Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

American bluff

Il y a quelque chose d'irrémédiablement raté dans ce film de David O. Russell.

Les dialogues par exemple sont incroyablement mal écrits : parfois confus, d'autres fois artificiels ou inconsistants. Les scènes s'enchaînent très mal, le montage et le scénario sont mal fagottés, mal pensés.

Les décors et costumes sont trop ostentatoires. On nage dans une nostalgie Années 70 qui ne parvient jamais à s'assumer et oscille pendant tout le film entre la parodie et l'hommage énamouré. Le jeu des acteurs est aussi très mauvais : réduits à de simples caricatures (sauf peut-être le personnage joué par Amy Adams), ils n'entraînent aucune sorte d'empathie. 

Le film par bien des aspects rappelle par contraste la récente réussite de Scorsese. Alors que Le loup de Wall Street emballait le spectateur et l'entraînait dans une folle spirale de jouissance, American bluff ne parvient qu'à déjouer sur la longueur (2h18 minutes qui semblent sans fin), égarant son spectateur en route.

Un film qui pourrait concourrir dans la catégorie : "Portent si bien leur titre".

David O. Russell sur Christoblog : Fighter / Happiness therapy 

 

1e

Voir les commentaires

Nymphomaniac (Volume 2)

La première partie de Nymphomaniac m'avait ravi, par son originalité et sa vivacité intellectuelle.

La deuxième partie m'a beaucoup déçu, les qualités manifestées dans la première semblant avoir disparues. Les digressions délicieuses du vieil homme sont rares et moins percutantes, les historiettes sont extrêmement prévisibles et le mystère qui planait sur le premier épisode est ici bien éventé.

Si la partie masochiste est encore acceptable (l'ambiance de la salle d'attente est bien vue), l'ensemble du développement criminel avec Willem Dafoe est bien pauvre, et peu captivant. La relation de Joe et de P., qui aurait sans nul doute méritée d'être développée, est baclée.

Si lors des premières minutes on retrouve avec plaisir les personnages découverts il y a un mois, cette deuxième partie se regarde avec un ennui croissant, jusqu'à un dénouement grotesque, que je ne dévoilerai pas ici.

Dommage.

 

2e

Voir les commentaires

12 years a slave

Quel ennui ! 12 years a slave prouve une fois de plus que bons sentiments et grand cinéma ne coïncident que rarement.

Tout est malheureusement très lourd et très fadasse dans ce troisième film de Steve McQueen. Les méchants y sont très prévisiblement méchants, les opprimés sont tous très gentils. Le soleil se couche (on a donc droit à plusieurs couchers de soleil), la lune brille la nuit, l'eau coule, la nature est belle, et le Noir se laisse gagner par l'irrépressible besoin de chanter un gospel.

La progression de l'histoire est édifiante, le film didactique et profondément académique, jusqu'à ses choix de cadres, de mouvements de caméra ou de plans. Par exemple : la pelletée de terre sur la caméra lors d'un enterrement, je pensais que plus personne n'osait ça de nos jours. Les scènes accumulent une telle quantité de poncifs que le film finit par desservir la cause qu'il devrait servir.

Du Steve McQueen de Hunger, il ne subsiste que l'acteur, le toujours impressionnant Michael Fassbender, quelques très gros plans et une coloration doloriste. Ce qui faisait l'originalité de ce premier film (le mémorable plan de 22 minutes par exemple) s'était déjà perdu en route, dans le calamiteux Shame.

On dirait que Steve McQueen a volontairement conçu un produit pour les Oscars : lisse, sans accroc, mais sans véritable enjeux dramatiques non plus. Il est fort étonnant de constater que toutes les scènes prétendument insupportables sont totalement désamorcées par l'indigence du scénario, du montage, et parfois du jeu approximatif des acteurs.

Un film de dimanche soir sur TF1.

 

2e

Voir les commentaires

L'amour est un crime parfait

L'intérêt N°1 du dernier film des frères Larrieu, ce sont les décors.

Les architectures sont non seulement magnifiques, mais de plus admirablement filmées. L'occasion est donc idéale de découvrir le fameux Rolex Learning Center, conçu par le cabinet d'architecte SANAA, qui est d'une beauté stupéfiante. Le chalet des deux personnages principaux est également sublime, dans un style plus traditionnel. Dans le genre moderne, la villa où se passe le barbecue nordique (un grand moment du film) est somptueuse également. L'appartement du père d'Annie et sa déco hyper-moderne, l'hôtel/bungalow dépouillé/chic au bord du lac, sont encore des endroits exceptionnels.

Au-delà des bâtiments, le décor naturel du film, les Alpes Suisses, est incroyablement photogénique, qu'il s'agisse de la forêt, des plus hauts sommets, ou de la ville de Lausanne. Les frères Larrieu s'en donnent d'ailleurs à coeur joie en multipliant les plans en extérieur et les trajets en voiture, qui constituent d'ailleurs un élément dramaturgique du film.

Pour le reste L'amour est un crime parfait ne m'a pas réellement convaincu. On lit beaucoup qu'il est vénéneux et malsain, je l'ai trouvé plutôt artificiel et compassé. Mathieu Amalric joue d'une façon trop uniforme pour être réellement ambigu. Maïwenn joue un personnage que le twist final rend peu crédible. Sara Forestier surjoue la jeune nymphomane hystérique. Seule Karin Viard distille un semblant de sentiment inquiétant.

Les dialogues sont très écrits, comme si Djian avait rencontré Rohmer, donnant au film un vernis de suréalisme un peu froid. Mais c'est le scénario, plein de blancs, de trous et d'imprécisions, qui me laisse le plus dubitatif. Bien sûr, on pourra arguer que ces éléments de flous font partie du mystère : je répondrai que de grands maîtres (Polanski, Hitchckock) savaient distiller des ambiances mystérieuses avec plus de précision.

Les frères Larrieu me semblaient beaucoup plus à l'aise avec un sujet qui se prêtait mieux à leur cinéma subtilement décalé dans Les derniers jours du monde.

 

2e

Voir les commentaires

AIME et fais ce que tu veux

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/505/21050502_20131017155542629.jpgUn prêtre tombe amoureux d'un jeune homme.

On imagine ce qu'en Pologne ce film de la réalisatrice Malgorzata Szumowska a du soulever comme polémique !

En France, le sujet est évidemment moins original : bien des films ont raconté la tentation de la chair chez des prêtres, et bien des films ont des personnages principaux homosexuels. 

Ce n'est donc pas dans le déroulé du film que réside son intérêt, mais plutôt dans son grain, sa capacité à capter les regards des acteurs et la puissance de la nature, dans un élan qui rappelle parfois celui de Terence Mallick. Si l'intrigue principale se ramifie quelque peu avec des intrigues parallèles, d'ailleurs pas forcément limpides (le suicide d'un jeune homme, assez mal amené), c'est vraiment pour tenir sur la durée. Il aurait peut-être mieux valu s'attarder encore plus longtemps sur le très beau visage de l'acteur Andrzej Chyra (vu dans La terre outragée), qui irradie le film de sa sensibilité.

Une réalisatrice de talent, qu'on aimerait revoir à l'oeuvre sur un scénario plus complexe et plus tenu.

 

2e

Voir les commentaires

Yves Saint Laurent

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/558/21055851_20131107160125747.jpgEn attendant la version de Bertrand Bonello, dont la date de sortie était initialement prévue durant le Festival de Cannes (le film sera-t-il sur la Croisette ?), on peut découvir ce premier biopic de Jalil Lespert.

Ce dernier a surtout eu pour l'instant une carrière d'acteur : il est le jeune homme du Ressources humaines de Laurent Cantet, et du Petit lieutenant de Xavier Beauvois. Yves Saint Laurent est son troisième long-métrage en tant que réalisateur.

Sans être complètement raté, le film est un peu trop appliqué pour générer de vraies émotions. On suit la vie et la carrière de YSL avec une curiosité polie. Les décors sont jolis, Pierre Niney est assez intéressant au début mais moins ensuite, et Gallienne ne m'a pas convaincu du tout.

Le film manque de souffle, d'énergie, et surtout d'un véritable point de vue. Ni découverte du monde de la mode, ni chronique d'une déchéance physique, ni tableau d'une époque, ni démonstration du génie créatif de YSL, le film tente d'être le récit d'un amour sur la durée, ce qu'il ne parvient à être que poussivement.

Bien léché, me film manque de folie pour emporter.

 

2e

Voir les commentaires

La vie rêvée de Walter Mitty

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/13/12/16/15/37/548553.jpgLe nouveau film de Ben Stiller, lancé par un intense matraquage médiatique, mérite-t-il d'être vu ?

Eh bien, oui pour sa première partie, et non pour sa seconde.

Le début du film est en effet à la fois beau et intrigant. Le générique est par exemple très joli, avec ces textes qui s'incrustent dans le paysage urbain. Les premières scènes ont un charme certain, même si Ben Stiller surjoue un peu dans le non-jeu, si je puis dire.

Lorsque Walter est perdu dans la lune, ou imagine d'improbables développements aux situations réelles, les trouvailles visuelles fonctionnent parfaitement bien. L'association d'un certain réalisme (la disparition du magazine LIFE comme toile de fond), d'effets visuels époustouflants et d'un casting très juste (par exemple la beauté non conventionnelle de Kristen Wiig) rend le film très séduisant.

Lorsque Walter Mitty part au Groenland, c'est encore très beau : qu'est-ce qui est vrai dans ce que l'on voit ? Vit-il vraiment ces aventures ? Le passage islandais marque une première dégradation : si les paysages sont superbes, la longue descente en skate est un peu too much.

La deuxième partie du film se dégrade alors progressivement : de la magie tendre du début, il ne reste plus grand-chose. L'imagination de Walter n'est plus visualisée, et le voyage en Afghanistan est confondant d'auto-congratulation ushuaïesque et esthétisante, ego-trip pénible à regarder, jusqu'à cette scène ridicule de football inter-culturel en plein Himalaya.

Raté sur la fin. Dommage.

 

2e

Voir les commentaires

La reine des neiges

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/589/21058938_20131119115519509.jpgQuelle catastrophe que le dernier Disney !

Pas grand-chose à sauver de cette pièce montée indigeste qui cumule tout ce qu'on peut imaginer de pire pour un film d'animation : visages lisses et stéréotypés (ces yeux de manga qui mangent la moitié du visage), personnages secondaires à peine drôles, péripéties hyper-convenues et moments de bravoure qui n'en sont pas.

Rien d'original dans ce gloubi-boulga qui parvient à rassembler une nostalgie doucereuse, un côté Sissi impératrice, et une sorte de modernisme branché et très vulgaire, façon NRJ Music Awards. Les passages chantés sont d'ailleurs réellement insupportables, à la fois par leur aspect "chanteuse québécoise à grosse voix" et par la sexualisation des jeunes princesses qui semblent tout à coup adopter en chantant les mensurations de Rihanna ou de Tal.

Je suis sidéré de la mansuétude de la critique qui semble voir dans le scénario très niais de La reine des neiges une sorte de dilemne freudien novateur alors qu'il n'y a là que conformisme mis au goût du jour.

 

1e

Voir les commentaires

Je fais le mort

Jean Paul Salomé est un réalisateur qui alterne les petits films anecdotique (Restons groupés) et les grosses productions pas tout à fait réussies (Belphégor, Arsène Lupin).

Je fais le mort fait plutôt partie de la première catégorie.

Le scénario est d'une grande indigence : enquête à la mords-moi-le-noeud dans une station de ski (Megève) avec seconds rôles pittoresques, faux coupables, vrais méchants, mystères de pacotille, fausses pistes éventées et rebondissements improbables.

Si le film présente une once d'intérêt, c'est grâce à François Damiens, qui joue ici avec délectation un rôle parfaitement à sa mesure : celui d'un acteur au chômage ayant connu il y a bien longtemps son heure de gloire (un César du meilleur espoir masculin). Tour à tour menteur, taquin, bougon et maniaque, il parvient vaille que vaille à (presque) maintenir le navire à flot.

Dans un registre similairement enneigé, le film ne supporte pas la comparaison avec le poétique Poupoupidou.

 

2e

Voir les commentaires

All is lost

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/541/21054124_20131030163139172.jpgJ'ai à propos de All is lost les mêmes réserves qu'à propos de Gravity.

D'ailleurs, les deux films sont pratiquement des décalques : remplacez l'engin spatial par un bateau, Sandra Bullock par Robert Redford, les débris de satellite par un container, les visions de Georges Clooney revenant par des visions de noyade, l'immensité de l'espace par l'immensité de la mer, la débrouillardise du cosmonaute par l'intelligence pratique du marin (ou l'inverse), et vous avez grosso modo le même film.

Pour ma part, les deux m'auront laissé sur ma faim : pas assez d'originalité dans le scénario, trop de situations téléphonées.

D'un autre côté, il faut avouer que dans les deux cas les réalisateurs auront réussi des prouesses techniques, et que le sentiment d'immersion est aussi réussi sur l'océan qu'en orbite.

Une petite différence toutefois, il me semble que le film de JC Chandor est plus dénué d'affects que celui de Cuaron. On est ici vraiment dans une sécheresse quasi documentaire. On a parfois l'impression d'être devant un manuel de voile : se servir d'une ancre flottante, monter un foc de tempête, faire de l'eau potable avec de l'eau de pluie, se servir d'un sextant, etc.

L'intérêt ? Variable suivant votre expérience du milieu. Faible en ce qui me concerne, qui déteste la mer (et cette dernière me le rend bien).

Redford ne fait pas grand-chose, on pourra donc sans risque dire qu'il le fait bien (à son âge, ma brave dame, c'est y pas remarquable, hein ?).

La fin m'énerve, mais je ne peux pas trop en parler sous peine de gâcher le plaisir (éventuel) de mes lecteurs. Donc, pour résumer, à voir si vous voulez apprendre à colmater.

 

2e

Voir les commentaires

Rêves d'or

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/082/21008216_20130524171837548.jpgJ'aurais aimé dire beaucoup de bien de ce film mexicain qui a reçu un bon accueil critique un peu partout, et qui est fort méritant.

La démarche de Diego Quamada-Diez consiste à nous montrer la réalité de l'éprouvant voyage des migrants d'Amérique centrale à travers le Mexique, vers les USA.

Pour ce faire, il utilise un style quasi documentaire, faisant tourner des acteurs non professionnels castés dans les quartiers les plus pauvres du Guatemala.

Le résultat est certes parfois impressionnant par son caractère sec comme un coup de trique, par son découpage tour à tour vif ou contemplatif, et enfin par la violence sourde qui émane de certaines scènes.

Il est aussi, malheureusement, fort ennuyeux la plupart du temps. Les jeunes personnages peinent à générer de l'empathie (surtout les deux jeunes garçons, relativement transparents) et leur aspect continûment mutique fatigue un peu. Les scènes les plus lentes provoquent une douce torpeur dans l'esprit du spectateur, et l'enchaînement d'aventures tristes dans lesquelles sont entraînés naïvement les jeunes victimes paraît à force relever du systématisme. Les réactions des jeunes acteurs semblent bien peu contrastées au fur et à mesure de leur progression, qui tourne pourtant au drame.

Le film a été tourné en Super 16, probablement pour revêtir un aspect documentaire plus marqué, et l'image présente un gros grain assez laid, ce qui n'aide pas à aimer le film.

De bonnes intentions, qui ne donnent pas forcément un bon film, comme on le sait.

 

2e

Voir les commentaires

The immigrant

Le dernier film de James Gray est jaune. Il est aussi mauvais.

Je ne sais pas quelle mouche a piqué l'expérimenté directeur de la photo Darius Khondji pour appliquer de façon continue, ou presque, un filtre de tonalité jaune dans ce film, mais l'effet obtenu est particulièrement immonde.

Vous allez me dire que je pinaille sur une question de forme, mais le film n'est pas simplement sépia par son image, il l'est aussi par ses personnages et son scénario. Tout y est en effet pitoyablement vieux, artificiellement suranné.

Détaillons un peu : Marion Cotillard parle polonais comme moi l'araméen ancien, le scénario a été vu mille fois, il a la délicatesse d'un coït d'éléphant sur un lit de porcelaine. On se demande où est passée l'art délicat et feutré que montre habituellement James Gray pour filmer les sentiments.

Ici, tout n'est que trivialité classique, la mise en scène sans aspérité comme le jeu des acteurs. Le film sent la naphtaline, à l'image de ses décors qui ressemblent beaucoup trop à ... des décors.

Je crains fort que la médiocrité de Guillaume Canet n'ait contaminé le génie naturel de James Gray, lors de leur collaboration sur le calamiteux Blood ties.

 

1e

Voir les commentaires

Salvo

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/014/21001460_20130425103648833.jpgSalué par le Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes 2013, Salvo s'avère être le parfait film d'auteur qui se la pète.

On a en effet droit à tous les tics qu'on peut reprocher à un certain cinéma qui se regarde le nombril, l'anus, filmer : fausse bonne idée de départ (un tueur de la mafia doit accomplir un meurtre en présence d'une aveugle), refus obstiné de donner le moindre rythme au film, absence quasi total de dialogue, composition savante et picturale de la plupart des plans.

Tout cela forme plus une installation qu'un film, et c'est un doux pléonasme de dire qu'on s'y ennuie fermement, jusqu'à un final attendu et alambiqué, comme si Sergio Leone avait croisé Godard.

La lenteur des scènes est exaspérante, le mutisme du personnage principal horripilant, la bande-son semble avoir été conçue pour une séance de torture à Guantanamo.

 

1e

Voir les commentaires

Haewon et les hommes

La petite musique de Hong Sang-Soo fonctionne plus ou moins bien, suivant le substrat sur lequel le prolifique cinaste coréen la déploie.

Ici, rien ne permet au sujet de pleinement se développer, ni la perfection cotonneuse de l'image comme dans The day he arrives, ni le brio scénaristique comme dans Another country ou HA HA HA.

Hong Sang-Soo récite donc ici son cinéma, toujours sur les mêmes bases, à savoir des dialogues rohmérien, des hommes assez faibles et des femmes plutôt fortes, des gimmicks bien connus (un réalisateur comme personnage, beaucoup d'alcool et de scènes de café, des personnages ou des objets récurrents).

Apparaissent toutefois ça et là quelques séquences pépites lors desquelles le génie badin et profond du cinéaste affleure : la rencontre de l'héroïne et de Jane Birkin, l'appel du taxi par simple effort de la pensée, les promenades hivernales au fort. Une oeuvre mineure de Hong Sang-Soo, portrait rêveur (rêvé ?) et amoureux d'une jeune femme ne sachant pas aimer.

 

2e

Voir les commentaires

Snowpiercer, le transperceneige

Autant le dire tout de suite, j'ai été très déçu par le passage à la production internationale de mon réalisateur coréen fétiche, Bong Joon Ho.

Même si fugitivement affleurent dans le film ses anciennes qualités (second degré, attention aux visages, sens inné de la mise en scène), la vérité est que ce sont surtout les défauts du film dont on se souvient.

A savoir : un casting fadasse et hétéroclite, des clichés vus et revus mille fois (pauvres/gentils contre riches/méchants), des rebondissements invraisemblables, des décors moches et terriblement factices, des combats filmés caméra à l'épaule dans la plus grande confusion.

Si le film commence honorablement, il devient de plus en plus artificiel, pour finir en queue de poisson désastreuse. Attention, spoiler à suivre. Rien à sauver dans les dix dernières minutes : la machine en tête de train ne ressemble à rien, l'enfant qui entre dedans ne correspond à aucun enchaînement narratif, le dernier plan sur l'ours polaire est d'une naïveté confondante (et en plus n'a rien à voir avec l'histoire).

A aucun moment Bong Joon Ho ne parvient à créer une atmosphère réaliste au sein de son film, comme il l'avait superbement réussi dans The host. On ne rentre jamais dans cette histoire, en particulier parce que les acteurs ont le charisme d'une huitre (le taiseux Chris Evans), ou en fond au contraire des tonnes (Tilda Swinton et son dentier).

Après cet agglomérat kitsch de clichés SF, j'espère que Bong Joon Ho retrouvera son talent.

 

1e

Voir les commentaires

Un château en Italie

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/060/21006045_2013051513001218.jpgQuel intérêt à aller voir Un château en Italie si on n'est pas de la famille Bruni-Tedeschi ?

A priori, peu. Et a posteriori, pareil.

Organisé autour d'un découpage en saison (c'était la mode à Cannes cette année, cf le Ozon), Un château en Italie est le prototype du film bobo qui se regarde le nombril. Pas désagréable par ailleurs, mais dont la part autobiographique ne doit intéresser que la réalisatrice et ses proches.

Il est d'ailleurs curieux de constater que le personnage du frère, qui devrait être très émouvant, ne parvient jamais à l'être vraiment.

Garrel est insupportable, on a réellement envie de lui coller deux baffes (encore plus que d'habitude, je veux dire) et l'amour avec Louise sonne résolument faux. Beaucoup de scènes paraissent bancales, et beaucoup d'autres font franchement cul-cul : ces arbres qu'on abat, par exemple !

Bref, le film est faiblard et c'est peut-être Xavier Beauvois qui le sauve du naufrage. Il est un peu mystérieux que le film ait pu être en sélection officielle à Cannes.

 

2e

Voir les commentaires

Blood ties

On va me dire que je tire sur une ambulance, au vu des critiques désastreuses qui saluent le dernier poncif filmé de l'inénarrable Guillaume Canet, mais quand une ambulance a coûté aussi cher, c'est un plaisir de sortir le super bazooka M20, qui tire des obus de 4 kg.

Canet utilise les talents de James Gray (comme scénariste), de Matthias Schoenaerts, Mila Kunis, Clive Owen et James Caan (comme acteurs), de Marion Cotillard (comme femme et potiche), pour tourner le remake d'un film de Jacques Maillot dont tout le monde se fout (sauf sa seigneurie Canet lui-même, car il y a fait l'acteur) : Les liens du sang.

L'envie de hurler "Arrêtez le massacre" ne m'a pas quitté une seule minute tant tout est récité, balourd, factice et pauvre en imagination comme en réalisation. Je repense par exemple à ces gunfights qui semblent tournés avec des pistolets à eau, ou à ce montage à l'emporte-pièce. Le film n'est qu'une longue accumulation de clichés : par exemple, quand un personnage va faire quelque chose de difficile, il allume une cigarette.

C'est comme ça que Canet envisage le cinéma des années 70 et veut lui rendre hommage : à grand coup de nostalgie amidonnée et de grues planant au-dessus de voitures vintage.

Tout est mauvais dans Blood ties, rien n'accroche, on ne croit à rien, les méchants ne le sont pas assez et les gentils le sont trop : c'est de la guimauve à 25 millions de dollars qui ne sert qu'à combler les penchants onanistes de Canet.

A fuir, et vite.

 

1e

Voir les commentaires

Prince of Texas

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/96/26/64/20456547.jpg Ours d'argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin, Prince of Texas est la dernière production du réalisateur US David Gordon Green, qu'on associe souvent à une école de comédie américaine déjantée dont le barycentre serait Judd Apatow. Autant le dire d'entrée, je suis resté totalement imperméable au sujet : deux paumés qui tracent des lignes et plantent des poteaux le long d'une route paumée au fin fond du Texas. Le décor est celui d'une forêt calcinée, conséquence des incendies gigantesques qui touchèrent cette partie des USA.

Le film oscille entre plusieurs genres sans parvenir à en choisir un seul : c'est d'ailleurs peut-être là que certains y trouveront un charme. On y parle de sexe très crument, les femmes étant souvent réduites à une fonctionnalité d'orifice à combler, on y pète et on s'y branle : de ce côté, le cinéma d'Apatow n'est pas loin, avec sa finesse inégalée.

On croise des personnages complètement barrés au milieu de ce middle of nowhere, comme un chauffeur de camion passablement madré et alcoolisé, ou une vieille femme mutique dont la maison a brûlé, on pense alors à des collages suréalistes ou au cinéma de Gondry.

Cette impression est renforcée par les dialogues parfois complètement loufoques. Dans un de ces moments les moins réussis, on se croit dans un teenage movie recyclé, les deux loosers se prenant une biture carabinée et traçant des sinsoïdes sur la route au lieu de la belle ligne centrale. C'est donc pour résumer assez bavard, guère palpitant bien que correctement réalisé, et franchement évitable. Le type de film dont le pitch intiguant est finalement le point le plus réussi.

 

1e

Voir les commentaires

Gravity

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/390/21039085_20130912131330021.jpgLe début de Gravity est assez plaisant. On prend un réel plaisir à observer le spectacle de la Terre, le ballet gracieux des spationautes, le mélange de rigueur professionnelle et de déconne qui caractérise ce genre de mission (on se souvient dans la réalité de cet astronaute canadien qui a enregistré une chanson de Bowie dans l'espace - il est toutefois moins canon que Clooney).

La mise en scène de Cuaron est dans les 30 premières minutes assez bluffante, je pense par exemple à ce plan incroyable dans lequel la caméra semble entrer dans le casque de Ryan, puis en ressortir.

Las ! A partir du moment ou Ryan se retrouve seule, le film devient un banal film d'action amerloque : je saute de station en station avec à chaque fois le même mode opératoire et les mêmes enjeux. Heureusement que les Thaïlandais et les Uruguayens n'ont pas d'activités spatiales, sinon le film durait 1 heure de plus, à jouer à saute-station.

Explosions, suspense improbable, musique grandiloquente, réapparition ridicule de Clooney (un spectateur a crié avec raison "What Else" lorsque Georges revient), grand spectacle pyrotechnique, mysticisme à deux balles : le film devient à ce moment-là ce qu'il ne devrait pas être, un blockbuster hollywoodien pas si différent des autres.

Le récit de survie est un genre assez aride. Le nouveau film de JC Chandor, All is lost, que j'ai vu à Cannes, est finalement une sorte de décalque de Gravity sur un voilier. C'est moins fun, mais approximativement aussi peu excitant.

Rien de révolutionnaire dans ce Gravity somme toute banal.

 

2e

Voir les commentaires

La tendresse

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/113/21011323_20130610111840643.jpg

Vous savez que je ne suis pas méchant (vous le savez ?), mais il ne faut pas me pousser dans mes retranchements. Dans le dernier film de Marion Hänsel, tout est mauvais.

Un couple séparé depuis 15 ans entame un road movie de Belgique à Chamonix pour rejoindre leur fils blessé lors d'un accident de ski. Ils font la connaissance de la copine de leur fils : elle est super-gentille et super-canon. Finalement le fils n'a pas grand-chose et tout le monde peut remonter outre-Quiévrain tranquillement. Chemin faisant, la mère se fait draguer par un auto-stoppeur marin-pêcheur joué par un Sergi Lopez plus Sergi Lopez que nature. Qui lui laisse un mot sur le pare-brise pour lui dire qu'elle est vraiment trop belle : c'est pas émouvant ça ?

Durant le trip il s'avère que la mère est vraiment pas dégourdie : elle ne sait pas faire marcher l'auto-radio, ne sait pas se servir d'une carte de crédit et se fait enfermer dans les toilettes. C'est ballot. Elle découvre par contre les joies de la montagne grâce à un gentil savoyard qui l'emmène en moto-neige voir la vue en haut des pistes au milieu de la nuit. C'est trop émouvant comme on voit les étoiles.

Olivier Gourmet fait des blagues un peu racistes qui mettent son fils mal à l'aise mais il a un coeur d'or sous ses dehors un peu ronchon. Tous les seconds rôles (chirurgien, patron du club, etc) sont des marshmallows qui jouent d'une façon aussi naturelle qu'une troupe échappée du musée Grévin.

Tout ça est bien trop mimi pour moi.

 

1e

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>