Nos années folles

Au début de Nos années folles, je me suis dit : Téchiné est foutu, son cinéma est devenu un cinéma de grand-papa. Costumes d'époque, mise en scène un peu datée, reconstitution poussiéreuse.
Et puis, petit à petit, le film dévoile sa complexité : la structure narrative y est élégante, les acteurs (Céline Sallette et Pierre Deladonchamps) s'avèrent brillants, et l'histoire racontée devient tout à coup d'une modernité invraisemblable.
Du récit initial centré sur la guerre, le film évolue en chronique d'un amour hors norme, sorte de trio amoureux et sexuellement débridé, logé à l'intérieur d'un couple.
La force de caractère du personnage de Louise, sa soif d'aimer, son appétit sexuel, entre en collision avec un désir de liberté encore plus immense, une soif plus féroce. Le film illustre le colossal affrontement de deux personnalités absolument hors norme avec un beau brio.
Quand Téchiné en vient au final à explorer les noirceurs finales du couple, la bien-pensance sépia dans laquelle baignait le début du film semble bien éloignée. Après de longs flashbacks imbriqués, le basculement ultime dans le présent est un très joli moment, et la fin de Nos années folles suscite un véritable vertige.
Vous apprécierez encore plus le film, si vous ne connaissez rien de son histoire, c'est pourquoi j'ai évité de vous révéler trop de détails sur l'intrigue, inspirée d'une histoire vraie déjà racontée dans l'excellente BD Mauvais genre, de Chloé Cruchaudet.

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Hier au Katorza, à Nantes, Bertrand Bonello était tout de noir vêtu. Il a très bien parlé de son film, pendant près d'une heure, sur un ton à la fois persuasif et humble, répondant avec patience au flot de questions d'une salle sous le charme de son film.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
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