Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Twixt

A la sortie du dernier Coppola, on n'a guère le choix qu'entre la note maxi (si on est sensible au génie sous-jacent du film) ou la note mini (si on considère que ce génie n'est que sous-jacent)

Je suis pour ma part dans le deuxième cas, et je le regrette, car j'étais tout à fait disposé à aimer le film, et même à l'encenser, à la suite d'un Tetro qui m'avait ravi, à ma grande surprise.

Malheureusement, Twixt est d'un ridicule consommé. Tourné avec trois francs six sous, il propose une imagerie de carton pâte, cherchant en vain une esthétique qui se situerait à mi-chemin de David Lynch (les jeunes filles mortes, l'ambiance bizarre, les rideaux rouges) et Tim Burton (les gothiques, les arbres tordus, la pleine lune) : autrement dit nulle part.

Le scénario est complètement bâclé, à l'image de la fin, et le film ressemble curieusement à un film de fin d'étude, certes zébré d'éclairs de génie (ces cadres !), mais complètement bancal et bourré de facilités. Les jeunes filles entourant le beau garçon maquillé sont par exemple absolument ridicules. Le script est tiré d'un rêve que Coppola a fait à Istanbul, et on aurait souhaité qu'il soit un peu plus travaillé, d'autant plus que Van Kilmer propose un personnage attachant, sorte de Stephen King au rabais cherchant l'inspiration.

La présence d'Edgar Allan Poe finit par donner à Twixt un air de Minuit à Paris freak, ce qui sous ma plume, n'est pas un compliment. A éviter donc.

 

1e

Voir les commentaires

Perfect sense

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/82/89/71/19830933.jpgImpression bizarre de revoir Contagion, avec tous ses défauts et aucune de ses (rares) qualités : un casting prestigieux et honteusement mal utilisé (ici Eva Green et Ewan McGregor), une incapacité à nous faire ressentir la réalité d'une pandémie, des scènes de rue complètement artificielles, un enchaînement de situations qui exclut tout suspense, une artificialité de chaque instant.

 

On ne s'intéresse donc pas l'ombre d'une minute à cette romance sur fond de fin du monde qui voit l'humanité perdre ses cinq sens.

 

Deux questions fondamentales m'ont donc taraudé l'esprit devant ce navet abyssal (dont les distributeurs, pour une fois inspirés, n'ont pas voulu) :

 

1 - dans quelle catégorie ranger le sens qui fait ressentir ce qui se passe à l'intérieur du corps ?

 

2 - qu'aurait donné le film si la perte des sens avait suivi un autre ordre (et mon esprit enfiévré d'imaginer les dizaines de possibilités) ?

 

Le réalisateur du film, David MacKenzie, est peu connu. Il est probable que cette situation perdure.

 

1e

Voir les commentaires

Malveillance

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/44/14/19841036.jpgUn concierge s'introduit dans les appartements de son immeuble pour y faire le mal à l'insu de leurs occupants, comme une sorte d'Amélie Poulain à l'envers. Il vise en particulier une jeune femme rayonnante, Clara, dont il est morbidement amoureux.

 

Le pitch de ce film réalisé par Jaume Balaguero (REC) est intéressant, et riche de potentialité. Malheureusement le film devient vite une petite chose sans vertige et sans envergure.

 

La progression de l'intrigue est trop mécanique pour être réellement captivante, et le cruel dénouement me parait carrément improbable. Les personnages sont tous des clichés (la vieille dame aux chiens, la gentille voisine, le vieux aigri...) et certaines situations sont franchement risibles (l'envahissement de cafards, la menace de la petite fille).

 

C'est dommage, car la mise en scène est correcte et l'acteur principal, Luis Tosar, plutôt bon.

 

2e

Voir les commentaires

Young adult

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/59/22/20034001.jpgLes films de Jason Reitman (Juno, In the air) ont quelque chose en commun qui fit de Reitman dans ses débuts un espoir du cinéma américain : des personnages un peu décalés, des situations dans lesquelles ils peuvent se ridiculiser à l'extrême, des états d'âme plutôt dépressifs et un tableau en demi-teinte du rêve américain.

Ici, Charlize Theron campe une trentenaire dépressive et alcoolique, esseulée, qui se toque tout à coup de retourner dans sa ville natale tenter de reconquérir son premier amour, qui vient d'être papa. Elle écrit des romans à l'eau de rose, et a raté sa vie.

Evidemment les choses vont rapidement prendre un tour amer, le temps s'étant écoulé et les trajectoires des uns et des autres s'étant écartées.

On voit bien le principe du film (la confrontation de la citadine classe et dépressive, et des ploucs bêtement heureux, chacun enviant / rejetant l'autre), mais justement le film reste trop un principe. A part Theron, qui donne le maximum, tous les personnages sont réduits à des idées de scénariste (comme ce malheureux Buddy) et le film n'arrive pas à prendre corps. Du coup, on reste au bord de la route, ne partageant que parcimonieusement les états d'âme de l'héroïne.

Jason Reitman semble condamné à répéter éternellement sa petite musique douce amère, mais il lui faudrait maintenant devenir un peu plus trash, ou plus caustique, ou plus dramatique, bref à mettre de la chair dans ses personnages / poupées.

 

2e

Voir les commentaires

2 days in New York

Je me souviens à peine du premier film de Julie Delpy, 2 days in Paris, et il y a fort à parier que 2 days in New York suive le même chemin vers mes neurones oubliettes.

Ce n'est pas que l'expérience soit désagréable. Elle est même au début assez plaisante, bien que jouant sur l'éternelle image des Français indisciplinés, bouffeurs de cochonailles et querelleurs. Les Gaulois, quoi !

Ici le petit plus est apporté par un Chris Rock ahuri et civilisé, qui entretient de long dialogues avec une effigie d'Obama. Le père de Julie Delpy himself est très bien lui aussi, en vieil anar victime d'un récent veuvage.

Pour le reste pas grand-chose à signaler. D'un point de vue formel, le film essaye plein de trucs assez moyens et très hétéroclites : voix off, théâtre de marionnettes, photos de famille, montage hyper-rapide.

Le scénario s'épuise vite, tourne un peu à vide vers le milieu du film, esquisse quelques pistes non exploitées pour finir en happy end consensuel. Le meilleur moment du film est probablement l'apparition de Vincent Gallo en acheteur d'âme anonyme.

A voir, à la limite.

 

2e

Voir les commentaires

Hunger games

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/51/91/19851874.jpgPffff, je ne sais pas trop ce qui m'a pris d'aller voir ce film. Peut-être l'envie de revoir la magnifique actrice de Winter's Bone, Jennifer Lawrence ? Ou une sombre attirance pour le type de jeu morbide dans lequel on regarde les gens s'entretuer, un peu comme dans Battle Royale ?

 

J'aurais du me méfier en étudiant de plus près le marketing de ce produit issu d'un roman à succès pour ado : il puait le faisandé rance et mielleux.

 

De fait, le film est nul de bout en bout. La réalisation est incohérente, les décors mussolino-futuristes affreux, les rebondissements peu crédibles.

 

Le film sous-utilise honteusement les potentialités offertes par le scénario (la possibilité de créer ce qu'on veut dans ce monde, le fait que le monde entier observe en direct l'action, les dilemnes moraux...).

 

Au final, l'héroïne arrive évidemment à s'en sortir sans tuer personne de sang-froid, ce qui d'une certaine façon est le comble du cynisme. Les autres meurent, elle gagne, mais sans se salir les mains. Elle laisse les guêpes, les autres concurrents, ou la légitime défense faire le sale boulot à sa place.

 

Le film propose aussi une romance à l'eau de rose d'un ridicule consommé, des scènes larmoyantes d'une impayable niaiserie et un manque absolu de réalisme.

 

C'est une grosse bouse, indiscutablement. C'est lors de soirée comme celle-ci que je regrette de ne pas avoir de cotation en dessous de 1 étoile. Et le pire, c'est qu'il y aura probablement une suite.

 

1e

Voir les commentaires

Eva

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/69/81/20024943.jpgEva arrive sur les écrans avec une réputation de film à voir.

 

Il a été nominé dans de multiples catégories aux Goyas (et aux Gaudis, leurs équivalents catalans), a reçu le grand prix du public à Gérardmer, a été montré à Venise, Angers, etc...

 

Un casting très solide (mené par le charismatique Daniel Brühl, vu dans Inglorious Basterds, et bientôt dans 2 days in New-York), des effets spéciaux de qualité américaine, une histoire émouvante, le film a tout pour plaire à un large public.

 

Et disons le tout de go, le début du film est bluffant. La séance d'ouverture est décoiffante, puis l'ouverture dans le genre "8 jours plus tôt" installe une ambiance de science-fiction à la fois quotidienne et rétro-futuriste (l'action se déroule en 2050 environ). On est également captivé par le générique de début, d'une beauté sidérante, elle aussi à la fois rétro (on dirait un lustre de crital) et techno. Quelles relations entretient Alex avec son frère, la femme de ce dernier, quel projet mystérieux doit-il mener à bien ? Tout cela se présente bien, dans un décors enneigé qui sent la Suisse plutôt que l'Espagne, et la petite Eva, qui doit servir de modèle à un nouveau type de robot, est craquante. Enfants, robots, émotions reconstituées : on pense évidemment au AI de Spielberg.

 

Le film s'essoufle malheureusement assez vite (vers la fin du premier tiers) et une fois toutes les bonnes idées du commencement (incroyable Luis Homar en robot domestique) épuisées, le film devient une sorte de bleuette sentimentale assez prévisible. Les choses se dégradent donc progressivement pour atteindre dans le dernier tiers du film des sommets de banalité convenue, et même à la toute fin une niaiserie new-age assez dérangeante.

 

De très bonnes choses donc, qui auraient pu fournir la matière d'un court ou moyen métrage de qualité. Sur la durée d'un long-métrage, et accompagné de sa sirupeuse sauce aux clichés éculés, le film m'a déçu.

 

2e

Voir les commentaires

Breathless

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/71/47/35/19195133.jpgBreathless est à l'image de son acteur / réalisateur Ik-june Yang : irréductible.

On a beau avoir utilisé mille fois les expressions coup de poing, en apnée, d'une dureté sans concession, à propos de dizaines de films, ce sont ces mêmes expressions qui viennent à l'esprit lorsqu'on tente de décrire l'étrange expérience que constitue la vision du premier film de ce nouveau prodige du cinéma coréen.

Sang-hoon est un impitoyable recouvreur de dettes. Lorsque son chemin croise celui d'une jeune lycéenne, Yehon-hee, c'est d'abord pour un échange de crachat et de beignes bien senties. On découvrira progressivement que des péripéties communes les rapprochent : famille disloquée, amours amputées, fratries compliquées.

Plus que par l'intérêt de son intrigue (passablement confuse), c'est par sa mise en scène désordonnée et iconoclaste que le film se distingue.  Témoins les dernières séquences du film : plan fixe légèrement tremblant sur un visage ensanglanté, caméra virevoltante autour de personnages radieux, avant une explosion de douleur filmée presque hors cadre, faux souvenirs en super 8 délavé.

Le film n'obéit à aucune autre règle que celle d'inventer continuellement les formes de son débordement.

C'est saisissant, pas forcément maîtrisé, mais cela donne envie de voir la suite.

 

2e

Voir les commentaires

Katmandu, un miroir dans le ciel

Une jeune institutrice espagnole part enseigner au Népal. Elle se heurte là-bas aux pires turpitudes du tiers monde : corruption, préjugés de castes, pauvreté absolue, prostitution et vente des enfants. Mais elle y découvre aussi l'amour et l'amitié. Sonnez violons, résonnez trompettes, sortez vos mouchoirs, séchez vos larmes.

L'actrice principale est super-jolie (Véronica Echegui) et ressemble, me semble-t-il, à Angelina Jolie.

On pourrait sourire du déploiement de moyens esthétiques au service d'un tableau édifiant de bons sentiments envers les plus démunis. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait, surtout au début du film.

Dans la durée, Icíar Bollaín (Ne dis rien, Même la pluie) parvient pourtant à ficher à force d'obstination un coin d'émotion dans mon cerveau de cinéphile cynique et incisif. Par quel miracle ? Cela reste à déterminer. Peut-être la qualité entêtante de la photographie, une sorte de naturalisme qui évite (de justesse) l'ethno-chic, un sens du mélodrame qui évoque parfois comme un Douglas Sirk boudhique.

Bon, ne nous enflammons pas, c'est loin d'être un chef d'oeuvre, mais par son caractère ouvertement et volontairement naïf, par son sens du récit et sa sobre modestie, le film arrive à ne pas être antipathique. Il rappelle un cinéma américain de l'ancien temps, qui parvenait à évoquer beaux sentiments et de grandes destinées sans paraître niais.

C'est déjà ça.

 

2e

Voir les commentaires

Bullhead

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/11/53/19666379.jpgA quoi ressemble Bullhead ?

 

A un mélange de Red bull et de Winding Refn.

A un Mysterious skin (le trauma de l'enfance, vécu et revécu) remixé par un Gaspar Noé plutôt sage.

 

Si on ne s'ennuie pas vraiment (quoique...) on suit donc avec un intérêt distant cette histoire de jeune flamand traumatisé. Le film regorge, dégorge, déborde de références en tout genre et de pistes diverses : du polar low-fi, de l'analogie bovine, du tableau social, de la violence gratuite, du drame familial, du mutisme borné esthétisant à la sauce Drive.

 

A courir trop de pistes à la fois, ce film ténébreux et non sans attrait s'égare quelque part entre Flandres et Wallonie, promettant plus qu'il ne donne.

 

2e

Voir les commentaires

2 soeurs

2 soeurs n'est pas très bon, et ne va pas aider à me réconcilier avec Kim Jee-Woon, dont je n'aime pratiquement aucun film.

Pourtant, Dieu m'est témoin que je fais à chaque fois l'effort d'essayer de me laisser emporter par ce réalisateur dont l'appétit pour le cinéma de genre semble sans limite. Mais à chaque fois, ses films me laissent de glace.

Ici, dans la catégorie "Je joue à faire peur", on aura droit aux clichés les plus éculés du film d'épouvante en général (plans de coupe accompagné d'un musique stridente) et du film d'horreur asiatique tendance Ring (la jeune fille un peu crade aux cheveux mouillés, et qui perd du sang entre les jambes).

Tout cela est d'un formalisme qui confère au style pompier : Kim Jee-woon est l'équivalent au cinéma de ces peintres qui tentèrent de reproduire l'antique en l'amplifiant et en le déformant.

Au final, on n'y comprend absolument rien et je défie quiconque de me dire que le scénario tient la route, et même ... qu'il existe ! Qui est qui, qui fait quoi : ces questions visiblement sont un peu complexes pour le réalisateur, qui préfère accumuler les effets sans songer à donner au film un souffle global.

Le film fait preuve d'une affectation extrême, et en matière de cinéphilie coréenne, c'est probablement la porte d'entrée à éviter.

 

1e

Voir les commentaires

Martha Marcy May Marlene

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/54/19963031.jpgIl est des films bien mystérieux dont objectivement on peut dire qu'ils regroupent beaucoup de bonnes choses, mais dont le résultat final est décevant.

 

MMMM fait partie de ces productions prometteuses qui semblent perdre le fil de leur histoire en route.

 

Martha a passé deux ans dans une secte, elle s'échappe et vient vivre chez sa soeur et son beau-frère. Le film zappe continuellement entre les deux périodes, d'une façon il faut le dire à la fois très élégante, et totalement insignifiante.

 

En réalité, le sentiment d'empathie qu'on (devrait) éprouve(r) pour Martha se perd quelque part, dans un non-jeu qui peut faire passer la prestation d'Elizabeth Olsen comme remarquable, ou dans une sorte de vertige baba cool qui fait ressembler la secte (qu'on voudrait sanguinaire, satanique ou à tout le moins perverse) à une riante réunion de moniteurs de colo un peu barges, Woodstock style.

 

Tout cela est estampillé Sundance pur jus (MMMM y fut sacré meilleur drama) avec les avantages (une réalisation soignée, des idées, un scénario original) et les défauts (une certaine pose qui se reflète dans le titre, un understatement narratif permanent). Pour juger d'un film, la fin est souvent une sorte de juge de paix : elle ressort ici de la catégorie énervante, ouvrant une nouvelle piste pour la fermer brutalement. Horripilant.

 

2e

Voir les commentaires

Cheval de guerre

Amélie Poulain dans les tranchées de 14-18 : voilà comment on peut résumer le dernier Spielberg.

Passons rapidement sur le scénario, qui ne présente aucun intérêt (un gentil garçon élève un courageux cheval, les deux vont à la guerre, puis en reviennent), pour nous concentrer sur le reste, qui est catastrophique.

Tout, dans Cheval de guerre, est moche en essayant d'être beau, exactement comme dans certains films de Jean-Pierre Jeunet. La lumière par exemple semble toujours artificielle, trop dorée quand le soleil est rasant (poudrée même, pourrait-on dire), trop grise au lever du soleil, trop orange quand le soleil se couche, donnant des derniers plans d'une laideur insigne. 

Les décors sont également d'une artificialité affligeante : village anglais d'opérette, jeune campagnarde française avec un joli noeud dans les cheveux, no-mans land entre les tranchées gentiment aménagé avec de pratiques caillebotis improvisés pour franchir les flaques d'eau. Tout cela est d'une mochitude échevelée, qui en serait risible si elle n'était à la fois longue (2h27) et payante (5,9 €). Il est d'ailleurs curieux de constater que les derniers films des (ex)-grands cinéastes américains brillent tous par une tentation d'artificialité (plus ou moins convaincante) fuyant résolument toute tentative d'approcher la réalité : J.Edgar, Midnight in Paris, Hugo Cabret.

Tout cela ne serait pas si grave si finalement le film n'apparaissait pas comme insultant vis à vis des morts de la Grande Guerre. Montrer les tranchées comme de confortables couloirs où on peut tranquillement jouer aux cartes a quelque chose de profondément troublant lorsqu'on pense à la vision qu'ont donné du conflit d'autres créateurs, par exemple le Kubrick des Sentiers de la gloire...

On savait Spielberg capable d'être un grand enfant, j'espère que ce ratage relève de cette tendance, et qu'il n'est pas le signe précoce d'une sénilité précoce.

 

1e

Voir les commentaires

La désintégration

Film à moitié réussi, ou à moitié raté si l'on veut, La désintégration pourra se lire de bien des façons suivant ses convictions.

Rappelons brièvement le prétexte : un jeune homme élevé dans une famille maghrébine pauvre, mais plutôt assez bien intégrée, ne trouve pas de stage pour finaliser son Bac Pro, et (du coup) devient terroriste.

Oui, je sais, dis comme ça, l'intrigue peut paraître un peu sommaire, mais pourtant c'est bien la trajectoire que propose le film. Pourquoi ce jeune bascule-t-il brutalement dans une sorte de folie qui l'amène à se braquer contre sa propre famille, puis vers l'humanité entière : Philippe Faucon n'arrive jamais à nous le faire réellement sentir.

Le film est donc comme une bille d'acier tombant vers le sol, sec comme une flèche qui vole, sans artifice, mais de fait sans véritable substance dramatique non plus, sorte d'exercice rhétorique semi-documentaire. Si la démonstration peut souvent paraître poussive et illustrées par de grossiers clichés (le gentil imam, le prof mesuré, les flics bien polis), elle est un peu sauvée par l'interprétation hors pair du meneur islamiste et surtout de la maman d'Ali, seule figure vraiment émouvante dans le film.

Lorsqu'il prend au réalisateur de transformer sa critique sociale, assez intéressante dans la première partie, en sorte de thriller dostoievkien, le fil de l'émotion se brise définitivement et le spectateur assiste à l'inéluctable en se désintéressant de ce qu'il voit.

Une fois encore dans le cinéma français, le film déçoit par son scénario insuffisamment développé. Pour en savoir plus sur le film je vous conseille l'excellent article sur le blog d'Alain.

 

2e

Voir les commentaires

La taupe

Quel ratage.

Le deuxième film de Tomas Alfredson, réalisateur du sublime Morse, avait tout pour être génial. Une réalisation brillante et classique à la fois, une pléiade d'acteurs hors du commun, des décors très bien reconstitués, une photographie très réussie générant une ambiance sourde et sombre.

Il est donc fort étonnant que le film soit au final absolument ennuyeux et même, disons-le, quasi incompréhensible. On assiste, avec un certain dépit, à l'enchaînement d'une suite de vignettes, certes fort jolies, mais dont la cohérence globale est inexistante. Que se passe-t-il ? Que voyons nous à l'écran ? Ces questions m'ont empêché d'entrer dans le film, et pour tout dire, mon degré de concentration n'a cessé de baissé au fil de la projection à mesure que les spectateurs quittaient la salle et que mes assoupissements se multipliaient pour se terminer en un somme réparateur probablement assez long, dont je ne sortis qu'au son de La mer.

S'il faut trouver des fautifs, on accusera bien volontiers les scénaristes qui ont tenté de résumer un livre lui-même assez abscons en 2h, alors que la BBC avait à grand peine fait tenir l'intrigue en une série de plus de 5 heures. Le jeu des acteurs, et en particulier celui de Gary Oldman, tout en impassibilité muette, contribue certainement aussi à cette cruelle déception.

Une torture compassée, à éviter sous peine de paralysie neuronale généralisée. A moins d'estimer que perdre le spectateur dans un labyrinthe d'images incohérentes constitue le renouveau ultime du film d'espionnage.

 

1e

Voir les commentaires

Another happy day

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/00/80/19846159.jpgAnother happy day présente un problème structurel profond : il ne sait pas ce qu'il veut être.

 

D'un côté, la référence pourrait être Festen, le chef d'oeuvre de Thomas Vinterberg, dont Melancholia s'inspire fortement. A l'appui de cette idée, on notera la présence d'Ezra Miller, le charismatique ado du dispensable We need to talk about Kevin, qui semble condamné à jouer encore et encore le bad boy intelligent auto-destructeur.  Sur ce versant, il sera question de drame re-surgissant à l'occasion d'une fête de famille, ici un mariage.

 

Le film n'ose cependant pas prendre le tournant dramatique que Festen nous infligeait sans pitié et le résultat est que ses menus atermoiements ne nous émeuvent que parcimonieusement.

 

De l'autre côté, la référence pourrait Little Miss Sunshine : famille dysfonctionnelle, névroses en tout genre, comédie caustique. Mais malgré quelques saillies amusantes, Another happy day n'arrive jamais à trouver un rythme de comédie. Les effets sont attendus, souvent un peu poussifs, et le jeu outrageusement expressif d'Ellen Barkin n'aide pas : on a plus souvent envie de la baffer que d'en rire.

 

Ni drame, ni comédie hilarante, le premier opus de Sam Levinson (le fils de son père) est donc un produit indéterminé, enrobé à la sauce Sundance extra-forte. Pas désagrable, mais sans plus.

 

2e

Voir les commentaires

Les chants de Mandrin

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/71/13/19963128.jpgNe connaissant ni l'histoire de Mandrin (brigand pré-révolutionnaire du début XVIIIème), ni la filmographie de Rabah Ameur-Zaïmeche, c'est vierge de tout a priori que je me lançai dans le visionnement des Chants de Mandrin.

 

Las, mes amis, il m'en cuisit.

 

De réalisme, pourtant revendiqué, il ne fut point question. Au contraire, me fallut-il supporter moults dialogues artificio-alambiqués, parfois résolument contemporains, parfois inaudibles. Quant aux scènes d'action, la postérité retiendra que le ridicule eusse pu tuer plus sûrement que les chètives pétarades du film.

 

De mise en scène, le film parvînt à s'acquitter, s'appliquant à quelques mignonneries hors de propos (silhouettes, décolletés de femmes, lune et nuages). Je cherchai avec obstination un scénario, mais sans succès hélas, n'assistant déconfit qu'à une série de vignettes illustratives sans intérêt.

 

Espérai-je en la musique des violes et autres instruments, ou en la poésie en vers burlesques que mon attente ne se brisât contre les récifs d'une médiocrité alanguie et suffisante.

 

Oyez chers cinéphiles, ce funeste mais amical avertissement : tripette ne vaut ce Mandrin là.

 

1e

Voir les commentaires

Millenium

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/29/73/19863494.jpgCe film pourrait ne pas exister, et personne ne s'en porterait plus mal.

D'abord l'histoire est bien mieux racontée dans le livre qu'ici (comme d'habitude, elle est plus dense, plus complète, plus prenante, dans le roman). Ensuite, pour ceux qui ne savent pas lire, il existe un film européen (en réalité une trilogie) de bonne facture. Et si vous voulez vraiment être complet, ces films se déclinent en une mini-série de 6 épisodes de 90 minutes.

On peut donc se demander pourquoi Fincher s'est engagé dans ce projet consistant à venir tourner en Suède une histoire de Suédois, jouée par des acteurs américains parlant anglais. Pourquoi pas ne pas envisager Christopher Nolan venant tourner en France Les Misérables avec DiCaprio dans le rôle de Jean Valjean ?

Le film est donc une honnête oeuvrette de commande, lisse, ripolinée, et à la mise en scène très sage. Fincher semble avoir remisé toute ambition stylistique pour se contenter de jolis cadres et de sages mouvements de caméra. C'est long, très long, et on n'éprouve aucun sentiment d'aucune sorte, même vis à vis de l'assassin. Le film arrive à désarmocer les tensions du livre pour en faire une suite de moments glacés, pas moches, mais peu intéressants.

De ce film destiné à faire un bon prime à la télé on pourra toutefois retenir la performance convaincante de l'actrice Rooney Mara en Lisbeth, alors que Daniel Craig tente de la jouer "sobre", ce qu'il parvient à faire en devenant ... transparent. Symbole de l'aspect commercial et un peu froid du film, le générique de début façon James Bond, complètement décalé par rapport à l'esprit de l'histoire.

A ne pas voir si vous connaissez l'intrigue, les chances de vous ennuyer étant alors optimales.

 

2e

Voir les commentaires

Une vie meilleure

Quand on est aussi con que Yann (Guillaume Canet), mérite-t-on Une vie meilleure ? La réponse est non.

1 - il drague à la hussarde (j'ai un rancard, ma troisième phrase est : "Combien de chance à ton avis qu'on passe la nuit ensemble", la réponse "0", et paf, je suis dans son pieu au plan suivant) : ça craint.

2 - il apprend à un gosse à se servir d'un hélicoptère télécommandé au-dessus d'un lac (!?!)

3 - il demande au comptable de faire une fausse facture de 2000 € pour ensuite hurler quand le gosse dont il s'occupe vole des baskets à 100 €

4 - Les Sables d'Olonnes ne sont PAS à côté de Vannes

Etc, etc.

Une vie meilleure est tellement tissé d'incohérences, d'approximations et de facilités qu'il parait absolument factice et creux. On n'y croit pas un seul instant, et du coup Guillaume Canet, acteur français le plus bankable du moment, quémandant 20 000 pauvres euros, parait très peu crédible (20 000 €, ça doit être la facture du bar un soir de fête bien arrosé au Fouquet's).

C'est bourré de clichés, c'est mauvais, c'est tristement réalisé. Allez hop, au suivant, Cédric Kahn réalisera plus tard de bien meilleurs films.

  

1e

Voir les commentaires

Les acacias

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/25/34/19830842.jpgLes acacias est un bon exemple de film-programme, c'est à dire qu'il est tout entier contenu dans son pitch : un homme conduit une femme et son bébé d'Asuncion à Buenos Aires, dans son camion chargé d'acacias, et une relation amoureuse va naître entre eux.

Le long des 1500 kilomètres de route, le réalisateur doit donc calculer précisément la progression des sentiments à mesure des kilomètres, en alternant mécaniquement les scènes à l'intérieur du camion (champ / contrechamp obligatoire) et quelques arrêts, durant lesquels peu de choses se passeront (une douche, une jalousie naissante, une visite à une soeur au milieu de nulle part).

Toute la valeur du film réside dans la délicatesse avec laquelle Pablo Giorgelli caresse le visage de ses trois protagonistes, et dans le classicisme lumineux de sa photographie.

Le film, Caméra d'or à Cannes, échappe à la catégorie "film du sud, pauvre mais digne", pour accéder à celle de "film du sud, pas très riche et plutôt bien fait", mais sans atteindre celle de "film dont on oublie qu'il est du sud" (dont des exemples récents et sud-américains seraient le péruvien Fausta et le méxicain Année bissextile).

Pas honteux, pas indispensable, Les acacias me fait penser au titre d'un autre road movie argentin : Historias minimas.

Le cinéma argentin sur Christobog, c'est aussi : Carancho / Medianeras

 

2e

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>