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Christoblog

Articles avec #christian petzold

Miroir N°3

Le cinéma de Christian Petzold n'est pas ma tasse de thé. Je n'accroche pratiquement jamais à sa façon de filmer froide et désincarnée, à la distance qu'il impose de toute force entre ses personnages et nous.

Mais si ces procédés m'exaspèrent quand ils s'appliquent à une dense matière romanesque (comme dans le dernier Ondine), je dois dire qu'ils se marient plutôt bien à la forme de conte minimaliste que prend Miroir N°3.

J'ai été d'abord plutôt charmé par la plate froideur du réalisateur allemand, qui donne à voir un mal-être qu'on devine pesant chez Laura. Malheureusement, à partir de l'accident, les incohérences manifestes du récit m'ont beaucoup gêné : pourquoi Laura ne prévient elle personne ? pourquoi ne s'étonne-t-elle pas quand son hôte l'appelle Yelena ? pourquoi à l'inverse pète-t-elle un plomb quand elle comprend pour qui on la prend - alors que la situation est évidente depuis le début pour tous ?

Le film déroule son programme cahin-caha vers une fin peu surprenante, dans une sorte d'atonie émotionnelle qui ne favorise pas l'empathie. Restent les points forts habituels de Petzold (jeu d'acteur intéressant, mise en scène élégante), mais qui ne parviennent pas à me convaincre complètement, une fois de plus.

Christian Petzold sur Christoblog : Barbara - 2012 (**) / Phoenix - 2014 (**) / Ondine - 2020 (*)

 

2e

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Ondine

Ondine est une créature mythologique, présente à la fois dans les mythologies gréco-romaines et germaniques. Elle revêt ici les traits plutôt agréables de l'actrice Paula Beer, découverte dans le formidable film d'Ozon, Frantz.

Le cinéma de Christian Petzold, froid et théâtral, s'adapte assez mal à l'histoire que raconte maladroitement Ondine

Là où il aurait fallu de la poésie et du mystère, il propose des métaphores maladroites (l'aquarium, le scaphandrier, la tâche de vin sur le mur) et des personnages secondaires grossièrement dessinés. Ondine elle-même mime son caractère divin en prenant une moue inexpressive qui est plus ennuyeuse que mystérieuse. Quant aux longs développements sur la ville de Berlin, on se demande bien en quoi ils servent le propos.

Le film échoue également à faire ressentir la passion qui unit Christoph et Ondine. Pour ce qui se veut le tableau d'un amour qui s'étend au-delà de la mort, c'est dommageable.

Comme dans les deux autres films que j'ai vu de cet auteur allemand, j'ai trouvé que le scénario ne tenait pas la distance d'un long-métrage. Sa mise en scène, parfois élégante à force de distanciation, est ici simplement quelconque.

 

1e

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Phoenix

Mêmes qualités et même défauts dans ce film que dans Barbara, le film précédent de Christian Petzold. 

Le début est intrigant, instillant cette délicieuse incertitude qui fait le sel du bon cinéma : on ne comprend pas exactement ce qu'on voit, et on attend le plan suivant avec impatience. Ce brillant début se situe exactement à mi-chemin du Hitchcock de Vertigo et du cinéma de Fassbinder.

Malheureusement, comme dans Barbara, le film finit par ployer sous le poids trop lourd de son formalisme forcené. Le scénario devient peu crédible (pour ma part je n'ai jamais vraiment adhéré à la situation : je ne crois pas qu'on puisse ne pas reconnaître quelqu'un à travers sa voix, son regard, sa démarche). 

J'ai donc décroché du film dans sa deuxième partie. Tout me semblait factice : décors de carton pâte, jeu artificiellement composé des acteurs, péripéties commandées et costumes amidonnés. Raté.

 

2e

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Barbara

Allemagne de l'Est, 1980.

Barbara, médecin à Berlin, est soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest. Elle est exilée dans un hôpital de province, et surveillée par la Stasi. Alors qu'elle prépare effectivement son départ, André, le chirurgien qui l'accueille dans son nouvel hôpital semble tomber amoureux d'elle...

Dans ce film de Christian Petzold, jeune prodige du cinéma allemand, rien ne dépasse. Tout est programmé pour faire "auteur" : une certaine lenteur, un jeu assez hermétique de l'actrice principale, de jolis cadres, une ambiance un peu curieuse qui fait ressembler cette ville du passé à celle de la série Le prisonnier.

Du coup, je me suis passablement ennuyé, d'autant plus que le film ne réserve aucune surprise (mais c'est peut-être là que réside sa force, me direz-vous) : le gentil est très gentil, le méchant est méchant, les malades sont très malades, la malheureuse jeune fille est très malheureuse, les Trabants roulent comme des Trabants, etc...Tout est assez convenu, prévisible, et parfois un peu lourd, voire hasardeux (les raccords de la balade à vélo, lors de laquelle le vent violent s'arrête brusquement au changement de plan).

Il y a une application scolaire dans la mise en scène qui empêche d'adhérer complètement au propos du film, qui ne captive pas, mais n'est pas non plus à fuir car la mise en scène est souple et élégante.

 

2e

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