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Christoblog

Articles avec #j'aime

Rengaine

 

Lors de mon séjour cannois, je suis entré un peu par hasard dans la salle qui projetait le film de Rachid Djaïdani (je me suis gourré de séance, cela arrive dans la folie cannoise), et  j'ai eu une excellente surprise.

Le film est en effet un condensé bref (1h15) mais intense de drôlerie, et d'observation des communautés noires et maghrébines.

Dorcy, jeune noir chrétien, veut épouser Sabrina, qui n'a pas moins de ... 40 frères !! Le plus âgé, Slimane, fait donc le tour de la fratrie pour recueillir les avis de chacun.

Le scénario est un prétexte à une enfilade de vignettes très bien vues, dont certaines sont absolument hilarantes, comme celle du sondage sur les minorités, celle de la lap dance offerte en cadeau ou celle de la torture, magnifique manipulation. Le film dit en riant plein de choses sur la société et le personnage du grand frère est un beau rôle, assez touchant. On voit bien que les blacks et les beurs peuvent faire affaire, avec deux limites ... le sexe et l'argent.

Le réalisateur a tourné pendant 9 ans, et le film est tiré de 400 heures de rush : il faut parfois de la persévérance pour être cinéaste ! D'un point de vue réalisation, le style est un peu frustre, caméra portée, très gros plan, image parfois un peu sale. Elle rappelle le choc de l'année dernière, Donoma, avec plus d'humour et moins de souffle, moins de poésie.

Un très bon moment de cinéma tout de même, qui collectionne les prix (Prix Fripesci à la Quinzaine, Prix Michel d'Ornano à Deauville, Prix du jury à Bordeaux).

 

3e

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Argo

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/87/65/10/20213715.jpgIl y a quelque chose d'énervant à voir régulièrement les Américains pondre un film bien écrit, bien réalisé, bien joué, dont on ne peut dire de mal qu'en se torturant les méninges (et encore). 

 

C'est ce que réussi cette fois-ci Ben Affleck, auteur du médiocre The town et acteur un peu trop impassible pour être enthousiasmant, en nous emmenant dans l'Iran des années 70 pour suivre une extraordinaire opération d'exfiltration.

 

Argo commence sur les chapeaux de roue avec la reconstitution de l'envahissement de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, filmé avec une maîtrise et un sens du rythme confondant.

 

Le reste du film est à l'avenant, malin, honnête, tirant certes sur des ficelles un peu trop grosses en fin de parcours, mais d'une efficacité redoutable. Son réalisme est assez sidérant, et le magnifique générique de fin donne une illustration éclatante du travail méticuleux réalisé sur le film.

 

On croise au passage beaucoup d'acteurs de série : Kyle Chandler, le coach Taylor de Friday Night Lights, Bryan Cranston, de Breaking Bad, décidément toujours dans les bons coups (mais jamais avec un premier rôle), Victor Garber, le papa de Sydney dans Alias, qui campe un très bon ambassadeur canadien, Zeljko Ivanek vu dans Big Love et Damages, le corpulent John Goodman échappé de Treme, et d'autres encore. Un vrai festival.

 

Suspense insoutenable et divertissement haut de gamme pour samedi soir.

 

3e

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Looper

Le pitch de Looper n'est pas simple, comme souvent lorsqu'un film traite du sujet intrinséquement paradoxal des voyages dans le temps.

J'essaye quand même de vous expliquer en deux mots au moins le début : dans un avenir très lointain dans lequel il n'est plus possible de liquider tranquillement ses ennemis (la faute à cette satanée traçabilité), la Mafia contrôle les voyages dans le temps et expédie ses victimes dans le passé pour qu'elle soient dégommées illico par des tueurs qui les attendent à l'arrivée.

De temps en temps, ces coquins de mafiosi envoie le tueur lui-même dans le passé, et il doit alors se supprimer lui-même, fermant ainsi la boucle (Loop en anglais). Il touche alors une grosse somme d'argent et peut vivre à fond le temps qui lui reste, jusqu'au jour où on l'enverra dans le passé se faire tuer par ... lui-même.

Présenté comme cela, c'est limpide.

Les choses se compliquent un peu quand le tueur rate son propre assassinat. Vous imaginez le travail : deux versions du même gugus qui se balladent dans le présent ... ça peut devenir franchement rigolo, surtout si la version "vieux" décide par ses actions de changer le futur d'où il vient.

Le film est très agréable, car il est humblement rigoureux et efficace. Dans ce type de scénario alambiqué, le plus important est d'éviter les incohérences énormes et de s'en tenir à des lignes directrices dictées par la narration, et non par une propension à faire dans le philosophique ou l'onirique.

Looper réussit parfaitement cela, en construisant simplement de très beaux contrastes (enfant/monstre, ferme/ville, jeune/vieux) qu'il exploite à fond et sans sentimentalisme. Les rebondissements sont variés et cohérents, la psychologie des personnages est plus importante que les scènes d'action, pourtant parfaitement réussies par ailleurs.

Le réalisateur concepteur Rian Johnson évite aussi les effets de style trop appuyé au niveau de la mise en scène pour se concentrer sur la création d'ambiances épurées très efficaces : les dix premières minutes sont à ce titre superbement réussies.

Le film est plaisant parce qu'il réussit à nous surprendre sans esbroufe.

 

2e

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Into the abyss

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/56/41/20055192.jpgDisons-le d'entrée, Into the abyss est un film magistral, et sa diffusion confidentielle (une salle seulement à Paris) est autant un scandale qu'un mystère insondable.

Werner Herzog nous plonge au coeur d'un drame texan : un jeune homme attend dans le couloir de la mort d'être exécuté. Il y a 10 ans, en compagnie d'un ami, il a froidement abattu une femme et deux jeunes gens pour voler ... une voiture rouge.

Herzog, dont on ne verra jamais le visage, interroge de sa voix si particulière tous les protagonistes de cette sale affaire : les deux accusés, le père de l'un deux, les familles et amis des victimes, l'aumonier, le bourreau, le policier qui a mené l'enquête, une serveuse, une femme qui est tombée amoureuse d'un des deux accusés. Il parvient, par la grâce de sa sensibilité extrême et un peu rustique, à extraire la profonde part d'humanité de chacun de ses personnages. Ce faisant, il se garde de tout manichéisme : les accusés qui nous semble au début du film des victimes (les témoignages sur le protocole de l'injection et les images tournées dans le couloir de la mort sont à ce titre terrifiantes) deviennent brusquement d'ignobles assassins à la faveur de reconstitutions macabres.

Le film est bien plus qu'un documentaire. Herzog y déploie des talents de pur cinéaste et donne ainsi une magistrale leçon de cinéma. Cadrer, éclairer, monter : en maîtrisant à la perfection ces trois composantes, il parvient à nous transporter au coeur du drame, comme s'il s'agissait d'un thriller - et après tout, c'en est un, d'une certaine façon.

Que l'on se comprenne bien : il ne s'agit pas ici d'un plaidoyer contre la peine de mort. Herzog affiche dès le début son opinion sur le sujet et la ré-affirme une ou deux fois, mais sans ostension. Le film dépasse cette problématique et nous emporte beaucoup plus loin : A quoi bon vivre ? Quel est le rôle d'un père ? Qu'est-ce que l'amour ? La vie mérite-t-elle d'être respectée ? Quel sens donner à sa vie ? Toutes ces questions traversent le film de part en part comme les sabres traversent la boîte d'un magicien : il y a à l'intérieur de la boîte un mystère que le film cerne mais ne décrit pas, celui de la vie et de la mort.

A la marge, et comme dans toute oeuvre majeure, Into the abyss nous emmène sur de nombreux chemins de traverse, dont le principal est la description d'une Amérique rurale désespérément peu éduquée, gangrenée par la violence, la drogue, l'analphabétisme et l'absence de sens. Sur ces chemins tortueux, on rencontrera aussi bien la poésie (les écureuils de l'aumonier), le grotesque (l'ami analphabète content de la prison où il a appris à écrire), le sublime (la réaction du bourreau), la profondeur insondable des sentiments (le père), le ridicule (l'arc-en-ciel) et l'absurde (les morts en chaîne dans la famille de la fille de la victime).

Pour résumer, ce film DOIT absolument être mieux distribué  et il est IMPERATIF que vous alliez le voir si vous le pouvez, il en va de votre intégrité intellectuelle, de votre santé mentale et de votre complétude d'être humain. A minima.

 

4e

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César doit mourir

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/14/13/20131226.jpgContre tout attente, j'ai pris un énorme plaisir à regarder le nouveau film des frères Taviani, cinéastes cultes rescapés du siècle dernier.

 

Je  m'attendais à un documentaire sur des prisonniers jouant Shakespeare en prison, mais le film est bien plus que ça.

 

Il nous plonge dans la trame même de la pièce (c'est à dire qu'on est passionné par l'histoire de Brutus, Antoine, Cassius et des autres) tout en y insérant constamment des éléments du making of : casting préliminaires, états d'âmes des acteurs (vrais ou faux ?), engueulades, répétitions dans les cellules...

 

Le film parvient de cette façon à restituer toute la magie du cinéma et du théâtre, sur un mode qui rappelle les jeux de miroirs de Vous n'avez encore rien vu. S'il y parvient si bien, c'est aussi grâce aux acteurs, incroyables tronches, mais aussi formidables interprètes, complètement habités par leur rôle.

 

Le film est brillant jusque dans sa sublime photographie en noir et blanc (le présent de la représentation est filmé en couleur alors que le long flash black qui constitue la majeure partie du film est en noir et blanc).

 

Si ce n'étaient quelques maladresses un peu lourdes, comme les derniers plans par exemple (qui rappellent bizarement les fautes de goût qui émaillent également le Resnais), l'oeuvre des Taviani serait parfaite, associant la force brute des amateurs (on songe aussi aux danseurs des Rêves dansants) au génie du dramaturge anglais et au savoir-faire des réalisateurs.

 

Un Ours d'or mérité à la Berlinale 2012.

 

3e

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The hole

Vu au festival de La Roche sur Yon 2012.

The hole est un film apocalyptique lent et humide.

Nous approchons de l'an 2000 et un virus étrange se développe à Taipei. Les personnes touchées adoptent un comportement proche de celui du cafard : elles rampent, cherchent à se terrer dans les endroits humides et sombres.

L'eau potable manque, mais des trombes de pluie s'abattent sans discontinuer à l'extérieur.

Un homme dans son appartement, une femme dans celui d'en-dessous et un trou entre les deux, produit par un plombier peu scrupuleux : voilà les éléments autour desquels Tsai Ming-Liang construit son oeuvre. C'est lent, un peu ennuyeux par moment, mais globalement puissamment évocateur et complètement maîtrisé. Le film est parsemé de scénettes de comédie musicale kitsch, qui tranchent incroyablement avec l'atmosphère mortifère du film : un bel exemple de l'effet de contraste produit (patientez 44 secondes SVP) : Achoo-Cha-Cha

Le film est très intéressant, s'appuyant sur une bande-son remarquable et un sens des décors très sûr (magasins déserts, murs suintants). La copie projetée à La Roche m'a semblé très abîmée et cela m'a un peu gâché le plaisir, mais du coup j'ai très envie de voir La saveur de la pastèque, du même Tsai Ming-Liang. A suivre...

 

2e

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Paperboy

Dans la morosité de la sélection officielle cannoise 2012, le deuxième film de Lee Daniels (Precious) a apporté une touche de folie et de moiteur.

L'intrigue est tirée d'un roman de l'excellentissime Pete Dexter, dont je recommande les livres, et nous entraîne dans une sordide histoire de criminel défendu par une équipe constituée de journalistes en quête de succès et d'une nymphomane passionnée par les prisonniers.

Le premier plaisir que donne le film est celui d'un scénario complexe, non prévisible et centré sur les relations entre les personnages et les questions de société (le racisme surtout).

J'ai été complètement bluffé par la performance des acteurs. Nicole Kidman, vulgaire à en crever, bimbo nympho, est tout simplement brillante. C'est un plaisir (coupable) de la voir uriner sur le mignon Zac Efron, de mimer une fellation, de décroiser les jambes de façon suggestive et de mâcher son chewing-gum avec un air de bêtise insondable. Matthew McConaughey confirme être l'acteur le plus passionnant du moment. Quant à John Cusack, il joue avec une perversité diabolique le plus beau méchant vu récemment.

La réalisation de Lee Daniels est brillante, moite, vive, plus sage que dans Precious mais tout aussi dynamique. Le film est parsemé d'éclairs trash du plus bel effet.

Une réussite.

 

3e

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In another country

Les fidèles lecteurs de Christoblog savent combien j'apprécie le petite musique de Hong Sang-Soo.

C'est donc avec une émotion particulière que j'attendais à Cannes la projection d'In another country en sélection officielle, en me demandant si la greffe Isabelle Huppert allait fonctionner

Et la réponse est oui, l'actrice française s'intègre parfaitement à l'univers si particulier du Woody Allen coréen.

Le principe du film frôle le génie : trois histoires différentes, un même lieu, des anecdotes similaires (l'héroïne cherche toujours un phare), des bouts de dialogues identiques. Isabelle Huppert joue avec beaucoup de talent successivement une réalisatrice de cinéma, une européenne qui attend son amant coréen et une femme qui voyage avec son amie.

Si les péripéties de chacun des tryptiques sont somme toute négligeables, c'est que pour une fois la forme prévaut sur le fond. La mise en parallèle de ces trois histoires réinterroge brillament les thèmes chers au réalisateur : les relations hommes / femmes, les diverses façons de se ridiculiser, les petites mesquineries, les occasions ratées, le poids du destin, l'indécision, l'alcool. Ces thématiques trouvent dans le décalage culturel entre la Française et ses partenaires coréens un nouvel espace à investir. Il ressort de tout cela le fort sentiment que les hommes coréens sont ... des obsédés sexuels de premier ordre.

Fascinant à regarder, comme un kaléidoscope de la condition humaine amoureuse, le film est également extrêmement drôle grâce au personnage du maître nageur joué par Yu Yung-San, présent dans les trois derniers films de Hong Sang-Soo. Son apparition dans la première histoire donne lieu à une scène d'anthologie, sous forme d'une chanson improvisée sous une tente, probablement le moment le plus drôle de tout le Festival de Cannes. On retiendra une autre scène hilarante dans laquelle un moine zen, sensé être détaché de tout, se voit demander son stylo Mont-Blanc par une Isabelle Huppert sans aucune gêne.

Comme dans d'autres films de HSS, on peut s'amuser à remarquer mille détails, comme par exemple ces objets qui voyagent d'une histoire à l'autre (une bouteille de bière abandonnée sur la plage, un parapluie dissimulé).

C'est drôle, brillant, pétillant, modeste et par moment franchement génial.

 

3e

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Ted

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/62/03/20141182.JPGAmateurs de pets, réjouissez-vous.

 

Les frères Farrelly vous ennuyaient ? Vous trouviez Jude Apatow apathique ? Seth MacFarlane vous propose mieux (ou pire ?) : un ours en peluche qui pète, qui baise les caissières de supermarché dans les remises (mais il a aussi sauté Norah Jones...), qui conduit comme un manche en tweetant, qui sniffe de la coke à s'en blanchir le museau, qui jure à tous les bouts de phrases, qui manipule le politiquement non-correct à un rythme de mitraillette, etc.

 

C'est complètement bluffant, bourré de références qui m'ont pour 95 % d'entre elles échappé, et au final assez marrant.

 

Fi du scénario idiot et d'un Mark Wahlberg transparent, le film ne vaut que par le jeu de l'ourson en peluche et d'une pléiade de seconds rôles tordants. On n'oubliera pas de sitôt, entre autres, le déhanchement ahurissant de Giovanni Ribisi.

 

Pour ce qui est du film culte d'une génération Star Wars, je ne suis pas très bien placé pour en parler, ayant en gros une décennie de plus, mais je suis preneur de compléments d'information sur le nombre incalculable d'allusions via name dropping, sonneries de téléphone portable, extraits de show télé.

 

On rit modestement mais souvent, tellement le flow de Ted l'ourson est plein de trouvailles et de saillies qui portent presque toutes.

 

2e

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Almanya

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/83/09/80/19665339.jpg

Almanya est une comédie qui raconte le destin d'une famille d'immigrés turcs arrivant en Allemagne dans les années 1960. On suit avec un grand plaisir l'odyssée de Huseyn et de ses 4 enfants, du départ de Turquie aux surprises réservées par l'installation en Allemagne, puis au retour de toute la famille en Anatolie, suite à l'idée improbable du grand-père d'acheter là-bas une maison.

La réalisatrice Yasemin Samdereli choisit un ton délibérément léger, à mille lieues de la critique sociale, et son talent consiste à maîtriser parfaitement toutes les ficelles du feel-good movie : personnages très attachants, changement de rythme incessant, anecdotes bien trouvée, intrigues secondaires, trame narrative (à base de flash-backs) habilement tissée. Le scénario, très fouillé, aurait été travaillé pendant 7 ans.

Le film n'hésite pas à solliciter les glandes lacrymales de multiples façons, mais il le fait en évitant les pièges d'une sensiblerie trop envahissante, et en maintenant toujours une distance amusée mais empathique avec ses personnages.

Immense succès en Allemagne (Almanya y fut le 4ème succès au box-office 2012), le film vient compléter dans le registre de la comédie les beaux films d'autres enfants allemands ou autrichiens de l'immigration turque : les drames Une autre femme d'Umut Dag et L'étrangère de Feo Aladag, ainsi que les films de Fatih Akin.

Un excellent film de dimanche après-midi pluvieux.

 

3e

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Reality

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/57/09/20110343.jpgReality est très plaisant à suivre dans sa première partie. Matteo Garrone y dessine un tableau attendrissant de la société napolitaine : obésité, faconde, palais décatis, arnaques en tous genres, tronches de cirque, gouaille maximale. On est littéralement emportés par un tourbillon de sensations, conçu par une caméra virtuose et un peu tape-à-l'oeil (grues et hélicoptère sont de sortie).

Las ! Le film devient sur la fin une énième variation sur l'aliénation que génère la télévision et plus spécialement la télé-réalité... mais le Loft est loin et tout cela paraît aujourd'hui presque suranné.

Subsiste tout de même cette tronche incroyable, celle d'Anielle Arena, l'acteur principal, dont on sait qu'il est en prison (depuis 20 ans et à perpétuité, voir l'article de Libé) pour meurtre et qu'il utilisait ses permissions pour tourner le film. Un acteur-né, qui évoque par les mouvements de son visage toute une palette de sentiments, de l'énervement le plus hargneux à l'amour le plus pur.

Le film ne se réduit pas à cette anecdote, mais cette dernière l'illustre parfaitement : il est à la fois bancal et séduisant.

 

2e 

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Captive

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/89/07/85/20023516.jpgLa jeune carrière de Brillante Mendoza est déjà bien remplie : un film culte très violent (Kinatay), la description provocante d'une famille tenant un cinéma porno (Serbis), un portrait de grand-mère sans concession (Lola).

Cette fois-ci, Mendoza raconte l'enlèvement d'un groupe de touristes aux Philippines, en se basant sur les actions bien réelles du groupe terroriste Abu Sayyaf.

Le film est très prenant par sa façon de proposer un réalisme sans concession. Les scènes de violence sont extrêmement bien faites, la nature y est montrée avec une sorte de réalisme poétique qui évoque le cinéma de Malick, débarrassé de son côté new age. On est littéralement happé par toute la première partie du film, bulldozer narratif naviguant en pleine mer, s'enfonçant dans la jungle, visitant un hôpital, tuant des soldats et sacrifiant des otages. Tout est remarquable dans cette première partie : il est clair que Mendoza est un formaliste hors pair, sa façon de filmer est hyper-sensible et sa narration parfaitement fluide. Le moindre détail semble pensé, les acteurs sont absolument parfaits et la sensation de naturalisme atteint des sommets. Les ravisseurs comme les otages sont montrés avec de multiples nuances, en dehors de tout cliché.

La prise d'otages s'éternisant (mais c'est peut-être aussi un charme du film) plus d'un an, la routine s'empare à la fois de l'histoire et de sa narration, rendant la deuxième partie du film moins passionnante, d'autant que l'interprétation d'Isabelle Huppert m'a parue inégale.

Ceci dit, le film a forcé mon admiration par ses qualités formelles et sa puissance narrative. Mendoza est sans conteste un grand cinéaste de demain.

 

3e

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Vous n'avez encore rien vu

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/88/64/60/20110428.jpgUn metteur en scène est mort.

Il invite par message posthume tous les acteurs et actrices qui ont compté pour lui.

Arrivent alors en ordre dispersé une joyeuse troupe toute au plaisir de se retrouver : Pierre Arditi, Michel Piccoli, Sabine Azéma, Mathieu Amalric, Anne Consigny, Anny Duperey, Hippolyte Girardot… La réunion a lieu dans une bâtisse inquiétante, curieusement onirique et comme construite dans les limbes.  

Ils sont tous là, chacun jouant son propre rôle.

Les effusions passées, ce joli monde s’installe dans de confortables fauteuils et découvre le but de leur réunion : autoriser ou non une jeune troupe de théâtre à jouer l’Eurydice d’Anouilh dans une version moderne.

A cet effet est projetée sur un grand écran une vidéo de la représentation, et chacun est amené à donner son avis. Tous les acteurs invités ont déjà joué la pièce et sont donc habilités à porter un jugement, mais ils vont progressivement céder à la tentation de se renvoyer les répliques en même temps que les jeunes acteurs visibles à l’écran.

Ainsi vont se reformer sous nos yeux émerveillés les anciens couples Orphée/Eurydice : Arditi/Azéma, Wilson/Consigny… Le pitch du film peut sembler désuet ou anecdotique, d’autant que la pièce d’Anouilh est un peu datée, mais ce serait sans compter avec la virtuosité exceptionnelle d'Alain Resnais. A 90 ans, celui-ci se révèle être un magicien cinéaste (à croire que l’extrême âge rajeunit les cinéastes, comme en a témoigné aussi le magnifique Mystères de Lisbonne de Ruiz l’an dernier). Le film devient progressivement un pur enchantement de mise en scène, épuisant l’imagination et multipliant les figures de style novatrices. Les différentes scènes de la pièce sont jouées deux fois, se reflètent, se répètent, se répondent, les décors s’effacent, se transmutent, des portes apparaissent, des trains surgissent du néant. On est complètement saisis par la magie du théâtre, et les acteurs finissent par être comme des ectoplasmes flottant dans l’imaginaire, à la fois symboles et incarnation de la force créatrice d’un écrivain, et d’un cinéaste.

C’est beau, intelligent, divinement réalisé, magnifiquement joué (Amalric y est une fois de plus fantastique) et diablement émouvant. Le film n’a rien d’un testament, et est irrésistiblement joyeux. Un prix de la mise en scène aurait été parfaitement mérité à Cannes.

Le titre est très bien trouvé : je n’avais encore rien vu de pareil.

 

4e 

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Monsieur Lazhar

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/28/12/19833124.jpgL'académisme est-il soluble dans l'émotion ?

 

Voilà la question qu'on peut légitimement se poser après avoir vu le film du québécois Philippe Falardeau. Parce qu'autant le dire tout de suite, il est difficile d'imaginer une façon de faire un film qui soit en apparence plus simple que celle-ci, une approche des sentiments plus pudique ou un jeu d'acteur plus convenu.

 

Le film possède donc tous les attributs pour se faire dégommer par le critique moqueur et mauvais esprit...

 

...et pourtant, malgré toute ma mauvaise foi habituellement acide, je dois bien admettre que malgré son aspect si lisse, Monsieur Lazhar arrive à toucher au coeur. La prestation étrange, un peu lunaire, de Fellag y est certes pour beaucoup, mais la façon de jouer des enfants, notamment du couple principal (photo ci-dessus), aussi.

La mise en scène, qui peut paraître un peu lymphatique, est parfois percutante, comme dans cette scène de pré-générique, très maîtrisée.

 

Sur le fond, alors que le film parle de la mort sous différents aspects (suicide, attentats), il ne parvient pas à être complètement triste. S'il peut apparaître simpliste, on découvre progressivement plusieurs pistes, plusieurs sujets, qui au final en fond un puzzle assez complexe. Ce sont ses nombreuses petites contradictions qui rendent attachant Monsieur Lazhar.

 

Je conseille donc.

 

3e

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Quelques heures de printemps

Disons-le tout net, Quelques heures de printemps est un bijou, un chef-d'oeuvre en creux, un film réduit à l'os, qui vous laisse pantelant et apaisé.

L'idéal est d'aller voir le film sans en connaître le thème, comme je l'ai fait. On a alors le plaisir de découvrir petit à petit, par allusions successives, le drame qui est en train de se jouer. Stéphane Brizé réduit sa mise en scène à ce qui fait l'essence du cinéma : un cadrage discret et recherché, une façon de filmer les visages comme des paysages, de prendre son temps pour tenter d'approcher au plus près de la réalité.

C'est très souvent vertigineux tellement le jeu des acteurs y est intense. Vincent Lindon est utilisé à la perfection. Certes il joue une sorte d'essence de Lindon, mais sa prestation est parfaite. On se souviendra longtemps de son pétage de plomb. C'est son plus beau rôle. Hélène Vincent, quant à elle, est au-delà de tous les compliments qu'on peut inventer : il faut courir voir le film, ne serait-ce pour sa prestation, qui défie les lois du jeu. Elle est bouleversante.

Même la bêtise abyssale d'Emmanuelle Seigner est parfaitement utilisée (oups, ça m'a échappé). Olivier Perrier, à l'unisson, est aussi particulièrement émouvant.

Précis, intense, chirurgical et psychologiquement très riche : on pense à Bergman et à Kieslowski...

Si vous n'allez voir qu'un film en cette rentrée allez voir celui-ci. Vous en sortirez bouleversé, probablement après avoir trempé l'écharpe dont vous aurez pris le soin de vous doter pour éviter de trop renifler. Bouleversé, mais heureux.

 

4e

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The we and the I

La Quinzaine des réalisateurs 2012 fut d'un excellent niveau, joyeuse et exigeante. Deux films jouissifs en furent les étendards parfaits, celui qui en fit l'ouverture, The we and the I, dont il est question ici, et celui qui en fit la cloture, Camille redouble de Noémie Lvovsky.

Michel Gondry a tourné The we and the I avec des ados New-Yorkais qui jouent pratiquement leur propre rôle. Nous sommes à la fin de l'année scolaire, et tout le monde monte dans le bus pour rentrer chez lui en banlieue, après avoir récupéré son portable laissé en consigne à l'épicerie du coin (quelle bonne idée !).

Gondry construit son film quasiment exclusivement à l'intérieur du bus, filmant avec une habileté insensée les conversations entre les différents protagonistes.

Au fond du bus, une belle brochette de racailles. On n'a plus d'une fois envie de les baffer tellement ils sont ignobles, verbalement violents, mais ... drôles. A l'avant, une conductrice de bus qui se fait respecter. Entre les deux, tout un monde où toutes les personnalités se retrouvent : un couple gay, deux copines, un dessinateur de manga timide, deux musicos trolls, une vieille dame blanche, etc.

Entre ces personnages se dessinent bientôt des arcs narratifs parfois anecdotiques, souvent graves (l'amour, l'estime de soi, la relation au corps et à la sexualité, l'insertion sociale dans le groupe, la violence, les rapports entre filles et garçons) et même dramatiques. Gondry, qui exploite ici une veine réaliste et même naturaliste, n'oublie pas toutefois de parsemer son film de trouvailles géniales (l'utilisation des smartphones est un des ressorts narratifs du film, des vidéos imaginaires reflètent les sentiments des jeunes) et bricolées dont il a le secret. Il réussit même à donner à voir de véritables moments de poésie.

Si le film est génial, c'est aussi parce que les jeunes acteurs / actrices possèdent une énergie débordante, une gouaille irrésistible qui rappelle les premiers Spike Lee.

The we and the I est donc intelligent, extrêmement drôle, émouvant, passionnant, et sa projection le soir de mon arrivée à Cannes fut l'un des plus grands moments de ma semaine sur la Croisette.

 

4e

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Camille redouble

Comme je le disais dans l'article consacré à The we and the I, la Quinzaine des Réalisateurs fut cette année la sélection de Cannes dans laquelle on a le plus ri. Alors que la sélection officielle s'engonçait dans une pose auteuriste, les cinéastes de la Quinzaine nous faisaient plaisir avec des films énergiques et brillants.

Cela faisait un bout de temps que Noémie Lvovsky n'avait pas réalisé (2007 avec Faut que ça danse). Pour son retour derrière la caméra, elle se fait radicalement plaisir avec un argument à la Peggy Sue got married (Coppola) : une femme mûre se retrouve projeté au temps de son adolescence.

Contrairement à la plupart des films traitant du sujet des voyages dans le temps, Camille redouble ne s'attarde pas trop sur les éternels paradoxes tournant autour de la possibilité de changer le destin. Son intérêt réside plus dans le décalage subtil entre le personnage de Camille, qui garde son corps d'adulte et sa maturité, et son environnement. Le dispositif est sur le papier totalement absurde, et pourtant on y croit à fond, tellement le sujet est bien traité au niveau des sentiments. Noémie Lvovsky réussit l'exploit de nous faire croire que ses copines de l'époque la voit jeune, alors que nous la voyons agée.

Ajoutons que ce film admirable parvient à nous faire passer de francs éclats de rire à de gros sanglots compulsifs en quelques secondes, par la grâce d'une approche qui est souvent tendre et poétique. Camille, qui sait quel jour et à quelle heure sa mère va mourir, enregistre sa voix pour s'en souvenir, et c'est tout simplement bouleversant.

Si je ne vous ai pas encore convaincu, je finirai par évoquer une nostalgie des années 80 délicieuse (ah, le vieux T-shirt des Clash !) et une pléiade d'acteurs assurant des seconds rôles à casser la baraque : Yolande Moreau, Jean Pierre Léaud, Mathieu Amalric (en prof pervers), Michel Vuillermoz, Denis Podalydès.

Camille redouble va rendre l'automne souriant et ensoleillé, profitez-en.

 

4e

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Killer Joe

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/38/83/20161781.jpgLe dernier film de William Friedkin est à déconseiller aux âmes sensibles. Non pas qu'il soit outrageusement violent ou gore (à la Noé ou à la Refn par exemple) : il est simplement d'un noir absolu.

Nous pénétrons dès le début au sein d'une famille white trash du plus pur style : caravane, père d'une bêtise abyssale, belle-mère d'une vulgarité insondable, fils complètement raté échouant lamentablement dans toutes ses initiatives, fille sexy et bébête se réfugiant dans son monde secret. Tout ce laid petit monde vit en Louisiane et décide de concert de supprimer la mère (absente) pour toucher l'assurance vie. Pour cela entre en jeu un tueur glaçant, incarné par le formidable Matthew McConaughey.

Evidemment, l'histoire finira très mal.

Plus qu'un film violent, Killer Joe est une formidable machine a exposer la veulerie, la traitrise, l'imbécillité crasse, le vice et la perversion. C'est ce qui a valu au film une sortie des plus limitées aux USA.

Friedkin semble prendre un malin plaisir à torturer notre sens moral, en multipliant les scènes dérangeantes, telle celle de la fellation pratiquée sur un pilon de poulet, assez terrifiante de perversité voyeuriste - et immédiatement culte. L'innocence est maltraitée tout au long du film, puisque la jeune fille est donnée en caution au tueur qui en abuse immédiatement, avec une efficacité absolument redoutable et un brio qui rend Friedkin l'égal des plus grands maîtres du cinéma hollywoodien.

En tant que spectateur il faut bien avouer que le plaisir éprouvé à la vision de Killer Joe est un brin inavouable, mélange de sidération exaspérée et d'excitation coupable.

Pour ma part, un petit regret concernant le dernier plan : je n'aurais pas fini le film ainsi. Mais je ne suis pas Friedkin, Dieu merci.

 

3e

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La Vierge, les Coptes et moi

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/73/19/20140075.jpgIl y a parfois de petits miracles dans le système de distribution français. Qu'une fenêtre de sortie ait pu être trouvée pour un film aussi saugrenu que La Vierge, les Coptes et moi en est un.

J'avais entendu parler de ce film à Cannes : ceux qui l'avait vu dans le cadre de la souvent passionnante programmation ACID en parlaient avec un filet d'émotion dans la voix.

Le prétexte est insensé pour un premier film : le réalisateur Namir Abdel Messeh, Français d'origine copte égyptienne , décide de tourner un film sur les apparitions de la Vierge aux communautés coptes d'Egypte, intrigué par une K7 que lui montre sa mère. Il se rend en Egypte pour constater rapidement toutes les difficultés que présente ce projet : tracasseries administratives, contraintes de toutes sortes, mauvaise foi des témoins... à tel point que le film, assez intéressant et parfois burlesque dans son début, semble atteindre une sorte de cul-de-sac scénaristique vers son milieu.

C'est à ce moment que les idées géniales se succèdent : d'abord la décision de rendre visite à sa famille maternelle dans un petit village de haute Egypte, puis l'arrivée de sa mère pour aider à finir le film, et enfin la volonté de tourner un film dans ce petit village qui reconstitue une apparition de la Vierge. A partir de ce moment le film devient franchement hilarant (ah, le casting des villageoises pour le rôle de la Vierge) et sur la fin profondément touchant. Bien sûr l'allégorie sur la puissance du cinéma est un peu grosse, mais il faut dire que cela fonctionne parfaitement et qu'on est bouleversé par cette image des villageois qui regardent leur propre film avec la même sidération que s'ils regardaient une véritable apparition de la Vierge.

Si le film n'évite pas complètement quelques facilités (certaines sont très amusantes, comme les vrai-faux coups de fil du producteur), il gagne son pari osé en mélangeant un aspect bricolo de génie à la Gondry à une mise en abyme tendre et ironique à la Moretti.

Le film est enfin un chant d'amour envers ce petit peuple égyptien, toujours si prompt à s'amuser, à s'émerveiller et à faire preuve d'auto-dérision (on songe aux romans de Mahfouz et aux films de Nasrallah).

Vous l'avez compris, je recommande chaudement d'aller voir ce petit bijou qui vous regonflera le moral à bloc, si vous en avez besoin.

 

3e

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Du vent dans mes mollets

De certains films on a presque honte de dire du mal.

Ainsi, Du vent dans mes mollets, le dernier film de Carine Tardieu, est bien mignon, et pétri de bons sentiments. Les couples désunis s'y réunissent après un léger trauma, les troubles de l'enfance y sont montrés avec sensibilité, et le sentiment tragique de la vie y est exposé avec légèreté et un certain sens du rythme.

Bref, le film n'est pas mauvais, et il faudrait être bien cruel (ou alors de retour de vacances, et mal luné) pour dire qu'il est aussi un peu maladroit, qu'il manque totalement d'unité stylistique et que le jeu des acteurs y est assez approximatif.

Comme ce n'est pas mon cas, je signalerai seulement que les petites filles sont extras, qu'Isabelle Carré est parfaite (mais peut-elle ne pas l'être ?).

Allez, vous ne raterez pas un moment crucial de l'histoire du cinéma en allant à la pêche plutôt qu'en allant voir ce film, mais vous ne vendrez pas non plus votre âme de cinéphile exigeant en y allant.

 

2e

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