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Articles avec #manon clavel

Kika

Voici un très beau deuxième film de la réalisatrice Alexe Poukine, qui nous donne à voir un magnifique personnage de jeune femme.

Kika (excellente Manon Clavel) quitte son compagnon qu'elle n'aime plus et dont elle a eu une fille, pour David, dont elle tombe enceinte.

David meurt soudainement, et Kika se retrouve complètement fauchée. C'est une des plus grandes qualités du film de montrer la précarité quotidienne d'une famille monoparentale : le retour (compliqué) chez les parents, les ami(e)s compatissant(e)s mais impuissant(e)s, les ersatz bout de chandelle. 

Et puis un jour, Kika découvre par hasard que vendre ses culottes sales peut lui rapporter beaucoup d'argent. De fil en aiguille, elle s'intègre dans le petit monde des hommes masochistes et finit par y gagner sa vie, ce qui permet à Alexe Poukine de dresser de très beaux portraits d'hommes à la fois désespérés et touchants.

Kika est un très beau film générationnel qui offre de très délicats instantanés, avec une spontanéité séduisante et une sensibilité à fleur de peau qui apparait comme unique dans le cinéma français.

Un film à découvrir.

 

3e

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La vérité

Les grands réalisateurs étrangers, lorsqu'ils tournent un film en France, semblent perdre une bonne partie de leur génie. Je ne connais pas d'exception à cette règle, qui a touché Kiyoshi Kurosawa, Asghar Farhadi, Abbas Kiarostami et bien d'autres.

Le mal touche maintenant un de mes chouchou, le japonais Kore-Eda.

Le début de La vérité est en tout point catastrophique : jeu approximatif des acteurs, dialogues artificiels, intrigue inconsistante, erreur de casting, péripéties ridicules, montage à la va-vite, scénario flottant. On a mal pour le réalisateur des formidables Notre petite soeur et Une affaire de famille.

Petit à petit cependant, le film se redresse quelque peu, grâce à une performance encore exceptionnelle de Catherine Deneuve, dont les prestations forcent de plus en plus le respect : au fur et à mesure que son corps s'use, ses sens semblent s'aiguiser.

La subtilité habituelle de Kore-Eda, faite d'une dureté impitoyable mêlée à la tendresse du regard, s'installe en fin de film et on retrouve dans les trente dernières minutes la patte du japonais (par exemple quand le personnage de Juliette Binoche écrit les répliques que prononcent la petite fille). La rivalité féroce des actrices se mêle alors à la douceur acidulée et dépourvue d'ambigüité du personnage de Manon : c'est le Kore-Eda qu'on aime, salé et sucré à la fois.

Malheureusement l'amélioration est trop tardive pour corriger la mauvaise impression du début.

 

2e

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