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Another year

Jim Broadbent et Ruth Sheen. Diaphana DistributionAffreux.

Il y a des films mauvais, des films ennuyeux et des films insupportables. Another year fait partie de cette dernière catégorie, qui englobe en l'espèce les deux premières.

L'acteur principal (Jim Broadbent) est nul. Quand il regarde la caméra, on a l'impression qu'il oublie ce qu'est le cinéma. Il éructe de temps à autre une phrase convenue avant d'aller pianoter sur son ordinateur au ralenti. Une catastrophe. Sa femme est à peine meilleure.

Le couple principal est donc inexistant et on se prend souvent à se demander : mais quel intérêt de s'intéresser à ces faux bobos même pas drôles ?

Le problème N°1 du film est que chaque personnage semble écrit une fois pour toute en début de film et ne change plus d'un iota jusqu'à la fin, ignorant superbement les interactions avec les autres. Le fils, la copine du fils, l'ami Ken : ces personnages ne sont que des caricatures grossières. Le vrai personnage un peu intéressant du film est Mary (Lesly Manville), la copine sur le retour qui drague tout ce qui bouge, y compris le fils de ses amis. Elle est aussi caricaturale que les autres, mais elle évolue et on s'intéresse un peu à elle.

Quant aux messages que véhicule le film, on ne peut qu'être interrogatif : Cultivez votre jardin ? Ne vous occupez que superficiellement de vos amis ? Soyez écologiquement conforme ? Je sais tourner un film sur la solitude ? Je peux être aussi chiant qu'Antonioni ? A force de brouiller les pistes, Mike Leigh s'embourbe, avec une rare inélégance, et sur la longueur (2h09 interminables).

Bon, je renonce un peu à raconter tout ce qui fait de ce rogaton une des pires productions de 2010, parce que le coeur n'y est pas. J'écris mon billet un peu tard, mais si vous le pouvez encore : évitez-le.

 

1e

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Chris 02/01/2011 19:17

Mon cher Pierre, je ne me sens pas seul du tout, tu n'as qu'à lire les nombreuses critiques de spectateurs 1 ou 2 * sur la fiche du film, ou l'avis de Dominique ci dessous.
Les Inrocks :
"Au bout de deux heures particulièrement harassantes de petit théâtre surécrit, où la caricature vaut comme seul point de vue sur le monde, quelque chose enfin advient".
Chronic'art :
"Si son ancrage aux côtés de l'upper middle class laissait espérer un nouveau souffle dans le naturalisme à l'anglaise, la démarcation proposée ne se passe pas, hélas, d'un classicisme un peu encroûté"

pierreAfeu 02/01/2011 00:31

Si on fait un concours des réalisateurs chiants, je doute qu'Antonioni reste seul bien longtemps.

dominique 01/01/2011 22:36

Votre critique est très juste (et j'aurais du la lire plus tôt), subtile: j'aime particulièrement la question sur les messages que véhicule ce film...

Platinoch 01/01/2011 22:26

Je rejoins un peu l'avis général, j'ai trouvé "Another year" plutôt fin et intelligent. Deux qualités particulièrement rares au cinéma ces derniers temps. Je suis d'accord avec toi sur le fait que le choix des personnages, un peu bobo un peu écolo, tend à la caricature. Mais j'ai trouvé qu'au fond ils correspondent bien à l'époque. Après le très raté "Be happy", "Another year" m'a réconcilié avec le cinéma de Mike Leigh.
Enfin je suis d'accord avec toi pour dire qu'Antonioni est probablement le cinéaste le plus chiant qui soit;)

pierreAfeu 01/01/2011 13:05

Tu vas te sentir bien seul sur ce coup-là me semble-t-il. On se demande même si tu ne le fais pas exprès :)