Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #josh o'connor

Le son des souvenirs

Dans le projet du cinéaste sud-africain Oliver Hermanus, il y avait beaucoup de choses intéressantes : un duo d'acteurs au sommet de la hype (Paul Mescal / Josh O'Connor), un sujet touchant (une histoire d'amour gay sur le long terme dans l'Amérique du début du XXème siècle), une toile de fond passionnante (la collecte de chansons folkloriques traditionnelles).

Las ! L'assemblage final de tous ces bons ingrédients est insipide. On s'ennuie à suivre cette romance tout juste sortie de la naphtaline, qui ne parvient pas à donner de la profondeur aux interactions entre les deux personnages principaux.

L'aspect documentaire sur la recherche de chansons est de loin le point le plus intéressant du film, mais il ne parvient pas non plus à nous captiver, par manque d'approfondissement.

La réalisation est propre, les paysages magnifiques, et on se demande au final comment il est possible avec autant d'atouts d'arriver à ne générer aucune vraie émotion. Un coup de maître en matière de ratage.

 

2e

Voir les commentaires

The mastermind

Le cinéma de Kelly Reichardt est toujours aussi insaisissable : il semble vouloir raconter quelque chose (un braquage de Pieds Nickelés dans les années 1970), mais se transforme progressivement en portrait d'un "homme sans qualité", errant à travers les États Unis sans but et sans passion.

Reichardt en profite pour donner, comme à son habitude, une sorte de leçon de cinéma minimaliste : comment dessiner par petites touches un tableau réaliste d'une certaine époque, comment y imposer des choix esthétiques forts qui contribuent à désincarner l'intrigue, à la rendre presque métaphysique.

Les oeuvres de Reichardt me laissent parfois indifférents, vous le savez certainement si vous me lisez depuis plusieurs années, mais j'ai ici plutôt apprécié sa façon de nous raconter une période, avec pas mal d'humour et une direction artistique très cohérente (un formidable camaïeu d'ocre, d'orange et de marron, une pétillante musique jazzy).

La prestation de Josh O'Connor, en personnage opaque et sans affect, n'est pas pour rien dans ma mansuétude. Il est pour moi l'un des meilleurs acteurs en activité.

A voir si vous aimez la lenteur, et l'understatement érigé en esthétique. 

Kelly Reichardt sur Christoblog : La dernière piste - 2011 (**) / Certaines femmes - 2016 (**) / First cow - 2020 (**) / Showing up - 2023 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Rebuilding

Apparaît parfois sur nos écrans une pépite américaine, souvent passée par le festival de Sundance, et donnant à voir de grands espaces et de belles personnes.

Il y a quelques années, en 2015, nous découvrions ainsi une grande cinéaste, Chloe Zhao, avec son très beau premier film, Les chansons que mes frères m'ont apprises.

Cette année, c'est un jeune réalisateur de 32 ans originaire du Colorado, Max Walker-Silverman, qui nous ravit avec son deuxième film (le premier, A love song, n'est pas sorti en France).

Dans Rebuilding, il ne se passe pas grand-chose. Dusty a perdu son ranch dans un gigantesque incendie et se retrouve hébergé dans une caravane de fortune, sur un terrain vague, en compagnie d'autres sinistrés. Que va-t-il faire ?

Le film se résume a peu près à filmer les états d'âme de Dusty, magnifiquement interprété par le formidable Josh O'Conor, et ses allers-retours entre la caravane, la maison de son ex-femme et de sa fille, la bibliothèque de la ville et le site brûlé de son ranch.

Pas grand-chose donc sur le papier, mais Walker-Silverman possède ce grand talent de remplir chaque plan d'une foule de nuances et d'une bonne rasade d'humanité. On est donc tour à tour dubitatif, surpris, inquiet, ému, enthousiasmé, par la paisible évolution intérieure de Dusty.

Comme tout le casting est parfait, les paysages du Colorado sublimes et la mise en scène d'une grande fluidité, on passe un excellent moment, reposé par cette histoire dans laquelle tout le monde fait de son mieux pour améliorer la vie des autres (c'est rare !). 

Je prends les paris qu'on entendra parler dans l'avenir de Max Walker-Silverman.

 

4e

Voir les commentaires

Wake up dead man

Depuis que Daniel Craig a quitté le costume de James Bond, il s'amuse, entre autre, à camper le détective Benoit Blanc, personnage décalé aux tenues à la fois surannées et très élégantes.

Ce troisième cluedo cinématographique de la série A couteaux tirés est particulièrement réussi. Rian Johnson met en scène une intrigue à l'ambiance gothique assumée, intrigue particulièrement retorse puisque du type "à chambre close", comme Le mystère de la chambre jaune.

Tout cela ne serait que gentiment anecdotique si le casting haut de gamme n'apportait un surcroît d'âme à Wake up dead man  en exposant une grande palette d'émotions : Josh O'Connor confirme être un des acteurs les plus intéressants du moment et Glenn Close est égale à elle-même, alors que les entourent rien moins que Jeremy Renner, Mila Kunis et Josh Broslin. Excusez du peu.

On suit les rebondissements de cette histoire complexe et parfois hilarante avec un plaisir enfantin, comme on descend une boîte de chocolat ou un paquet de Miami pik, goutant avec plaisir les décors celtiques et les ambiances noires. 

Rian Johnson sur Christoblog : Looper - 2012 (**) / Star wars - Les derniers Jedis (VIII) - 2017 (**) / A couteaux tirés - 2019 (***) / Glass Onion - 2022 (**)

 

3e

Voir les commentaires

La chimère

Je n'ai jamais aimé le cinéma d'Alice Rohrwacher, et ce n'est pas ce film qui va me faire changer d'avis.

On retrouve dans La chimère ce qui fait la signature de la réalisatrice italienne : un mélange de milieux décalés, de faux documentaire, d'esthétique un peu cradingue, de formalisme toc (le format du cadre), de fantastique et de chronique sociale.

Le résultat est parfois intriguant (la découverte du milieu des chasseurs d'antiquités étrusques), mais le plus souvent à mon sens quelconque, et même par moment ridiculement prétentieux (le "fil d'Ariane"). Comme souvent, la réalisatrice répugne à donner des éléments de contexte aux scènes qu'elle nous proposent, ce qui laisse souvent le spectateur au bord du chemin.

Plus encore que dans ses films précédents, c'est une impression de bric et de broc non maîtrisé qui prédomine à la sortie de la séance, comme si Alice Rohrwahcher ne savait pas elle-même ce qu'elle avait voulu raconter.

A un moment, un personnage regarde la caméra et assène une phrase définitive : "Si on avait eu l'héritage des Etrusques plutôt que celui des Romains, les Italiens seraient moins machistes". On se demande à ce moment-là où le film veut nous emmener, entre considération historique approximative, rêverie poétique, éloge de la sororité, effet de style et critique de la société italienne contemporaine.

De ce brouet inégal ressort l'interprétation subtile de l'acteur anglais Josh O'Connor, dont le jeu lunaire et incarné se marrie bien à l'univers de l'Italienne.

Alice Rohrwacher sur Christoblog : Corpo celeste - 2011 (**) /  Les merveilles - 2015 (*) / Heureux comme Lazarro - 2018 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Entre les lignes

J'ai vu ce film en 2021, au festival du Cannes, où il a été reçu de la pire des façons par l'ensemble de la critique. 

Il est d'ailleurs très rare qu'un film sorte plus de deux ans après sa présentation à Cannes : peut-être est-ce la durée qu'i faut pour faire oublier le mauvais souvenir, ou pour corriger le montage ?

Je peux dire en tout cas que dans sa version cannoise, c'est un des pire films qu'il m'a été donné de voir sur la Croisette. Le style est empoté, sirupeux, engoncé dans une reconstitution d'époque qui empeste le carton-pâte, à l'éclairage poudreux et aux images trop belles.

Olivia Colman et Colin Firth errent dans le cadre comme égarés dans un fiasco poussif. Ils n'articulent tous les deux que quelques mots, comme s'ils regrettaient d'être là.

Entre les lignes souffre d'un triple problème : d'écriture d'abord (les allers-retours entre époques ne se justifient pas), de rythme ensuite (les plans inutiles sont légions) et de mise en scène pour finir (il faut choisir un angle, ce qu'Eva Husson ne parvient pas à faire).

C'est Downton Abbey, en raté.

Eva Husson sur Christoblog : Bang gang - 2015 (*)

 

1e

Voir les commentaires