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Articles avec #simon abkarian

La bataille de Gaulle - partie 1 : L'âge de fer

On pouvait craindre beaucoup de choses à propos de ce film : qu'il soit une hagiographie éhontée, qu'il étouffe l'histoire au profit de l'anecdote, qu'il joue le spectaculaire ou la sensiblerie à l'excès, ou qu'il verse dans la caricature facile.

Le réalisateur Antonin Baudry évite à peu près tous ces pièges, construisant une oeuvre complète et ambitieuse, qui donne à voir la figure du Général sans l'embellir (son côté psycho-rigide est rendu à l'écran sans atténuation), tout en creusant la complexité de l'époque.

L'attitude de Churchill, tantôt romantique, tantôt froidement pragmatique, est ainsi restituée avec beaucoup de finesse, tout comme les innombrables trahisons qui parsemèrent la première partie de la guerre.

Le film alterne les passages plutôt intimistes (très bel arc narratif autour du personnage de Fernand) et les moments beaucoup plus spectaculaires, comme la bataille de Bir Hakeim, reconstituée avec une maestria assez rare dans le cinéma français.

Le tout est bien balancé, servi par une mise en scène qui n'hésite pas à se montrer parfois imaginative, et un casting quatre étoile, parmi lequel il faut mentionner la prestation de Simon Abkarian en De Gaulle, impeccable de sobriété.

J'ai été happé par ce film sans prétention, mais pas sans ambition, et n'ai qu'une hâte : voir le second opus.

 

3e

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Le quatrième mur

N'ayant pas lu le roman de Sorj Chalandon, j'ai vu ce film sans aucun a priori.

Le début est plutôt plaisant : on est intrigué par ce projet insensé (jouer Antigone au Liban avec un casting multi-confessionnel), et franchement dépaysé par la découverte de cette pléiade de communautés, chacune campée avec efficacité par des personnages qui ne semblent pas caricaturaux.

David Oelhoffen parvient à nous embarquer dans son film, sans vraiment nous donner d'indications pour la suite : aventure optimiste (on pense au documentaire Au bord de la guerre, qui montre l'importance du théâtre dans un pays en guerre - le Théâtre du Soleil en Ukraine) ou à l'inverse tragédie latente ? Cette hésitation constitue un véritable suspense, plutôt agréable.

Malheureusement, Le quatrième mur prend encore une autre direction, celle de la comédie romantique fade et sans saveur : une idylle sexuelle d'une banalité affligeante entre le metteur en scène et son actrice. A partir de ce tournant, le film ne cesse de se dégrader : il simplifie les enjeux, montre irrespectueusement l'horreur à la va-vite (les cadavres de Chatila sont bien rangés dans les escaliers de telle façon que Lafitte n'ait pas besoin de les enjamber). 

Le réalisme qui faisait le sel de la mise en place a complètement disparu, à l'image de l'assassinat du leader chrétien, complètement improbable. C'est la crédibilité des personnages qui s'est finalement délitée au fil des minutes : on ne croit plus du tout à ce qui nous est montré.

C'est dommage, car il y avait matière à un film puissant, qui aurait pu être un formidable thriller de guerre, comme l'était par exemple Sympathie pour le diable, le film de Guillaume de Fontenay sur le reporter de guerre Paul Marchand.

 

2e

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Le procès de Viviane Amsalem

Le propos du dernier film de Ronit et Shlomi Elkabetz est assez limpide : une femme israélienne souhaite divorcer de son mari, car elle ne l'aime plus (et probablement ne l'a jamais aimé). Comme les divorces sont sous l'autorité d'un tribunal rabbinique, il est nécessaire d'obtenir l'accord du mari. Ce dernier ne souhaite pas lui donner, bien qu'il n'ait rien à lui reprocher (ils sont séparés depuis 3 ans).

A partir de cette trame psychologiquement puissante, le film étire un long huis-clos passionnant. Les audiences, tantôt courtes, tantôt plus longues, se suivent sans qu'on ait jamais le sentiment de redite. Il faut dire que le scénario étonne par son inventivité : production de témoins inattendus, renversements de situation, mise en cause de l'impartialité des parties prenantes, crise de nerfs.

L'intrigue se mue progressivement en thriller (le divorce sera-t-il prononcé, oui ou non ?), tout en interrrogeant avec une belle acuité la société israélienne, et la place qui y est faite aux femmes. Les dialogues sont d'une finesse extrême, on pense on cinéma de Farhadi, et surtout au début d'Une séparation. Miracle du film : même l'époux ne parvient pas à être complètement antipathique, alors qu'il est en train de détruire la vie de son épouse.

Une franche réussite, un excellent moment.

 

3e 

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