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La tisseuse

Yu Nan. Pretty PicturesDans La tisseuse, le réalisateur chinois Wang Quan An conte une histoire qui fait écho à celle du Mariage de Tuya.  Même actrice, et finalement même enfermement dans des choix rendus difficiles, voire impossibles, par manque d'argent.

Dans le Mariage de Tuya, l'héroïne avait un mari handicapé et cherchait un nouveau compagnon capable de l'entretenir, tout en exigeant de garder son mari à la maison. Elle était (paradoxalement) enfermée dans les paysages immenses de Mongolie intérieure.

Dans la tisseuse, le personnage principal apprend qu'elle est atteinte de leucémie. Elle n'aime pas son mari avec qui elle s'est mariée par dépit, après le départ de son premier amoureux à Pékin. Que faire de ces dernières semaines de vie ? Faut il payer un traitement médical très onéreux, au détriment de l'éducation de son fils, alors qu'elle est condamnée ? Wang Quan An filme les usines immenses comme la steppe : des lieux écrasants, ou l'humanité lutte sourdement pour exister.

Malheureusement le film ne décolle jamais. On sent un potentiel chez ce réalisateur, comme dans ce premier plan magnifique, mais le film tourne pour ainsi dire à vide, plombé par une direction d'acteur déficiente et un scénario qui hésite entre plusieurs voies, usant d'un pauvre artifice final pour tenter de paraître plus intéressant qu'il n'est.

Ce film, qui évite tellement le pathos qu'il finit par ennuyer, nous rappelle avec cruauté que les mélodrames ne peuvent être qu'excellents ou ratés. 

 

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