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Christoblog

Jimmy P. (Psychothérapie d'un indien des plaines)

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/005/21000521_20130422172935134.jpgIl a fallu un certain culot à Arnaud Desplechin pour choisir cette trame de scénario, somme toute squelettique, puis pour aller la tourner aux USA. La faiblesse du film tient en effet avant tout dans son synopsis plutôt terne : une longue séance de psychanalyse filmée.

Si l'exercice n'est au final pas déplaisant, c'est par la grâce du jeu des acteurs. Benicio del Toro est excellent, colosse rempli de douleur et de douceur. Après un début inquiétant dans lequel il surjoue (yeux exorbités, sourire de fou furieux), Amalric se calme et devient progressivement touchant.

Le film est très bien réalisé, on est parfois touché par une scène de rêve, mais Jimmy P manque un peu de nerf, d'exaltation, d'âme.

Le fait que le patient soit indien n'est au final qu'anecdotique, même si la culture indienne nimbe certains dialogues d'une aura mystérieuse.

Cela fait lontemps que je n'ai pas vu un film qui me procure cet effet là : à quelqu'un qui le critiquerait trop fort je saurais répondre en soulignant ses belles qualités (le dévoilement progressif des éléments biographiques, la jolie photographie), et à celui qui l'encenserait je rétorquerais en pointant de réels défauts (le film est beaucoup trop long, des péripéties annexes - comme Madeleine - sont inutiles).

Pour une fois, je ne sais donc pas trop quoi vous conseiller. A vous de voir.

 

2e

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Tip top

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/071/21007192_20130521103804568.jpgPrésenté par certains comme le renouveau de la comédie française, Tip top s'avère au final en être plutôt le fossoyeur.

Le titre d'abord : il faut oser appeler son film Excellent, Super, Formidable ou Tip Top. Mieux vaut assurer, et être certains que les spectateurs ne sortiront pas de la salle en pensant comme moi : " Il aurait pu appeler son film : Nul, Caca ou Mauvais ".

Les acteurs et actrices ensuite : Huppert fait du super Huppert en perverse sadique, Kiberlain fait du super super Kiberlain, en ingénue timide et voyeuse, Damiens fait du Damiens extra. Bref, vous l'avez compris, Serge Bozon demande à chaque acteur d'accentuer ses propres travers en espérant en tirer un effet comique, et cela ne fonctionne pas. Les personnages ne sont que des caricatures, résumés à un de leur trait particulier, et qui ne semblent jamais intéragir entre eux.

Le scénario est incompréhensible (même Damiens, dans une interview, avoue ne pas avoir compris ce qu'il tournait), et Tip top se résume bien trop souvent à une suite sans rythme de vignettes mal filmées, sans lien entre elles.

Le film est bourré d'intentions un peu hypes et souvent désagréables, comme la photographie, volontairement très frontale, avec des éclairages plats et artificiels, sans profondeur de champ, qui donne à l'oeuvre une esthétique de fond de tiroirs télévisuels un peu sale. Le vague sujet des relations entre la France et l'Algérie est massacré sous prétexte d'être abordé sous un angle nouveau.

Tip top est un produit snob, qui ne se respecte pas lui-même.

 

1e 

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Mad men (saison 5)

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/77/49/08/20053306.jpgJ'ai été plutôt déçu par cette saison qui n'apporte aucune nouveauté par rapport aux précédentes.

Les créateurs semblent ronronner un peu et vivre sur leurs acquis, accentuant simplement un peu les caractères de leurs personnages principaux, dans une ambiance de plus en plus noire.

Don Draper et Peggy Olson se partagent les rôles les plus intéressants. Betty disparaît à l'arrière plan, comme d'autres personnages secondaires.

L'actualité semble pour la première fois une toile de fond artificiellement peinte, plutôt qu'une réalité (les Rolling Stones qu'on ne verra évidemment pas, les émeutes raciales dont on ne mesure ni le sens ni la portée, etc). On surprend même les scénaristes à placer dans leur script des astuces narratives dignes de séries plutôt bas de gamme (le cancer de Betty, les électrochocs, les parents de Megan).

Pas de nouveaux personnages d'importance, pas d'évènements très marquants (si ce n'est la chute de Lane, que la saison fait durer comme un ultime recours dramatique) : je me rends compte qu'écrivant sur cette saison plusieurs semaines après l'avoir vue il ne m'en reste déjà presque plus rien, si ce n'est l'impression agréable d'avoir effleuré des meubles de bois de précieux et du cuir de qualité, en sirotant un triple whisky.

Mad men sur Christoblog : Saison 1 / Saison 2 / Saison 3 / Saison 4

 

2e

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Tirez la langue, mademoiselle

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/162/21016298_20130627165927364.jpgRien, ou pas grand-chose, à sauver dans ce film.

Le scénario est absolument quelconque : deux frères tombent amoureux de la même femme.

Si Laurent Stocker s'en sort honorablement, comme d'habitude, grâce à la subtilité de son jeu, tous les autres acteurs sont très mauvais.

Louise Bourgoin, dont le seul mérite est d'être charmante, a un rôle d'idiote très mal écrit (ces scènes ridicules dans le bar), mais c'est Cédric Kahn qui est particulièrement mauvais, cantonnant son jeu à une sorte de mutisme forcené.

Les personnages secondaires sont plus que mauvais, ils sont catastrophiques : les pauvres participants aux Alcooliques Anonymes réduits à de grossières caricatures, les Chinois ridiculisés, et une assistante médicale (Annabelle) lamentable. Serge Bozon est aussi mauvais acteur que son collègue réalisateur Cédric Kahn.

Les dialogues semblent tous tomber par hasard dans la bouche des personnages. La mise en scène est effroyable, on a l'impression que la moitié du film est consacrée à filmer des gens en train de marcher. Les cadres sont affreux, la photo crade (le dernier plan est d'une laideur insigne : exemplaire à ce titre). Lors des conversations en champ / contrechamp on perçoit nettement que les plans ne sont pas raccord.

Le film est artificiel et médiocre de bout en bout. Un naufrage curieusement apprécié des critiques de tout poil.

 

1e

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La danza de la realitad

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/095/21009576_20130530165909944.jpgN'étant pas du tout un fan de Jorodowsky cinéaste, j'ai été voir ce film vierge de tout a priori.

Sans l'aura vaguement culte du réalisateur, qui nimbe la plupart des critiques parues dans la presse, je pense que le film apparaît pour ce qu'il est : une sorte de variante à la sauce réalisme magique de l'atmosphère fellinienne.

Ainsi nous avons au programme : un père violent, des femmes aux gros seins, un cirque, une mère qui ne s'exprime qu'en chantant, des infirmes au corps difforme, des scènes absurdes ou poétiques ou burlesques (ou qui tentent sans succès d'être les trois à la fois).

Malgré quelques éclairs de beauté (sur le volume d'idées projetées à l'écran, toutes ne peuvent être mauvaises), le film laisse une désagréable impression de déjà vu suranné.

Si la première partie est encore acceptable, la seconde est absolument mauvaise, sorte de farce surréaliste autour d'un dictateur d'opérette. De Fellini on passe à Jeunet, et ce n'est pas un compliment.

Le film, tour à tour déjanté, puis plus réaliste et finalement bricolé (on pense aussi à Gondry, et même au monsieur Merde de Carax), ne parvient jamais à trouver le ton juste. Le propos s'égare entre mille thématiques : dictature, argent, Dieu (père stalinien qui devient hyper-croyant), judaicité, handicap, pauvreté. Il manque au film des effets spécaiux crédibles, ou de la magie, ou un certain vertige métaphysique.

A 87 ans, Jorodowky a trop visiblement voulu réaliser un film testament.

 

1e

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Magic magic

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/030/21003037_2013050312174113.jpgCurieusement, certains considèrent Magic magic comme un film étrange, alors qu'il m'est apparu comme un bijou de limpidité et de réalisme. Bien sûr, ce qu'on voit à l'écran est parfois dépendant de l'état mental de son héroïne principale, mais tout film qui traite des altérations mentales comprendra une part de subjectivité (cf Psychose ou Vertigo) sans quoi il n'atteindrait pas son but.

Le prétexte est simple : une jeune américaine se retrouve isolée sur une île au sud du Chili en compagnie d'amis de sa meilleure amie, partie avorter à Santiago. Elle s'imagine (ou pas ?) être harcelée par les garçons et la fille qui l'entourent.

Le film excelle dans de nombreux domaines : des acteurs et actrices au top (magnifiques Juno Temple et Emily Browning, sidérant Michael Cera), des paysages admirablement filmés, une mise en scène au cordeau, un joli rythme, un sens aiguisé du décor et du cadre.

Magic magic parvient à distiller une atmosphère de film d'horreur à combustion lente, sans aucun effet horrifique. On a l'impression de comprendre parfaitement ce qui se passe, et tout à coup un élément nous fait douter (le coup de fil qu'on voit et qui n'a a priori pas eu lieu, l'hypnose feinte ou réelle...). Ce léger décalage se résoud dans un final parfaitement réaliste, et intraitable, bien q'un peu bancal.

L'attitude des jeunes gens, et en particulier de l'immonde Brink, fait l'objet d'une peinture extrêmement juste et pertinente.

Le genre de film qui vous fait sentir intelligent.

Sebastian Silva sur Christoblog : Les vieux chats

 

3e

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Ilo Ilo

Cette année, Ilo Ilo a remporté à Cannes la Caméra d'Or, qui récompense le meilleur premier film, toutes sections confondues. Et c'est mérité.

Nous sommes à Singapour, contrée rarement montrée au cinéma, et qui fournit peu de réalisateurs de renom à ma connaissance (il ne me vient à l'esprit que le nom d'Eric Khoo).

L'histoire que raconte le film est toute simple : une domestique de nationalité philippine est embauchée par une famille middle class pour s'occuper du ménage et de la gestion d'un garçon un peu difficile. Un amour profond naît entre le petit garçon et sa nounou, alors qu'une crise financière sans précédent frappe le pays (nous sommes en 1997).

Sans être exceptionnel, Ilo Ilo se révèle être parfaitement conçu et réalisé. J'ai été véritablement ému par la performance des différents acteurs dont le jeu est admirable. Le petit garçon est une boule d'énergie taiseuse. La bonne philippine iradie véritablement l'écran de sa présence patiente et déterminée, alors que la mère campe une madame tout le monde que le démon de la dureté et de la méchanceté gratuite n'épargne pas. La mise en scène est brillante, à la fois discrète et très intense, servie par une photographie lumineuse.

Le film dégage une impression de réalisme qu'on croise de moins en moins souvent au cinéma. Vous pourrez noter par exemple qu'au tout début du film la maîtresse de maison demande à Teresa de choisir la couleur de sa tasse, qui sera bleue (cette scène est d'ailleurs l'occasion d'une première humiliation). Tout le long du film vous verrez que Tereza utilise ce mug, et que dans certaines scènes tournées dans la cuisine, on voit la tasse à l'arrrière plan.

Le film est comme ça : d'une véracité extrême, dans les décors comme dans les sentiments. Au Festival Paris Cinéma, Anthony Chen a révélé le sens du titre. Il a été lui-même élevé par une nounou philippine qui s'appelait Terry comme dans le film, et qui était originaire d'une petite île qui s'appelait Ilo Ilo. Il raconte qu'un groupe s'est constitué aux Philippines pour la retrouver, mais qu'il n'est pas sûr d'avoir envie de la retrouver...

Un réalisateur dont je parierais qu'on le retrouvera un jour en sélection dans un grand festival.

 

3e

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Alabama Monroe

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/39/32/20462992.jpgLa frontière qui sépare le somptueux mélo et le drame larmoyant de mauvais goût n'est pas bien épaisse, et le nouveau film du cinéaste belge flamand Felix van Groeningen menace de basculer en permanence d'un côté ou de l'autre.

Lui est musicien (dans un groupe de country bluegrass). Elle travaille dans une échoppe de tatouage. De leur amour nait une petite fille, qui tombe malade.

La trame du film est éminemment casse-gueule et pendant toute sa première partie il ne tient guère la route que par la grâce des deux acteurs/trices principaux, qui sont vraiment formidables, et par la virtuosité d'une mise en scène redoutablement efficace. Lorsque commence la deuxième heure du film, le ton change notablement et Alabama Monroe passe alors dans une sphère supérieure. La direction d'acteur, le montage et la mise en scène continuent d'être exceptionnelles mais le scénario prend aussi une épaisseur très émouvante et intrigante. La fin du film est en tout point remarquable.

L'empreinte que laisse la vision de cette belle histoire est persistante, et ce n'est pas seulement le résultat de l'émotion et de la satisfaction esthétique (la photo est magnifique) : la musique hors du temps que joue le groupe contribue à diffuser à travers le film une douce et tendre nostalgie. Les morceaux qui accompagnent plusieurs moment décisifs du film sont vraiment magnifiques.

Le plus beau mélodrame de ces dernières années.

Félix van Groeningen sur Christoblog : La merditude des choses

 

3e

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Grand central

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/035/21003539_20130506123520021.jpgJ'attendais beaucoup de la nouvelle production du tandem Rebecca Zlotowski / Léa Seydoux, dont j'avais beaucoup aimé le précédent film, Belle Epine.

Hélas, après avoir patienté plusieurs heures à Cannes pour déguster le film dans une salle d'Un certain regard pleine à craquer, j'ai bien du me rendre à l'évidence : quelque chose dans le film cloche et l'empêche de réellement fonctionner.

Peut-être cela vient-il de Tahar Rahim, acteur qui me pose beaucoup de problème, puisque je ne le trouve pratiquement jamais crédible ? Ou suis-je gêné par la juxtaposition amour sensuel / radioactivité, sorte de prototype de la fausse bonne idée, uniquement fondée sur un contraste frontal qui ne sert en aucun cas le développement des deux thématiques ? Il faut dire que le fait de devoir tourner toutes les scènes à l'intérieur de la centrale nucléaire en Autriche n'aide pas à la fluidité du film, qui semble au final très "découpé" et peu cohérent.

En réalité, je n'ai pas cru une seule seconde à l'histoire d'amour entre les deux personnages principaux. Léa Seydoux ne parvient pas à être assez vulgaire pour rendre son personnage crédible (et l'artifice de la coupe de cheveux n'y aide pas). Dans cette escalade à vouloir représenter une certaine sorte de vulgarité, le casting semble presque trop construit (Olivier Gourmet et Denis Ménochet, ensemble !).

Le film ne donne pas l'impression de former un tout, mais plutôt un assemblage d'éléments disparates. Il vaut plus pour son ambiance que par une analyse psychologique ou un développement narratif : en somme les défauts de Belle Epine amplifiés par un budget plus important, sans que les qualités du premier film ne subissent le même sort.

 

1e

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Michael Kohlhaas

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/246/21024605_20130805164847021.jpgJ'aurais furieusement aimé aimer ce film, ne serait-ce que pour inviter tous mes lecteurs à y contempler de superbes paysages cévenols.

Malheureusement, il me faut avouer que le décor seul tient ses promesses, et j'y inclus le visage de Mads Mikkelsen, incroyable de minéralité.

Le scénario, illustrant une nouvelle de Kleist, aurait pu être intéressant, et en résonance avec son époque : un commerçant se révolte contre une injustice, lève une armée, puis s'en remet finalement à la justice. Le problème est que cette bonne matière bute constamment contre le parti-pris du cinéaste, Arnaud des Pallières, qui semble être de tuer toute émotion dans l'oeuf et de ralentir délibérément le rythme du film. On dirait par exemple que les acteurs se sont vu imposer un temps de silence après chaque réplique. Leur jeu est donc hiératique et désincarné.

Le film se distingue par des aspects techniques excellents (belle image, bande-son remarquable, scènes d'extérieur très bien filmées) et un mode de narration qui commence à être exotique et intriguant, avant de devenir fasitdieux et ennuyeux. Il lui manque l'étincelle qui nous emporterait (à l'image de ce dernier plan, beaucoup trop attendu). Parmi les autres défauts du film, j'ai également noté que le contexte historico-religieux du film aurait pu être développé, et que le personnage de Denis Lavant aurait pu être rendu plus compréhensible.

Une oeuvre d'esthète.

 

2e

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Les Apaches

Sorte de teen movie sauvage ayant pour cadre la Corse, Les Apaches tente d'inventer un genre dans le lequel Fassbinder croiserait Kieslowski, dans un paysage de garrigue

On voit bien ce qu'a voulu faire le réalisateur Thierry de Peretti : prendre à contre-pied les images préconçues qu'on peut avoir de l'Ile de Beauté (tourisme, terrorisme, mafia) et y greffer une histoire d'ado qui tourne mal. Si le résultat est globalement conforme au cahier des charges, il manque un petit quelque chose pour emporter l'adhésion et susciter l'enthousiasme.

J'ai eu un peu de mal à m'identifier aux personnages, et la scène choc, autour de laquelle le film est construit, m'a parue incongrue, mal amenée et même illogique. J'ai aussi trouvé que le film souffrait de lacunes techniques très pénalisantes : un son déplorable qui rend certains dialogues inaudibles, une photo exagérément sombre, un montage à l'emporte pièce, des acteurs non professionnels aux limites évidentes.

En résumé, Les Apaches aurait fait un moyen métrage assez convaincant, mais s'avère sur la longueur décevant, malgré ses qualités fugitives, qui évoquent un Cassavetes solaire.

 

2e

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Jeune et jolie

Au premier jour du festival de Cannes 2013, la jeune Marine Vacth fit sensation sur la Croisette. Inconnue jusqu'alors, son physique de mannequin (elle est l'est l'égérie du parfum Parisienne, d'Yves Saint-Laurent), associée à son rôle sulfureux, enflamma l'imagination des festivaliers. Il faut dire qu'en début de Festival, toute étincelle suffit à provoquer un incendie tellement le peuple cannois est disposé à l'inflammabilité (et peu aux amabilités).

Plus tard dans la semaine, de vraies actrices (Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, par exemple) ont renvoyé avec justesse Marine Vacth au rayon des starlettes anecdotiques, mais c'est une autre histoire.

Je m'étends un peu sur le sujet de Marine Vacth, parce que je n'ai pas grand-chose à dire sur le film par ailleurs, qui est assez faible, Ozon étant visiblement tellement fasciné par son actrice qu'il en oublie de filmer. Le pitch du film est intrigant : montrer sans pathos et sans jugement comment une jeune fille de 17 ans est amenée à ce prostituer sans raison.

Le problème, c'est qu'il fait partie de cette catégorie de films qui s'arrêtent où leur pitch finit. Le programme est donc suivi sans imagination. Isabelle fait des passes. Elle en fait de plus en plus. On ne comprend pas exactement pourquoi. Elle ne voit pas le mal. Point.

Filmé par Haneke, cela aurait pu être malsain. Filmé par Ozon, c'est insignifiant. Il faut un cinéaste d'une autre trempe pour filmer le vide, l'absence de motivations. Le mauvais goût du réalisateur ne colle pas du tout à la tonalité de l'histoire, et certaines scènes (quand son beau-père se laisse draguer par exemple, où quand elle dit au psy à propos du tarif de la séance "C'est pas cher") suscitent des ricanements dans le public.

Marine Vacth n'est pas très bonne actrice à mon goût, mais il faut dire que les autres personnages sont encore pires. Toute la distribution (à l'exception peut-être de Géraldine Pailhas) est à jeter, ma prime à Frédéric Pierrot, pitoyable.

Le film, sous ses dehors pseudo-naturalistes un peu gauches, est donc peu intéressant, peu profond, peu plausible. Un exploit à signaler : rendre Charlotte Rampling ridicule dans une absurde dernière scène. La chair n'est même pas triste dans Jeune et jolie, elle est absente.

 

1e

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Les salauds

http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/078/21007806_20130523112205469.jpg

Au dernier festival de Cannes, les personnalités présentes dans la salle lors de la projection du dernier film de Claire Denis (Leo Carax, Catherine Deneuve, Béatrice Dalle, Jane Campion) montraient bien l’estime de la profession pour cette réalisatrice.

Les salauds, adapté de façon très lointaine du Sanctuaire de Faulkner, s’annonçait sulfureux, mettant en scène un Vincent Lindon plus lindonien que jamais, essayant de percer à jour un terrible secret, gardé collectivement par toute une famille.

Au cœur de ce secret, et ce n’est pas spoiler de le dire car les premières images du film sont explicites, des abus sexuels pratiqués collectivement sur une jeune fille. On voit assez bien le but recherché par Claire Denis : faire un film d’une noirceur absolue, un labyrinthe étouffant dans lequel s’égare un héros a priori intègre , une œuvre dans laquelle le mal rôde, omniprésent.

Le résultat ne pas convaincu : d’une part le mal ne parvient pas à être si terrifiant que ça, et d’autre part la façon dont le film sème un peu confusément des fausses pistes m’a profondément gêné (les sauts temporels, l’homme des premières scènes, le vélo du garçonnet dans la forêt, le dernier plan). Les liaisons avec la situation économique actuelle sont un peu trop appuyées (le méchant est évidemment un monstre capitaliste), et certaines scènes manquent à l’évidence de réalisme (l’accident) alors que l’ensemble adopte plutôt une tonalité dans un registre connecté au réel.

Le film ressemble à un brouillon, comme si Claire Denis avait voulu filmer quelques idées brillantes sans avoir véritablement la volonté d’en faire un film complètement maîtrisé. A noter toutefois que l’ambiance musicale, animée entre autre par Tindersticks, collaborateurs habituels de la réalisatrice, est excellente.

Imparfait.

 

2e

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People mountain people sea

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/95/65/98/20461161.jpg Sort le 19 juin 2013 un film chinois réalisé en 2009 et que j'ai vu au Festival des 3 continents 2011, ce qui illustre les bizarreries de la distribution en France de certains films "exotiques".

D'abord un mot sur le titre : People mountain, people sea est un proverbe chinois qui signifierait qu'il "y a tant de personnes en Chine". Le rapport avec le contenu du film n'est pas limpide : on pourra supposer qu'il est simplement relié au fait que l'odyssée de l'homme qu'on suit durant 91 minutes est un road trip à travers tout le pays. Le film de Shangjun Cai n'est pas une franche partie de rigolade.

Son héros mutique commet des actes dont on ne comprend pas vraiment le sens, avant de finir dans une mine de charbon au Nord de la Chine. Le film se conclut par une explosion due je suppose au grisou, qui donne lieu à de très belles images.

Le tout est désespéré, noir, et franchement déprimant. Très bien filmé, le film de Shangjun Cai mérite peut-être pour sa belle mise en scène le Lion d'argent en 2011 à Venise, sûrement pas pour son pouvoir de distraction. Sans dénier ses qualités esthétique, osons dire qu'on s'y ennuie ferme. People mountain, people sea souffrira de plus obligatoirement de la comparaison avec A touch of sin, film chinois comparable de Jia Zangke, encore plus beau, plus ample et doté d'un scénario bien plus captivant (Prix du scénario à Cannes 2013). Dans les deux cas, c'est un tableau de la Chine contemporaine bien noir qui est dressé.

 

2e

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Grigris

Grigris commence comme un amer tableau de la misère sociale africaine. D'un côté un jeune homme handicapé qui ne trouve pas de travail, et danse le soir dans les boites de nuit une curieuse danse spectaculaire et syncopée. De l'autre, une prostituée qui se vend aux touristes français.

Les ingrédients sont donc en place pour que le film tourne à la tragédie la plus noire, d'autant qu'une embrouille liée au marché noir précipite le jeune danseur entre les griffes de criminels.

L'intrigue, comme d'habitude chez Mahamat Saleh Haroun, met du temps à s'installer, puis gagne progressivement en épaisseur. Plus qu'aux caractères, le réalisateur s'intéresse ici aux corps : celui, déformé, de l'acteur Souleymane Démé, qui s'emplit de grâce quand il danse, et celui de la jeune prostituée, le mannequin Anaïs Monory, magnifique. Au final ces deux corps se vendent, mais le laid s'élève alors que le beau s'abaisse.

Le pire est probable, et pourtant ne se réalise pas. Les deux personnages tombent amoureux, et la fin du film relève presque du conte, tellement elle est enjouée et positive. C'est le contraste entre la densité de noirceur initiale et la vision finalement optimiste qui a troublé je pense le public de Cannes, peu habitué à ce que les films de la sélection officielle ne se terminent pas de la pire des façons.

J'ai trouvé pour ma part le film remarquablement mis en scène, et dégageant d'intenses moments de poésie, comme cette scène absolument magique lors de laquelle Souleymane Mémé danse sur le toit. Mahamat Saleh Haroun parvient comme dans ses films précédents à imposer son regard, d'une attention et d'une bienveillance extrême. On pourra peut-être regretter cette fois-ci que les acteurs ne soient pas tous parfaitement à la hauteur de leur réalisateur. Le scénario aurait peut-être pu être également un peu plus travaillé.

Grigris met en évidence la puissance de l'amour, la détermination d'un individu et la force du collectif (dans sa partie finale) : ça fait du bien !

 

3e

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Hijacking

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/97/21/66/20521404.jpgSi vous aimez la série danoise Borgen, un des intérêts de Hijacking est de vous replonger dans son ambiance : le scénariste et trois des acteurs majeurs de la série sont impliqués dans le film.

L’intrigue est simple. Un bateau est détourné au large de l’Afrique par des pirates somaliens, et les négociations durent très, très, très longtemps (4 mois).

Si l’ambiance globale du film est réussie, opposant judicieusement les décors froids et aseptisés de Copenhague à la moiteur régnant sur le cargo, l’intrigue souffre d’une certaine anémie. L’aspect négociation est réduit à des traits très sommaires (quelques montants de rançon écrits sur un tableau blanc) et les aspects psychologiques sont dessinés à coup de serpe. Le personnage central du négociateur, manager froid au gros égo qui pète exceptionnellement les plombs, ne m’a pas convaincu. Je trouve que Tobias Lindholm abuse des plans fixes sur ce personnage silencieux, procédé qui prétend habituellement donner à voir des gouffres intérieurs, et qui est ici juste ennuyeux.

Le film manque de profondeur, de contextualisation (il y aurait sûrement beaucoup plus à dire d’un point de vue géo-politique ou même psychologique sur ce type d’évènements) et de rythme. En choisissant un registre proche de l’épure le film court le risque de ne pas capter l’attention du spectateur sur la durée, et c’est ce qui m’est arrivé

Le Danemark sur Christoblog : The killing / Borgen / Royal affair / La chasse / Le guerrier silencieux

 

2e

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World war Z

http://fr.web.img6.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/087/21008783_20130528113635491.jpgAnnoncé comme l’un des blockbusters les plus réussis de l’été, World war Z s’avère être un divertissement tout juste acceptable.

La première partie du film est plaisante : la réalisation de Marc Forster est vive et l’impression d’immersion assez réussie. Le générique de début, à base d’extraits de journaux télévisés, donne un ton anxiogène au récit, qui se maintient pratiquement jusqu’au bout du film. Brad Pitt joue sobrement un agent fédéral qui a décroché des opérations de terrain mais doit y replonger, pour que sa famille soit protégée des zombies.

Ces derniers sont convaincants. Leur vitesse « de reproduction » est supersonique (il faut 11 secondes pour faire d’un vivant infecté un zombie) et cette contamination express donne des scènes absolument prenantes. Le film évite avec goût les effets résolument gore, pour se concentrer sur les tensions psychologiques et le suspense. Le passage en Israël est proprement stupéfiant, convoquant au passage une série de références historiques troublantes.

L’intrigue est suffisamment maline pour que notre intelligence ne se sente pas vraiment insultée… jusqu’à la dernière partie du film. Alors que World war Z avait jusqu’alors évité les écueils classiques de ce genre de film (sensiblerie, invraisemblance manifeste), il multiplie les erreurs lors de la séquence se déroulant dans un centre de recherche gallois. Au programme des bêtises : un message d’amour à sa famille griffonné sur un carton et placé devant une caméra de surveillance, une injection réalisée en dépit du bon sens (il pourrait demander conseil à l’interphone !) et un placement de produit en faveur de Pepsi absolument scandaleux.

Vous ne vendrez pas votre âme de cinéphile en allant voir World war Z, mais pour prendre du plaisir à la vision du film vous devez apprécier un minimum nos amis les morts-vivants.

Zombies sur Christoblog : Shaun of the dead / The walking dead

 

2e

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Ini Avan, celui qui revient

La situation du réalisateur Sri Lankais Asoka Handagama est paticulière à plus d'un titre.

Il a d'abord un « vrai travail » : il est directeur de la communication dans la plus grande banque de son pays.

Ensuite il tourne ses films en été, pendant ses vacances. Et enfin, c'est une vraie célébrité dans son pays, ayant déjà suscité de belles polémiques par le passé. Aussi, quand est sorti Ini Avan, traitant du difficile retour d'un combatant tamoul dans son village à la fin de la guerre civile, le débat a enflammé Sri Lanka, où les blessures de cette longue, longue guerre ne sont évidemment pas cicatrisées.

Ini avan a été présenté à la sélection aCid du festival de Cannes 2012 et j'ai eu le plaisir de le voir au Festival International de La Roche sur Yon en octobre 2012.

Il faut absolument dire pour commencer que Ini avan est une splendeur visuelle. Le film baigne dans une photographie admirable, les visages des acteurs et actrices sont magnifiés par des éclairages somptueux. Les cadres d'Handagama composent autant de tableaux d'une perfection quasi-surnaturelle.

Cette ambiance délicate et visuellement très réussie permet d'accepter les lenteurs d'une intrigue qui se développe lentement et bifurque en cours de film vers un sujet absolument non prévu au départ. Alors qu'il commence par traiter de la réacclimatation à la vie civile de celui qui fut un enfant-soldat, le film glisse progressivement vers une chronique sociale puis criminelle. C'est très étonnant et stimulant.

Si ces circonvolutions scénaristiques peuvent égarer un peu le spectateur inattentif, le jeu de l'acteur principal, extrêment physique, recentre toujours le film autour d'un axe qui le traverse de part en part : la violence sourde qui émane forcément de ces ex-combattants (et bien que celui qui nous est montré ici soit d'une douceur extrême).

Une découverte.

 

2e

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Le congrès

Le nouveau film d'Ari Folman vaut d'abord par l'interprétation magistrale de Robin Wright.

Le congrès se décompose en deux parties. La première, en prises de vue réelles, nous décrit comment une actrice de second plan, ayant fait beaucoup de mauvais choix dans sa carrière, se voit proposer de devenir "numérisée". Elle doit accepter de se faire modéliser, puis abandonner tout droit sur l'exploitation qui sera faite de son image.

Cette première partie est captivante. Il y règne une atmosphère à la limite du fantastique, grâce notamment au décor stupéfiant de l'entrepôt dans lequel vit l'héroïne et ses enfants. Robin Wright y joue en quelque sorte son propre rôle (en tant qu'ex-actrice de Santa Barbara et de Princess Bride), et elle est bouleversante. Les seconds rôles sont assez caricaturaux, mais plaisants.

Une fois la numérisation effectuée, le film se projette dans l'avenir, et commence la partie d'animation, qui m'a pour tout dire hérissé. Je n'aime pas le style cartoon du dessin, qui d'ailleurs n'est pas celui des photos circulant sur Internet, ce qui surprend beaucoup et d'une certaine façon constitue une sorte de tromperie. L'intrigue est extrêmement complexe : il s'agit de vie dans un monde virtuel, et de céder maintenant plus que son apparence : son essence. Pas évident de raccorder ce qu'on voit à la réalité, et d'ailleurs, quand le film s'y risque à la toute fin, le résultat n'est pas probant.

Le congrès est un film ambitieux construit sur des thématiques quasi-philosophiques (comme celle du choix, omniprésente), mais qui n'évite pas les naïvetés et la sensiblerie (l'histoire du fils), et parfois le mauvais goût. Le scénario est stimulant intellectuellement (on songe entre autres à Philip K. Dick, à Matrix et à David Lynch), mais par trop foisonnant. Le film fourmille d'idées de toute sorte, ce qui le rend intéressant, mais laisse l'impression finale de ne pas avoir été maîtrisé de bout en bout.

Une expérience à tenter pour les plus curieux.

 

2e

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Frances Ha

http://fr.web.img4.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/210/144/21014455_20130621152807984.jpgPrésenté à Berlin dans la section Panorama et à Totonto en compétition, Frances Ha arrive en France précédé d'une flatteuse réputation, matérialisée par exemple par les soutiens de Télérama et de France Inter.

J'attendais donc beaucoup de ce film, d'autant plus que j'ai aimé le précédent film de Noah Baumbach : Greenberg. D'ailleurs, pour ceux qui ont vu ce film on pourrait dire que Frances est la version énergique et féminine d'une dépression dont Greenberg serait la face mélancolique et masculine.

A 27 ans, Frances voudrait être une adulte mais n'y parvient pas. Dès les premières minutes du film elle se fait larguer par son mec, suite à une jolie scène où elle refuse maladroitement une proposition d'emménagement ensemble. C'est que Frances a une amie, Sophie, personnage de fille intellectuelle et binoclarde typiquement allenienne, qui est véritablement sa raison de vivre, son alter ego : « Nous sommes comme deux lesbiennes qui ne baisent plus ensemble » dit Frances. Mais Sophie va partir habiter Tokyo avec son mec, un goujat qui prend plaisir à éjaculer sur le visage de Sophie, comme on l'apprend incidemment. Professionnellement, notre héroïne ne réussit pas à intégrer la compagnie de danse qui l'intéresse. Je vous le disais : Frances, c'est le ratage total du passage à l'âge adulte.

Greta Gerwig compose une gourde que plusieurs critiques qualiferont sans nul doute d'épatante, d'attendrissante ou de désopilante, tellement sa prestation se prête à se type de qualificatifs. Pour ma part j'ai trouvé qu'elle forçait trop le trait "gourdasse undatable".

Globalement le film lorgne excessivement du côté des clichés et des références. Il y a fort à parier que tous les papiers sur le film évoquent Woody Allen, tant l'ombre du film Manhattan plane au-dessus de Frances Ha (le noir et blanc, le personnage de blonde physique, l'importance de la musique, les rues de New-York). Mais on y entend aussi un extrait des 400 coups, Frances rate un rendez-vous à Paris où elle pourrait dîner avec un sosie de Jean-Pierre Léaud, etc. Et le film subit également l'influence évidente de séries girly. Frances Ha, sous cette accumulation d'allusions, finit par ressembler à un empilage de sucreries.

Pas désagréable à regarder, le film n'arrive jamais à être vraiment drôle (je n'ai pas ri une fois) ni triste (pas beaucoup d'émotion possible au vu des simagrées de Greta Gerwig et de l'aspect caricatural des autres personnages). Il manque au film un souffle de légéreté, une inspiration qui le démarquerait de ce qu'on peut appeler le mainstream du film US indé.

Anecdotique, à l'image du plan final, qui révèle pourquoi le film s'appelle Frances Ha.

 

2e

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