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Le ruban blanc

Ulrich Tukur. Les Films du ParadoxeSi Haneke n'était pas l'ami (le mentor ?) d'Isabelle Huppert, présidente du jury, est ce que son pensum aurait décroché la Palme d'Or ?

Non, bien sûr. Un prophète et Fish tank le surpassent à l'évidence.

Allez, je ne vais pas faire durer cette critique plus qu'il ne faut : le postulat de base est intellectuellement fort discutable. Haneke laisse penser (et les journalistes avec lui, qu'il ne contredit pas) que des mauvais traitements dans l'enfance peuvent engendrer des comportements de type sadique à l'âge adulte. Quelle idiotie ! Quel aveuglement ! Si tel était le cas, la moitié de l'Europe aurait sombré dans le fascisme tous les 50 ans ces 5 derniers siècles. Et à l'inverse, les bourreaux du Rwanda ou du Cambodge n'ont pas eu à subir à ce que je sache les tourments d'une éducation religieuse protestante rigoriste !

Pour le film lui-même :
- Points forts : des acteurs très bons, un noir et blanc magnifique (à tel point que par moment je me suis surpris à penser "mais à quoi sert la couleur ?")
- Points faibles : le reste. Un scénario ouvert qui laisse le spectateur sur sa faim, une mise en scène chichiteuse (laisser la caméra à un endroit fixe en laissant les personnages passer hors champ doit faire chic aux yeux de Haneke, car il le fait plusieurs fois, le temps de prendre un café peut-être), un montage indolent

Bref, à voir si vous ne voulez pas rater la Palme. Sinon...

 

2e

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Mac3 05/12/2010 12:26

Bien d'accord. Gros film de merde à l'idée débile. Huppert m'a beaucoup déçu en filant la palme à cette saloperie.

Tadeusz 14/12/2009 01:10

Pas d'accord.
Faux et archi-faux, c'est une analyse plein de contre sens. Le Ruban blanc est sans doute le meilleur Haneke. Il y a dans ces considérations une avalanche de clichés relayés par les médias. Comme ce film se passe en Allemagne à l'aube de la Première guerre mondiale, il évoque forcément de manière implicite les uniformes verts et les croix gammées qui musèleront le pays quelques années plus tard. Par ailleurs, je rappelle que, sur le plan historique, le nazisme ne prend pas racine dans l'Allemagne protestante mais dans l'Autriche catholique (eh oui!). Ce film déborde d'amour, mais l'amour peut-être destructeur, il va sans dire. Haneke signe une œuvre épique par l'universalité de son propos et sa volonté d'établir un récit des origines. Ce film ne se veut pas réaliste, l'esthétique en noir et blanc renvoie à une certaine fantasmagorie. On est dans un mélange entre film d'archive et cauchemar kafkaïen. c'est fascinant.

vélocio 12/11/2009 07:17

pas d'accordDans une compétition cannoise au niveau très faible, la Palme donnée au plus grand réalisateur de ces 20 dernières années est amplement méritée. Seuls "Le prophète" et "A l'origine" pouvaient prétendre lui disputer sans qu'on crie au scandale. Sûrement pas "Fishtank", une espèce de sous-sous-Ken Loach, beaucoup trop long et passablement ennuyeux.

pL 30/10/2009 19:07

Moi le film m'a convaincu, même si ce n'est pas le meilleur Haneke.
Et je ne pense pas que le film d'Audiard ou celui d'Arnold surpasse celui-ci, même s'ils sont biens. Un prophète aurait pu être encore meilleur, et Fish Tank n'apporte pas grand chose de neuf. Donc que la Palme soit pour Haneke plutôt que pour l'un de ces deux films ne me déçoit pas.
Par contre le Tarantino...

Anna 30/10/2009 18:07

Hey, c'est vrai que je ne commente que très rarement par chez toi, pourtant je viens te visiter assez souvent ! Je vais corriger le tir désormais.
Pour le coup on est assez d'accord^^ En ce qui concerne la théorie un peu foireuse sur les origines du nazisme je confirme, bien qu'à mes yeux ça ne soit pas très présent dans le film (heureusement que la presse est là pour nous dire ce qu'il faut voir, parce que franchement sans ça je n'aurai pas fait le rapprochement oO)
A bientôt !