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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

L'age de glace 4

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/68/62/19632042.jpgChaque semaine, il est plus évident que les scénaristes hollywoodiens perdent les pédales, conduisent leur industrie à la catastrophe et la poule aux oeufs d'or à l'abattoir.

 

Leur imagination semble désormais avoir atteint le niveau le plus bas possible, que ce soit dans les l'épuisement ad nauseam des séries (cf Batman), dans le reboot inutile (The amazing spiderman) où comme ici dans la redite de recettes éprouvées.

 

Dans L'âge de glace : la dérive des continents, ce qui marque avant tout c'est donc l'extrême pauvreté des idées développées, qu'elles soient multi-répétées à l'intérieur du film (par exemple la fissure dans le sol ou la glissade façon bobsleigh) ou piquées dans d'autres opus et recyclées (la part grandissante de Scrat, running gag des premiers épisodes, lourd poncif ici).

 

On peine à trouver quoi que ce soit qui puisse sauver le film, tant celui-ci est un tissu étourdissant de bruit inutile, de grimaces éculées et de caricatures mêmes pas drôles (le langage pseudo-ado des mammouth prépubères : ridicule).

 

Ici l'émotion est comme annihilée, tuée, sacrifiée, sur l'autel d'un marketing aveugle et machiniste. Une catastrophe, qui semble liminaire à l'effondrement de tout un système.

 

1e

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Kill list

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/31/53/20013929.jpgDrôle de film que Kill list.

 

Au-delà du fait de l'aimer ou pas (j'hésite moi-même), l'oeuvre incite à saluer un réalisateur en train de naître, comme le confirme le film suivant de Ben Wheatley :  Touristes !

 

Kill list nous maintient de façon continue dans une zone d'inconfort. Sommes nous en train de voir un drame social à la Mike Leigh ? Un polar à la Tarantino ? Un film d'horreur version secte satanique ?

 

Un peu de tout ça.

 

Que le résultat soit intégralement réussi reste discutable, qu'il le soit fugitivement dans l'un ou l'autre style est évident. Je regrette personnellement que la note d'ambiance du début ne soit pas tenue sur la durée, et que le scénario perde peu à peu les pédales, même s'il y a un talent évident dans la réalisation et le montage.

 

A suivre...

 

2e

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La clinique de l'amour

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/39/89/20094929.jpgLa clinique de l'amour pourrait utilement être comparé à une bouteille d'eau minérale : sans saveur, sans couleur, transparente, on la consomme et puis on l'oublie.

 

J'ai vu le film il y a quelques jours et j'ai beaucoup de mal à me remémorer autre chose que cet ours ridicule qui orne l'affiche.

 

Ce n'est pas que j'ai le souvenir d'avoir passé un mauvais moment, non, c'était même plutôt pas trop désagréable comme projection, même si plusieurs fois j'ai également pensé (soyons honnête) : qu'est-ce que je fous là ?

 

Sinon, le film est une sorte de parodie à base de caricatures, une bande dessinée hybride rassemblant les univers d'Urgences et de H dans une atmosphère d'aquarium. Chaque acteur y cabotine comme il peut, engoncé dans un rôle archi-typé. Tout cela ne serait pas si grave si on ne payait pas son entrée.

 

1e

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The amazing Spider-Man

Alors, alors, voyons un peu. Depuis que je me suis initié au film de super-héros, je ne m'arrête plus.

Celui-ci est un remake du film de Sam Raimi, qui donnait en 2002 un nouveau souffle au genre, et que j'avais bien aimé.

Les Américains inventent donc un nouveau concept : le recyclage décennal de la nouveauté. Ainsi, en 2022 vous pourrez peut-être voir un remake du film de Mark Webb, qui lui-même copiait Sam Raimi, qui d'ailleurs lui-même succédait à plusieurs films et feuilletons.

Et pour pousser le concept à son paroxysme, chacun de ces remakes de remake pourra enfanter de suites qui seront elles-mêmes des remakes de suites. Ou pas.

Bref, tout cela n'a aucun intérêt. Comme le film. Pourtant, je l'ai vu dans des conditions pratiquement optimales : en 2D et en VO. Ce qu'il y a d'incroyable dans ce type de produit (on renâcle à écrire oeuvre, ou même film) c'est l'apparente exigence d'éviter toute sorte d'originalité.

Le résultat est donc hyper-formaté, ne ménageant aucune surprise et ne présentant aucun intérêt. Ah si, il y a une scène de 34 secondes qui vaut le coup (le film dure 2h17) : un bibliothécaire écoute de la musique au casque dans un silence total quand un combat dantesque se déroule à l'arrière-plan.

A part ça, tout n'est que chemin déjà parcouru, clichés vus 1000 fois et redites pénibles. A fuir.

 

1e

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Starbuck

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/31/84/19956007.jpgLa réussite de Starbuck, c’est l’irrésistible drôlerie qu’arrive à installer très rapidement Ken Scott et son acteur Patrick Huard, drôlerie générée (en tout cas pour nous Français) par l’impayable accent québécois et ses idiotismes, mais aussi par le caractère droopiesque du personnage de Starbuck, loser de première bourre accumulant les échecs de tous ordres.

 

La première partie du film, qui flirte avec la cruauté dans sa description du « héros » et de son environnement de boucherie familiale, est donc très réussie.

 

Le sujet de la demande de lever du secret, pour les enfants issus de dons du sperme, entre d’autre part parfaitement en résonnance avec l’actualité récente, et on est franchement curieux du tour que le scénario va bien pouvoir donner au pitch initial assez bien vu. Malheureusement la réponse est : un tour convenu, rempli d’hyper-bons sentiments et au final un peu mièvre.

 

Les enfants de Starbuck s’avéreront donc bien gentils (et curieusement tous interchangeables, sans personnalité, comme s’ils constituaient encore une colonie de spermatozoïde indifférenciés). Les aspects les plus noirs ou cyniques de l’histoire seront gommés au profit d’une avalanche de gestes sublimes (le don du père) et de péripéties tire-larme (le nouvel enfant).

 

Les personnages secondaires ne seront pas suffisamment exploités (le copain avocat a pourtant du potentiel) et même ignorés (mais où sont les mères ?).

 

Le film passe donc en partie à côté de son sujet, à moins qu’on considère qu’il ne visait rien d’autre qu’à être un convenable feel good movie au sirop d’érable, ce qu’il réussit très bien.

 

2e

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The raid

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/95/62/20074884.jpgConnaissez-vous le silat ?

 

Il s'agit d'un art martial indonésien, qui peut être vu comme un croisement de catch et de savate (les puristes hurleront, mais les puristes m'importent peu).

 

Le silat est amusant de plusieurs points de vue. D'abord, il semble qu'on puisse y frapper autant de fois que l'on veut le visage de son adversaire avant d'y imprimer une petite marque. Conséquence : prendre l'ennemi par les pieds et lui fracasser le dos contre un mur, un balcon ou un parapet s'avérera plus efficace qu'une séance de pugilat interminable.

 

Il y a quelque chose de sexuel dans le silat. Les ahannements y sont chroniques et explicites. Et quand de guerre lasse on a fatigué son partenaire/adversaire jusqu'au seuil de la mort, on lui tord le coup langoureusement.

 

Voilà. Y'a-t-il un autre intérêt à The raid ?

 

La réponse est non, aucun.

 

1e

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Faust

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/88/83/19812591.jpgCi-dessous un courriel reçu à propos de Faust

 

Cher Christoblog

 

J'a appris que vous décerniez annuellement le Prix du Grand Film Con du Grand Auteur Qui Se La Pète.

 

Permettez-moi d'attirer aujourd'hui votre attention sur le dernier film d'Alexandr Sokurov, qui me semble un candidat idéal pour 2012.

 

Le Grand Film Con se distingue d'abord par un maniérisme un peu pédant, et il se trouve que Faust cumule d'emblée plusieurs atouts : un écran presque carré (avec des coins arrondis, façon Instagram du riche) et déformations de l'image. Des procédés d'ailleurs curieusement utilisés par un autre prétendant : Post Tenebras Lux de Reygadas, présenté à Cannes, mais je m'égare.

 

Outre son aspect formel alambiqué et chichiteux, Faust écrasera probablement sa concurrence par une intensité de dialogues incompréhensibles et creux qu'aucune autre oeuvre récente, aussi bavarde et absconse soit-elle, n'est capable d'égaler à mes yeux.

 

Le public de la salle dans laquelle j'ai subi ma séance de torture de 2h14 a largement contribué à ma décision de vous soumettre ce film. En effet, j'ai pu constater de mes yeux tous les symptômes occasionés par un lauréat du GFCGAQSLP : asssoupissements plus ou moins volontaires, trépignements, ronflements, changement de fesse, oscillation d'avant en arrière, objets qui tombent (les actes manqués !), nettoyage intempestif de lunettes, téléphones portables qui vibrent opportunément, etc... A noter que contrairement à votre brillante théorie du Saut à l'élastique exposée dans votre article sur Le cheval de Turin, j'ai même assisté à un départ définitif.

 

Je sais que vous voyez beaucoup de films ennuyeux, cher Christoblog, et que votre connaissance dans le domaine des errements crypto-philosophiques est vaste et profonde, mais si mon plaidoyer ne vous a pas encore convaincu, je peux ajouter :

- des personnages et des costumes ridicules (le chapeau de la photo ci-dessus ne suffit-il pas à lui seul à décridibiliser tout le projet ?)

- une utilisation des animaux comme symbole systématique et ridicule (chats, chiens, rats, lapin, cigogne, cheval...)

- un décors final à mi-chemin entre Valhalla rising et la fin new age de The tree of life

- une voix off envahissante

.... et mille autre petites tartufferies prétentieuses.

 

Voilà. J'espère sincèrement que la dizaine de tranches de 5 secondes magnifiques visuellement ne fausseront pas votre jugement et que vous saurez reconnaître in fine le caractère à la fois Con, Grand et profondément Chiant de Faust. D'ailleurs, le film a obtenu le Lion d'Or à Venise et fait la couverture des Cahiers du Cinéma de ce mois : la caution intellectuelle pour l'intronisation de l'étron est donc avérée.

 

En vous remerciant pour votre action en faveur de la reconnaissance des plus grosses merdes ennuyeuses de l'histoire du cinéma, cinématographiquement vôtre.

 

1e

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Madagascar 3

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/81/48/20133653.jpgElle est belle la France vue par Dreamworks !

 

Quand ils atterrissent chez nous, les singes partent en courant dans la nature, empêchant la joyeuse troupe de réparer l'avion. Explication des Américains : entre jours de congés et RTT, les Français travailleraient ... 2 semaines par an. Je n'ai pas contrôlé la version en VO pour me faire une idée des phrases originales, mais cela doit être du même tonneau.

 

Quant à la méchante, elle est gendarme, cruelle, moche, et française ! Les scénaristes lui font chanter Piaf (l'impact Cotillard ?) avec un air de Cruella, ce n'est pas joli joli. La gendarmette et ses collègues sont affublés de matériel archaïque digne de l'époque de De Funès et, cerise sur le gâteau, le scénario évite soigneusement notre pays pour passer directement de Rome à Londres.

 

Bon, tout cela n'est pas très grave et je remballe ma fierté patriotique mal placée. On s'en fout. Et le film ? Pareil.

 

Pas d'originalité, quelques saillies bien vues, un rythme (dans l'action comme dans les dialogues) qui frôle l'hystérie : le produit est calibré dans le droit fil suivi par la franchise. Si le début m'a assez bien accroché j'ai été révulsé par le cirque final, sorte de vertige multi-vitaminé sous acide qui nous fait perdre toute affection pour cette troupe de losers jusqu'alors plutôt sympathiques. Regardable, mais les scénaristes devraient travailler un peu plus en profondeur. J'avais préféré l'épisode africain.

 

La saga sur Christoblog : Madagascar 2

 

2e

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The dictator

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/77/28/20138696.jpgCe qu'il y a de drôle dans The dictator, c'est tout ce qui n'est pas dans le film : la bande-annonce, certaines scènes coupées dans le générique de fin, des annexes comme le montage photo ci-contre ou les vidéos félicitant François Hollande pour sa victoire.

 

Le film en lui-même est pathétique. Sacha Baron Cohen, qui avait réussi un coup marketing et en partie artistique avec son mémorable Borat, échoue ici complètement dans ses tentatives de nous faire rire.

 

Borat enfonçait le clou de la mauvaise foi et de la vulgarité crasse à un point tel qu'on se demandait parfois vraiment ce qu'on voyait, d'autant que les standards du documentaire étaient parfaitement respectés (en réalité, de nombreuses scènes étaient même tournées en caméra cachée, captant les réactions d'anonymes sans leur accord).

 

Dans The dictator, cette fois-ci une fiction pure, Sacha Baron Cohen et le réalisateur Larry Charles se compromettent à dresser un tableau presque sympathique d'un tyran, au point de le faire tomber amoureux d'une bio-passionaria, avec poils sous les bras. La charge comique du film en est désarmorcée.

 

Quand à la critique des Etats-Unis, qui était si percutante et féroce dans Borat, elle se retrouve ici résumée à quelques minutes (les meilleures du film) lors desquelles le despote décrit sa vision de la didacture parfaite ... qui s'avère le tableau de l'Amérique de Bush.

 

Sinon, c'est très vulgaire, les photos ci-contre sont plutôt classes par rapport à ce que vous verrez dans le film.

 

A éviter. Et à ne pas confondre avec The great dictator, de Chaplin.

 

1e

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Le grand soir

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/17/40/20085063.jpgIl y a quelque chose de profondément déplaisant dans ce film du duo Delépine / Kervern. Un manque de respect envers les personnages, le scénario, les spectateurs, le mouvement punk et même le cinéma.

 

Rien ne fonctionne, tout est artificiel dans ce pensum : les acteurs sont grotesques (Dupontel se rend copieusement ridicule à plusieurs reprises / je veux bien dire Dupontel, non son personnage), les différentes scénettes se résument le plus souvent à l'expression d'une idée grossièrement filmée.

 

Exemple : je vais filmer deux conversations qui se superposent, je vais utiliser les écrans de surveillance dans mon film, je vais filmer un pendu dans un manège...

 

Pour donner un peu d'épaisseur à leurs poncifs, Delépine et Kervern pratiquent le guest dropping comme d'autres le name dropping : ils invitent donc Didier Wampas, Bouli Lanners, Brigitte Fontaine, Yolande Moreau, Barbet Schroeter, et même ce gros plouc poujadiste qu'est devenu Depardieu.

 

Il y a dans tout cela une suffisance béate, un air de précieux ridicules qui consiste à se croire Depardon quand on cadre un paysage de zone commerciale.

 

Quand au message du film, quel est-il ? Qu'il faut se libérer des chaînes de la consommation en jetant les caddies de supermarchés dans les champs et en précipitant une botte de foin enflammée vers la caméra. Révolutionnaires au petit pied, contempteurs chroniques et mesquins, les réalisateurs nous ennuient. Quand aux vrais punks, il se retourneront dans leur tombe historique en voyant leur mouvement grossièrement caricaturé par ces tristes guignolades.

 

Le grand soir, film le plus laid de 2012 ? C'est probable.

 

Delépine / Kervern sur Christoblog : Mammuth

 

1e

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Prometheus

Comme beaucoup de films très attendus, Prometheus déçoit beaucoup.

Le début du film est pourtant assez réussi, avec un très beau et mystérieux pré-générique, qui n'a malheureusement aucun rapport avec la suite du film, puis une introduction dans laquelle Michael Fassbender est assez intrigant. Les décors sont alors assez plaisants à regarder.

Les choses se gâtent ensuite assez vite, le film présentant une propension assez étonnante à passer de l'objet arty à la série Z la plus nulle : on reconnaît ici la patte Ridley Scott, capable du meilleur comme du pire.

Cette glissade vers la médiocrité commence avec des peintures rupestres assez ridicules et grossières, puis continue avec des scènes d'une bêtise crasse (la découverte du pourquoi de la mission après deux ans de sommeil, l'accouchement par césarienne), des personnages annonant des répliques qu'on a entendu 1000 fois, les bégaiements séniles du scénario qui répète son Alien, des caricatures de scènes d'action (oh, qu'ils sont contents de se suicider pour sauver l'humanité, nos trois valeureux pilotes : ils font même des blagues avant de mourir !).

Les décors prennent progressivement l'allure d'égypto-visco-barocco-machins en carton pâte. On n'évitera même pas la bondieuserie new-age, ni le truc du robot dont la tête est coupée et qui continue à parler, ni les masques pré-colombiens et africains qui donnent une touche so chic and so world au voyage interstellaire.

La fin est bâclée, comme si Ridley Scott souhaitait en finir au plus vite. Bonne nouvelle - attention spoiler : on expédie le décollage du vaisseau de secours en 30 secondes. Mauvaise nouvelle : il y aura peut-être une suite.

  

1e

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Sur la route

Walter Salles s'égare en route.

Son adaptation du livre de Kerouac est platement illustrative. Les paysages sont beaux, le trois acteurs/trices principaux ont de belles gueules, les voitures sont visiblement d'époque, la machine à écrire est sûrement estampillée "véritable modèle utilisée par notre génie", mais l'ensemble distille un ennui profond.

Jusqu'au premier voyage, un intérêt poli arrive à surnager. Mais lorsqu'on comprend que le héros va revenir, puis repartir, puis revenir, puis repartir, puis... une sourde terreur nous envahit, nous spectateurs : peut-être le film va-t-il durer six heures ?

Son émoliente monotonie nous terrasse.

Une des caractéristique étonnante et paradoxale du film, c'est qu'il ne parvient pas à nous faire ressentir les grands espaces américains, ce qu'a bien mieux réussi Into the wild, par exemple.

Le film est bien propre, et même s'il s'essaye à quelques allusions salaces, il s'arrête aux portes du politiquement correct : le récit de la partouze par Dean est soigneusement édulcorée, les relations entre hommes semblent moins explicites que dans les souvenirs d'autres protagonistes (la longue et intense relation homosexuelle entre Carlo / Ginzberg et Dean est ainsi occultée), etc. Les aventures de Kerouac et de ses compagnons étaient à coup sûr plus trash que ce que veut bien nous montrer le film.

Ce ripolinage prudent empêche finalement d'éprouver de l'empathie envers cette brochette de loustics, qui semblent avoir pris plus de plaisir à tourner le film que nous n'en prenons à le regarder.

 

1e

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Cosmopolis

L'écriture de Don DeLillo est particulièrement hermétique. Dans son roman Cosmopolis, cela donne des choses du genre : "C'étaient des scènes qui l'exaltaient habituellement, cet immense flux rapace où la volonté physique de la ville, les fièvres de l'égo, les affirmations de l'industrie, du commerce et des foules façonnent l'anecdotique dans chacun de ses moments

Vous voyez le genre.

Et bien le film de Cronenberg est parfaitement conforme au style abscons de DeLillo : il est parfaitement incompréhensible au commun des mortels, et autant vous le dire, vous ne comprendrez guère qu'une phrase sur deux. En plus, parmi celles qu'on comprend, il y a des répétitions, comme le déjà tristement célèbre "I want a haircut".

Que dire de plus ?

Pattinson joue avec la conviction d'un mollusque par temps chaud. La mise en scène se résume au défi de tourner à l'intérieur d'une limousine, comme Buried le faisait dans un cercueil. Les scènes fantastiques ou oniriques, qui sont généralement un des points forts de Cronenberg, paraissent ici un peu ridicules et cheaps (les adeptes du rat). L'apparition successive des différents interlocuteurs sous forme de vignettes caricaturales est vaine et lassante. Juliette Binoche fait une apparition qui n'est pas à son avantage.

Difficile de faire plus mauvais, d'ailleurs à Cannes les gens partaient nombreux avant la fin de la séance. Amusant : le premier plan de Cosmopolis montre une limousine, le dernier du Carax en montre plusieurs, et les deux se déroulent en grande partie dans un de ces engins. Le navet et le chef d'oeuvre.

Un autre extrait pour rire ? "Il voulait être enterré dans son bombardier nucléaire, son Blackjack A. Il voulait être solarisé".

 

1e

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Dark shadows

Burton fait du Burton.

Il prend ses acteurs fétiches (Johnny Depp, Helena Bonham Carter) et leur fait faire les mimiques habituelles. Depp reprend donc sans efforts une partie de sa composition du Chapelier Fou dans le désastreux Alice. Le reste est à l'avenant, dans un registre qui flirte constamment avec l'auto-citation : gargouilles en carton pâte, fantômes transparents, plans de coupe sur les vagues déchaînées, enfance brisée et incomprise, filtres colorés, etc.

Le ton du film a la prétention d'être léger, il ne parvient qu'à être inconsistant.

Le contraste entre le XVIIIème siècle et les années 70 aurait pu être beaucoup plus habilement développé qu'il ne l'est ici, réduit tristement à des clichés et à un concert ....d'Alice Cooper (!?!).

Le scénario est flasque et personne n'y prêtera attention probablement. On vient maintenant dans les films de Burton un peu comme on visite la maison hantée de la fête du village : on ne sait pas trop pourquoi on y va (rire, avoir peur ?), on trouve ça de plus en plus kitsch en vieillissant, on est toujours déçu, mais on y retourne.

Le plus triste est le manque d'imagination qui semble avoir atteint Burton : aucune fulgurance, aucun éclat brillant d'imagination. La scène - très physique - d'amour entre Barnabas et Angélique n'exploite qu'une idée, en la répétant une vingtaine de fois. C'en est presque pitoyable.

Au final j'ai eu l'impression de voir un long clip paresseux. A éviter donc, même si une seule raison peut (peut-être) justifier de voir le film : les robes d'Eva Green (et surtout la rouge).

 

1e

 

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Barbara

Allemagne de l'Est, 1980.

Barbara, médecin à Berlin, est soupçonnée de vouloir passer à l'Ouest. Elle est exilée dans un hôpital de province, et surveillée par la Stasi. Alors qu'elle prépare effectivement son départ, André, le chirurgien qui l'accueille dans son nouvel hôpital semble tomber amoureux d'elle...

Dans ce film de Christian Petzold, jeune prodige du cinéma allemand, rien ne dépasse. Tout est programmé pour faire "auteur" : une certaine lenteur, un jeu assez hermétique de l'actrice principale, de jolis cadres, une ambiance un peu curieuse qui fait ressembler cette ville du passé à celle de la série Le prisonnier.

Du coup, je me suis passablement ennuyé, d'autant plus que le film ne réserve aucune surprise (mais c'est peut-être là que réside sa force, me direz-vous) : le gentil est très gentil, le méchant est méchant, les malades sont très malades, la malheureuse jeune fille est très malheureuse, les Trabants roulent comme des Trabants, etc...Tout est assez convenu, prévisible, et parfois un peu lourd, voire hasardeux (les raccords de la balade à vélo, lors de laquelle le vent violent s'arrête brusquement au changement de plan).

Il y a une application scolaire dans la mise en scène qui empêche d'adhérer complètement au propos du film, qui ne captive pas, mais n'est pas non plus à fuir car la mise en scène est souple et élégante.

 

2e

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Avengers

Je m'attendais sûrement trop à quelque chose de décalé, une sorte d'assemblage dans lequel les différentes personnalités de super-héros se seraient confrontées et enrichies. Une sorte de Sept samouraïs à la sauce Marvel, ce qu'avait assez bien réussi X-men : le commencement.

Las. Passés les premiers instants qui remplissent ce cahier des charges (formidable ce que peut faire Scarlett Johansson avec une chaise), le film devient la lourde machinerie à baston, avec scènes interminables de méga-bagarres entre les méchants et les gentils. Heureusement que Robert Downey Jr zèbre parfois le film d'une remarque acerbe et que Hulk apporte un petit zeste de surréalisme dans l'affaire (comme le moment où il ratatine le méchant après que ce dernier s'est proclamé Dieu).

A part ça, on ne peut que souligner l'aspect terriblement américain du produit, en notant au passage qu'un vrai héros US préfère courir le risque d'anéantir le monde entier plutôt que de stopper l'invasion d'immondes bestioles en rayant Manhattan de la carte. A la fin du film, on aperçoit une vue de la Tour Eiffel illuminées par les feux d'artifice : aux sauveurs américains les Français reconnaissant !

Impossible également de ne pas penser lors de l'attaque finale aux attentats du 11 septembre, les immeubles s'écroulent, les dégats sont immenses mais aucune image ne vient troubler le spectacle, pas de corps qui tombent, pas de cadavres dans les rues.

Tout est donc bien calibré, bien propet. Du grand spectacle bien foutu, mais sans caractère.

 

2e

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Babycall

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/68/56/20017475.jpgTout n'est pas mauvais dans Babycall, au contraire. Les acteurs sont par exemple très bien. Noomi Rapace (la Lisbeth du Millénium norvégien) est parfaitement convaincante en mère paranoïaque.

 

La mise en scène de Pal Sletaune est élégante, j'allais dire typiquement scandinave dans sa précision, son utilisation optimale de la largeur du cadre, sa photographie grise et claire. Je ne connaissais d'aillleurs pas ce réalisateur, à propos duquel je vous conseille le beau dossier que le site Cineaster.net (consacré au cinéma nordique) lui consacre.

 

Ambiance lourde, mystère s'épaississant progressivement : le début du film est plutôt bon.

 

Le seul problème du film - mais il est de taille - c'est l'aspect complètement approximatif du scénario, qui nous égare dans une myriade de fausses pistes qui deviennent progressivement contradictoires entre elles.

 

Le problème des manipulations de spectateur ("ce que tu vois n'est pas ce que tu crois, non, non, non"), c'est qu'elles doivent suivre une logique absolument implacable pour fonctionner (Le sixième sens, Les autres sont de bons exemples).

 

Ici, on comprend assez rapidement que ce qu'on voit n'est pas ce qu'on croit, mais comme les scénaristes y ajoutent fantômes, visions extra-lucides et scènes qui logiquement ne peuvent exister si on se conforme au twist final, l'égarement est complet.

 

C'est dommage, parce que ce film (primé à Gérardmer), méritait bien mieux que ce travail de sagouin.

 

2e

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Les vieux chats

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/81/71/19759656.jpgUne vieille dame perd sa lucidité. Elle est dans cette phase (début d'Alzheimer ?) durant laquelle les périodes de lucidité, majoritaires, alternent avec les absences, de telle façon qu'elle est parfaitement consciente d'avoir des absences. 

Sa fille, lesbienne, vient la voir en fin d'après-midi en vue de lui faire signer un contrat qui lui permettrait de s'installer dans l'appartement de sa mère, cette dernière étant relogée ailleurs.

Le compagnon de la vieille dame (qui n'est pas le père de la fille), tente de l'en dissuader. La copine de la fille lesbienne, très mâle (elle se fait appeler Hugo) débarque dans l'après-midi.

Ce film chilien présenté à Cannes l'année dernière dans la sélection ACID est un exercice de style intéressant, qui aurait idéalement fait l'objet d'un excellent moyen-métrage. Sur le format du long, il ménage quelques scènes un peu longuettes, mais est heureusement sauvé en grande partie par la prestation époustouflante de l'actrice principale, nonagénaire. La mise en scène de Sebastian Silva est maîtrisée, et même très talentueuse quand il s'agit d'évoquer les moments d'absence (le lavabo qui déborde...).

Un film intéressant pour ceux qui suivent le cinéma d'Amérique Latine, un peu ennuyeux pour les autres, peut-être.

 

2e

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Margin call

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/78/77/19786946.jpgL'idée n'était pas mauvaise : raconter de l'intérieur et en temps réel (ou presque) une catastrophe ressemblant à la chute de Lehman Brothers.

Le problème c'est que Margin call, sur cette bonne base, parvient à rater tout ce qu'il entreprend, et ce, malgré un casting carrément étoilé : Jeremy Irons, Kevin Spicey, Demi Moore, et le photogénique Zachary Spock Quinto (Star trek).

Le scénario est au départ trop simple (toute la faillite du système financier mondial tient sur une clé USB), puis trop compliqué (MSB, kesaco ?), et enfin trop démonstratif. La conclusion du film est en effet simpliste : le bon (Kevin Spicey) fait des vilaines choses par sens du devoir, parce que "si c'est pas lui, ce sera un autre". Et aussi parce que sa chienne est morte. Le méchant est cynique, mais de tout temps le capitalisme a besoin de méchants cyniques qui gagnent. Voilà.

Plusieurs personnages sont hyper-caricaturaux, réduits à des silhouettes (comme les traders, qu'on ne voit même pas en action), et le film manque cruellement de rythme, d'enjeux dramatiques, de tension. La mise en scène est proprement affligeante, le réalisateur ne parvenant même pas à faire des champ/contrechamp raccord.

On s'ennuie donc ferme. Je me suis demandé pourquoi j'étais en train de regarder des personnes regarder le soleil se lever : je devrais le faire moi-même, l'effet serait plus frappant, et pour moins cher.

 

1e

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Radiostars

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/39/18/20045123.jpgIl est très rare que j'ai envie d'insulter un film, de lui dire "Casse toi, pauv'con !" ou "Tu pues", mais c'est ici le cas.

 

Passons rapidement sur sa nullité intrinsèque : personnages caricaturaux (le gentil rigolo, le timide qui écrit superbien, le colérique, le vieux beau, le bègue, le con, l'androgyne, le juif), invraisemblance et vacuité absolue du scénario, sentimentalisme dégueulasse, absence totale d'idées originales, scènes en roue libre, mise en scène indigente... bon j'arrête là, je pourrais en noircir une page mais le film ne le mérite pas.

 

Radiostars n'est pas seulement très mauvais, il est aussi extrêmement nauséabond.

 

Au menu : blagues pédophiles à deux balles, vision des femmes comme SOIT des objets à baiser le soir à l'hôtel (et c'est encore plus rigolo si elles sont fascistes - dans ce cas un juif peut venger 6 millions de juifs avec sa queue, je ne l'invente pas, c'est une des horreurs du film) SOIT des nunuches (la soeur), parisianisme étouffant (non, la province ne ressemble pas à ce que montre le film), publicité éhontée pour McDonald, etc...

 

Ce film pue atrocement. Il est ringard, simpliste, et plus grave, même pas drôle. Du navet en barre.

 

1e

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