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Querelles

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/78/54/20071272.jpgUn couple discute dans une voiture du drame qui vient de se dérouler dans la nuit : la soeur et le beau-frère de la femme se sont tués dans un accident de voiture. Ils se rendent à Téhéran où ont été transportés les corps.

 

Sur la banquette arrière, le jeune fils du couple décédé regarde le paysage.

 

Particularité de la situation : les deux protagonistes principaux sont sourds-muets et conversent grâce à la langue des signes, que l'enfant ne comprend (a priori) pas.

 

Comment lui annoncer la terrible nouvelle ? Faut-il l'adopter ? Y'a t'il d'autres membres de la famille qui pourraient le faire ?

 

Ce pitch étonnant et improbable fonctionne à merveille. La distance entre les dialogues sous-titrés (forcément !) et le visage impassible de l'enfant permet d'exprimer toute une gamme de sentiments délicats, dans une succession de paysages particulièrement émouvants.

 

Le cinéma iranien est pour le moins contrôlé et limité dans ses moyens. Comme souvent, on dirait que ces contraintes poussent le réalisateur Morteza Farshbaf a trouver des artifices de mise en scène particulièrement ingénieux et adaptés à la situation : variation extrême de focales, jeux admirables avec la lumière et même l'obscurité, composition de plans recherchée (le rétroviseur), bande-son exceptionnelle.

 

Je ne peux pas en dire plus, sous peine de déflorer le plaisir du spectateur, mais ce portrait plutôt amer que doux est par moment absolument brillant. Le réalisateur ayant souvent accompagné Kiarostami sur ses films, on sent la patte du maître, mais il y a dans ce film des idées originales très prometteuses. A suivre donc.

 

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3e

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Nelly MOALIGOU 17/05/2012 17:49

Le noir complet à parlotes sous-titrées, hum... Ensuite, impossible de lâcher la petite voiture filmée comme un jouet sur circuit. Très net apport Kiarostami dans la manière de prendre son temps,
virevolter, s'égarer tel un insecte qui fonce sans prévenir dans l'habitacle automobile. On passe des plans très larges à un resserrement chaleureux, qui devient progressivement étau... Tous
identifiés à cet enfant aux allures aristocratiques taxé d'une envie de faire pipi dès qu'un arbre apparaît. Le couple n'en fournit pas moins son effet miroir sans problème (non professionnels
!)... Une panne, un pont, des fruits éparpillés... D'autres haltes, toujours l'ombre suivie de lumière vive, le vent sur la végétation, des chemins de terre étroits préférés à la route, des
politesses, de l'énervement, des trombes d'eau... On roule sa bosse avec ces deux as de la gestuelle et le petit entre eux qui n'en perd pas une... A travers leur petit bilan personnel, on voit une
nouvelle fois la jeunesse iranienne déboussolée (alors qu'elle est largement majoritaire sur son sol). Un couple évolué dans sa tête mais qui ignore le désastre juvénile à l'oeuvre parce qu'en Iran
la résilience semble, autrement plus qu'en occident, un voeu pieux... On pense au dernier succès d'Asghar Farhadi.

Chris 17/05/2012 20:21



Un film vraiment très intéressant, avec l'ombre projetée de Kiarostami, c'est sûr.



Gagor 16/05/2012 14:42

Gros coup de coeur pour ma part, une absolue justesse, ça m'a profondément bouleversé, et complètement dérouté!

Chris 17/05/2012 07:55



Je suis bien d'accord avec toi, je me demande où les iraniens vont chercher leurs réalisateurs et comment il trouve la force de tourner des films aussi bons...



ffred 01/05/2012 18:57

J'hésitais mais après avoir vu ton not sur FB ça m'a décidé...je ne le regrette pas...

Chris 02/05/2012 18:14



Content de servir à qqchose...



neil 30/04/2012 15:56

Totalement d'accord avec toi. Une petite perle à ne pas rater, ça vaut le coup d'œil.

Chris 01/05/2012 18:19



C'est quand même dingue que les cinéastes iraniens arrivent à faire des films de cette qualité...



Félix 29/04/2012 19:15

Tu donnes bien envie de le voir. L'idée est intéressante ! :)

Chris 01/05/2012 18:22



Vas-y si tu peux, ça ruisselle d'intelligence...