Under the skin
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Under the skin est un film protéiforme, qui m'a inspiré des sentiments assez divers.
Son introduction lente et mystérieuse m'a d'abord intrigué. Il y a un peu des mouvements de vaisseaux spatiaux du 2001 de Kubrick dans les visions cosmiques que propose Jonathan Glazer.
L'atterrissage de l'alien dans le corps de Scarlett Johansson fait l'objet d'une scène d'une beauté stupéfiante. A ce moment là on pense alors peut-être tenir un chef d'oeuvre. Les pérégrinations qui suivent sont malheureusement un peu lassantes dans leur répétitivité : l'alien traque des hommes solitaires, les attire, puis vole leur peau lors d'une cérémonie étrange. Parfois dérangeantes (l'épisode Elephant man), parfois insipides (la rencontre amoureuse téléphonée), les péripéties de notre ami étranger ennuient, charment ou agacent.
Vers la fin, le film prend encore un autre tournant, évoluant vers une sorte de survival en forêt, façon Delivrance enneigé. Le film se finit alors dans une sorte de déflagration narrative avec la révélation de qui se cachait dans la peau de Scarlett : il est encore à ce moment-là stupéfiant, et en même temps trop démonstratif.
Au final, Under the skin est un exercice de style à la fois envoutant et ennuyeux, naïf et profondément original. Il mérite d'être vu.

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Bonne nouvelle en provenance de Grèce. On savait que ce pays pouvait proposer des oeuvres pointues (Athina Tsangari, Yorgos Lanthimos), on découvre aujourd'hui qu'il peut produire un cinéma touchant, exigeant et original.
Black coal, Ours d'or au dernier Festival de Berlin, est un polar tortueux, sensuel, et racé. J'ai souvent pensé au cinéma élégant de Fincher dans Zodiac, zébré d'éclair de violence et d'éclats esthétiques confondants, qui évoque irrésistiblement le cinéma de Jia Zhang Ke.
Ce dont parle le film est d'une noirceur insigne : un homme politique paye son chauffeur pour prendre sa place alors qu'il a tué un homme lors d'un accident de la route, puis couche avec sa femme, moyennant une aide financière pour son fils. Quand le mari sort de prison, les choses s'enveniment.
Alors évidemment, on pourra dire que ce film est un effroyable tire-larmes reposant sur une intrigue minimaliste : une jeune fille solitaire rencontre à l'hôpital une femme malade du SIDA et s'incruste dans sa famille.
Si la magie existe au cinéma, elle est dans Bird People.
Déjà plus d'un an que j'ai vu ce film à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs : mystères insondables de la distribution !
Le cinéma de Lucas Belvaux (Pour rire !, Rapt, Un couple épatant, Cavale, Après la vie, La raison du plus faible, 38 témoins) présente un peu les mêmes caractéristiques que celui d'Hirokazu Kore-Eda: leurs films, qu'ils soient bons ou moyens, sont toujours d'une grande sensibilité, sous l'apparence d'un sage classicisme.
Je vais tout de suite dire ce que ce film n'est pas. Il n'est ni original, ni très fin, ni profond. Ce n'est pas une étude sociologique, ni une réflexion sur les différences ou l'intégration. Ceux qui y chercheront matière à penser n'y trouveront pas leur compte.
J'ai vu ce film au Festival de la Roche sur Yon en 2013 et je garde le souvenir d'une photographie magnifique et d'une mise en scène impeccable.
Il y a à l'évidence quelque chose dans States of Grace qui attire potentiellement le cynisme. Une interprétation hyper-sensible de l'actrice Brie Larson, un sentimentalisme parfois un peu trop tape-à-l'oeil (exemple : la demande en mariage), des personnages un peu bisounours, un air général de "performance pour Sundance", des effets pas toujours discrets.
On pouvait craindre beaucoup de choses à la lecture du script et du casting du nouveau film de Pierre Salvadori : des numéros d'acteurs un peu vains, une sorte de surenchère dans le misérabilisme psychologique, une petite chose parisienne étriquée à la mesure d'une cour d'immeuble, un succédanné d'esprit grolandais avec le snobisme chic que cela comprend.
Les cinéastes coréens sont souvent comme ça : imaginatifs, et pas très fins.
Quelle excellente surprise que ce thriller aux allures de western tourné au Kurdistan, par Hiner Saleem, kurde irakien réfugié en France.
Il y a des films qui m'enthousiasment dès la première image, et dont j'ai la certitude au bout de cinq minutes qu'ils marqueront durablement ma mémoire cinéphilique. /image%2F0894743%2F20240114%2Fob_82e633_troissoeursyunnan.jpeg)

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Le moins qu'on puisse dire, c'est que le nouveau film d'Amat Escalante sort le spectateur de sa zone de confort.
Un jeune homme discret éprouve une attirance sexuelle pour les vieillards, et tombe amoureux de l'un d'entre eux.
Depuis que j'
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir