Christoblog

Burn after reading

Brad Pitt. StudioCanalLes Coen ne sont jamais aussi bons que dans leurs films dits "mineurs".

Lorsqu'il veulent faire sérieux comme dans Barton Fink ou No country for old men , leur style s'alourdit et leur narration s'égare.

Burn after reading renoue avec la tradition burlesco-recherchée initiée par le mythique Arizona Junior. Les Coen retrouve ce rythme enjoué où ils excellent. Leur direction d'acteurs est parfaite.

Je craignais que Clooney en fasse trop : j'avais raison, mais ce n'est pas si désagréable. Brad Pitt est incroyable de stupidité. John Malkovitch excellent en aboyeur enervé. Tous les seconds rôles ont des textes ciselés.

Le scénario est bien enlevé, certes parfois un peu prévisible, et avec quelques temps morts, mais dans l'ensemble intéressant. Il y a dans ce film une certaine tradition du "léger, mais pas tant que ça si on y regarde à deux fois" qui fait l'honneur de la comédie américaine de Lubitsch à Allen en passant par Capra.

Derrière les situations comiques se devine une charge assez vive contre la CIA. Les scènes à Langley sont parfaites dans le genre, les agents étant ridiculisés avec un sérieux parfait et jouissif. "Qu'avons nous appris ?" dit à la fin le responsable de la CIA, et on a envie d'ajouter "après le 11 septembre...".

La morale du film est résolument noire, les travers de la nature humaine (sexuels et amoureux en particulier) y sont crument dénudés.

Tout cela fait de Burn after reading un divertissement tout à fait recommandable.

 

2e

Commenter cet article