Il y a un paradoxe terrible dans le film d'Adam McKay : il est à l'évidence à charge, mais il nous amène quasiment, de par son ton gentiment ironique, à apprécier le personnage de Dick Cheney, sûrement un des hommes politiques américains les moins aimables de ces trente dernières années.
Georges W. Bush et Donald Rumsfeld sont dépeints comme tellement idiots que Cheney en paraît intelligent...
La mise en scène tape à l'oeil, les anecdotes croustillantes et le montage foutraque nuisent finalement au propos, qu'on aimerait plus dense et profond. Alors que Vice doit être probablement très documenté, il apparaît comme une plaisante satire, pas désagréable à regarder mais qui ne nous apprend presque rien de nouveau.
Malgré ces réserves, le film mérite d'être vu pour au moins une raison : la performance irréelle de Christian Bale, qui habite magnifiquement son personnage avec une taiseuse intensité.
Pas grand-chose à critiquer, ni à louer, dans le dernier film de Denys Arcand qui vient clôturer une trilogie très informelle débutée avec Le déclin de l'Empire Américain (1986), et poursuivie avec Les invasions barbares (2003).
Le film est une pochade sensible, baignée d'un mauvais esprit assez réjouissant. L'anti-héros de service (très bon Alexandre Landry) va à son corps défendant devenir propriétaire d'une énorme somme d'argent, qu'il va utiliser pour le bien commun en utilisant les possibilités de magouilles offertes par la finance internationale. Il sera épaulé dans son entreprise par un vieux briscard roué (Rémy Girard) et une call-girl aussi futée que sa plastique est attractive (l'étonnante animatrice télé Maripier Morin).
On passe un bon moment à regarder ce conte totalement irréaliste, qui trouve son intérêt dans la véracité des réactions psychologiques des différents personnages. Certaines scènes (la discussion introductive dans le bar, le défilé des prétendants au blanchiment) sont franchement jouissives.
Un divertissement sans prétention, à voir comme tel.
Le nouveau Jia Zhang-Ke ressemble tellement au précédent (Au-delà des montagnes) que cela en devient gênant : récit elliptique sur le temps long, découpage en trois parties, rémanence des sentiments, occasions manquées, fuite irrémédiable du temps, rôle cathartique d'une chanson pop.
Le problème est qu'ici tout le charme du cinéma de Jia Zhang-Ke paraît plaqué. Quelque chose s'est brisé.
L'élégance devient parfois maniérisme, l'allusion approximation, et l'originalité prétention. L'ensemble donne l'impression de redite.
Au rayon des points positifs (il faut quand même dire que le réalisateur chinois est un styliste hors pair) : la mise en scène fluide et le jeu de l'actrice Zhao Tao (par ailleurs compagne de Jia Zhang-Ke). C'est assez peu pour compenser le sentiment de gâchis et de bégaiement que procure la vision des Eternels.
L'intention du réalisateur Antoine Raimbault est louable : donner à sentir l'ambiance d'un procès, situer les enjeux de la Justice, explorer les limites entre les preuves et l'intime conviction et accessoirement assurer le show en confiant à Olivier Gourmet le rôle du volcanique Eric Dupond-Moretti.
Le souci du film est de trouver son équilibre. D'un côté il expose des bribes de l'affaire Viguier (mais on est parfois un peu frustrés de ne pas avoir toutes les cartes en main), de l'autre il plaque sur un aspect documentaire le personnage inventé de Nora, réduit à la simple expression de son obsession : Nora a été jurée du premier procès et possède l'intime conviction que Viguier est innocent. Les deux parties ne se marient qu'imparfaitement.
Le personnage de Nora, interprété par Marina Foïs, m'a paru sur-écrit. Le scénario semble surligné à chacune de ses interventions : Nora est tellement à fond qu'elle (cochez les cases) expédie sa sexualité, ne peut pas tomber amoureuse, va perdre son boulot, fout le feu à sa maison, néglige son fils, ne voit plus les voitures dans la rue, etc. C'est lourdingue et surtout dépourvu de finesse psychologique.
Par contraste le personnage de Dupond-Moretti est plus intéressant, et on se demande pourquoi Raimbault n'a pas concentré son film sur ce qu'il représente. Il y aurait eu probablement de belles choses à creuser dans sa façon de penser la meilleure manière de rendre la justice.
Une intime conviction est un film bancal, qui ne convainc pas totalement et confirme la difficulté du cinéma français à produire de bons "films de prétoire", à la hauteur de 12 hommes en colère. On est parfaitement en droit de préférer le récent film de Chritain Vincent, L'hermine, à celui de Raimbault.
En choisissant de s'attacher au cheminement personnel de trois des victimes du père Preynat, plutôt qu'à l'enquête en elle-même, François Ozon réussit un coup de maître.
Son film évite en effet du coup le piège du film-dossier et celui du film à charge : Grâce à Dieu est avant tout le portrait sensible de trois personnalités fort dissemblables qui vont devoir lutter contre le même démon, avec des armes bien différentes, mais une pugnacité équivalente.
Le spectateur est plus d'une fois submergé par l'émotion durant ce film. Le scénario à la fois fin et détaillé, la mise en scène sobre et prenante : tout concourt à nous prendre à la gorge, au coeur, et aux tripes.
Mais le plus remarquable dans ce très beau film, c'est la prestation des trois acteurs principaux. Melvil Poupaud, en fervent catholique tenace et un peu naïf, est comme d'habitude parfait. Denis Ménochet trouve dans ce film un rôle qui lui convient à merveille : athée gouailleur et gentiment éruptif, il a un petit quelque chose de Depardieu. Quant à Swann Arlaud, il livre une prestation exceptionnelle, donnant ici le meilleur de lui-même : sensible, écorché et fragile.
Le film est un miracle : il parvient à émouvoir constamment sans accabler les bourreaux, qui paraissent au final faibles et ridicules.
Le meilleur film d'Ozon, et probablement un des meilleurs films français de 2019.
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NB : deux des cinq lots seront attribués par tirage au sort à des participants ayant aiméma page FBou mon compteTwitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).
Quel beau film que ce documentaire tourné dans un centre pour handicapés de la région de Lille, La pépinière.
L'approche des deux réalisatrices Caroline Capelle et Ombline Ley est originale : elles invitent les résidents du centre à jouer des scènes de leur vie quotidienne, ce qui donne un film qui se situe dans un entre-deux très excitant.
Le film alterne les plans lointains, à chaque fois très signifiants, et des scènes au contraire proches des résidents du centre, qui sont tous à la fois émouvants et très intéressants. On se souviendra souvent du Batman silencieux, du garçon en fauteuil roulant, d'Ophélie qui chante et de la jeune aveugle très "maîtresse de classe", très sûre d'elle. Chacun et chacune se dévoile progressivement, par accumulation de petites touches délicates et de mise en scène élaborée.
Dommage que ce très beau film ne sorte que dans 19 salles en France : c'est triste et immérité.
Felix Van Groeningen a souvent montré son goût pour la mièvrerie, mais celui-ci était pour l'instant dissimulé par un burlesque grinçant typiquement belge (Belgica, La merditude des choses) ou une mélancolie mélodramatique sur-développée (Alabama Monroe).
Ici, le rouleau compresseur de la normalité américaine renvoie malheureusement le réalisateur à ses limites : My beautiful boy est affreusement convenu et ses tentatives d'émouvoir échouent lamentablement.
La faute en revient principalement aux acteurs. Rarement l'expression "balai dans le cul" aura connu meilleure illustration que celle fournie par la prestation terne et guindée de Steve Carell. Quant à Timothée Chamalet, trop propre et mignon pour être crédible en junkie jusqu'au-boutiste, il fatigue par ses minauderies tiédasses.
Félix Van Groeningen tente de masquer l'incurie de son scénario derrière des afféteries inutiles (le montage mélangeant différentes périodes), et on reste interdit devant l'exploit que constitue ce film : laisser complètement froid le spectateur, avec une histoire qui intrinsèquement devrait être bouleversante.
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Comme souvent chez Lanthimos, je suis partagé entre l'admiration et l'agacement.
Côté admiration, il faut reconnaître l'inventivité de la mise en scène, l'élan général du projet artistique, la manière amusante de revisiter le film en costume et l'interprétation magistrale des actrices.
Olivia Coleman, que j'ai adoré dans la série Broadchurch et dans le film Tyrannosaur, trouve ici probablement le meilleur rôle de sa carrière. Elle est tour à tour intrigante, touchante, énervante. Le personnage qu'elle campe est l'épine dorsale du film, sa substantifique moelle et son véritable coeur. La tristesse générée par la perte de ses dix-sept enfants permet au personnage d'Anne d'acquérir une épaisseur émotionnelle que Lanthimos n'avait pour l'instant jamais atteint.
Côté agacement, la virtuosité un peu vaine, le capharnaüm des focales et des cadrages qui à mon sens ne parvient pas à donner au film une esthétique cohérente, un récit trop prévisible dans sa dernière partie et quelques longueurs.
Le résultat final est toutefois assez plaisant à regarder même si la stimulation intellectuelle intense que généraient les scénarios des précédents films de Lanthimos est ici en grande partie absente.
American animals est tiré de l’histoire vraie de quatre étudiants américains ayant projeté un casse majeur (et culturel, il s"agit de dérober de très vieux livres) sur le campus de leur université.
Il présente une particularité étonnante : celle d’intercaler dans son récit de fiction joué par des acteurs des interviews en plan fixe des véritables protagonistes de l’affaire.
Le procédé pourrait rapidement sembler pesant et ce faisant empêcher de croire en l’histoire interprétée sous nos yeux. Ce n’est pourtant pas le cas, grâce en particulier aux talents des acteurs, qui font de cette aventure humaine hors du commun un vrai moment de vie. Barry Keoghan, qui jouait l'ambigu jeune homme dans Mise à mort du cerf sacré, est de nouveau très bon.
Du mélange fiction / vie réelle naît au final une impression légère de sourde nostalgie, assez émouvante. On perçoit très bien les différentes phases de l’affaire : le besoin irrépressible de vivre quelque chose de fort (amitié, adrénaline, projet commun), le fiasco prévisible façon Pieds Nickelés, puis l’irrésistible victoire de la triste et insidieuse réalité.
Il est très étonnant que ce joli film réussi, présenté en compétition au dernier Festival de Deauville, n’ait pas trouvé le chemin des salles françaises : il l’aurait mérité.
Le début de Sorry to bother you est prometteur. Le personnage joué par Lakeith Stanfield est assez amusant : jeune Noir fauché qui se découvre un talent surprenant pour la télévente grâce notamment à son accent « de blanc », qui l’aide à placer des ventes.
L’anecdote rappelle la voix de blanc qui permettait à Ron Stallworth d’infiltrer le Ku Klux Klan dans Blackkklansman : Sorrry to bother you évoque d'ailleurs dans sa première partie un peu le film de Spike Lee, par son allant et son énergie.
Alors que le spectateur se demande quel film il est exactement en train de regarder (comédie sentimentale légère ? critique sociale de la société de consommation ? film militant pour la cause noire ?), le réalisateur Boots Riley choisit d’emprunter une voie assez surprenante : celle de l’uchronie déjantée.
Sorry to bother you devient alors une farce dans laquelle un fantastique coloré et grinçant fleurit. On pourra ne pas suivre ce pari osé. J’ai été pour ma part autant dérouté que séduit, et il me faut admettre que le montage alerte du film et son scénario bien huilé ne laissent finalement que peu de place à l’ennui.
Il est peut-être dommage que Boots Riley reste assez sage dans son délire : il manque au film cet élément foutraque (que manie si bien Wes Anderson) qui le rendrait vraiment aimable. Une curiosité à voir, si vous aimez le cinéma US indépendant décalé.
On retrouve dans le nouveau film de Barry Jenkins beaucoup des qualités qui m'avait enthousiasmé dans Moonlight (Oscar du meilleur film 2017) : une mise en scène d'une élégance rare (on dirait que la caméra flotte dans l'espace), une photographie splendide et une direction d'acteur époustouflante.
L'attention extrême avec laquelle le réalisateur scrute ses personnages est remarquable et contribue à rendre le film attachant. Il fait de ce jeune couple parfait, victime d'une "erreur" judiciaire dont le caractère raciste ne fait aucun doute, une sorte d'emblème christique de la condition noire. Tish et Alonzo ne se rebellent pas vraiment, le film ne s'étend pas sur les faits en eux-mêmes, il ne vise finalement qu'à faire ressentir une sorte d'amour compassionnel pour ces deux amoureux.
Si Beale Street pouvait parler est donc complètement dépourvu d'enjeux politique et on peine à croire qu'il est tiré d'un roman de James Baldwin. Comme le scénario est assez mince par ailleurs, on pourra peut-être être déçu par ce "film d'après" : Moonlight était tellement riche, complexe et tendu, que son successeur pourra peut-être paraître à certains un poil simplet et naïf.
A voir éventuellement.
Barry Jenkins sur Christoblog : Moonlight - 2017 (****)
A l'occasion de la sortie en VOD le 7 février du film de Bart Layton, présenté en compétition au dernier Festival de Deauville, je vous propose de gagner 5 pass VOD pour iTunes.
NB : un des cinq lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aiméma page FBou mon compteTwitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).
Il est des films qui sont plus une expérience de vie qu'une séance de cinéma. La vision du deuxième film du réalisateur chinois Bi Gan est de ceux-ci.
Il manque des mots pour décrire l'état de sidération qui me saisit lorsque commença dans la salle Debussy du dernier Festival de Cannes le fameux plan-séquence en 3D de près d'une heure qui conclut le film. Jamais je pense je n'ai eu autant l'impression d'évoluer à l'intérieur d'un rêve, d'être au contact d'une matière aussi purement onirique.
La presse et Bi Gan lui-même rivalisent d'expressions qui paraîtront plus ou moins fumeuses à ceux qui n'ont pas vu le film (Bi Gan dans Libération : "Le plan-séquence est comme une cage pour l'oiseau du temps") mais qui toutes tentent maladroitement d'exprimer l'indicible exaltation que procure ce moment.
Comparé à ce choc esthétique et mental, le reste du film (la première heure) paraît presque anecdotique, alors qu'il est d'une qualité exceptionnelle : une idée de mise en scène par plan et des images somptueuses.
Le propos de Un grand voyage vers la nuit est pour le moins elliptique : on comprend qu'il s'agit d'un homme (probablement un tueur) qui cherche la femme aimée, ou son souvenir. La narration est déstructurée, dans un style qui rappelle à la fois Wong Kar-Wai (l'association amour / temps / beauté / mise en scène), Jia Zhang-Ke (la précision du montage et la qualité de la photographie) et David Lynch (les objets fétiches récurrents, le labyrinthe des souvenirs).
Une expérience immanquable pour les amoureux de découvertes cinématographiques.
A l'occasion de Japonismes 2018, je lance un portail concernant le cinéma japonais. Le principe est simple : j'indiquerai sur cette page les liens pointant vers des critiques de films japonais publiés sur les blogs amis de Christoblog, avec deux principes :
- un seul article pour un film : premier blogueur arrivé, premier servi.
- pas plus d'un film par réalisateur pour un blogueur
Si vous souhaitez m'indiquer un de vos articles merci de le faire savoir en m'écrivant ici ou en laissant un commentaire ci-dessous.
J'ai une sympathie particulière pour Pascal Thomas, qui trouve sa source dans le plaisir éprouvé il y a bien longtemps à la vision de films comme Pleure pas la bouche pleine (1973), ou Les maris, les femmes, les amants (1988).
Malheureusement, je ne peux pas dire autre chose que beaucoup de mal de sa dernière production, qui est une véritable catastrophe artistique. Le film est une succession de saynètes autour des relations amoureuses, basées sur les confidences que s'échangent les participants à un mariage raté (le futur mari s'est barré).
Ces petits tableaux composés poussivement ne sont ni drôles, ni originaux. Je ne sauverai de cette calamiteuse série que l'histoire de la jeune femme qui ne supporte pas que les poèmes de Beaudelaire (sic) tatoués sur tout le corps de son amant soient entâchés de fautes d'orthographe.
Le casting, pourtant séduisant sur le papier (José Garcia, François Morel, Rossy de Palma, Irène Jacob), est outrageusement mal dirigé. La scène finale est un massacre hideux, dans lequel une figure tutélaire de la comédie française (Pierre Richard) est sacrifiée.
Un naufrage à éviter par tout moyen à votre disposition.
Ce dernier opus de ma série de conseils pour ceux qui veulent aller au Festival de Cannesest consacrée à l'accréditation apparue en 2018 : 3 jours à Cannes.
Ce qui va suivre est un résumé tiré de plusieurs témoignages, dont celui de Maxime Decerier et celui de Nicolas Am. Je les remercie tous les deux.
Pour bien comprendre ce qui va suivre, il est préférable d'avoir lu les 3 premiers articles.
Pour les jeunes uniquement
Premier point important, cette accréditation ne concerne que les jeunes de 18 à 28 ans, de toutes nationalités. Officiellement, elle a été crée pour rajeunir l'audience du festival et permettre à des jeunes de profiter du plus grand Festival de cinéma au monde. Il est évident que cette initiative permet aussi d'augmenter les audiences en dehors du week-end central et de rééquilibrer la fréquentation sur les 11 jours de festival, puisque trois sessions sont désormais ouvertes : une en début de Festival (du mercredi au vendredi de la première semaine), et deux plutôt à la fin (du lundi au mercredi, puis du jeudi au samedi de la deuxième semaine).
Comment ça marche ? Il suffit d'envoyer une lettre de motivation au Festival en passant par le portail d'inscription ! 1500 jeunes environ sont sélectionnés et il y aurait eu 10000 candidatures en 2023. On voit donc que la probabilité d'être retenu est loin d'être négligeable.
En 2018, les réponses favorables ont parfois été envoyées très peu de temps avant le début du Festival, ce qui a posé évidemment de gros problèmes logistiques pour se loger.
Comment ça marche ?
L'accréditation 3 jours à Cannes ne fonctionne que les pendant 3 jours, comme son nom l'indique.
Elle permet l'accès :
- au cinéma Les Arcades pour des projections exclusivement dédiées aux pass 3 jours (extrait ci-contre). La programmation est constituée de la plupart des films en compétition, et de quelques films de la sélection Un certain regard. Comme les salles des Arcades font environ 300 places, les places sont chères !
- à certaines séances spécifiques à l'intérieur du Palais comme les masters class (à condition d'en faire la demande préalable au bureau des invitations), certaines séances "du lendemain" et lors du dernier jour, à la reprise de tous les films en compétition.
- au système de réservation des invitations qui permet d'accéder aux séances officielles dans le Grand Théâtre Lumière. Pour cela vous avez accès à la Centrale de réservation informatique. A priori, en 2018, il a été possible d'obtenir par ce biais des invitations pour des séances en journée, mais quasiment aucune pour les séances du soir. Bien sûr il est toujours possible de procéder aux séances de quémandage que je décris dans les articles précédents. Une séance spécifique de Star Wars Solo semble également avoir été ajoutée le vendredi 18 mai 2018 à 22h visant en particulier la population des pass 3 jours : comme toujours à Cannes, il faut être perpétuellement aux aguets ! Pour toutes ces projections, vous êtes soumis aux même règles que les autres festivaliers (voir articles précédents)
- aux séances d'Un certain regard salle Debussy, de la Semaine et de la Quinzaine, et aux salles annexes comme le Cineum, dans les mêmes conditions que les badges Festivalier (cf mes autres articles).
Conclusion
Le pass 3 jours est une bonne façon de découvrir le Festival de Cannes. Si vous avez les moyens de vous loger il peut être agréable de venir un ou deux jours avant le jour de début de votre accréditation : votre accréditation 3 jours ne vous sera d'aucune utilité, mais vous pourrez fréquenter la Quinzaine en achetant vos billets, et vous pourrez aussi vous favoriser avec les lieux pour être pleinement opérationnel le jour J.
Pour bien comprendre comprendre le fonctionnement du festival de Cannes dans son ensemble, je vous conseille de lire :
Peut-on faire un bon film avec de bons sentiments ? Le bon sens cinéphile répond habituellement non, même si parfois il arrive qu'un film de ce genre tire occasionnellement son épingle du jeu.
Pour que les bons sentiments puissent faire un bon film, il faut plusieurs conditions. D'abord que le film évite à tout prix la mièvrerie quand il cherche à générer de l'émotion. Les invisibles de ce point de vue respecte parfaitement le cahier des charges : on y pleure souvent, mais les larmes restent toujours dignes, et se mêlent si facilement aux rires qu'on se sent simplement touchés au coeur, plutôt que triste ou joyeux.
Les films de bons sentiments ne doivent pas non plus tricher avec la réalité. Ils doivent montrer les choses comme elles sont, sans les embellir ni les noircir. Louis-Julien Petit excelle dans ce registre : son film ne cache rien de la réalité de ces femmes SDF, mais le fait sans emphase. Les moments difficiles ne sont pas sordides, et les victoires sont modestes.
Enfin, il faut que l'interprétation soit parfaite et que les acteurs évitent à tout prix le cabotinage, faute de quoi les bonnes intentions deviennent méprisables. Corinne Masiero, toute en retenue, trouve ici un de ses meilleurs rôles : impériale en patronne taiseuse et bienveillante. Noémie Lvovsky est touchante en bourgeoise qui veut aider et Audrey Lamy convaincante en garçon manqué qui fonce dans le tas.
Mais finalement, ce qui rend Les invisibles si aimable et ce qui explique son formidable succès en salle, c'est la prestation des femmes qui jouent les SDF et ont elles-mêmes vécu dans la rue : comment résister à leur incroyable prestation ? Toutes ces femmes sont infiniment touchantes et génèrent naturellement un immense sentiment d'empathie et d'admiration.
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NB : un des deux lots sera attribué par tirage au sort à un participant ayant aiméma page FBou mon compteTwitter ou s'étant abonné à la Newsletter du blog (n'oubliez pas pour participer à ce tirage au sort spécial de me donner votre pseudo dans votre réponse, pour que je fasse le lien).