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Christoblog

Articles avec #richard jenkins

Nightmare alley

Del Toro devait probablement finir par filmer des monstres de fête foraine, tout comme Tim Burton devait à un moment de sa carrière choisir un cirque comme décor (Dumbo).

Dans ce remake d'un film de 1947 que peu de spectateurs auront vu, le brillant réalisateur mexicain réussit un emberlificotage de haut niveau. Nightmare alley commence en effet comme un film holywoodien lambda : certes bien rythmé et remarquablement mis en scène, mais globalement convenu, engoncé dans une esthétique vieillotte et une photographie jaunâtre (j'ai songé à la direction artistique désuète du West side story de Spielberg).

Et puis progressivement, la narration au long cours du film vire au noir, de façon figurée et littéralement (la nuit prend de plus en plus de place). La deuxième partie du film devient donc une longue et tortueuse descente aux enfers, émaillée de choix faustiens, d'éclairs de cruautés de plus en plus saignants (culminant dans l'incongruité de l'épisode de l'oreille). Nightmare alley brasse alors une série d'allusions psychologiques traumatisantes qui ne trouveront aucune explication satisfaisante (la cicatrice du docteur, les traumatismes d'enfance du héros principal et sa relation aux vieux hommes, les horreurs perpétrées par Ezra Grindle aux jeunes filles).

Ainsi le miracle (le piège) opéré par le magicien Del Toro fonctionne-t-il parfaitement : le film commence comme un produit manufacturé de série et se finit dans un mauvais rêve cruel, à l'image du générique de fin. Nightmare alley aura profondément manipulé son spectateur.

Délectable : 2h30 qui passent en un clin d'oeil.

 

4e

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Kajillionaire

Kajillionaire est un objet étrange, à la fois film indépendant US typique, comédie gentiment déjantée façon Little miss sunshine, récit d'émancipation, thriller psychologique et romance amoureuse.

Le résultat est mitigé. Le début du film est plutôt plaisant, le temps qu'on découvre avec curiosité chacun des personnages. 

Le jeu stéréotypé d'Evan Rachel Wood agace toutefois rapidement, d'autant plus que le scénario tourne au ralenti au coeur du film, avant de se dynamiser à nouveau sur la fin. 

Personnellement, j'ai décroché vers le premier tiers du film sans jamais vraiment recoller tout au long des longues minutes suivantes (le film dure 1h43). Je n'ai pas vraiment ressenti l'histoire d'amour, ni été convaincu par l'arnaque finale. La mise en scène de Miranda July m'a enfin semblé poussive et terne.

Une déception.

 

2e

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