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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Main dans la main

Par quelle magie un film fonctionne-t-il, ou pas ?

C'est la question qu'on peut se poser à la vision du nouveau film de Valérie Donzelli, qui fait suite au grand succès de La guerre est déclarée.

Les ingrédients sont en effet approximativement les mêmes dans les deux films : mêmes acteurs (Jérémie Elkaim), même équipe réduite, même utilisation pointue de la musique dans la bande-son avec intervention de Peter von Poehl, même saillies burlesques, même variations techniques osées (ici des images au très gros grains). Mêmes ingrédients, mais un tour de main qui s'est perdu en chemin.

Comme lorsqu'une mayonnaise ne prend pas, on espère quand même, contre toute logique, que le film va pouvoir se rattraper en cours de route, mais cela ne se produit pas vraiment.

Le début était pourtant assez sympathique, avec une fantaisie irréelle bien posée au départ (deux personnes de milieux très diffférents se retrouvent à faire exactement les mêmes gestes, sans pouvoir s'en empêcher). Quelques visions amusantes viennent pimenter agréablement les premières minutes (scène de la danse de salon). Mais dès que l'action se concentre à Paris, le film perd en nervosité et gagne en sensiblerie. Il se perd dans des digressions, et ennuie franchement. Sur la fin, quelques scènes mémorables (le deuxième ministre, la crémation) retrouvent la verve du commencement, avant que l'épisode new-yorkais n'entraîne le film dans des profondeurs de médiocrité.

Lors de l'avant-première ce soir à Nantes, l'accueil de la salle (pleine à craquer) a été plutôt froid et ne laisse pas augurer une belle carrière pour le film. Valérie Donzelli a vaillamment défendu son film, alors qu'Elkaim à son habitude a joué son cabotin. Décevant.

 

2e

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Les bêtes du sud sauvage

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/22/18/20369026.jpgSuis-je donc le seul sur la planète cinéphile, de Sundance à Reykjavik, de Cannes à Deauville, à voir à quel point ce film est imparfait et même un peu roublard ?

 

On dirait.

 

Pourtant, il me semble évident que ceux qui s'extasient devant la petite Hushpuppy le font sur un mode qui n'a pas grand-chose à voir avec le cinéma, mais plus avec la réaction d'une pré-ado qui craque devant un petit chaton en lançant un perçant "il est trop mimiiii". Si la petite actrice au nom compliqué (Quvenzhané Wallis) est touchante, elle ne le doit en effet ni à ses talents d'actrice (de nombreux regards caméra, une expression monocorde), ni à celui de Benh Zeitlin, le réalisateur novice, qui semble parfois même la manipuler.

 

De toutes les façons, la perfomance de la petite fille de 6 ans occulte dans les commentaires les faiblesses criardes du film, à savoir le caractère répétitif des procédés employés, les tics très "auteur fauché" du genre caméra à l'épaule et image sale, la laideur de certaines scènes et les impasses narratives. Le film est en effet un véritable manuel en matière de "comment ne pas filmer ce que je ne sais pas montrer" : comment ne pas filmer un fantôme, comment ne pas filmer une tempête, comment ne pas filmer une digue qui cède, comment...

 

La fonte de la banquise donne naissance à des images particulièrement moches (les aurochs dans les glaçons font très Age de glace 5), mais par un curieux tour de passe-passe les critiques sont prompts à louer la laideur en y voyant avec bienveillance une bienvenue économie de moyens.

 

Quant au fond du film, il n'est qu'une sorte de verroterie new-age sans profondeur, dans laquelle on retrouve alignées des scènes sans grande signification, qui exploitent pêle-mêle les voix disparues, la célébration païenne de la nature, le dérèglement climatique, et la puissance vitale des animaux. Zeitlin cite dans ses références Werner Herzog et Terence Malick. Il lui reste un sacré chemin à parcourir.

 

Un cas d'école en matière de hype Sundance entretenue par l'internationale des critiques complaisants.

 

1e

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Trois mondes

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/81/20106605.jpgLorsque j'ai vu ce film à Cannes, je me souviens m'être demandé comment on pouvait rater son coup de cette façon.

Parce qu'au départ le film dispose de tout ce qu'il faut pour être bien : scénario pas mal (même si les scrupules suite à un accident ont déjà fait l'objet de multiples fictions, par exemple récemment dans Avant l'aube), casting excitant, réalisatrice pas manchote.

Bref, j'étais assis dans le carré VIP de la salle Un certain regard (un coup de bol m'avait procuré ce précieux sésame), juste derrière Clotilde Hesme qui était vêtue d'une robe assez incroyable, transparente en grande partie si je me souviens bien, bref, c'était la fin du festival, tout le monde en avait un peu marre, l'attaché de presse priait pour que la réception du film ne soit pas trop mauvaise (il citait comme catastrophe absolue la réception par la critique de Confession d'un enfant du siècle dans la même sélection, ce en quoi il n'avait pas tort), la salle était un peu vide et l'atmosphère respirait cette crainte inquiète de l'équipe du film qui sent que quelque chose cloche, bref, je regardais ces personnages s'ébattre à l'écran et je me suis dit, je m'en souviens très bien, je me suis dit, ils ne sont tous que des stéréotypes, sans chair ni âme, et c'est pourquoi le film ne fonctionne tout simplement pas très bien.

Bon voilà, on ne vas pas y passer des heures, l'actrice qui joue la femme lituanienne est la meilleure actrice du film. Le copain de Juliette joue très faux, comme la famille de Al ou ses copains.

L'intrigue ne fonctionne pas parfaitement, elle passe par des goulots d'étranglement qui laissent très dubitatif (pourquoi ne pas dénoncer le coupable dès l'hopital ?), on aurait aimé plus de critique sociale, ou a minima plus d'intéractions entre ces trois mondes.

On aurait aimé y croire un peu plus.

 

2e

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Royal affair

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/71/62/20159650.jpgIl m'arrive parfois d'aller voir un film sans que je comprenne bien moi-même pourquoi j'y vais.

 

Je me demande par exemple ce qui m'a poussé à aller voir ce film danois de plus de deux heures, retraçant une partie du règne de Charles VII, à la fin du XVIIIème siècle.

 

Quelques échos lointains de bonnes critiques ? Une vague aspiration passagère pour les films en costumes (qui me fera aller voir ce soir Les lignes de Wellington) ? La curiosité de voir si Mads Mikkelsen est plus crédible ici que dans La chasse ? Celle de peut-être reconnaitre un des acteurs des séries danoises récentes (The killing, Borgen) ? La présence de Gabriel Yared et Lars von Trier (comme producteur) au générique ? Le prix d'interprétation à Berlin pour Mikkel Boe Folsgaard ?

 

Sûrement un peu de tout ça. Et mes attentes étaient en partie fondées : Mads Mikkelsen trouve en effet ici un rôle à sa mesure, Folsgaard est excellent, les costumes, la musique et les décors sont de toute beauté, et j'ai effectivement reconnu l'acteur qui joue le flic dans The killing et le rédac chef dans Borgen.

 

Quant au film en lui-même, il est assez instructif d'un point de vue historique puisqu'il montre comment sous l'influence d'un seul homme l'esprit des Lumières (Voltaire, Rousseau) a pu transformer l'Europe. Lorsqu'on constate la pauvreté intellectuelle des débats politiques actuels, cela fait un choc.

 

La mise en scène de Nicolaj Arcel est très classique, et le film ne parvient cependant pas à éviter de distiller de petites doses d'ennui régulières qui en bout de course m'empêchent de vraiment le conseiller. L'émotion n'arrive pas vraiment : reste la curiosité intellectuelle et un plaisir esthétique certain.

 

2e

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Populaire

J'étais parti pour dézinguer le film à la sulfateuse, dans cet état d'esprit où j'écris ma critique en marchant vers la salle de cinéma. Dans ma tête ça donnait quelque chose comme : "Comparer Populaire à Mad men, c'est comme rapprocher François Bayrou de Barack Obama" ou "On regarde Populaire comme on reprend une quatrième part de forêt noire" ou "A 38 ans et après 18 ans de carrière, Romain Duris cherche toujours un bon rôle". Bref, vous voyez le genre.

Et puis patatra, le début du film déjoue un peu mes pronostics. Il est plutôt vif et alerte, avec une Deborah François carrément moche, plutôt pataude, au charme très particulier et un Duris à baffer (mais cette fois-ci, ouf, c'est fait exprès). A ce moment-là j'en suis à écrire dans ma tête "Rose n'est-elle pas la figure de proue précoce d'un féminisme qui ne demande qu'à éclore ?"

Entendons nous bien, le film reste modeste (quoique dans les moyens mis en oeuvre, pas tant que ça) et s'il lorgne vers l'âge d'or de la comédie américaine, on n'est pas vraiment au niveau de Cukor. Il règne cependant entre les deux personnages principaux un peu de cette tension (sexuelle entre autre, d'ailleurs, il faut le dire) qui fait tenir debout les grandes comédies sentimentales. Le film culmine alors dans la scène de Noël, plutôt bien vue.

Las ! Toute la première bonne impression se désagrège vers la fin, et m'oblige à concevoir une troisième critique qui commencerait par "Dans Populaire, la légèreté a des semelles de plomb", avant que je ne me rallie in extremis à une option qui commencerait par "J'étais parti pour dézinguer..."

 

2e

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Bachelorette

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/82/74/20203252.jpg

Mais quelle mouche grasse et perverse m'a piquée pour que l'idée puisse me venir d'aller voir cette déclinaison féminine de Very bad trip ?

 

Quatre amies. La moche du groupe de marie. Trop injuste. Peut-être grâce à sa vulve magique, selon une assertion portée par l'une de ses amies : cela vous situe le niveau de l'oeuvre.

 

La future mariée décidant de se coucher tôt la veille du mariage (tout se perd), les trois amies vont tranquillement se défoncer. Au programme, cocaïne, shit, baise dans les toilettes avec un des copains du marié, alcool, bain de minuit, dégradation involontaire de la robe de la mariée, qui se trouvera maculée de sang et de liquide séminal, etc.

 

Présenté comme cela, le film pourrait paraître subsersif , il est en réalité totalement insipide. Les historiettes de ces bachelorettes d'opérette se révèlent en effet rapidement tout à fait quelconques et baignées d'un sentimentalisme bien pensant absolument traditionnel. Dans cet océan de médiocrité (rien de plus ridicule que d'essayer de faire vulgaire sans y parvenir) ne surnage que la curiosité de voir Kirsten Dunst se débattre comme elle peut et la satisfaction de découvrir le personage féminin le plus insondablement stupide de l'année, parfaitement jouée (on espère pour elle qu'il s'agit bien d'un rôle de composition) par Isla Fisher.

 

A fuir.

 

1e

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Après mai

Un film vaut pour trois choses : ce qu'il raconte, la façon dont il le raconte et l'adéquation entre les deux.

Ce que raconte Après mai est fondamentalement inintéressant. D'un côté, Assayas nous conte les émois sentimentaux de jeunes ados (la belle affaire !), de l'autre il nous délivre quelques infos concernant les groupuscules gauchistes ayant sévi dans les années 70, sans qu'on y comprenne grand-chose. En réalité, et cela a été dit ailleurs, il réalise une autobiographie à peine déguisée : le film est une sorte de longue soirée diapo nous contant la jeunesse d'Assayas, à l'image des images super 8 d'Afghanistan qu'on voit projetées sur un vieux drap dans le film.

Donc, intérêt du contenu : nul.

Assayas tourne platement. Lorsqu'il emporte sa caméra dans de beaux mouvements (cela arrive), on se demande pourquoi il le fait et l'effet tombe un peu à plat. C'est d'ailleurs tout le film qui sonne faux. Les dialogues sont absolument artificiels et quand Lola Creton dit "C'est tendu et très passionnant. J'apprends beaucoup" elle le fait sur le même ton qu'utiliserait ma boulangère si je lui faisait dire : "La transsubstantation : réalité ou allégorie mystique ?". 

Donc, intérêt du contenant : voisin de zéro.

Pour reboucler avec le début de ma chronique, je dois dire que j'ai trouvé un certain plaisir à regarder Après mai, logé perversement dans le petit nid douillet que constituait la parfaite harmonie entre un propos inconséquent et une mise en scène lénifiante. On trouve son plaisir où on peut.

 

1e

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La chasse

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/74/11/20271614.jpgDifficile d’imaginer que le cinéaste du prodigieux Festen (un de mes films préférés des années 90) soit le même qui ait commis l’indigeste La Chasse.

Dans le tourbillon cannois de cette année, le film de Vinterberg avait grandement contribué, avec Des hommes sans loi, Sur la route et quelques autres, à me faire considérer la sélection 2012 comme plate et académique.

L’idée développée par le film est rebattue : un innocent instituteur (Mon Dieu, quel beau métier que se dévouer pour l’éducation de la petite enfance !) se voit accusé injustement par une petite fille d’attouchements.

Celle dernière est tout simplement jalouse et aimerait plus d’attention de la part de son maître, la petite garce. Elle connait les détails de l’anatomie masculine par la faute de son grand frère qui mate des films porno, le pervers. Tous les habitants vont progressivement prendre leur distance avec l’innocent, méprisant par là-même la présomption du même nom, les salauds.

Les méchants voisins iront même jusqu’à exécuter le chien de l’accusé, sous la pluie, ce qui s’avèrera particulièrement cruel puisque l’infortuné devra enterrer la pauvre bestiole sous un déluge, et sous les yeux de son fils. Bouh, c'est trop triste.

Le film accumule les poncifs en tout genre comme vous pouvez vous en rendre compte en lisant les quelques lignes précédentes, sans jamais arriver à faire naître la tension, ni causer un trouble moral qui irait au-delà de « des quidams peuvent devenir méchants et injustes quand ils sont cons et nombreux», ce qui n’est ni nouveau ni passionnant.

Il manque au scénario un peu de méchanceté, un soupçon de violence ou de perversité (il aurait été à l’évidence bien plus efficace de faire douter le spectateur de l’innocence de l’instituteur, et de ne révéler celle-ci qu’à la fin).

Le jury cannois, pas à une aberration près cette année, accorda le prix d’interprétation masculine à Mads Mikkelsen. On se demande bien pourquoi, tant l’envie de botter le cul de ce dernier en lui hurlant de se révolter (ce que chacun ferait bien naturellement dans sa situation) vous étreint tout au long de ce pensum laborieux.

 

1e

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Sharqiya

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/64/85/20254630.jpgLe cinéma israelien est très prolifique et nous fournit régulièrement des films intéressants et très diversifiés. Avec Sharqiya, c'est à ma connaissance la première fois qu'il nous emmène à la découverte des bédouins arabes.

 

Kamel travaille comme agent de sécurité à la gare routière de Beer-Sheva. Il vit dans une misérable baraque en tôle aux côtés de son frère Khaled et de sa femme Nadia.

 

Un jour les autorités viennent annoncer que les baraques doivent être rasées.

 

Le film, lent et beau, ne manque pas de qualités. La personnalité effacée de Kamel, et celle plus violente de son frère, sont bien dessinées. On se demande où le réalisateur Ami Livne veut nous mener : le métier de Kamel va-t-il l'amener à commettre un attentat à la gare routière par vengeance ? Va-t-il se rapprocher de Nadia, sa belle-soeur, qui souhaite étudier et en est empêchée par son mari ? La famille va-t-elle résister armes à la main à la destruction des baraques ?

 

Malheureusement, le film se cantonne dans le registre de la litote narrative, et la plupart des questions restent suspendues dans l'atmosphère un peu cotonneuse et soporifique du film, sans qu'un lien logique apparaisse nettement dans la succession des scènes. Tourné en cinq jours dans des conditions difficiles (les autorités ayant refusé les autorisations nécessaires), sa nature se rapproche de celle d'un documentaire, sans en posséder la force.

 

La mis en scène d'Ami Livne est toutefois suffisamment intéressante pour qu'on s'intéresse à la suite de son parcours.

 

2e

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Skyfall

15 raisons d'être déçu par ce James Bond

1/ Le film manque cruellement d'imagination et accumule les poncifs de film d'action : je me bats sur le toit d'un train et il y a des tunnels (!), je tiens mon ennemi par la main au-dessus du vide et zut je le lâche, j'élimine le méchant en lui lançant un couteau dans le dos et le bougre se retourne et avance vers moi, etc.

2/ Craig arbore toujours le même masque crispé (cf photo)

3/ Le générique est très laid, dans un genre psychédélique revisité du plus mauvais effet

4/ Les James Bond Girl sont ridicules (pauvre Berenice Marlohe, réduite à une pauvre petite chose tremblante)

5/ Le film manque de rythme, les scènes d'exposition sont interminables (l'attente à Shanghai, l'arrivée en Ecosse)

6/ L'exhumation des vieilleries (l'Aston Martin, la tombe des parents, le fusil de chasse du papa) tombe à plat

7/ Plus grand-chose ne différencie aujourd'hui un Bond d'un autre film d'action US, et la noirceur en est la trame commune (cf les Batman)

8/ L'envahissement du film par les marques devient ridicule : Audi, VW, Heineken, Sony... Que Bond ne boive plus de Dom Perignon est déjà triste, mais qu'il sirote de la bière au goulot en permanence est décevant.

9/ Les décors sont laids (l'île désertée est complètement artificielle), mal exploités (Istanbul) ou réduits à de simples cartes postales (Shanghai, Macao)

10/ Sam Mendes (Les noces rebelles) confirme être le réalisateur d'un académisme glacial et coincé aux entournures

11/ Les scènes d'actions dites spectaculaires se résument au tropisme "je vais envoyer un gros engin défoncer un bâtiment". Exemple : "Une rame de métro défonce les égouts" ou "Un hélicoptère défonce un manoir"

12/ Le méchant joué par Javier Bardem est sous-exploité, sa première apparition est fantastique (à tel point qu'il éclipse instantanément le pâle Daniel Craig), mais les suivantes le ramène à une figure de psychopathe névrosé

13/ Daniel Craig est trop musclé, c'est dégoutant, il a tellement abusé de la musculation qu'on a peur que la peau éclate sous la pression des pectoraux, trapèzes et autres biceps

14/ La vision que donne le film du hacking, de l'informatique et de la technologie en général est ridicule

15/ L'humour est presque absent du film, on sourit deux fois.

 

2e

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Amour

J'ai la larme très facile au cinéma, ce qui m'oblige souvent à inventer de subtiles manigances au moment où les lumières reviennent dans la salle, pour masquer mon humidité oculaire. Mais en regardant Amour, de Michael Haneke, qui a reçu hier soir la Palme d'Or à Cannes, je n'ai absolument rien ressenti d'émouvant : même pas une goutelette au coin de l'oeil.

Rien, nada, que dalle.

Ma critique va être donc en complet déphasage avec les avis de la quasi totalité des critiques présents à Cannes, qui se déclarent (presque) tous irrémédiablement touchés par le film.

Suis-je donc à ce point insensible ? J'espère que non.

Dès le début du film, les grosses ficelles qu'utilise habituellement Haneke m'ont sauté comme d'habitude aux yeux, et du coup, l'artificialité glaçante du film a empêché pour moi toute forme d'empathie.

Prenons par exemple le parti-pris de réalisme absolu dont beaucoup parlent. Haneke, en montrant un couple d'octagénaires dont la femme sombre dans la déchéance physique suite à une attaque, montrerait "pour de vrai" une agonie. C'est faux ! Ce que montre Haneke reste bien en-dessous de ce qu'est réellement la fin de vie. Le maquillage de l'actrice Emmanuelle Riva est réussi, mais manquent (heureusement ou malheureusement) les rictus horribles, les sécrétions diverses et beaucoup des horreurs réelles qui accompagnent ces moments. Les draps et la chemise de nuit de la malade sont toujours immaculés, et la couche ... ne déborde pas.

Le scénario, qui file tout droit comme un clip de promotion de l'euthanasie, ne laisse place qu'à un nombre réduit d'états d'âme chez les différents protagonistes, le père comme la fille, ce qui est aussi très peu réaliste. La machine Haneke, artificielle, compassée et finalement aussi peu dramaturgique que possible, passe évidemment ici beaucoup mieux auprès des spectateurs que quand elle était mise au service des sadiques de Funny Games, mais c'est la même. Que dit finalement le film ? Que voir quelqu'un qu'on aime sombrer dans la déchéance physique est insupportable. Belle découverte ! Et finalement quoi d'autre ? Rien.

La mise en scène est à l'image du jeu des acteurs (le phrasé de Trintignant est toujours aussi peu naturel, et celui d'Emmanuelle Riva est pire), des décors (très froids, les vues de Paris par les fenêtres sont toutes fausses et cela se voit), de la lumière (trop belle pour être vraie, comme dans la scène du pigeon) : maniérée et désincarnée. Composer de jolis plans fixes de portes, de couloirs et de tableaux aux murs ne suffit pas à faire un film.

Au final, et je sais que le terme pourra être mal interprété, Amour me semble être le prototype du film bourgeois. Bourgeois, pas seulement parce qu'il montre (quoique le petit personnel y soit caricaturé d'une façon presque odieuse) mais aussi par la façon dont il est fait : sagement, académiquement et sans trop fouiller dans les coins.

On aimerait un jour voir Haneke plonger un peu plus dans la mêlée, se frotter à d'autres milieux et se mettre plus en danger. On pourrait alors juger plus clairement de ses réelles qualités.

Michael Haneke sur Christoblog : Le ruban blanc - 2009 (**)

 

2e 

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Dans la maison

Dans la maison n'est pas un film infâme. Il bénéficie d'un scénario intéressant, et la réalisation de François Ozon est comme toujours très maîtrisée, et même parfois brillante

Il y a pourtant des éléments dans le film qui m'ont empêché d'y adhérer vraiment.

Je trouve d'abord que tous les personnages sont hyper-caricaturaux, rabaissés en quelque sorte à leur simple silhouette. Prenons la famille Rapha : le père est ridicule avec son goût pour le basket (il ne joue même pas correctement), la mère réduite à son tropisme pour la décoration et le fils à une vague entité quasi décérébrée. Le tout ne fonctionne tout simplement pas, à tel point que j'ai cru pendant toute une partie de film que toute cette famille allait s'avérer n'être qu'une oeuvre d'imagination.

Luchini est artificiel (pléonasme ?), Kristin Scott-Thomas l'est encore plus, les enseignants et proviseurs ne sont absolument pas réalistes, les jumelles jouées par Yolande Moreau n'existent par vraiment, etc... Même les décors semblent surjouer ! Quant au personnage de Claude, sensé être diabolique, il se résume tristement à un petit rictus qu'on ne qualifiera même pas de pervers.

L'univers usuellement fantaisiste d'Ozon, avec son côté dessiné à gros traits, s'adaptait bien aux trames de 8 femmes et Potiche. Ici le mélange ne prend pas, par manque de réalisme. Pour que l'histoire fonctionne parfaitement, il faudrait que nous croyions à la vérité des situations, et ce n'est pas le cas.

Le film est enfin franchement mou du genou dans ses parti-pris : j'attendais plus de transgressions, plus d'audace, à la fois dans la matière narrative du film (on est loin des relations sulfureuses du modèle revendiqué, le Théorème de Pasolini), et aussi dans son jeu autour de l'imagination (les scènes rejouées pourraient être beaucoup plus stimulantes).

Dans la dernière partie, Ozon utilise carrément le bulldozer à symboles (Germain assommé par une lourde version du Voyage au bout de la nuit ?!?). Le film se finit en capilotade, accumulant raccourcis et ellipses improbables.

Prometteur sur le papier, Dans la maison accouche d'une souris en pleine cure de Xanax.

 

2e

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Like someone in love

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/78/70/20066631.jpgVous trouverez probablement sur la toile des personnes qui ont aimé ce film et vous en parleront comme "d'une oeuvre d'art".

 

D'une certaine façon, si on considère la dernière production d'Abbas Kiarostami comme une oeuvre destinée à tourner en boucle dans une salle d'exposition, elle peut en effet être considérée comme telle. Cadrage impec, actrice au physique magnétique, reflets parfaits dans un pare-brise, dépaysement absolu dans un Tokyo fantasmé : Like someone in love aurait sa place dans un musée d'art contemporain.

 

Au cinéma, j'aime autant vous le dire, vous allez royalement vous ennuyer.

 

J'ai lu que Kiarostami avait tourné ce film sans aucun scénario et improvisait au fur et à mesure, ce qui troublait beaucoup ses acteurs. Ca se voit.

 

En réalité, je n'ai absolument rien compris au propos du film (s'il y en a un) : tout y est approximé, inachevé, à l'image d'une fin effroyablement ratée. Les qualités de cinéaste de Kiarostami sont pourtant bien présentes : capacité de capter les émotions, de filmer les longues discussions et leurs évolutions, photo propre et cadre hyper-maîtrisé. Le film est fait de tics et de trucs, et aurait probablement fait un très beau court-métrage.

 

Délayé comme il l'est dans la durée, il n'entraîne qu'un discret dédain.

 

1e  

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Gebo et l'ombre

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/56/92/20197665.jpgAlain Resnais a 90 ans et ça ne se voit pas.

Manoel de Oliviera à 103 ans, et ça se voit.

Autant Vous n'avez encore rien vu est un film vif, plein d'intentions et d'imagination, autant Gebo et l'ombre est un film empesé, sépulcral, comme réalisé d'outre-tombe.

L'intrigue, de style dostoievskien, est noire et peu intéressante. Elle est tirée d'une pièce d'un obscur écrivain portugais, Raul Brandao (1923).

De Oliveira a écrit les dialogues, qui semblent renvoyer à l'avant-dernier siècle et forment une loghorée générant un ennui profond. L'esprit du spectateur souhaite s'échapper de cette morose prison verbale, mais les plans fixes interminables et la pauvreté du décor l'en empêchent.

Reste alors la possibilité de guetter que Michael Lonsdale trébuche sur une difficulté (comme "Que ne donnerions-nous pas ?"), de constater que Claudia Cardinale, en bonne italienne, annonce ou conclut toutes ses répliques par un geste illustratif, et que Jeanne Moreau garde son espiéglerie de jeunesse dans son corps de vieille femme.

Les acteurs portugais fétiches sont aussi là (Ricardo Trepa et Luis Miguel Cintra), parlant français avec un accent curieux qui m'a empêché de bien me concentrer sur ce qu'ils disent. Trepa en particulier mange les syllabes et le "r" ce qui l'amène à dire "voa" au lieu de "voleur". C'est assez dérangeant.

Si on excepte la photographie assez proche des tableaux flamands (mais dont il faut accepter le caractère résolument factice), le film ne présente aucun intérêt.

Du maître portugais je n'avais déjà pas aimé L'étrange affaire Angelica.

 

1e

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Tous les garçons aiment Mandy Lane

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/64/74/96/19478997.jpgDVD prêté par Fab, du curieux rélaisateur Jonathan Levine (50/50) et commenté ici en dehors de toute actualité : ça change !

 

Le film est présenté comme une variation de Scream, un "survival" comme en a vu des millions, avec des ados aussi écervelés que dénudés (les deux semblent s'auto-amplifier), perdus dans la nature sauvage, mais dans une grande demeure mystérieuse, et en proie à un tueur sadique.

 

C'est à la fois une vérité (c'est bien ce qu'est le film, au final) et une tromperie : il est aussi quelque chose d'autre, une sorte de variation diabolique autour de l'innocence - ou de l'absence d'innocence - ou l'inverse.

 

Doté d'une intro plutôt fumeuse (on ne comprendra - vaguement - son sens que très tard), d'une photographie saoûlante (les années 80 speedées à la Danny Boyle), d'un rythme de clip de bas étage et d'une interprétation pour le moins inégale, le film laisse le spectateur un peu groggy. Certaines scènes frôlent le grand-guignol, comme celle de la fosse commune aux bovins, d'autres sont consternantes de conformité.

 

Au final je refuse presque de donner un avis. Sauf peut-être qu'on a quand même bien envie de savoir la fin dès le début, et que celle-ci s'avère malgré tout surprenante.

 

2e

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Después de Lucia

Después de Lucia commence comme un film sur le deuil (on comprend dès les premières scènes que la mère est décédée dans un accident de voiture) et évolue rapidement vers le sujet du harcèlement chez les adoslescents.

Les deux sujets peuvent apparaître associés dans le même film d'une façon factice, mais en réalité les réactions d'Alejandra, et en particulier lors de la scène pivot où elle se laisse filmer pendant un rapport sexuel, s'expliquent probablement à la lumière du drame qu'elle vient de vivre.

Si elle semble forte et résolue au début du film, on comprend vite qu'elle compense le désespoir du père sans avoir elle-même effectué l'intégralité de son travail de deuil.

Le film est dur, mais il n'est curieusement pas très émouvant. On a en réalité envie de dire à la victime : mais bouge un peu, réagit, dénonce, ne sacrifie pas ton besoin de socialiser à ta dignité d'être humain (une impression déjà éprouvée récemment à la projection de Compliance). Evidemment, dans les cas de harcèlement, les choses sont très complexes et ma réaction est foncièrement injuste (j'en suis conscient), surtout si on ajoute la problématique du deuil - qui conduit peut-être à une espèce d'auto-punition, voire de masochisme.

En ce qui concerne la réalisation du jeune mexicain Michel Franco, on peut dire qu'elle est aussi glaciale que possible. Caméra fixe qui enregistre froidement des situations très cruelles, mutisme borné de certains personnages, ellipses diverses, plans de coupe semblant sans rapport avec l'intrigue, décors signifiants filmés commes des états d'esprits : la manière évoque irrésistiblement Haneke. Je l'ai remarqué, et je pense que je ne serai pas le seul.

Ceux qui suivent Christoblog savent à quel point le cinéma de l'autrichien m'indispose par son minimalisme outrancier et sa sourde complaisance, celui de Michel Franco me semble intellectuellement plus honnête, les effets y sont moins démonstratifs et le rythme mieux tenu.

Au global, je reste toutefois assez mitigé sur le résultat. Globalement je me suis plutôt ennuyé, mais au lendemain de la projection une trace tenace du film subsiste, notamment dûe à un dernier plan d'une précision et d'une cruauté assez effrayante, associé à un troisième sujet, la vengeance.

Verdict : à voir par curiosité, et avec un moral plutôt au top.

 

2e

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Compliance

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/70/83/20179210.jpgSi vous ne voulez pas connaître le sujet du film, arrêtez vous de lire immédiatement cet article, parce que je vais le dévoiler ici, maintenant, tout de suite : un canular pervers pousse une gérante de fast-food à humilier (puis à faire violer indirectement) une employée, simplement en obéissant aux ordres d'un faux policier donnant des consignes par téléphone. L'histoire est inspirée de plus de 70 cas similaires s'étant déroulés aux USA.

Vous voyez immédiatement ce qui vient à l'esprit de tout spectateur normalement constitué : obéir aux ordres aveuglement ne donne rien de bon (la fameuse expérience de Milgram), et tout ça nous mène droit au nazisme.

Le problème, c'est que le film ne parvient à aucun moment à nous faire saisir exactement pourquoi les protagonistes agissent aussi bêtement qu'ils le font. Toutes les 5 minutes on a envie de se lever en criant : "Là il suffirait de faire semblant" ou "Là il suffirait d'appuyer sur la mauvaise touche" ou ...etc. En d'autres termes le film démontre que quelqu'un d'intelligent et de persuasif peut manipuler plusieurs imbéciles surmenés, ou ivres (victime comprise, malheureusement). Belle découverte !

D'un point de vue purement cinématographique, le film n'est pas très bon, même s'il lui arrive d'être efficace, un peu poseur (ces gros plans façon auteur), sans vrai point de vue, et sans grand rythme. J'aurais aimé que la dernière partie, qui montre les conséquences de l'agression, soit plus développée.

Poussif.

 

2e

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Cherchez Hortense

Voici un film tout entier contenu dans son titre, son affiche et sa bande-annonce. Le titre est incongru, sans grand rapport avec le contenu du film, fait chic et tombe à plat.

L'affiche, en forme de puzzle, caricature ses personnages et émiette le propos. La bande-annonce comprend approximativement toutes les bonnes scènes du film, et dévoile en gros l'essentiel de l'intrigue.

Le film de Bonitzer ne parvient à être qu'un manifeste bobo, maniant avec distance une mélancolie toute parisienne qui se regarde le nombril sans jamais paraître incarnée. A part Bacri assez juste et Isabelle Carré toujours séduisante, les autres personnages ne sont que des ectoplasmes sans substance. Kristin Scott Thomas joue comme un pied, Jackie Berroyer cabotine, l'enfant est anecdotique, Claude Rich ne parvient jamais à sortir de son rôle fantoche, soeur et beau-frère semblent avoir vu leur rôle écrits par un enfant de six ans.

Le scénario est d'une grande banalité et brasse les bons sentiments avec mauvais goût, à l'image de ce vieux chinois à la fin du film, reprenant lourdement une anecdote crypto-mystique. On passera sur les invraisemblances éhontées de ce qui nous est compté (quel hasard que l'Aurore de la librairie soit justement la Zorica à sauver), pour souligner l'incurie paresseuse de la mise en scène.

On peine à comprendre l'enthousiasme quasi-général des critiques devant cette oeuvrette, à moins d'y voir la manifestation d'une complicité parisianiste. Pascal Bonitzer fera beaucoup mieux un peu plus tard.

 

2e

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Des hommes sans loi

Lors du dernier festival de Cannes, nous fûmes quelques-uns à nous demander ce que Lawless (Des hommes sans loi) pouvait bien faire en compétition.

Le film réussit en effet à n'être "rien".

Pas franchement bon, puisqu'on s'y ennuie un peu et que globalement l'histoire racontée ne présente aucun intérêt. Pas vraiment mauvais, puisqu'on ne peut pas lui reprocher une malfaçon qui le rendrait inconsommable. Pas académique non plus, puisque ce terme sous-entendrait que quelque chose relie ce film au passé, ce qui n'est pas franchement le cas. Pas excitant, même s'il essaye de le paraître avec ses crises de violence extrême (un syndrome Drive ?).

Ah si, on peut peut-être dire que le film est franchement sexiste, sacrifiant deux magnifiques actrices (Jessica Chastain et Mia Wasikowska) sur l'autel d'une production semblant exclusivement tournée vers un casting masculin pourtant totalement insignifiant (on connaîtra Shia LaBeouf plus convaincant chez Andrea Arnold ou Lars von Trier).

Quant au réalisateur, vous ignoriez son nom ... et vous allez continuer.

Voici ce que j'écrivais dans mon carnet cannois, au sortir de la salle : "Film de gangster à la campagne, en forme de western spaghetti. Des maladresses de mise  en scène, un peu empesée, vernissée, ripolinée. Des éclairs de violence horribles qui choqueront le grand public américain".

En plus je n'ai pas franchement détesté, c'est juste que la présence à Cannes de ce film reste un mystère complet.

 

1e

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Tokyo park

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/40/08/20143501.jpgKoji, jeune apprenti photographe, est embauché par un mari jaloux pour suivre la femme de ce dernier durant ses promenades dans les différents parcs de Tokyo. Koji va-t-il tomber amoureux de sa cible ? Pourquoi cette femme ne va-t-elle que dans les parcs ?

 

Le dernier film de Shinji Aoyama multiplie les fausses pistes pour mieux nous égarer. Au prétexte vaguement Antonionien exposé ci-dessus s'ajoutent en effet rapidement le fantôme d'un ami mort, une drôle de famille recomposée et des connaissances malheureuses et excentriques.

 

Le film est à la fois une très jolie galerie de portraits et un tableau extrêmement séduisant de la mégapole tokyoïte. Mais il est aussi diablement lent, au moins dans sa première partie. Le rythme s'accélère un peu à partir de la révélation qui ponctue le milieu du film, mais sombre ensuite dans un pathos bien naïf dans sa toute dernière partie.

 

C'est au final une impression mitigée qu'il laisse, entre sentiment d'avoir partagé des moments de vie avec un groupe d'amis et irritation d'avoir été l'objet d'une manipulation un peu poussive.

 

La mise en  scène d'Aoyama oscille curieusement entre une sobriété de bon goût agrémentée de vrais moments de grâce (ces beaux regards caméra) et une propension à la facilité coupable (ces plans de coupe au zoo).

 

A conseiller donc en priorité aux inconditionnels du cinéma nippon.

 

2e

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