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Christoblog

Articles avec #pierre salvadori

La Vénus électrique

Le festival de Cannes ne pouvait guère rêver meilleure ouverture. Le nouveau film de Salvadori, bourré de charme et d'invention, est en effet un chant d'amour au simulacre, à l'illusion, à l'imposture, et donc d'une certaine façon, au cinéma.

L'action se passe dans les années 20, et il faut d'abord dire que la reconstitution de cette période est très réussie, à la fois réaliste et rêvée, comme si les décors étaient très légèrement phosphorescents.

Le milieu de la peinture et de la fête foraine, associés à l'esprit de l'époque, permettent au scénario un peu bizarre (un homme croit communiquer avec sa femme décédée à travers une fausse spirite) de se développer sans que l'on crie à l'irréalisme.

Les acteurs et actrices adoptent d'ailleurs un jeu très légèrement forcé, qui s'adapte parfaitement au contexte. Anais Demoustier est à l'aise avec toutes les facettes de son personnage mutin, Gilles Lellouch est bluffant et semble sorti d'une caricature de l'époque, Pio Marmaï n'a jamais joué aussi finement et Vimala Pons est toujours capable de mettre le feu à l'écran avec un simple sourire. Tout ce petit monde s'en donne à coeur joie, semblant prendre un grand plaisir à composer des tableaux de natures très différentes, tour à tour burlesques (la suspension d'Antoine à la corde !), sentimentaux o intrigants.  

L'écriture du film est formidable de subtilité et de précision, et La Vénus électrique est bourrée de trouvailles tant au niveau de la mise en scène (les formidables plans d'Antoine découvrant la vérité à la fête foraine) que de l'écriture et du montage (les incessants allers-retours entre époques par le biais de la formidable trouvaille du journal intime). 

Une réussite à tout point de vue, et pour moi le meilleur film de Pierre Salvadori. 

 

4e

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Hors de prix

Je considère que Pierre Salvadori bénéficie d'une réputation chez la critique qui excède largement ses réelles qualités, et ce n'est pas ce film qui va me faire changer d'avis.

Commençons par les quelques points positifs. Il tiennent principalement à l'interprétation de Gad Elmaleh, tout en composition corporelle burlesque, et surtout d'Audrey Toutou, dont l'abattage est inversement proportionnel au poids des vêtements.

Il y a aussi dans le film un petit parfum d'amoralité plutôt agréable, qui détonne dans le schéma codifié de comédie romantique que propose Hors de prix.

Pour le reste, pas grand-chose à signaler : la mise en scène est transparente, le scénario plutôt empesé et sans grande surprise, le rythme bizarrement ralenti.

Pas catastrophique, et complètement oubliable.

Pierre Salvadori sur Christoblog : Dans la cour - 2014 (***) / En liberté ! - 2017 (*)

 

2e

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En liberté !

Rarement les phrases d'accroche figurant sur une affiche m'auront parues plus mensongères que pour ce film.

En effet, en ce qui me concerne, pas de "rires en cascade" à la vision de En liberté !, mais simplement quelques sourires intermittents et de grands moments de gêne quand un pseudo-gag tombe à plat (comme les apparitions successives du serial killer aux sacs en plastique).

Cette comédie qui n'est pas pour moi "hilarante", n'est pas non plus "bourrée d'émotion". Le rôle tenu par Mio Marmaï m'a plus énervé qu'il ne m'a ému. Ce dernier surjoue le déprimé injustement emprisonné, à moins que son personnage ne soit mal écrit, ou que l'impression générale de raté résulte d'un mélange de ces deux carences.

C'est en fait tout le film qui me semble bancal. Pierre Salvadori semble essayer de paraître décalé à tout prix. Que la plupart des critiques se déclarent séduits par ce pensum me laisse complètement interdit. Mettre dans la bouche d'Adèle Haenel un "putain" tous les trois mots, imaginer un cambriolage en vêtement sado-maso, faire fumer un personnage un sac en plastique sur la tête : toutes ces idées semblent avoir germé dans le cerveau d'un élève de collège à qui on aurait donné les moyens de tourner un long-métrage.

Sans rythme, approximativement écrit et laborieusement filmé, En liberté ! ne mérite pas le dixième du bien qu'on a écrit sur lui.

Pierre Salvadori sur Christoblog : Dans la cour -  2014 (***)

 

1e

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Dans la cour

On pouvait craindre beaucoup de choses à la lecture du script et du casting du nouveau film de Pierre Salvadori : des numéros d'acteurs un peu vains, une sorte de surenchère dans le misérabilisme psychologique, une petite chose parisienne étriquée à la mesure d'une cour d'immeuble, un succédanné d'esprit grolandais avec le snobisme chic que cela comprend.

Et puis non. Dans la cour évite tous les pièges évidents qui le guettaient : il est superbement réalisé, bien rythmé, et les acteurs sont tous formidables. Kervern est parfait en dépressif conciliant et de bonne volonté, Deneuve montre des choses qu'elle n'avait jamais montré (et avec quel brio !), les second rôles sont tous parfaits (Pio Marmai continuellement défoncé, Feodor Atkine en mari rationnel). Le scénario est suffisamment malin pour nous entraîner vers une fin guère prévisible.

Pierre Salvadori tient sur la durée un équilibre délicat entre comédie douce-amère et drame psychologique, sur un mode à la fois réaliste et poétique. Tout y précis, concis, délicat, mesuré. Du bel ouvrage.

 

3e    

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