pendant 9 ans, et le film est tiré de 400 heures de rush : il faut parfois de la persévérance pour être cinéaste ! D'un point de vue réalisation, le style est un peu frustre, caméra portée, très gros plan, image parfois un peu sale. Elle rappelle le choc de l'année dernière, Donoma, avec plus d'humour et moins de souffle, moins de poésie.

Un très bon moment de cinéma tout de même, qui collectionne les prix (Prix Fripesci à la Quinzaine, Prix Michel d'Ornano à Deauville, Prix du jury à Bordeaux).

 

3e

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