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Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Habemus papam

Moretti bénéficierait-il du traitement de faveur spécial auteur qui profite habituellement à Clint Eastwood et, dans une moindre mesure, à Woody Allen ? On peut se le demander en lisant les Cahiers du Cinéma, puis en voyant le film, qui ne vaut pas tripette.

Enlevons Moretti de l'affiche et remplaçons-le en tant qu'acteur dans son film. Que reste-t-il ? Une fable qui effleure trois sujets sans vraiment en creuser aucun : la dépression et la psychanalyse, les responsabilités et la fuite, et le théâtre.

Prenons la dépression. Piccoli n'est pas mal, mais son personnage est un peu falot. D'où vient-il ? De quel pays est-il ? Quel est son passé ? On ne le saura pas, et bien sûr, c'est voulu. Mais je trouve que du coup l'intérêt qu'on peut porter au personnage s'en trouve amoindri, il devient schématique, éthéré. Ses errances dans la ville sont mal filmées, présentent peu d'intérêt (la scène du grand magasin). Ses sautes d'humeur semblent aléatoires, et globalement nous ennuient.

Les responsabilités maintenant : le film pourrait parler d'un président de la république ou d'un chef d'entreprise, cela ne changerait pas grand-chose à son propos. C'est presque rageant de voir un aussi beau sujet que le Vatican si peu exploité. Quid de Dieu, de la foi ? Rien. La plupart des scènes pourraient être les mêmes si le personnage principal était chanteur d'un groupe de rock.

Quant au théâtre, la vision qu'en donne Moretti est étrangement superficielle et même surranée : qui monterait Tchekhov comme ceci aujourd'hui ?

Tout cela ne fait pas un film, mais un assemblage de scénettes un peu inutiles, parfois ridicules, et souvent factices. Moretti réalisateur laisse faire son numéro à Moretti acteur, qui - comme Allen - est très bon dans son propre rôle : mais est-ce suffisant ? Les scènes iconoclastes se succèdent comme des vignettes amusantes, sans que l'on comprenne bien ce que veut dire le film (la partie de volley est amusante, and so what ?). Montrer un conclave comme une réunion de petits vieux séniles est un étrange a priori : il y règne dans la réalité une ambiance probablement plus proche de celle d'A la maison blanche ou des Borgia !

Par un retournement de perspectives dont ils sont coutumiers, certains critiques encensent le vide, la catastrophe en creux, le tranquille effondrement que montrerait le film, en étant lui-même vide et creux.

C'est avec ce genre de lunettes que le film le plus ennuyeux du monde devient le plus profond.

 

1e

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Présumé coupable

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/33/56/19764750.jpgPrésumé coupable cumule tous les défauts qu'on peut lui prêter sans l'avoir vu.

 

Commençons par Philippe Torreton. Il (sur)joue exactement comme on peut le craindre. Regards significatifs et appuyés, yeux perdus au loin, amaigrissement forcé. C'est de l'actors studio version Charleville Mézières. Il faut dire que le scénario ne l'aide pas, en lui faisant dire par exemple au bout de 10 minutes de film "Vous faites une erreur judiciare monumentale", comme s'il était doté d'un don de double vue.

 

Son personnage, l'huissier de justice injustement accusé dans l'affaire d'Outreau, Alain Marécaux, est donc dessiné à grands coups de pinceaux. Mais que dire de tous les méchants qui l'entourent, et qui sont si caricaturaux qu'on finit par (presque) douter de l'objectivité du film ?

 

La mise en scène est d'une platitude insensée, ne présentant aucun intérêt et enfilant en toute sérénité les poncifs formels comme des perles. Un exemple ? Quand le personnage se réveille d'un coma, l'écran est trouble. Ben oui, je sais, ça paraît bête, mais c'est comme ça. Le personnage sort au soleil, l'écran devient presque blanc. Le personnage part à la campagne, la maison est super fleurie, etc...

 

Le film n'a aucune espèce de distance par rapport à son sujet, il ne choisit aucun angle particulier, il ne suscite aucune empathie. C'est de la télé façon Dossiers de l'écran revu par un Inspecteur Derrick sous Prozac.

 

Le fond de l'affaire est certes édifiant, mais vous êtes ici pour discuter cinéma, pas faits divers ou état de la justice. Quoique, quand même, dans n'importe quelle profession, un mec qui fait autant de conneries que Burgaud est immédiatement viré, non ?

 

Sur un sujet identique, Omar m'a tué évitait a peu près tous les écueils que Présumé coupable nous propose en écran large. A éviter, sauf si vous avez 102 minutes à perdre.

 

1e

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Bienvenue à Cedar Rapids

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/78/73/19744042.JPGJ'aime bien de temps en temps parler d'un film nul, que personne n'a vu et sur lequel j'essaye d'avoir 0 commentaire. Vais-je y arriver ?

 

Il faut être dans un avion à 9000 mètres au-dessus du sol pour se laisser tenter par une comédie de Miguel Arteta ("c'est qui celui là ?", me demandez vous l'esprit embrumé, je vous réponds :  "Il a fait Be Bad, le bien nommé", vous : "Ah ouais").

 

Les acteurs me sont inconnus, ou presque. Ed Helms joue exactement dans le même ton que Steve Carell dans 40 ans, toujours puceau, en beaucoup moins convaincant. Comme je le disais dans ma critique récente de Mes meilleures amies, toute comédie américaine doit être grossière, le film possède donc son gros cradingue qui va débiter (si je puis dire) son lot de grossièretés machistes et pipi-caca. Il s'agit de JC Reilly, qui d'après mes sources jouerait dans We need to talk about Kevin, on verra ça. Anne Heche joue le rôle féminin, et franchement, cela n'a aucune importance, vous ne la connaissez pas, moi non plus, et vous avez autre chose à faire qu'à lire cet article, par exemple vous pourriez aller vous faire un thé ou prendre une glace au caramel au beurre salé.

 

Tout ce beau monde vit des péripéties affligeantes lors d'une réunion de représentants de commerce dans un motel minable. C'est glauque en essayant de faire glauque, mais au final ça l'est plus que nécessaire. Les enjeux sont d'une bêtise à pleurer et les rebondissements vous donnent envie de sauter par la fenêtre en criant : stop, ce que vous hésitez à faire, à 9000 mètres.

 

Il vaut mieux que j'arrête, je vais devenir méchant, je le sens.

 

1e

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Tous les soleils

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/78/87/19693977.jpgOn dirait que Tous les soleils s'est donné pour objectif d'accumuler le maximum de poncifs éculés.

 

Aussi a-t-on droit au solex façon Nanni Moretti dans Journal intime, au papa confronté au fait que sa petite fille devient une femme (oh, quelle horreur, un garçon l'embrasse), à l'inévitable bande de potes qui achète une maison de campagne, au quiproquo (ridicule) résultant d'une usurpation d'identité sur Facebook, etc.

 

L'ensemble est mis en scène avec la dernière médiocrité par un écrivain qui se prend pour un réalisateur, cruelle méprise.

 

Le personnage qui donne un peu de saveur au film est celui du frère (il attend la chute de Berlusconi pour sortir de l'appartement), mais il ressemble plus à un gimmick qu'à une personne.

 

Du jus de chaussette insipide un peu bobo.

 

1e

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Melancholia

Kirsten Dunst & Charlotte Gainsbourg. Les Films du LosangeMelancholia s'ouvre par une série de plans fixes à la beauté glaçante et aux lumières irréelles.

Par son aspect poseur, voire pédant, cette ouverture rappelle celle (complètement ratée) de Minuit à Paris. Elle fait également penser au long insert cosmo-panthéiste de Malick dans The tree of life. D'une certaine façon, les spectateurs pressés pourront se contenter de ces quelques plans : ils contiennent les plus belles trouvailles du film, le résume parfaitement (en en dévoilant d'ailleurs la fin) et illustre une de ses caractéristiques principales, la lenteur.

Deux soeurs : Justine (sublime Kirsten Dunst) et Claire (la sombre Charlotte Gainsbourg).

Deux parties. Dans la première, Justine se marie. Le mariage tourne au fiasco au fur et à mesure que Justine perd pied avec la réalité. Le film lorgne incontestablement vers le repas de famille du formidable Festen, le film de Thomas Vitenberg. Il n'en a malheureusement pas la force. Kiefer Sutherland, le héros de 24, semble importer ses tics de justicier, il regarde par dessus ses épaules avant de frapper à une porte comme si une armée de terroristes allait débarquer. Bref, sans être complètement nulle, cette partie dogme semble avoir été vue mille fois, et on s'ennuie ferme. Peut-être faut il être (ou avoir été) dépressif, comme Lars von Trier lui-même pour saisir toutes les nuances de la chute de Justine. Pour ma part, j'ai souffert et ne me suis pas passionné pour ces petits psychodrames mesquins et sans intérêt.

Dans sa deuxième partie, le film décrit les jours qui précèdent la collision de la planète Melancholia avec la Terre. Même décors (un hôtel de luxe et un golf), mêmes personnages (hors le mari éconduit, bien sûr). Au fur et à mesure que l'échéance approche, les personnages semblent inverser leur polarité : Justine devient sereine (elle préfère une grandiose catastrophe à de menues satisfactions) et Claire panique. Cette partie est plus réussie que la première, elle souffre cependant d'un goût curieux pour certains effets kitchissimes (le dernier plan !) et pour certains messages douteux (la Terre est mauvaise). Le scénario étire jusqu'à la rupture une intrigue minimale.

Melancholia laisse au final un sentiment d'oeuvre malade, riche de potentialités, mais n'étant parvenue à les concrétiser complètement.

 

2e

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Chico & Rita

Difficile de dire du mal d'un film d'animation aussi gentil que celui-ci.

Disons pour être bref qu'on peut le voir comme on feuillette un très beau livre d'images, qui nous montrerait La Havane des années 50, puis le New York des années 60, à travers le prisme du jazz.

Les décors sont très réussis, notamment les enseignes lumineuses et autres publicités. On croise Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Tito Puente. On fréquente le Radio City Hall, la salle Pleyel, le Village Vanguard. C'est plaisant de ce point de vue.

Attention, ce n'est pas un film pour enfant, même si le scénario semble être écrit par un gamin de 16 ans. Et c'est là que les choses se gâtent. On a vaguement l'impression que l'histoire (tirée d'une BD de Javier Mariscal) n'intéresse que très peu Fernando Trueba, qui s'attache plutôt à restituer, avec un certain talent, les différentes ambiances liées aux lieux visités.

Dispensable, mais pas honteux.

2e

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J'ai rencontré le diable

J'ai rarement vu un film qui m'a autant énervé que J'ai rencontré le diable, et pour la première fois de ma vie, j'ai failli quitter la salle avant la fin.

Le film de serial killer est un genre à part qui réserve sa part de très bons films (Seven, Zodiac, ou chez les coréens, The chaser, Memories of murder) et sa part de nanars. Le dernier film de Kim Jee-Woon appartient malheureusement à cette dernière catégorie.

Je vous résume le scénario, complètement barré : un agent secret dont la petite amie est découpée par un serial killer retrouve ce dernier, et décide de le faire souffrir. Pour cela il le laisse en liberté (?), lui fait bouffer une petite capsule qui permet de le suivre par GPS (et d'entendre ce qu'il dit de l'intérieur !?!), et le torture à chaque fois qu'il s'apprête à commettre un nouveau crime, tout en n'évitant pas que ce dernier fasse quelques autres victimes au passage, dont la soeur de sa petite amie (!?!). Bien fait pour ta gueule, pauvre looser, a-t-on envie de lui dire.

Tout cela fonctionne très bien jusqu'à ce que le serial killer découvre l'astuce et provoque (instantanément, en avalant quelques médocs ?!) ... une diarrhée, pour récupérer la capsule. Vous voyez le niveau ! Et dire qu'il aurait pu simplement vomir au bout de 5 minutes, ce qui aurait éviter notre long calvaire grotesque.

Tout est invraisemblable dans ce pitch idiot. Les personnages sont sans aucune consistance, les scènes de torture sont montrées avec une complaisance malsaine et les femmes sont menées à l'abattoir comme des brebis idiotes. Le tout est arrosé d'une morale à deux balles du genre "Il ne faut pas se comporter en monstre vis à vis d'un monstre".

Bref, 2h20 de sectionnage de talon d'Achille en gros plan, de membres humains rangés dans une chambre froide, de scène de cannibalisme et de têtes coupées qui roulent jusqu'aux parents de la victime : c'est trop pour moi. Ce n'est pas que le film me fait trop peur, c'est qu'il ne me le fait pas assez. Le degré d'empathie avec les personnages approche du 0 absolu, on a presque envie que les victimes se fassent zigouiller.

Les premiers films de Kim Jee-Woon (2 soeursA bittersweet life, Le bon, la brute et le cinglé) m'avaient laissés en grande partie perplexe, celui-ci me convainc que de tous les réalisateurs coréens dont les oeuvres sont visibles en occident, il est le moins intéressant.

 

1e

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Un amour de jeunesse

Les Films du LosangeLa première chose qui cloche dans Un amour de jeunesse, c'est l'acteur qui joue le jeune garçon, et que nous appellerons Bouclettes pour plus de commodités dans la suite de cet article.

Que la jeune héroïne voue un amour fou à cet éphèbe décérébré, qui annone un texte idiot avec une diction pitoyable, et qui ne semble pas réfléchir plus loin que le bout de son nez, n'est tout simplement pas crédible.

Je sais que l'amour ne s'explique pas et que le cinéma nous a montré qu'on pouvait éprouver de la passion pour un garde chasse inculte, une poupée gonflable, un gorille ou un porte-clef, mais là je ne marche pas. Personne ne peut aimer Bouclettes à ce point, ce n'est tout simplement pas possible. Et en plus il s'appelle Sullivan ! A propos d'amour, on pense évidemment au cinéma de Christophe Honoré, et il vous suffit de comparer Bouclettes à Louis Garrel (pourtant frisé lui aussi, mais avec quelle classe !) pour comprendre mon point de vue...

Cet aspect n'est pas le seul problème lié au réalisme dans le film. Un autre est l'écoulement du temps. 8 longues années s'égrènent sans que l'héroïne n'évolue vraiment physiquement, et Bouclettes encore moins (d'ailleurs, on dirait aussi qu'il garde le même vélo tout au long de ces années). Dans Blue Valentine, pour une durée de 6 ans, le changement des deux personnages est autrement réaliste.

Toujours dans la même veine, Lola Creton en chef de chantier, c'est ridicule, on n'y croit pas une demi-seconde. Le caractère très littéraire des dialogues renforce tout au long du film le sentiment de non-réalité. Le film semble être le squelette d'une histoire d'amour, la vision idéalisée, épurée d'une sorte archétype idéal. Rien n'accroche, rien ne dépasse, mais tout semble creux et lisse.

La mise en scène, rigoureuse, n'échappe pas parfois à la tentation maladroite du surlignage (le chapeau de paille qui s'envole au ralenti dans un des derniers plans, les 70 plans de boites aux lettre, etc). Dans la partie ardéchoise, on sent bien que Mia Hansen-Love aimerait filmer la nature de façon panthéiste, comme le font Mallick ou Pascale Ferran dans Lady Chatterley, mais elle n'y parvient pas.

Pour finir, j'aimerais signaler que le corps nu de Lola Créton me semble exposé un peu trop souvent, alors que celui de Bouclettes reste sagement en dehors du champ, pour une raison que je ne m'explique pas, mais qui nous empêche de vérifier que son surnom vaut pour autre chose que pour ses cheveux.

Le film me laisse au final une profonde impression de frustration et d'incompréhension.

 

1e

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Shutter

Trouvant toujours rigolo de parler d'un film d'horreur thaïlandais que personne n'a vu, je me lance dans une courte recension de Shutter (sans Island), visionné ce soir en DVD.

Alors voilà : le cinéma thaïlandais peut aussi produire son film de fantôme avec une fille aux cheveux mouillés et aux yeux ensanglantés, dans le genre Ring. Cela se regarde d'un oeil distrait, en mangeant une île flottante et en comptant le nombre de poncifs accumulés : 267. Dont : les rideaux qui volent, les bocaux de formol contenant des organes d'origine louche, les apparitions uniquement visibles sur les photos, les animaux empaillés, la caméra subjective, les tableaux qui tombent, les faux rêves, etc.

La mise en scène n'a aucun intérêt et on est très loin de l'exubérance narrative et formelle du redoutable Slice. En fait, je réalise que je dois être très peu réceptif aux films de fantômes car je n'en ai jamais vu un qui me fasse vraiment peur.

Tout l'intérêt du film réside dans les 2 dernières minutes qui contiennent un twist que je devinais un peu, mais pas exactement. Sinon, une confirmation : les réalisateurs thaïlandais ont vraiment des noms à coucher dehors, après Weerasethakul, Palme d'or, voici messieurs Wongpoom et Pisanthanakun. On se dit qu'il doit il y avoir une contrepèterie dans le nom de ce dernier, mais laquelle ?

 

1e

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La dernière piste

Des femmes traversent une rivière avec des paniers sur la tête. Une autre lit la Bible. Un essieu casse, il faut le réparer. Un oiseau passe dans le ciel. Un chapeau s'envole, il faut courir pour le ramasser. Des nuages passent devant la lune. Dans le ciel il y a aussi le soleil.

Un homme grave "LOST" sur un bois mort. Un indien apparaît, qui va tomber amoureux d'une boîte à couture. La nuit il fait noir. Le jour il fait jour. Les femmes ont des jolis bonnets et des robes aux couleurs différentes. Leurs manches sont sales. Une femme est gentille. Un homme est méchant. Il y a aussi un oiseau dans une cage et une horloge qu'il faut jeter. A la fin, il y a un arbre, mais pas de fin.

La critique s'extasie sur ce petit bout de film au format carré, sans que je m'en explique la raison. Si Le désert des Tartares au far west revu par Antonioni et filmé au ralenti vous dit, le film est pour vous.

 

2e

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Pater

Pater est vendu pour ce qu'il n'est pas.

A lire la presse, il serait un OVNI cinématographique. Comparable à Mulholand drive, d'après Lindon lui-même - excusez du peu. Or, le film est d'une simplicité biblique : au départ Cavalier (le metteur en scène) fait la connaissance de Lindon (l'acteur), puis petit à petit se met en place une fiction dans laquelle Cavalier (président de la république) se heurte à Lindon (premier ministre). Le glissement se fait de façon assez nette et peu ambigüe : c'est une des grosses déceptions du film. Un seul moment est vraiment jouissif dans le domaine de la confusion des genres, c'est la crise de jalousie de Lindon envers son successeur au poste de premier ministre, dans laquelle il attaque l'acteur autant que le personnage.

Les deux acolytes manient le niveau zéro du discours politique, accumulant (à dessein ?) grosses erreurs (les ministres ne sont pas élus) et simplification outrancière (les jeunes veulent du fric). De programme il n'est pas question, la dimension politique du film se résume à une question anecdotique sur le montant du salaire maximum, par rapport au salaire minimum. 

Le bac à sable est équipé fort simplement, il s'agit de ne pas faire riche. Tout est donc pauvre : l'éclairage, les débats, les cravates en laine, le jeu des acteurs. D'ailleurs, Lindon ne réussit jamais à entrer complètement dans son rôle. En de nombreuses occasions, il reste coi, fixement d'un oeil bonasse Cavalier faire son show, ne sachant visiblement pas quelle attitude adopterait un premier ministre en de telles circonstances (le bar, la visite chez le boulanger, la conversation à trois entre les portes).

C'est donc finalement à un caprice d'enfant qu'on assiste, Alain Cavalier cabotinant devant sa propre caméra, mêlant la psychanalyse de comptoir au bricolage d'atelier cinéma, niveau CM2.

Je ne comprend vraiment pas ce qu'une partie de la critique trouve au film, si ce n'est de considérer que la mise en abyme cheap devient trendy pourvu qu'elle soit arrosée de grands crus, indépendamment de l'angélisme de son propos et de l'approximation de sa confection.

1e

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Pourquoi tu pleures ?

Parce que je t'ai vu !

Voilà la réponse que j'ai envie de faire au titre du film, qui l'a bien cherché.

Biolay n'est pas un chanteur qui m'intéresse beaucoup et je le trouvais légèrement antipathique avec ses "la chanson française me débecte". J'étais presque content quand Benabar lui a foutu une rouste.

Et ben, là : pareil. J'avais tout le temps envie de lui botter les fesses, de lui tirer les oreilles, de le pousser du haut des escaliers en lui disant, mais fais quelque chose, nom de dieu. Ces airs de marshmallow boboïsant et sa mèche derrière l'oreille m'ont profondément indisposé.

J'ai vu le film il y a plusieurs jours et en gros j'ai déjà tout oublié : rentré par un oeil, sorti par l'oreille. Aucun intérêt. On passe d'un appart rempli d'ouvriers à un autre rempli d'une gonzesse, en passant par celui de la future mariée rempli de juifs d'Israel. Les copains sont des parodies de Parisiens. Hé, vous êtes pas tous comme ça à Paris, rassurez moi ! Si ? Pardon alors.

Je sauve de ce naufrage mou-du-genou la pétulante Valérie Donzelli, dont nous avons tous hâte de voir La guerre est déclarée.

 

1e

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London boulevard

London Boulevard est ridicule à tout point de vue et écrire un trop long article à son propos serait lui faire trop d'honneur. Scénario vu, revu et re-revu, bleuette à l'eau rose, personnages hyper caricaturaux, montage elliptique pour cacher les carences du film, incongruités scénaristiques, acteurs à côté de leurs pompes.

Il n'y a guère que deux choses à sauver dans le film : la bande-son et les sourcils de Colin Farrell. Ce dernier possède en effet des sourcils absolument extraordinaires, fournis, épais, long, d'un noir de jais alors que ses tempes grisonnent. Fascinant. Comme DSK.

 

1e

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Gianni et les femmes

Pyramide DistributionGianni a la soixantaine bien tassée. Il est à la retraite, n'a jamais vraiment réussi dans la vie et ne remplit pas les canons du mâle séducteur italien. Il se laisse même bouffer par les femmes de sa vie : sa mère tyrannique, son épouse active et absente, sa fille au fort caractère. En ressent-il de la tristesse ou de l'amertume ? Peut-être un peu.

Quand son ami avocat lui explique qu'à son âge tout le monde a une maîtresse, et qu'il se met en tête de rompre son train-train quotidien pour en trouver une ... les ennuis commencent.

Gianni di Grogorio se met en scène dans la suite de son film précédent, Le déjeuner du 15 août, qui avait marqué ses débuts de réalisateur à 59 ans !  Il campe son personnage d'homme en prise au temps qui passe et à la dégradation de sa propre image avec une décontraction distante et un peu anxieuse, qui en fait une sorte de Woody Allen italien.

Mais si l'américain est obsédé par le sexe, Gianni semble mener sa recherche un peu à contre-coeur, et s'il est attiré par quelque chose, c'est probablement plus par l'amour, ou tout au moins par le fait de "ne plus être transparent", comme il le dit dans la belle scène du bar.

Le film, malgré son ton touchant et ses anecdotes assez bien amenées, ne parvient pourtant pas à nous entraîner totalement, semblant suspendu au bord de la réussite, contemplant ce qu'il aurait pu être si les gags éclataient vraiment, si le rythme était un poil plus assuré, les clichés un peu moins convenus. Il fait partie de ces films qu'on aurait aimé aimer, et dont on a du mal à dire du mal.

 

2e

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La défense Lincoln

Matthew McConaughey. Metropolitan FilmExportAyant attendu quelques jours pour écrire cette critique, me voici dans la désagréable situation de celui qui a oublié une grande partie du film, ce qui n'est pas très bon signe en ce qui concerne sa qualité, vous en conviendrez.

De quoi s'agit-il ? Un avocat sans scrupule (pas mal ce Matthew McConaughey que je ne connaissais pas bien) doit défendre un jeune homme friqué, suspecté d'avoir tenté de violer et tuer une jeune prostituée. Rapidement il apparaît que le suspect est bien le coupable, et que ce bastard a déjà zigouillé une autre fille dans les mêmes circonstances.

 

L'avocat est donc le cul entre deux chaises, et doit monter une machination assez maline (mais qu'on voit arriver à 40 kilomètres) pour piéger son client sans se mettre en danger lui-même, et sans enfreindre les codes de son métier.

Le film est mis en scène à la va comme j'te pousse, le scénario se déroule sans surprise, reflétant avec justesse l'art de Michael Connelly, et Los Angeles est toujours photogénique. Ce n'est pas désagréable à regarder et cela contentera les spectateurs de TF1 du dimanche soir.

Mais le film est surtout intéressant quand il montre le fonctionnement de la justice américaine. On y est forcément plus attentif, affaire DSK oblige, et tous les traits typiquement américains sont très bien montrés : détruire la crédibilité d'un témoin, sortir une carte de sa manche lors du procès, etc... L'affaire DSK s'invitait aussi dans La conquête quand le candidat Sarkozy drague une journaliste en lui disant "Savez-vous que tous les hommes politiques sont des bêtes sexuelles ?".

On voit par là que tout est dans le cinéma et que le cinéma est dans tout.

 

2e

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Le chat du rabbin

Autochenille Production - TF1 Droits Audiovisuels - France 3 Cinéma Le chat du rabbin est raté dans les grandes largeurs.

La 3D est pitoyable, images plates simplement superposées à des plans différents. L'animation est d'une pauvreté que je ne croyais plus voir sur un écran français, on se croirait projeté au début des années 80.

Le rythme est mollasson. Les scénettes se succèdent sans continuité et sans relief (un comble pour un film en 3D), alors que la BD réussissait à donner un certain charme au discours sur les religions. En matière d'adaptation le film prouve donc qu'on est toujours très mal servi par soi-même.

J'ose à peine évoquer la scène ridicule où on croise un Tintin raciste, idiot, maniaque, à l'accent belge. La fin part complètement en quenouille avec des scènes de rêve dans la nouvelle Jérusalem où les personnages ressemblent aux Simpson. La fin de la fin est insoutenable, et quand la voix sirupeuse d'Enrico Macias retentit, on n'a qu'une envie : s'enfuir en courant.

C'est donc une catastrophe, le pire film de l'année, qui confirme que Sfar devrait se contenter de faire ce qu'il sait faire, comme je le disais déjà au temps de Gainsbourg. Circulez.

PS du 01/06/11.
Hier soir, j'ai relu le tome 1 de la BD pour comprendre pourquoi cette dernière m'avait plu. Le problème, c'est que les plus intéressantes digressions philosophiques (planches 25 à 27 sur le logos, et 39 à 48 sur le sexe et la religion) ne sont pas du tout reprises dans le film, qui se contente finalement du squelette anecdotique de la BD, vidant le propos de sa substance. De plus il est étonnant de constater à quel point le film décalque la BD (cf les scènes de rêves) sans rien y apporter de proprement cinématographique.

 

1e

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La conquête

Saïda Jawad & Florence Pernel. Emilie de la Hosseraye / Mandarin Cinema - Gaumont 2011Dès le pré-générique, le film annonce son échec : "Bien qu'inspiré par des faits réels.... le film est ... une fiction".


Par cette formulation négative on comprend tout de suite ce que le film ne va pas être. Il ne va pas être un documentaire où on apprend beaucoup de choses (en ce qui me concerne, l'élément le plus saillant est le goût de Sarko pour le chocolat). Il ne va pas avoir la rigueur sèche et éprouvante des grands docus à la Depardon, mais plutôt la mollesse sage et paresseuse d'un téléfilm.

Par la faute d'un respect pour la vérité qu'on peine à comprendre le film ne sera pas non plus un portrait à charge, ni une ode sanguinaire consacrée à l'obsession du pouvoir, ni un film décrivant les sombres rouages politiques comme le cinéma italien des années 70 savait si bien le faire. Il ne sera pas non plus une comédie (il y aurait pourtant de quoi), ni un mélo romantique (pareil !).

La conquête est donc un non-film.

Les comédiens auraient pu le sauver, mais ils imitent leur personnage de façon outrancière (Podalydès, Le Coq en Chirac) et la copie est toujours moins savoureuse que l'original quand elle est trop sage. Seule Florence Pernel en Cécilia parvient à mettre une once de crédibilité dans son rôle.

Au final le film rend presque sympathique son personnage principal (enfant hyperactif trop gâté mais avec un bon fond), faisant apparaître Chirac comme un gros nul. Et c'est finalement de Villepin qui en prend pour son grade.

Inutile, potentiellement dangereux, La conquête peut être évité avec profit.

 

1e

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Bon à tirer (B.A.T.)

Owen Wilson. Warner Bros. FranceBon à tirer est vulgaire, sans imagination, et conformiste.

Vulgaire : vous connaissez la blague de la fille que vous ramenez de boite, qui a la diarrhée et un string, et qui éternue au-dessus de votre baignoire ? Les Farrelly redécore votre salle de bain avec goût.

Sans imagination : ceux qui suivent et ont leur culture auront reconnu le prétexte d'un sketch de Coluche dans mon entame (les dragées Fuca). Dans le film, tous les gags semblent recyclés et vus 1000 fois : les deux zozos disent des horreurs alors qu'ils sont écoutés à leur insu (et ce, plusieurs fois dans le film, on va pas s'embêter à trouver de nouveaux trucs), ils s'empiffrent de brownies au haschich alors qu'il ne fallait en manger qu'un quart chacun, etc.

Conformiste : le plus dingue, c'est que dans cette affaire de maris obsédés par le sexe à qui leurs gentilles femmes donnent quartier libre pour une semaine, le plus probable arrive à coup sûr. Bien sûr les maris n'avaient "que la gueule", les femmes quant à elles vont peut-être bien profiter de la situation, alors qu'au final, attention, suspense, au final ... la fidélité, c'est quand même cool !

Le plus instructif dans le film c'est de constater qu'Owen Wilson ressemble autant à Woody Allen que dans Minuit à Paris ! Incroyable ! Il faut le voir piquer sa petite crise d'hypocondriaque : "j'ai des moisissures dans l'oreille, qui peuvent me redescendre dans la gorge".

Le titre original, Hall pass, se traduit par Passe-droit, alors qu'est ce que c'est que ce titre idiot et graveleux qui renvoie plus à l'imprimerie qu'à autre chose ? Et pourquoi mettre des majuscules et des points entre parenthèses ? Mieux aurait valu : le zizi sexuel US, ou american slip 1.

Dans ce film les Farrelly se révèlent bons à rien, plutôt que bons à tirer.

 

1e

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Source code

Jake Gyllenhaal. SNDDuncan Jones s'est fait remarquer par son remarquable premier film Moon, qui, bien qu'imparfait,et non distribué en salle, possédait une charge poétique non négligeable et un scénario remarquable.

Intégrant brutalement le champ hollywoodien avec Source code, il perd en route ce qui faisait la spécificité de Moon : cette sorte de distance élégante et mystérieuse.

Pourtant le film commence bien. D'abord de très belles vues aérienne de Chicago et d'un train qui fonce à toute allure, puis une scène dans laquelle un homme se réveille dans la peau d'un autre jusqu'au moment où une bombe explose, 8 minutes après. En réalité, l'homme est quasi-mort et l'armée lui fait vivre tout cela via quelques électrodes judicieusement implantées dans son cerveau, pour retrouver le terroriste.

Il y a du Matrix là-dedans et un peu d'Inception aussi, le verbiage poseur de Nolan en moins.

Malheureusement le film se dérègle progressivement. L'intérêt de revivre x fois la même séquence pour essayer de trouver le coupable se délite rapidement alors que ce principe (condamné à errer l'éternité dans les mêmes 8 minutes si on ne parvient pas résoudre le problème !) aurait pu ouvrir sur des vertiges métaphysiques sans fond.

Quant à la fin, elle vire au happy end ridicule et laisse un arrière-goût d'inachevé dans la bouche, même si elle permet d'admirer le magnifique cloud gate d'Anish Kapoor.

Elève Duncan Jones : recalé. Devra se représenter pour un nouvel examen.

 

2e

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Minuit à Paris

Owen Wilson & Rachel McAdams. Mars DistributionOuverture de Cannes 2011. J'étais à Paris et quand je suis sorti de la projection du dernier Woody Allen, il était minuit .... à Paris.

Le lendemain, alors que mon article prenait forme dans mon petit cerveau, me voilà dans les jardins du Palais Royal vers 11h45, sous un soleil printanier, et je vois une boutique de boîtes à musique (oui, je confirme, un magasin qui ne vend que des boîtes à musique) qui ressemble à une carte postale. Plus loin, dans la galerie latérale,  des boutiques de créateurs de mode (la petite robe JP Gaultier 1300 € et son bondage 300 €) dans lesquelles de jeunes femmes qui pourraient être dans le film d'Allen essayent des impers vert pomme et des chaussures avec des talons qui font 17 centimètres. Bref, la vision de Paris qu'Allen propose dans son film se matérialisait sous mes yeux.

Du film je préfère ne pas dire grand-chose. Sous l'angle d'une analyse basique, ça ne vaut pas grand-chose. Le début est inquiétant, voir catastrophique (une succession de clichés insupportables, sur Paris d'abord, puis sur le style de Woody, à travers des scènes qu'on a l'impression d'avoir vu 1000 fois chez lui). Au deuxième degré, et en considérant que Woody se met en roue libre, le film dégage un certain charme, mais je le dis un peu à contre-coeur, tellement il regorge a priori de facilités et de nonchalance.

J'ai eu cette impression bizarre : que Woody nous parle déjà d'outre-tombe et que ces failles temporelles valaient pour lui-même. N'a t'il pas déclaré au Monde qu'il regrettait de ne pas être resté à Paris quand il y était ?

Petit complément sur les acteurs :

- Carla Bruni est affligeante : elle annone son texte en regardant le bout de ses pieds.
- Adrien Brody est excellentissime en Dali
- les autres personnages "historiques" sont très inégaux (Hemingway pas mal, Picasso raté)
- Owen Wilson prend tous les tics du réalisateur avec un degré de mimétisme étonnant
- Léa Seydoux n'est absolument pas dirigée, ses répliques télescopent celles de son partenaire, c'est très curieux et un peu désagréable
- Marion Cotillard minaude dans le style qui lui est propre
- Gad Elmaleh a 3 plans dans le film, c'en est presque insultant
- Rachel McAdams confirme son statut de gourde transparente
- Michael Sheen fait un pédant potable


2e

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