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Christoblog

Articles avec #loic corbery

La bataille de Gaulle - partie 2 : J'écris ton nom

Dans cette deuxième partie, on retrouve nombre des qualités de la première : des apports historiques passionnants, et parfois méconnus (le plan américain pour l'Europe d'après-guerre, par exemple), une intrigue qui englobe plusieurs destinées, des reconstitutions de guerre très réussies.

La particularité de cet opus est d'être plus politique. On entre ici dans le détail de la lutte entre les deux composantes françaises de résistance au nazisme : la France Libre de De Gaulle et les forces du général Giraud. Le rôle essentiel que joua Jean Moulin en faveur de De Gaulle, en créant le Conseil National de la Résistance, est très bien montré également.

On découvre aussi l'attitude de président Roosevelt (très bon Campbell Scott), pas franchement amène avec les résistants français, et dont l'attitude entre en résonance avec l'actualité.

Il faut saluer ici le travail du réalisateur Antonin Baudry, qui sera parvenu en cet été 2026 à amener plus de 2,5 millions de spectateurs en salle, pour se plonger dans une oeuvre de plus de cinq heures, complexe et (presque) sans pathos.

Il faudra aussi lui reconnaître une formidable capacité à diriger une brochette d'acteurs parfois aux antipodes de leurs rôles habituels, comme par exemple Thierry Lhermitte qui campe un Giraud formidable.

 

3e

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La bataille de Gaulle - partie 1 : L'âge de fer

On pouvait craindre beaucoup de choses à propos de ce film : qu'il soit une hagiographie éhontée, qu'il étouffe l'histoire au profit de l'anecdote, qu'il joue le spectaculaire ou la sensiblerie à l'excès, ou qu'il verse dans la caricature facile.

Le réalisateur Antonin Baudry évite à peu près tous ces pièges, construisant une oeuvre complète et ambitieuse, qui donne à voir la figure du Général sans l'embellir (son côté psycho-rigide est rendu à l'écran sans atténuation), tout en creusant la complexité de l'époque.

L'attitude de Churchill, tantôt romantique, tantôt froidement pragmatique, est ainsi restituée avec beaucoup de finesse, tout comme les innombrables trahisons qui parsemèrent la première partie de la guerre.

Le film alterne les passages plutôt intimistes (très bel arc narratif autour du personnage de Fernand) et les moments beaucoup plus spectaculaires, comme la bataille de Bir Hakeim, reconstituée avec une maestria assez rare dans le cinéma français.

Le tout est bien balancé, servi par une mise en scène qui n'hésite pas à se montrer parfois imaginative, et un casting quatre étoile, parmi lequel il faut mentionner la prestation de Simon Abkarian en De Gaulle, impeccable de sobriété.

J'ai été happé par ce film sans prétention, mais pas sans ambition, et n'ai qu'une hâte : voir le second opus.

 

3e

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Guermantes

Le nouveau film de Christophe Honoré, plus ou moins improvisé, filme la troupe de la Comédie Française au moment où le spectacle qui devait être monté par Honoré lui-même va être annulé pour cause de Covid.

Guermantes est ainsi un des premiers vrais films post-confinement. C'est aussi un incroyable hommage au métier d'acteur et à l'esprit de troupe.

Honoré confirme ici ses immenses qualités de réalisateur. Le film n'est pas simplement beau et intéressant, il est inspiré, et même habité. La direction d'acteur sublime les performances d'un casting de rêve : Dominique Blanc, Loïc Corbery, Elsa Lepoivre, Laurent Lafitte et tous les autres sont formidables.

On se laisse complètement happer par l'évolution erratique d'un intrigue qui n'en est pas vraiment une, mélange de tranches de vie réelle (Lafitte veut montrer la bande annonce de L'origine du monde à tous ses copains), exploration poétique d'un lieu de théâtre incroyablement photogénique (le théâtre Marigny) et finalement, sincère hommage à Marcel Proust.

Guermantes est un poème visuel et sensuel, une oeuvre de cinéma comme on en voit peu.

Christophe Honoré sur Christoblog : Les chansons d'amour - 2007 (****) / La belle personne - 2008 (***) / Non ma fille, tu n'iras pas danser - 2009 (**) / Les bien-aimés - 2011 (****) / Métamorphoses - 2014 (***) / Plaire, aimer et courir vite - 2017 (***) / Chambre 212 - 2019 (****)

 

4e

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Pas son genre

Le cinéma de Lucas Belvaux (Pour rire !, Rapt, Un couple épatant, Cavale, Après la vie, La raison du plus faible, 38 témoins) présente un peu les mêmes caractéristiques que celui d'Hirokazu Kore-Eda: leurs films, qu'ils soient bons ou moyens, sont toujours d'une grande sensibilité, sous l'apparence d'un sage classicisme. 

Pas son genre est en ce sens un modèle. On pourrait craindre que le pitch (un philosophe parisien tombe amoureux d'une coiffeuse à Arras) ne soit que le prétexte à bâtir une comédie romantique de plus, enfilant les clichés comme des perles.

Le résultat est tout différent. Pas son genre s'avère être d'une délicatesse extrême, doté d'un scénario très intelligent, d'une grande subtilité. La mise en scène est comme toujours chez Belvaux à la fois discrète et raffinée.

Le film est étonnant, touchant, et même brillant, par la grâce du jeu absolument magnifique d'Emilie Dequenne, qui confirme ici être une des plus belles actrices du moment. Sa prestation est magistrale, enchaînant joie de vivre, colère, résolution, amour, tristesse dans un tourbillon de sentiments qui laissent pantois. La plus belle prestation vue en 2014, sans discussion possible.

Le seul point faible du film est peut-être parfois dans les dialogues, mais pour tout le reste foncez-y, surtout si vous aimez dans un même film rire et pleurer, être séduit, inquiet et finalement bouleversé.

  

4e

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