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Christoblog

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Syngué sabour - pierre de patience

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/80/62/20302906.JPGSyngué sabour est un bon film, le tout est de savoir à quel point.

D'abord, je craignais qu'Atiq Rahimi, écrivain adaptant son propre roman Prix Goncourt 2008, soit réalisateur comme moi je suis blogueur. Mais non, il est vraiment doué, et le film propose une mise en scène soignée, bien qu'un peu trop sage.

Ensuite j'attendais beaucoup de l'actrice Golshifteh Farahani, qui crevait l'écran dans le très bon film de Farhadi, A propos d'Elly, et là, je dois le dire, le film est un enchantement. Il repose entièrement sur elle, et elle arrive à être sublime tout du long, en tant qu'actrice bien sûr, mais aussi en tant que tableau vivant. Belle comme une Madonne.

Rappelons brièvement le propos : une femme parle à son mari qui est totalement paralysé avec une balle dans la nuque, sur fond de guerre, en Afghanistan. Progressivement elle arrive à lui dire de bien lourds secrets, notamment d'ordre sexuel. Quelques micros évènements viennent interrompre le monologue (ou plutôt le dialogue avec le silence comme aime à le dire Rahimi). Des allers-retours entre le domicile de l'héroïne, austère et dévasté, et celui de sa tante, chaleureux et sensuel, rythment le récit.

C'est superbement photographié, relativement bien monté, franchement prenant à certains moments, notamment dans quelques flash-backs bien amenés. Mais c'est aussi un peu (beaucoup) prévisible et parfois maladroit, surtout vers la fin. A certains moments le film présente des longueurs.

Syngué sabour amène à considérer la place de la femme dans l'islam sous un angle une fois de plus extrêmement préoccupant, quelques jours après Wadjda.

Bon, comme j'ai décidé d'être gentil en 2013, je pousse la troisième étoile au forceps, pour les beaux yeux de Golshifteh, et donc en totale contradiction avec l'exigence cinéphilique qui me caractérise habituellement.

 

3e

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Damsels in distress

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/08/77/20255904.jpgIl est très difficile de décrire l'expérience que représente la vision du dernier opus du trop rare Whit Stillman.

Voici plusieurs versions possibles.

Trois copines de fac emmenée par Violet (la formidable Greta Gerwig) accueillent les désespérés dans leur Centre de Prévention du Suicide, qui souvent se transforme en Suicide Center, car le panneau Prevention se casse la figure. Violet a des idées très originales : elle pense qu'il vaut mieux sortir avec des mecs moches et cons (car alors elle peut leur apporter quelque chose), elle adore être critiquée, elle ne semble jamais triste ni en colère.

Le film suit les amours de ce groupe qui accueille une petite nouvelle, Lily (jouée au naturel par Analeigh Tipton).

Deuxième version : Damsels in distress est un film dans lequel les odeurs corporelles des garçons jouent un rôle primordial. On y croise aussi un jeune homme très niais (Thor) qui apprend à nommer les couleurs (à la fin du film il exulte devant un arc-en-ciel), des étudiants en pédagogie qui se suicident en masse en sautant du deuxième étage d'un immeuble, un savon dont l'odeur suffit à changer l'humeur, une fête romaine, l'invention d'un nouveau style de danse, et bien d'autres choses bizarres. Le monde de Stillman est une féerie, il diffuse un sentiment de merveilleux et d'irréalité qui fait sonner le film comme une bulle de champagne. Mais attention, nous ne sommes pas non plus chez les Bisounours, le beau gosse Fred évoque à la fois Truffaut et les Cathares pour arriver à ses fins : sodomiser la jolie Lily.

Dernier point de vue possible : Damsels in distress est du Woddy Allen en mieux.  Les dialogues y sont ciselés et profond comme chez le Woody de la période Annie Hall. On finit par une scène de comédie musicale comme dans Tout le monde dit I love you, sur l'air de de Things are looking up, tiré de A damsel in distress de Fred Astaire. Greta Gerwig a joué dans To Rome with love, exactement comme d'autres actrices ont été débauchées par Allen après avoir joué chez Stillman (Chloë Sevigny dans Melinda et Melinda, Mira Sorvino dans Maudite Aphrodite). Jusqu'au lettrage du générique qui rappelle furieusement l'univers allenien.

Je conseille donc chaudement cet OVNI précieux et délicat, et pour soigner votre dépression je vous conseille de faire des claquettes ou de danser la Sambola. Si Thor le peut, alors vous le pouvez aussi.

 

3e

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50/50

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/69/18/19753639.jpgLe film de Jonathan Levine est un miracle d'understatement (Understatement is a form of speech which contains an expression of less strength than what would be expected).

En effet, tout dans le sujet (un jeune apprend qu'il est atteint d'un cancer et entame une lourde chimio) est potentiellement tire-larme, et au final, rien ne l'est.

C'est bien le tour de force que réussit ce film. Notre cancéreux se fait larguer par sa copine infâme (mais ne va pas jusqu'à consommer avec sa thérapeute, bien qu'à l'évidence l'envie soit réciproque), sa mère est envahissante (mais pas tant que ça, et malgré un père en plein Alzheimer), et son pote et un gros lourdaud (Seth Rogen, étonamment modéré). Bref, c'est l'horreur, et pourtant non.

Tout sonne justement juste, si je puis me permettre l'allitération, dans ce film : c'est ce qui fait son charme. Joseph Gordon-Levitt ne surjoue à aucun moment, et tous les acteurs sont parfaits.

Le propos du film est finalement assez original (j'ai quelque difficulté à me remérorer une entreprise comparable), et si la musique est franchement un peu TROP envahissante, l'impression finale est nettement positive.

 

3e

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No

No est un film à l'esthétique très surprenante (format carré, image un peu sale façon Super 8). Une fois passé le moment de surprise que cause ce parti-pris osé, on entre pleinement dans le film, et au fil de son déroulement il faut reconnaître que l'aspect particulier de No contribue en partie à son charme.

Ceci étant dit, un aspect visuel "normal" assurerait sans nul doute une bien plus grande diffusion au film.

Le sujet de No est à la fois original et captivant : comment un jeune publicitaire innovant arrive à faire gagner le Non lors du référendum organisé par Pinochet sous la pression internationale, en 1988.

C'est vif, alerte, et, en matière de pub, passionant comme les meilleurs cas exposés dans Mad Men. Le film est littéralement porté par un Gael Garcia Bernal magnétique, par ailleurs coproducteur du film. On est tout du long pris par le suspense de la campagne (encore plus quand, comme moi, on ignore les circonstances de cet épisode historique). L'affrontement des deux camps par spots télévisés interposés est palpitant.

Le film suprend aussi agréablement par l'aspect réaliste de ces reconstitutions, en particulier de manifestation, et par la qualité d'interprétation de tous les seconds rôles.

Un beau moment de cinéma, un cinéaste (Pablo Larrain) à découvrir.

 

3e

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Tu honoreras ta mère et ta mère

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/44/85/20430806.jpgObjectivement, le dernier film de Brigitte Roüan n'est pas très bon. Foutraque, bancal, inégal, boboïsant sont autant d'adjectifs qui lui conviennent parfaitement.

 

Et pourtant, une fois n'est pas coutume, il me faut avouer que j'ai pris du plaisir à suivre les mésaventures gentillettes et estivales de cette tribu réunie autour d'une super-mama incarnée à la perfection par une Nicole Garcia survitaminée.

 

La matriarche aime certains de ces quatre fils plus que d'autres, mais elle est tout de même contente de les voir tous ensemble une fois par an. Chacun des quatre rejetons trimballe sa smala (femme, ex-femmes, et enfants de tous âges, de l'ado dépuceleur au bébé-objet), alors que la mère de la mère, une Emmanuelle Riva un peu plus en forme que dans Amour, joue les Cassandre d'opérette.

 

Chaque idée un peu loufoque de la réalisatrice (des visions kitsch de la mère dans l'esprit de ses fils, des pensées exprimées en voix off, des running gags un peu lourds, des rêves loufoques, la rencontre improbable du phallus et du pope incarné par Demis Roussos - ?!, les vocalises de l'irlandaise), chaque idée est donc potentiellement à la fois un affront au bon goût cinéphilique et parfois une parfaite réussite en terme de mobilisation des zygomatiques du spectateur, comme les réactions de la salle 4 du Katorza l'a prouvé ce dimanche après-midi pluvieux. De plus, la lumière grecque est un personnage à part entière du film, et Brigitte Roüan l'utilise à la perfection.

 

J'ai ri. Et ce n'est pas si mal.

 

2e

 

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Wadjda

Wadjda court le risque d'être réduit à son statut de "premier-film-saoudien-qui-plus-est-réalisé-par-une-femme".

Heureusement pour lui, il vaut plus que ça.

L'argument du film est simple, voire simpliste : une petite fille souhaite battre un copain à la course en vélo, et pour atteindre son but elle lorgne sur une magnifique bicyclette, évidemment inacessible pour de multiples raisons, dont la principale est qu'elle est une fille. On pense instantanément à une foule de référence haut de gamme, comme le néo-réalisme italien ou les premiers Kiarostami qui mettaient génialement en scène les enfants dans la cité. On a raison : Wadjda possède cette force intérieure qui lui confère un statut de conte universel.

Le mérite en revient évidemment à la jeune actrice Waad Mohammed, absolument craquante, bloc résolu de volonté pure au milieu d'un océan de conventions : "Faire du vélo empêche d'avoir des enfants", "Ne touchez pas le Coran si vous avez vos règles", "Ne laissez pas le Coran ouvert, le Diable crache dessus". La friction entre sa fraîcheur déterminée et les pesanteurs de la société traditionnelle saoudienne constitue le véritable carburant du film, qui fonctionne très bien sur cette base.

Le plus fort est que la réalisatrice Haifa El Mansour laisse filtrer sous le poids des conventions quelques sentiments purs (le père envers sa fille, la mère envers son mari) : le carcan craque aux entournures, et c'est dans ses fêlures que le film devient beau.

On est tout simplement conquis par l'efficacité du dispositif, tout en distinguant nettement les grosses ficelles que la réalisatrice manipule : tant pis, ou tant mieux, dans tous les cas le film est un véritable bain de jouvence cinématographique.

Coup de coeur.

 

4e 

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Shadow dancer

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/82/68/20278854.jpgVoilà un film qui m'a à la fois séduit et déplu.

Au rayon des +, une immersion dans le Belfast des années 90 comme on en a rarement vu, bien que le sujet de l'IRA soit courant dans le cinéma britannique. Ici, le confinement des corps et des esprits est très bien montré, avec des nuances qui font vraiment ressentir la tension générale existant alors. Une mise en scène irréprochable, des seconds rôles impeccables, un scénario intéressant (sauf la fin, j'y reviendrai).

Au rayon des -, un début un peu poussif, une interprétation des deux personnages principaux exagérement atone, et surtout une fin dans le style "je vais vous surprendre par un rebondissement de dernière minute qui ne veut rien dire" à montrer dans toutes les écoles de scénaristes, en exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Plus généralement, le film souffre, me semble-t-il, d'un petit problème de montage, qui induit parfois des contre-temps, ou des ruptures de ton involontaires.

Au-delà de ces considérations qui m'ont fait osciller constamment durant la projection entre le j'aime et le je n'aime pas, il faut reconnaître qu'au lendemain de sa vision le film laisse un goût de cendre prononcé dans la bouche, et qu'il constitue un tableau glaçant du terrorisme nord irlandais et de ses adversaires anglais, renvoyant dos à dos les deux parties, qui traîtent l'une et l'autre les êtres humains comme parties négligeables.

Dans le contexte tristounnet des sorties de ce mercredi, on peut donc voir ce film...

 

Dans un débat privé par mail, Tino Tora défend l'opinion que dés le départ l'héroïne est envoyée volontairement chez les anglais pour être recrutée et détecter elle même la taupe. Cette vision du film permet d'expliquer la fin.

Voici ce qu'en dit mon interlocuteur :

"Dès le début du film, elle sait qu'elle est suivi par des agents secrets dans le train et le métro. Pourquoi donc prendre le risque de poser la bombe ? Elle savait pertinement qu'elle se ferait coincer.
De plus, pourquoi les services secrets la recrutent ? Pour sauver leur taupe. La sauver de quoi ? Cela signifie bien que les services secrets craignaient pour la sécurité de leur taupe : les Irlandais étaient surement au courant d'être infiltrés.
Pour son collègue tué, elle n'avait ni prévu de révéler l'opération à l'agent secret, ni que les flics abattent son collègue. D'ailleurs elle ment à l'agent secret en disant que son collègue l'a entendu téléphoner. C'est faux, il n'a rien entendu. Mais elle savait que l'agent secret ferait tout pour le faire taire et donc le tuer. Or c'est véritablement avec cette mort que Kévin décide de se venger et de liquider la taupe. C'est également pour cette raison que les agents secrets ont lancé l'assaut. Ils avaient besoin que Kévin liquide l'héroïne afin de protéger leur taupe.
Pour son frère torturé, elle savait très bien que Kévin ne le tuerait pas sans être sur à 100 % que ce soit lui le traitre. C'est le frère de Gerry et une erreur aurait couté cher à Kévin. Il attendait des aveux de la part de Conrad et il ne les a pas eu.
Pourquoi n'ont-ils rien dit à Kévin ? Car il ne pouvait pas savoir si c'était lui la taupe. D'où le fait que Conrad se méfie de Kévin dès le début. Car ne nous voilons pas la face, Conrad n'est pas un gentil garçon comme le montre leur tentative de meurtre sur le flic, ainsi que la voiture piégée à la fin du film.
Enfin, comment expliquer la fin sinon ? Pourquoi tuer l'agent secret, alors qu'elle n'avait plus rien à craindre ? Pourquoi avouer à son frère qu'elle a coopéré avec les services secrets ? Pourquoi prendre le risque de fuir et de se faire retrouver par les services secrets, alors qu'elle pouvait le faire avec leur bénédiction ?
C'est un bon film. On est à 100% avec l'agent secret, on déteste sa patronne et pourtant, c'est elle qui avait raison. On se pensait être les gentils avec l'agent secret et finalement on s'est fait entuber, en aidant les méchants, en supprimant indirectement notre propre taupe. Mon interprétation est peut être fausse, mais elle a le mérite de rendre la fin cohérente. En tout cas, c'est comme cela que je vois le film."

 

2e

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Dans la brume

Dans la brume, de Serguei Loznitsa, comprend 72 plans pour 2h20. Chaque plan dure donc en moyenne 2 minutes, ce qui est très long.

Autant donc être prévenu, Dans la brume est un film qui prend son temps, un film lent dans lequel il faut se laisser immerger et dont le propos n’est pas d’une folle gaieté.

Nous sommes en 1943, quelque part en Biélorussie. Les nazis font régner une terreur sans nom (1,3 millions de Biélorusses furent tués, soit un quart de population, ce qui en fait la nation proportionnellement la plus meurtrie durant la seconde guerre mondiale).

Un homme arrêté est relâché alors que camarades sont exécutés : les nazis veulent faire croire que c’est lui qui a dénoncé ses camarades, alors que ce n’est pas le cas. L’homme rentre chez lui. Il sait que la Résistance va venir l’exécuter, ce qui ne manque pas d’arriver.

Sur cette trame sombre et pessimiste, Loznitsa dessine un film qui est une œuvre picturale de première qualité. La nature y est magnifiquement filmée, comme les visages. Le travail du directeur de la photo, Oleg Mutu, qui signe aussi celle d'un autre beau film de la compétition cannoise 2012 (Au-delà des collines), est remarquable. Le scénario nous emmène sur des pistes assez inattendues. Loznitsa fait également appel à des flashbacks qui nous en apprennent plus sur les personnages principaux. Il faut être attentif pour bien comprendre quand ces flashbacks surviennent.

S’il possède une force indéniable et une beauté mêlant spiritualité et esthétisme qui rappelle un peu le cinéma de Tarkovski, Dans la brume n’échappe pas à une sorte d’académisme qu’on pourrait qualifier de "cannois" : il semble être conçu pour être projeté en festival, et en particulier sur la Croisette. Majestueux, signifiant, stylé (parfois à trop, à l’image du plan final).

Un film qui me donne pourtant envie de découvrir le film précédent de Loznitsa, déjà sélectionné en compétition officielle en 2011, My joy.

 

3e

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Zero dark thirty

Zero dark thirty se décompose en deux parties très différentes.

La première raconte comment pendant 10 ans une femme va suivre une piste improbable qui finira, par le biais d'une obstination résolue - et d'un peu de chance, par mener à Ben Laden. Cette traque est filmée d'une façon particulière, un peu molle, zébrée d'éclairs de violence et de flambées de suspense.

J'ai songé tout au long à l'ambiance un peu délétère, qui fait si bien sentir le temps qui s'écoule, du film de Fincher, Zodiac. La prestation de Jessica Chastain, bloc de volonté résolue, est hyper-convaincante.

Le film évite de tomber dans des facilités (no sex !), n'esquive pas la question qui fâche (la torture) tout en la traitant parfaitement objectivement, et démystifie le travail d'espion. C'est du bel ouvrage, filmé d'une façon rigoureuse et personnelle.

La dernière partie reconstitue l'attaque nocturne vers le repaire de Ben Laden. Cette partie semble reprendre les canons du film d'action américain, mais au final ressemble plus à une sorte de jeu vidéo d'exploration : il s'agit plus de faire exploser des dizaines de portes plutôt que de shooter à la mode Call of duty. 

Le ballet des soldats dans la nuit en devient d'une certaine façon presque abstrait. La présence des voisins interloqués, les enfants rassemblés dans une salle, le crash un peu stupide de l'hélico, ces "Oussama" chuchotés un peu bêtement, les plans répétés sur le tireur d'élite qui vit toute l'attaque sur un toit à viser des cibles inexistantes : tous ces détails probablement tirés de la réalité contribuent à faire de toute la scène d'attaque une sorte de tunnel irréel.

Zero dark thirty parvient à cumuler un vrai point de vue d'auteur (la mise en scène de Bigelow est facilement reconnaissable), un intérêt documentaire évident et une tension latente d'une nature profondément originale.

A voir.

 

3e

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Blancanieves

Alors qu'il travaillait depuis 8 ans sur son film, on imagine quelle émotion a du ressentir Pablo Berger lorsqu'il apprit la sortie de The artist, film muet en noir et blanc, comme le sien.

En effet, force est de constater qu'il y a bien une similitude profonde entre les deux films, qui sont tous les deux un hommage au cinéma muet, à la fois dans l'esprit et  dans la confection (mimiques exagérées des acteurs, cartons exposant quelques phrases de dialogues, éclairages expressionnistes, format carré).

Les histoires, heureusement, diffèrent notablement. The artist s'inscrit dans une veine holywoodienne, Blancanieves (Blanche-Neige en espagnol) est une relecture du conte des frères Grimm à la sauce andalouse, baignée d'une photographie très inspirée par le cinéma européen du début du XXIème siècle, et aussi par la peinture espagnole des siècles précédents.

Le film de Berger est remarquable dans sa forme. Je l'ai trouvé encore plus séduisant que celui d'Hazanavicius. Montage parfait, cadrages remarquables, acteurs splendides. Blancanieves est très agréable dans sa première partie, un peu moins dans sa partie intermédiaire, et enfin assez captivant lors de son final.

La corrida forme une toile de fond culturelle au film, sans que ce dernier en soit l'apologie, loin de là. Les quelques débats naissants sur ce sujet sont donc hors sujet : la tauromachie est à Blancanieves ce que la géologie est à la Bible.

Hormis la photographie, vraiment formidable, il faut aussi souligner la prestation des acteurs et actrices : les 6 nains sont fabuleux (oui, 6 et pas 7, vous verrez pourquoi en allant voir le film) et le trio féminin Macarena Garcia / Maribel Verdu / Angela Molina est enthousiasmant.

 

3e

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Violeta

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/97/68/20292234.jpgHonte à moi, je ne connaissais pas Violeta Parra, célèbre artiste et chateuse chilienne.

Aussi, ai-je eu probablement encore plus de plaisir à découvrir le biopic que lui a consacré fin 2012 le réalisateur chilien Andrés Wood.

D'abord un peu déstabilisant par sa chronologie éclatée et sa suite d'images sans rapport entre elles, Violeta devient au fil de la projection de plus en plus passionnant. On suit avec délectation et intérêt l'enfance terrible de la passionaria, puis ses premiers succès, la perte d'un de ses enfants (des scènes d'une beauté sidérante), et enfin le film s'attarde avec raison sur son amour avec le musicologue suisse Gilbert Favre. Recentrant de plus en plus son propos, il se conclut dans un presque huis clos, tourné dans le chapiteau que Violetta Parra fit construire à la fin de sa vie au pied de la Cordillère des Andes.

Si le film est brillant, c'est avant tout grâce à la prestation époustouflante de l'actrice Francisca Gavilan, littéralement habitée par son rôle, et qui donne à voir un des plus beaux portraits de femme vus ces dernières années au cinéma. La mise en scène est aussi très solide, bien que parfois un poil démonstrative.

Une réussite à tout point de vue qui cumule intérêt quasi-documentaire et plaisir esthétique.

 

4e

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Django unchained

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/19/54/20376343.jpgIl m'est arrivé d'avoir la dent dure envers Tarantino, dont les premiers films m'avaient enthousiasmé, mais dont les derniers m'avaient plutôt déçu.

C'est donc avec une sorte de placide jubilation, si je peux me permettre cet oxymore, que je conseille Django à tous les amateurs de bon cinéma ET de divertissement haut de gamme.

Il n'y a en effet rien à jeter dans les 2h44 que propose Tarantino. Le scénario (à mon avis un des gros points faibles d'Inglorious Basterds), est ici parfaitement maîtrisé sur la durée : à la fois simple (une histoire de vengeance, comme d'habitude) et en même temps assez subtil, par les différentes pistes ouvertes et par ses ultimes rebondissements. Le film dresse un tableau glaçant et complexe de la condition des Noirs dans le Sud des Etats-Unis, à la veille de la Guerre de Sécession. Tarantino y va tellement fort dans ses scènes d'action et ses caricatures, que certains (Spike Lee par exemple) ont jugé le film raciste. Il me semble pour ma part que ce qui est montré est souvent ambigu (les relations du maître et de son viel esclave par exemple) et jamais complaisant, sauf peut-être dans la scène du combat de mandingues, qui m'a un peu troublé.

Deuxième point d'excellence du film, ses acteurs, tous prodigieux, avec une mention spéciale à Christoph Waltz, dont les phrases à la fois précieuses et précises sont autant de friandises à déguster. DiCaprio s'affirme excellent acteur, Jamie Foxx montre une vraie personnalité et fait évoluer son personnage tout au long du film, Samuel L.Jackson est époustouflant. Seul bémol : j'ai trouvé Tarantino acteur un ton en-dessous de ses collègues.

La bande-son est parfaite (comme toujours chez Tarantino), les décors à la fois somptueux et réalistes, et le film dispense quelques scènes qui deviennent instantatément cultes, comme l'attaque façon Ku Klux Klan, hilarante, et qui retrouve la verve non-sensique des Monty Python.

Tarantino distille enfin tout au long du film quelques variations sur des thèmes que les cinéphiles acharnés pourront commenter à l'infini : le rouge et le blanc, voir et être vu, croire et tromper.

Au final, avouons-le, un moment  de plaisir quasiment irrésisitible.

Quentin Tarantino sur Christoblog : Inglorious basterds

 

4e 

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Aujourd'hui

Satché se réveille. Il lui reste une journée à vivre. La nuit prochaine il s'endormira pour ne plus jamais se réveiller. C'est comme ça. Il le sait et tous ses proches le savent.

La trame narrative du film, ténue, est cependant pleine d'une sorte de suspense existentiel : Que va-t-il faire de sa journée ? Que feriez-vous dans la même situation ? Est-ce l'heure des bilans, ou celui de profiter de la vie ?

Alain Gomis utilise sa caméra avec une grande maestria, et en même temps une belle douceur. Il ne cherche pas à nous épater ou à être trop démonstratif, il se contente de nous faire sentir les sentiments des uns et des autres à petites touches, en veillant constamment à ce que le sentiment magique de la vie (de l'eau sur un visage, un pied d'enfant, une scène de pickpocket aperçue au vol) soit toujours présent à l'écran.

Le film est porté par l'acteur/poète/musicien américain Saul Williams, impeccable et très beau, et une photographie amoureuse de la lumière sénégalaise. Certaines scènes sont très belles (la dernière du film, celle où Satché se fait faire la toilette mortuaire qu'il subira le lendemain), d'autres sont un cran en dessous (la rencontre avec l'ex-maîtresse, les scènes politiques), mais l'ensemble dégage une atmosphère de quiétude tranquille très impressionnante.

Un beau film serein à découvrir.

Le cinéma d'Afrique noire sur Christoblog : Un homme qui crie

 

3e

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Journal de France

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/19/21/20102709.jpg

Janvier est aussi le mois durant lequel on visionne quelques films en séance de rattrapage de l'année précédente.

Hier soir, par le biais de l'opération Cinetrafic, j'ai eu la chance de renouer avec ce cinéaste / photographe / reporter de génie qu'est Raymond Depardon.

Journal de France est co-signé par Depardon et sa compagne, Claudine Nougaret. Il nous montre en un montage parallèle d'une part les pérégrinations du photographe dans la France profonde pour la réalisation de son expo à la BNF, et d'autre part des chutes de ses travaux précédents, ce qui permet de revisiter en accéléré toute la carrière du maître.

Les deux parties présentent un intérêt.

Celle qui suit Depardon en France est tranquille, sereine. Elle fait ressentir presque physiquement le talent très particulier du photographe qui réside à la fois dans l'obstination maniaque et l'acuité du regard. Accessoirement elle donne à voir quelques unes des magnifiques photos de l'exposition. J'ai presque regretté que cette partie ne laisse pas plus Depardon s'exprimer...

La partie qui révèle les archives est très inégale. Parfois quelconque, elle devient extrêmement intéressante quans elle présente des images rares et prenantes (les mercenaires en Afrique par exemple). Pour les néophytes, elle constitue une excellente introduction à l'univers de Depardon en donnant à voir l'essence de son travail dans les tribunaux, les asiles psychiatriques (intense scène à Paris), et dans le Sahara. Les images de Claudine Nougaret filmée avec amour par Depardon sont aussi superbes.

Parfois surgissent dans le film des moments d'une belle intensité poétique : j'ai adoré le montage qui montre dans la continuité des quidams filmés dans plusieurs villes différentes du monde.

Journal de France prouve parfaitement à quel point Depardon est artiste jusqu'au bout des ongles, et on aurait envie que la promenade en sa compagnie ne s'arrête jamais...

Raymond Depardon sur Christoblog : La vie moderne (****)

2e

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Jours de pêche en Patagonie

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/12/26/4d6000a2-4e8c-11e2-bb74-5aea9ecb2705-493x328.jpgLes habitués du Festival des trois continents connaissent bien Carlos Sorin, le réalisateur attachant de Historias minimas ou Bombon el perro.

 

On retrouve dans son dernier film les qualités qu'on avait déjà remarqué dans ses oeuvres précédentes : une attention extrême portée aux personnages, une capacité à capter ces petits moments de la vie lors desquels les sentiments vacillent, et une mise en scène parfaitement fluide.

 

Jours de pêche est ce genre de film qui ne fait qu'effleurer son sujet. Du personnage principal, Marco Tucci, on n'apprendra que quelques éléments disparates tout au long du film : il a été alcoolique, il a quitté sa femme, il travaille pour une entreprise allemande de roulement à bille, il est d'origine italienne, il aime l'opéra et surtout, il se rend en Patagonie pour revoir sa fille, qu'il a perdu de vue.

 

Dans ce coin perdu du Sud de l'Argentine, il va donc passer quelques jours à la chercher, et à faire des rencontres minuscules, mais qui, curieusement, laissent chacune une impression durable. Carlos Sorin réussit ce prodige très rare de rendre exceptionnels des personnages somme toute communs, et il le réussit particulièrement bien avec son acteur principal (Alejandro Awada), absolument confondant par la mobilité de ses traits, la douceur de son regard et l'expressivité de ses postures. Le film respire une sorte de bienveillance digne, sans aucune trace de sensiblerie.

 

Un beau moment de cinéma, filmé dans des décors naturels de toute beauté, ce qui ne gâche rien.

 

3e

 

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Gimme the loot

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/57/13/20180107.jpg

J'ai vu le film d'Adam Leon dans une salle à moitié vide, à Cannes, dans la section Un certain  regard, et j'ai été immédiatement séduit par sa fraîcheur un peu verbeuse.

 

Les deux acteurs ados (qui s'aiment à l'évidence mais ne se le disent pas) respirent New York, et on suit leur pérégrination dans la grande ville comme on se laisserait porter par une brise d'été.

 

Adam Leon arrive à tourner en étant à la fois léger et profond : la scène ou le jeune black drague la bourgeoise blonde est à ce titre exemplaire, sous la naïveté de l'un et la fausse décontraction de l'autre, on devine le gouffre qui sépare les classes sociales, si ce n'est les races.

 

Promenade sentimentale, portrait joyeux et apaisé d'une ville, croisement de Spike Lee et de Woody Allen (le cambriolage raté !), Gimme the loot est la meilleure façon de commencer tranquillement l'année au cinéma.

 

2e

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Touristes

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Ceux qui ont vu Kill List seront peut-être déroutés par le film suivant de Ben Wheatley, l'impayable Sighseers (Touristes), que j'ai eu la chance de voir à la Quinzaine.

 

On se demande au début du film de quoi il retourne, et l'introduction ressemble franchement à une sorte de comédie sociale à la Ken Loach. Une femme pas encore vieille mais plus tout à fait jeune est dotée d'une mère insupportable (Tatie Danièle à l'anglaise) et d'un nouveau petit ami qui l'emmène dans une virée touristique en camping car.

 

Ils visitent des coins tous plus ringards les uns que les autres et lors d'une altercation un peu musclée le petit copain zigouille un touriste indélicat qui jette ses papiers gras dans la rue. S'en suit une folle équipée dans la campagne anglaise où tous ceux qui contrarient le couple d'une façon ou d'une autre vont subir un funeste sort. C'est donc une sorte de Bonnie and Clyde en tongs et en bonnet de laine qu'on suit avec un sentiment de perplexité amusée.

 

Touristes est une oeuvre qui ne ressemble à rien de ce que je connaissais : réaliste et grinçante, cruelle et drôle. C'est décoiffant, parfois inquiétant par les sentiments que le film remue en nous (il m'est arrivé de penser à propos de certaines victimes : bien fait pour eux), et perturbant dans ses messages (s'agit-il d'une lutte des classes ? tuer est-il écologique ?). La fin du film, ultime pied de nez, est à ... mourir de rire.

 

Ben Wheatley est sans aucun doute la figure montante de la fantaisie noire à l'anglaise : à suivre.

 

3e

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Télé gaucho

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/76/71/20276277.jpgMichel Leclerc est-il en train de ressusciter la comédie à la française ?

On peut le penser, tant Télé gaucho  (comme Le nom des gens) parvient à faire rire à partir d'une recette qu'on pensait oubliée : des acteurs qui ont des tronches, des répliques qui font mouche, un milieu bien typé qui porte en lui-même un potentiel comique et nostalgique, des gimmicks efficaces.

Michel Leclerc s'est souvenu de son expérience à Télé Bocal pour reconstituer ce qui fut l'ambiance libertaire de ces télés libres, revivant en quelque sorte au milieu des années 90 l'effervescence créatrice qui entoura la création des radios libres, une décennie auparavant.

Le film doit beaucoup de son potentiel comique a l'excellent Eric Elmosnino qui révèle ici un réel potentiel dans le domaine de la comédie, à Sara Forestier qui joue les cruches comme personne, et au très bon jeune espoir Félix Moati, à la fois attendrissant et convaincant dans le rôle du jeune réalisateur qui se voit grand.

Plusieurs scènes ou répliques mériteront de devenir culte (le porno tourné sur le toit, "J'aime faire les choses, mais ce sont les choses qui n'aiment pas être faites par moi", la rubrique des objets qui nous font chier), et si le propos du film pourra au final paraitre anecdotique, Télé Gaucho est l'exemple parfait du divertissement intelligent et agréable.

Je le recommande vivement pour une soirée sympa pendant les vacances de fin d'année.

 

3e

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Yesterday once more

http://fr.web.img1.acsta.net/r_160_240/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/71/92/51/19148805.jpgCuriosité découverte lors du Festival des 3 continents 2012

Drôle de film que cette comédie sentimentale réalisée au début des années 2000 par Johnnie To.

Un couple de voleurs amoureux (joué par les deux stars hong-kongaise Sammi Cheng et Andy Lau) se dispute le partage d'un butin. Elle souffre d'un complexe d'infériorité, il ne veut rien lâcher, les deux sont d'invétérés joueurs/jouisseurs. Ils se quittent, se pistent, se reniflent, manipulent les tiers au service de leur jeu de séduction (y compris en se mariant avec d'autres) et finalement se retrouvent.

Le film est diablement enlevé, les péripéties sont parfois cartoonesque et les décors délirants. C'est un peu kitsch, et très plaisant à regarder, dans un style qui tranche totalement avec l'image que je me faisais du cinéma made in HK.

Dans la deuxième partie, le film vire soudain au mélodrame, l'un des deux membres du couple devenant gravement malade. Je ne vous dirai pas qui, le film multipliant les rebondissements sur le sujet. Perce alors sous la carapace rutilante de la comédie friquée une sourde nostalgie qui donne au film tout son prix. La fin parvient à être franchement émouvante.

L'impression générale que laisse le film est celle d'une vitalité sûre d'elle et sans complexe, que notre cinéma européen semble avoir oublié. Le cinéma de Johnnie To ne s'embarrasse pas de salamalecs et d'hésitations, il fonce à 100 à l'heure dans une intrigue tarabiscotée et grisante, en flirtant continûment avec le mauvais goût.

 

2e

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Ernest et Célestine

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/28/33/20091185.jpgTrès bien accueilli à la Quinzaine des réalisateurs 2012, le film de Benjamin Renner est d'honnête facture.

 

La douceur de la palette de l'aquarelliste belge Gabrielle Vincent, décédée en 2000, est bien rendue. L'animation est tranquille, reposante, et change agréablement des délires sur-vitaminés de Disney/Pixar/Dreamworks.

 

Daniel Pennac (qui a longtemps entretenu une correspondance avec Gabrielle Vincent sans jamais la rencontrer) a fait un bon boulot avec le scénario, qui possède cette particularité de proposer des niveaux de lecture pour les différentes tranches d'âge de spectateurs.

 

La morale de l'histoire (les sentiments s'affranchissent des préjugés et des différences) pourra s'appliquer à beaucoup de cas de figure, en ces temps de débats autour du mariage pour tous.

 

J'ai pour ma part été particulièrement sensible à la personnalité de Célestine, petite chose sans peur et doté d'une ferme volonté, qui entraîne spontanément la sympathie.

 

Le film développe quelques bonnes séquences, comme les scènes parallèles de tribunal par exemple, mais c'est dans l'intimité des deux compères que je trouve qu'il se réalise pleinement. Il parvient alors, par petites touches, à faire ressentir cette confiance mutuelle et absolue qu'on appelle parfois l'amour.

 

2e

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