Christoblog

Titli, une chronique indienne

Belle réussite que ce film présenté à Cannes l'année dernière, qui marque (avec quelques autres) l'entrée en force de l'Inde dans le paysage de la cinéphilie mondiale.

Titli est d'abord une chronique sociale très impressionnante. La vie quotidienne indienne y est montrée avec une acuité cruelle : pauvreté, détresse morale, corruption généralisée, police gangrenée, mariage arrangé, folie immobilière. 

Dans ce décor très sombre, Kanu Behl nous montre le parcours de trois frères, dominé par le plus agé des trois, véritable brute à sang-froid. Le cadet, timide et rêveur, aimerait se sortir de ce milieu immoral et criminel. Y parviendra-t-il ? Je ne vous le dirai évidemment pas.

Le film possède beaucoup de points forts : un scénario très puissant, une direction d'acteurs virtuose, une facilité à installer les ambiances psychologiques de chaque scène en quelques plans. Les scènes de violences sont rares, mais elles éclatent comme des orages après d'énormes moments de tension, exactement comme dans le cinéma de Scorsese. 

D'une façon générale, Kanu Behl n'hésite pas à filmer au plus près de ses personnages. Peur, colère, frustration, espoir, gêne : l'intensité des sentiments est souvent exacerbée.

Un film dur, mais remarquable. A découvrir absolument.

 

4e 

Commenter cet article

Bellin 25/05/2015 07:53

Le copier-coller s'impose... absolument, tant ce film m'a ébloui malgré sa dureté : "Un film dur, mais remarquable. A découvrir absolument."

Damien 10/05/2015 22:31

Titli, une chronique indienne, très bon film indien doté d'un scénario bien ficelé, loin des clichés de Bollywood et du récent film britannique Indian Palace, avec des scènes parfois très dures, une violence brute et palpable aux antipodes de l'idée de non-violence chère à Gandhi. Le sujet traité est actuel - le mariage, le divorce, le rapport au père, l'envie de s'en sortir… Nous sommes dans la réalité sociale de l'Inde, de ses fonctionnaires véreux et de ses mariages forcés. On sent l'odeur des chappatis, on entend le bruit des raclements de gorge qui précèdent les crachats, le bruit des vieilles motos, on voit la ville-champignon en pleine mutation. Il est en train de se passer quelque chose dans le pays, et le cinéma indien est lui aussi en pleine mutation. Un film dans la lignée des excellents films de Kashyap (Gangs of Wasseypur, Ugly).