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Okja

Okja ne sortira pas en salle, et c'est bien triste. Pour ceux qui, comme moi, pensent que le média cinéma ne peut se concevoir sans l'expérience du collectif, du grand écran et de l'extérieur, la nouveauté n'est pas plaisante.

On peut penser que les réalisateurs qui se dirigeront vers Netflix comprendront progressivement que leur propre intérêt n'est pas de travailler à la mort de leur activité : Bong Joon-ho affirme que Netflix lui a laissé toute liberté pour réaliser son film, mais quel intérêt si le grand public n'a pas accès à Okja ?   

Heureusement, je suis persuadé que le modèle Netflix n'est pas destiné à triompher : son audience se rendra finalement compte qu'elle est prisonnière, l'effet de mode passera et les auteurs ne se priveront pas aussi facilement de la reconnaissance associée à une sortie en salle (ainsi que d'une sélection au Festival de Cannes, par exemple, pour les plus talentueux d'entre eux). 

Mais revenons au film. Le dernier opus de Bong Joon-ho est à la limite du film pour enfant. Le début de Okja, dans la forêt coréenne, est très réussie : images époustouflantes, travail hyper réaliste et réussite totale de la première scène d'action le long de la falaise. Le second degré à la sauce coréenne (avec une bonne dose d'auto-dérision) est manié à la perfection par le réalisateur, même si ce n'est pas toujours très fin. La façon dont la mode des selfies est croquée est délicieuse.

L'attaque par les terroristes écolos très politiquement corrects est à mourir de rire. Elle marque, avec la course poursuite remarquable dans le supermarché, l'apogée du film, qui dans sa deuxième partie perd petit à petit en consistance.

Comme si souvent pour les cinéastes du monde, le talent du coréen semble se diluer dans le mauvais goût et les conventions une fois qu'il s'exerce aux USA. Même si Tilda Swinton et le reste du casting fait de son mieux (à l'exception notable de Jake Gyllenhaal qui signe ici sa pire prestation), le film ronronne tout à coup. Les scènes coréennes donnaient l'impression d'être ouvertes sur la ville, celles de New York semblent enfermées dans une sorte de cour miniature sclérosante.

Je résume. Deux films dans Okja : le premier coréen, très bon, le second américain, médiocre.

 

2e

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Lady Fae 02/07/2017 11:28

Oula Okja c'est bien plus qu'un film. Le travail est extrèmement soigné que ce soit en terme de casting ou de SFX fort réussis. Mais au delà de cette esthétique irréprochable c'est un film fort et engagé qui alerte sur ce que réserve un avenir proche aux êtres sentients que bous exploitons.
Vous semblez avoir oublier dans votre article d'évoquer le sujet traîté par le réalisateur : sur-consommation, maltraitance, profit. On peine en vous lisant à saisir le sens profond de ce chef d'oeuvre et c'est fort dommage car Okja est vraiment bien plus qu'un film. Sous pretexte de livrer un conte fantastique il met surtout en avant une fable éthique émotionnellement forte qui tend à faire comprendre que l'homme et l'animal devrait se partager la terre et non que l'un soit le produit de consommation de l'autre.

#AnimalsArentFood

Chris 02/07/2017 12:23

Bonjour, j'ai bien vu le message du film, mais il me semble traité de façon bien enfantine.