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Christoblog

Articles avec #anamaria vartolomei

L'intérêt d'Adam

Une gentille infirmière se rebelle contre sa méchante hiérarchie pour aider une mère instable psychologiquement et son enfant.

Oui, vous avez raison, c'est une situation qu'on a l'impression d'avoir vu mille fois et qu'on verra mille fois supplémentaires encore, probablement filmée avec le même "sentiment de temps réel en milieu hospitalier" qu'on a découvert il y a trente ans déjà dans la série Urgences, et qui n'a vraiment plus rien d'original.

Le film de la Belge Laura Wandel ne cherche pas vraiment à dépasser ce portrait de bonne samaritaine tourné comme il se doit avec la caméra à l'épaule : l'auréole de sainteté qui semble étinceler au-dessus de la tête le Léa Drucker aurait pourtant méritée d'être challengée.

Son attitude n'est en effet pas exempte de critiques potentielles. Ne protège-t-elle pas injustement une mère toxique qui constitue une véritable menace pour son enfant (elle a déjà failli le tuer, et semble tout à fait prête à recommencer) ? N'outrepasse-t-elle pas allègrement les limites déontologiques de son métier ? Ne consacre-t-elle pas trop de temps à une seule patiente alors que beaucoup d'autres ont besoin d'elle ? Pourquoi prend-elle toutes ces décisions irrationnelles ? Ne devrait-elle pas confronter son opinion à celles de ses collègues, comme cela est préconisé en milieu hospitalier ?

En bref, il y avait sûrement beaucoup de films intéressants à faire autour de ce sujet, mais aucun de ceux-ci n'existe dans L'intérêt d'Adam, pâle décalque sur grand écran d'une collection de clichés usuels sur l'hôpital, qui ne prend à aucun moment la peine de caractériser psychologiquement ses personnages, ni d'installer une vraie tension dramatique.

Une grande déception.

 

1e

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Le comte de Monte-Cristo

On pourrait citer beaucoup de qualités à propos de ce blockbuster français : l'intelligence de l'écriture qui respecte le génie feuilletonnant du roman, la musique de Jérôme Rebotier, le casting impressionnant.

Mais ce qui est pour moi la caractéristique principale du film, et sa spécificité, c'est la modeste efficacité avec laquelle il a été conçu et réalisé. Ici, pas d'effet numérique ostentatoire, pas de scènes d'action inutiles, pas de modernisation accessoire dans le scénario : tout ce qui est montré est utile, tout ce qui est filmé fait avancer l'intrigue.

A l'image de cette sobriété bienvenue, la composition de Pierre Niney m'a paru saisissante. L'acteur auquel on peut souvent reprocher un gentil (mais parfois envahissant) cabotinage est ici parfait. Joyeux sans excès dans la première partie, puis intelligemment sombre dans la seconde, sans jamais se départir de cette assurance dans la vengeance qui semble alors lui tenir lieu de personnalité. Il illustre merveilleusement l'idée de génie de Dumas : faire d'un gentil congénital un méchant obstiné.

Toute cette affaire est mené tambour battant jusqu'à un combat final qui résume les qualités du film : sans esbroufe, raisonnablement cruel, sous un ciel nuageux et peu flatteur.

Si le casting est absolument parfait (et je pèse mes mots, tout le monde est proche de ce qu'il peut faire de mieux), j'aimerais distinguer Anaïs Demoustier, qui campe une Mercedes d'exception, et dont la moindre des expressions fait véritablement vibrer l'écran. 

Du beau cinéma grand public, à la française.

Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière sur Christoblog : Le prénom - 2012 (***)

 

3e

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L'empire

Au début du film, tout semble frais et mystérieux. Ce qui est proposé à l'écran a des airs de "jamais vu".

J'ai adoré cette poésie diffuse qui sourd des premiers plans, dans une ambiance fantastique et solaire. La première apparition du bambin divin est par exemple sidérante.

Malheureusement, le film, en quelque sorte aplati, ne sait pas thésauriser sur cette bonne entame et piétine rapidement, ressassant les mêmes recettes en boucle, tout en changeant brutalement de ton, oscillant entre burlesque et métaphysique,  grand spectacle et tableau naturaliste.

Lucchini est en roue libre (alors qu'il était bien dirigé dans Ma loute), les développements narratifs sont pauvres, les apparitions en guests de Carpentier et Van der Weygen n'apportent rien à l'histoire, et globalement le niveau d'ennui s'accroit de façon logarithmique pour atteindre son maximum absolu en fin de film.

Seules véritables satisfactions à mes yeux : la prestation incroyablement juste d'Anamaria Vartolomei et la beauté visuelle des effets spéciaux, qui parviennent à sublimer la lumière verticale des paysages du Pas de Calais.

Dernière remarque : le personnage de Lyna Khoudri est grotesque et son asservissement au personnage de Jony m'a mis mal à l'aise. Globalement la façon dont les rapports hommes / femmes sont montrés dans le film est étrangement brutale : pour simplifier, c'est la position du missionnaire en moins de deux minutes et basta cosi.

Décevant.

Bruno Dumont sur Christoblog : L'humanité - 1999 (****) / Flandres - 2006 (***) / Hors Satan - 2011 (*) / Camille Claudel, 1915 (**) /  P'tit quinquin - 2014 (**) / Ma Loute - 2016 (****) / France - 2021 (***)

 

2e

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