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Christoblog

Articles avec #tom holland

L'Odyssée

Alors que j'ai été déçu par le dernier film de Christopher Nolan, je vais commencer par ce qui m'a plutôt plu.

Au rayon des satisfactions, il faut d'abord parler des décors naturels, de toute beauté. Les lieux de tournage (Sicile, Grèce, Maroc, Islande, Ecosse) sont bien choisis, et toujours en adéquation avec l'esprit de l'épisode qui s'y déroule.

L'absence de numérique à dose massive fait également du bien, et les effets spéciaux qui donnent vie aux monstres, géants et cyclopes, sont parfaits. Le rythme du film est également une de ses qualités : on ne s'ennuie (quasiment) pas durant les 2h53 du film.

L'impression générale que me laisse pourtant L'Odyssée est globalement négative. La raison principale en est certainement la façon dont Nolan transforme la puissance tellurique du texte homérique en clichés hollywoodiens, mal servi par un casting parfois peu convaincant.

Quelques exemples pour illustrer ce point de vue : Charlize Theron en Calypso ressemble a une James Bond girl qui émerge de la mer, Robert Pattinson semble jouer une dark romance à deux sous avec force roulements d'yeux pervers, Zendaya parait échappée de Dune en costume de fremen, elle est bien loin d'incarner la toute puissance intimidante d'Athéna.

Matt Damon lui même n'incarne pas, avec son physique body-buildé et sa moue permanente, toute l'ingéniosité vivace du toujours en mouvement Ulysse. 

Tout cette conformité finit par rendre le film du Britannique assez insipide, d'autant plus que Nolan, pour une fois, se contente d'une mise en scène extrêmement conventionnelle. 

Le résultat est un beau livre d'image qu'on a plaisir à feuilleter, mais dont la joliesse n'approche jamais en intensité la puissance du mythe et de ses réflexions quant à la guerre, l'amour, le temps.

Mieux vaut relire Homère.

 

2e

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The impossible

Ayant raté le film à sa sortie, j'ai profité du Festival du Film Espagnol de Nantes 2013 pour aller voir le deuxième film de Juan Antonio Bayona (L'orphelinat).

Le sujet du film est limpide : c'est l'histoire vraie d'une famille espagnole victime du tsunami en Thaïlande (on voit d'ailleurs une photo de la famille dans le générique de fin). La mère est emportée avec le plus grand des trois garçons, alors que le père parvient miraculeusement à sauver les deux plus jeunes, puis à retrouver sa femme.

La première partie du film m'a enthousiasmé. L'atterrisage, les jeux et les cadeaux de Noël dans le village-vacance, les petits tracas liés au travail : tout cela est très bien montré, et Bayona parvient à ménager un vrai suspense, à peu de frais. On sait que la vague peut arriver à tout moment, VA arriver, et le sentiment éprouvé de l'imminence de la catastrophe est très intense.

D'ailleurs le tsunami lui-même est filmée magnifiquement, cela fait bien longtemps que je n'avais pas ressenti un telle impression de réalisme au cinéma. La façon dont Bayona peint l'attitude de la mère, gravement blessée, force l'admiration. Naomi Watts et le garçon sont remarquables. Cette partie du film, absurdement réaliste et totalement sans pathos, est parfaite.

Las ! Le passage de relais à Ewan McGregor gâche le plaisir, car d'une description saisissante de réalisme le film passe alors à une mièvrerie sentimentale dont on se serait bien passé, d'autant plus que l'enjeu du père paraît bien dérisoire : pourquoi met-il en danger ses deux plus jeunes fils pour rechercher sa femme et son aîné alors qu'à l'évidence la santé de ces deux derniers est indépendante du fait qu'il soient avec lui (ils seraient plus en sécurité dans un hôpital) ?

Le film dégringole dans sa deuxième partie une à une les marches de l'escalier de la facilité.

Dommage.

 

2e

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