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Christoblog

Dans la brume

Dans la brume, de Serguei Loznitsa, comprend 72 plans pour 2h20. Chaque plan dure donc en moyenne 2 minutes, ce qui est très long.

Autant donc être prévenu, Dans la brume est un film qui prend son temps, un film lent dans lequel il faut se laisser immerger et dont le propos n’est pas d’une folle gaieté.

Nous sommes en 1943, quelque part en Biélorussie. Les nazis font régner une terreur sans nom (1,3 millions de Biélorusses furent tués, soit un quart de population, ce qui en fait la nation proportionnellement la plus meurtrie durant la seconde guerre mondiale).

Un homme arrêté est relâché alors que camarades sont exécutés : les nazis veulent faire croire que c’est lui qui a dénoncé ses camarades, alors que ce n’est pas le cas. L’homme rentre chez lui. Il sait que la Résistance va venir l’exécuter, ce qui ne manque pas d’arriver.

Sur cette trame sombre et pessimiste, Loznitsa dessine un film qui est une œuvre picturale de première qualité. La nature y est magnifiquement filmée, comme les visages. Le travail du directeur de la photo, Oleg Mutu, qui signe aussi celle d'un autre beau film de la compétition cannoise 2012 (Au-delà des collines), est remarquable. Le scénario nous emmène sur des pistes assez inattendues. Loznitsa fait également appel à des flashbacks qui nous en apprennent plus sur les personnages principaux. Il faut être attentif pour bien comprendre quand ces flashbacks surviennent.

S’il possède une force indéniable et une beauté mêlant spiritualité et esthétisme qui rappelle un peu le cinéma de Tarkovski, Dans la brume n’échappe pas à une sorte d’académisme qu’on pourrait qualifier de "cannois" : il semble être conçu pour être projeté en festival, et en particulier sur la Croisette. Majestueux, signifiant, stylé (parfois à trop, à l’image du plan final).

Un film qui me donne pourtant envie de découvrir le film précédent de Loznitsa, déjà sélectionné en compétition officielle en 2011, My joy.

 

3e

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Zero dark thirty

Zero dark thirty se décompose en deux parties très différentes.

La première raconte comment pendant 10 ans une femme va suivre une piste improbable qui finira, par le biais d'une obstination résolue - et d'un peu de chance, par mener à Ben Laden. Cette traque est filmée d'une façon particulière, un peu molle, zébrée d'éclairs de violence et de flambées de suspense.

J'ai songé tout au long à l'ambiance un peu délétère, qui fait si bien sentir le temps qui s'écoule, du film de Fincher, Zodiac. La prestation de Jessica Chastain, bloc de volonté résolue, est hyper-convaincante.

Le film évite de tomber dans des facilités (no sex !), n'esquive pas la question qui fâche (la torture) tout en la traitant parfaitement objectivement, et démystifie le travail d'espion. C'est du bel ouvrage, filmé d'une façon rigoureuse et personnelle.

La dernière partie reconstitue l'attaque nocturne vers le repaire de Ben Laden. Cette partie semble reprendre les canons du film d'action américain, mais au final ressemble plus à une sorte de jeu vidéo d'exploration : il s'agit plus de faire exploser des dizaines de portes plutôt que de shooter à la mode Call of duty

Le ballet des soldats dans la nuit en devient d'une certaine façon presque abstrait. La présence des voisins interloqués, les enfants rassemblés dans une salle, le crash un peu stupide de l'hélico, ces "Oussama" chuchotés un peu bêtement, les plans répétés sur le tireur d'élite qui vit toute l'attaque sur un toit à viser des cibles inexistantes : tous ces détails probablement tirés de la réalité contribuent à faire de toute la scène d'attaque une sorte de tunnel irréel.

Zero dark thirty parvient à cumuler un vrai point de vue d'auteur (la mise en scène de Bigelow est facilement reconnaissable), un intérêt documentaire évident et une tension latente d'une nature profondément originale.

A voir.

 

3e

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Lincoln

Lincoln est probablement un personnage intéressant. Le problème, c'est que le film de Spielberg n'en donne qu'un très vague aperçu.

Il est curieux de constater comment le réalisateur novateur et inventeur de formes qu'était Spielberg a ses débuts s'ossifie progressivement, pour devenir petit à petit un formaliste empesé.

Tout sonne faux dans Lincoln. Daniel Day Lewis peine à varier ses expressions, les autres acteurs se contentent de dessiner des silhouettes, les éclairages sont outrés, les décors ressemblent à des décors, etc... Je ne suis jamais parvenu à entrer dans l'histoire qui nous est contée, d'autant plus que le scénario est d'une faiblesse criarde.

Le suspense du vote devant conduire à l'adoption du 13ème amendement, abolissant l'esclavage, est en quelque sorte sabordé, complètement sous-exploité, à tel point que la scène finale en devient presque incompréhensible (alors que le pays entier compte les oui et les non, aucune des deux parties n'anticipe le résultat final, alors qu'il se dessine de façon évidente). Les scénaristes de Borgen auraient du être appelés en renfort !

Les arguties politiques incompréhensibles, les culs-de-sac narratifs, les invraisemblances évidentes, les raccourcis sur le contexte familial : tous ces éléments devraient conduire à demander aux scénaristes de rendre immédiatement leurs salaires.

Académique, ampoulé, factice, le film cumule approximativement les mêmes défauts que Cheval de guerre, et il y a de fortes chances que si vous avez aimé l'un, vous aimerez l'autre, et inversement.

Le plus étrange est que la fin même de Lincoln ne nous arrache aucune larme, alors que les grosses ficelles du scénario nous inspirent plutôt des sourires condescendants (oh, le brave député anti-esclavagiste qui aime sa servante noire, et couche avec elle).

Reste toutefois, en ces temps de loi sur le mariage pour tous, une réflexion stimulante sur le concept d'égalité.

 

2e

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Blancanieves

Alors qu'il travaillait depuis 8 ans sur son film, on imagine quelle émotion a du ressentir Pablo Berger lorsqu'il apprit la sortie de The artist, film muet en noir et blanc, comme le sien.

En effet, force est de constater qu'il y a bien une similitude profonde entre les deux films, qui sont tous les deux un hommage au cinéma muet, à la fois dans l'esprit et  dans la confection (mimiques exagérées des acteurs, cartons exposant quelques phrases de dialogues, éclairages expressionnistes, format carré).

Les histoires, heureusement, diffèrent notablement. The artist s'inscrit dans une veine holywoodienne, Blancanieves (Blanche-Neige en espagnol) est une relecture du conte des frères Grimm à la sauce andalouse, baignée d'une photographie très inspirée par le cinéma européen du début du XXIème siècle, et aussi par la peinture espagnole des siècles précédents.

Le film de Berger est remarquable dans sa forme. Je l'ai trouvé encore plus séduisant que celui d'Hazanavicius. Montage parfait, cadrages remarquables, acteurs splendides. Blancanieves est très agréable dans sa première partie, un peu moins dans sa partie intermédiaire, et enfin assez captivant lors de son final.

La corrida forme une toile de fond culturelle au film, sans que ce dernier en soit l'apologie, loin de là. Les quelques débats naissants sur ce sujet sont donc hors sujet : la tauromachie est à Blancanieves ce que la géologie est à la Bible.

Hormis la photographie, vraiment formidable, il faut aussi souligner la prestation des acteurs et actrices : les 6 nains sont fabuleux (oui, 6 et pas 7, vous verrez pourquoi en allant voir le film) et le trio féminin Macarena Garcia / Maribel Verdu / Angela Molina est enthousiasmant.

 

3e

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L'ivresse de l'argent

http://fr.web.img2.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/61/42/20360400.jpg

Mais où est donc passé le cinéaste délicat du Vieux jardin, ou de ce chef d'oeuvre qu'est Une femme coréenne ?

En voyant The housemaid, je me posais déjà la question, mais lors de la projection à Cannes, en compétition officielle, de son dernier film, j'ai su que Im Sang-Soo s'était bel et bien égaré quelque part en un territoire rutilant et chromé, où les émotions nuancées n'existent plus.

L'ivresse de l'argent peut être vu comme un décalque de The housemaid, même milieu feutré de super-riches, même goût pour le sexe, à la différence qu'ici ce goût est assumé par une vieille rombière, ce qui ne rend pas le film plus aimable.

L'exercice pratiqué par Im Sang-Soo est sans nul conteste extrêmement brillant techniquement et plastiquement (ces mouvements de caméra !), mais cette maestria s'exerce avec tellement d'ostentation qu'elle nuit à l'attrait du film, dans lequel les personnages sont confinés à des caricatures parfois grotesques, qui rejouent sans fin la même partition sur le thème sexe / pouvoir /argent.

Quant aux derniers plans, je ne les ai absolument pas compris, et la rupture de ton qu'ils entraînent me laisse absolument perplexe.

Un exercice de style aussi brillant qu'inutile.

 

2e

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May

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/35/17/92/18372090.jpgHeavenlycreature essaye toujours de me convertir aux films d'horreur en me prêtant des DVD qu'il pense pouvoir me plaire.

 

Avec ce premier film de Lucky McKee (2002), on en est pas loin.

 

L'histoire n'est pas d'une originalité folle : une jeune femme moche (enfin, tout est relatif), et atteinte de strabisme, est complexée, timide, sans ami, et malheureuse. Elle tombe amoureuse d'un beau garçon et se fait draguer par sa collègue de bureau, la sublime Anna Faris.

 

Ah oui, il y aussi une poupée qui fait peur, comme il est de coutume.

 

Après 45 minutes plutôt intéressantes par la description froide et sobre de l'accumulation de frustations, le film vire vers un côté plus sombre et terrifiant. Ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'il le fait là aussi avec une économie de moyens méritoire, qui ne nuit pas à la tension que l'on ressent, bien au contraire.

 

La toute fin, sur laquelle il convient de jeter un oeil (wouarf, wouarf), sombre par contre dans le gore, c'est un peu dommage.

 

Pas mal, peut mieux faire.

 

2e

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Ultimo Elvis

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/86/82/83/20273844.jpgIl y a beaucoup de bonnes choses dans le film de l'argentin Armando Bo (scénariste d'Inarritu pour Beautiful, pas le meilleur film de ce dernier).

 

Par exemple la prestation de l'acteur John McInerny en Elvis est bluffante. Ce n'est pas tant que la ressemblance soit physique (elle ne l'est pas), mais le personnage de Carlos EST Elvis Presley, vit en Elvis, pense en Elvis, et chante en Elvis. Chaque prestation scénique est d'ailleurs un morceau de bravoure qui nous donnerait (presque) envie d'écouter le King d'origine.

 

Les mouvements de caméra sont aussi très beaux (comme celui du premier plan, lynchien) même s'ils deviennent à force un peu trop virtuoses (la caméra qui tourne systématiquement autour d'Elvis).

 

Le scénario n'est pas non plus inintéressant, même si son aspect un peu télécommandé nuit à l'efficacité du film. Alors que Carlos/Elvis est en passe de réaliser un projet personnel qu'on devine assez vite, il doit s'occuper temporairement de sa fille, suite à un accident de voiture qu'a eu son ex-femme : c'est assez bien amené et cela donne lieu à quelques jolies scènes.

 

Tout est donc réuni pour faire un bon film (et les critiques sont plutôt flatteuses), et pourtant cela ne fonctionne pas. En tout cas pour moi. Mystères du cinéma et boule de gomme narrative, Ultimo Elvis m'a laissé froid. Tout y est trop, trop prévisible, et très, très lent.

 

2e

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Violeta

http://fr.web.img3.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/97/68/20292234.jpgHonte à moi, je ne connaissais pas Violeta Parra, célèbre artiste et chateuse chilienne.

Aussi, ai-je eu probablement encore plus de plaisir à découvrir le biopic que lui a consacré fin 2012 le réalisateur chilien Andrés Wood.

D'abord un peu déstabilisant par sa chronologie éclatée et sa suite d'images sans rapport entre elles, Violeta devient au fil de la projection de plus en plus passionnant. On suit avec délectation et intérêt l'enfance terrible de la passionaria, puis ses premiers succès, la perte d'un de ses enfants (des scènes d'une beauté sidérante), et enfin le film s'attarde avec raison sur son amour avec le musicologue suisse Gilbert Favre. Recentrant de plus en plus son propos, il se conclut dans un presque huis clos, tourné dans le chapiteau que Violetta Parra fit construire à la fin de sa vie au pied de la Cordillère des Andes.

Si le film est brillant, c'est avant tout grâce à la prestation époustouflante de l'actrice Francisca Gavilan, littéralement habitée par son rôle, et qui donne à voir un des plus beaux portraits de femme vus ces dernières années au cinéma. La mise en scène est aussi très solide, bien que parfois un poil démonstrative.

Une réussite à tout point de vue qui cumule intérêt quasi-documentaire et plaisir esthétique.

 

4e

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Comme un lion

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/98/28/20292894.jpgCurieuse coïncidence que le cinéma réserve parfois,  il se trouve que deux films récents très différents montrent la même scène : une femme sénégalaise qui arrose le pas de sa porte, lors du départ d'un proche.

Comme un lion débute donc comme Aujourd'hui, mais les deux films n'ont que ça en commun. Autant le film de Gomis se caractérise par une sensibilité à fleur de peau et une photographie somptueuse, autant le pensum de Collardey se distingue par son esthétique de reportage animalier et sa psychologie de roman de gare.

Dans cette histoire de joueur de foot africain de 16 ans exploité par des agents véreux, il n'y a guère que quelques scènes mettant en scène Jean-François Stévenin à sauver. Le reste est très faible, qu'on pense à la pitoyable prestation de Marc Barbé en joueur caractériel, à la tentative de filmer le foot en direct (avec la même conviction qu'un boucher découpe un poireau) ou aux personnages secondaires annonant leur texte comme ils le peuvent, au sein d'un scénario indigent.

En fait, tout est mauvais dans Comme dans un lion, et je mets quiconque au défi de me prouver le contraire.

 

1e

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Django unchained

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/84/19/54/20376343.jpgIl m'est arrivé d'avoir la dent dure envers Tarantino, dont les premiers films m'avaient enthousiasmé, mais dont les derniers m'avaient plutôt déçu.

C'est donc avec une sorte de placide jubilation, si je peux me permettre cet oxymore, que je conseille Django à tous les amateurs de bon cinéma ET de divertissement haut de gamme.

Il n'y a en effet rien à jeter dans les 2h44 que propose Tarantino. Le scénario (à mon avis un des gros points faibles d'Inglorious Basterds), est ici parfaitement maîtrisé sur la durée : à la fois simple (une histoire de vengeance, comme d'habitude) et en même temps assez subtil, par les différentes pistes ouvertes et par ses ultimes rebondissements. Le film dresse un tableau glaçant et complexe de la condition des Noirs dans le Sud des Etats-Unis, à la veille de la Guerre de Sécession. Tarantino y va tellement fort dans ses scènes d'action et ses caricatures, que certains (Spike Lee par exemple) ont jugé le film raciste. Il me semble pour ma part que ce qui est montré est souvent ambigu (les relations du maître et de son viel esclave par exemple) et jamais complaisant, sauf peut-être dans la scène du combat de mandingues, qui m'a un peu troublé.

Deuxième point d'excellence du film, ses acteurs, tous prodigieux, avec une mention spéciale à Christoph Waltz, dont les phrases à la fois précieuses et précises sont autant de friandises à déguster. DiCaprio s'affirme excellent acteur, Jamie Foxx montre une vraie personnalité et fait évoluer son personnage tout au long du film, Samuel L.Jackson est époustouflant. Seul bémol : j'ai trouvé Tarantino acteur un ton en-dessous de ses collègues.

La bande-son est parfaite (comme toujours chez Tarantino), les décors à la fois somptueux et réalistes, et le film dispense quelques scènes qui deviennent instantatément cultes, comme l'attaque façon Ku Klux Klan, hilarante, et qui retrouve la verve non-sensique des Monty Python.

Tarantino distille enfin tout au long du film quelques variations sur des thèmes que les cinéphiles acharnés pourront commenter à l'infini : le rouge et le blanc, voir et être vu, croire et tromper.

Au final, avouons-le, un moment  de plaisir quasiment irrésisitible.

Quentin Tarantino sur Christoblog : Inglorious basterds

 

4e 

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Borgen

Vous qui aimez les séries, il importe que vous regardiez immédiatement Borgen, sous peine de quoi vous pourriez vous retrouvez dans la situation de l'amateur de vin qui laisse lui passer sous le nez un Romanée Conti sans le goûter.

De quoi s'agit-il ? Nous sommes au Danemark, le royaume où l'on croise aussi bien Hamlet que le renouveau de la série européenne (The killing). Une femme politique centriste (qui se dévoue pour offrir Borgen à Bayrou ?) se retrouve à la faveur de circonstances hasardeuses en position d'être première ministre.

Suivent vingt épisodes palpitants durant lesquels les scénaristes vont parvenir avec une justesse de ton incroyable à entrecroiser les histoires personnelles (être femme et premier ministre, c'est possible ?) et intrigues politiques, toujours parfaitement ajustées. On compare souvent Borgen à A la Maison Blanche, comme une déclinaison européenne du walk and talk US, mais croyez moi, le modèle est assez différent, et encore plus palpitant.

La série nous entraîne en Afrique, en Afghanistan, mais aussi dans des hopîtaux psychiatriques danois ou dans des séminaires gouvernementaux avec le même bonheur. C'est excitant, rusé, malin, brillant, admirablement filmé et photographié, et surtout, surtout, c'est la plus forte addiction connue depuis .... depuis .... Lost ?

Il faut dire que le personnage de Birgitt Nyborg est magnifiquement interprété, et qu'il difficile, voire impossible, de ne pas tomber complètement dingue de cette femme découvrant l'ivresse du pouvoir, et la nécessité des compromissions.

 

4e

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Aujourd'hui

Satché se réveille. Il lui reste une journée à vivre. La nuit prochaine il s'endormira pour ne plus jamais se réveiller. C'est comme ça. Il le sait et tous ses proches le savent.

La trame narrative du film, ténue, est cependant pleine d'une sorte de suspense existentiel : Que va-t-il faire de sa journée ? Que feriez-vous dans la même situation ? Est-ce l'heure des bilans, ou celui de profiter de la vie ?

Alain Gomis utilise sa caméra avec une grande maestria, et en même temps une belle douceur. Il ne cherche pas à nous épater ou à être trop démonstratif, il se contente de nous faire sentir les sentiments des uns et des autres à petites touches, en veillant constamment à ce que le sentiment magique de la vie (de l'eau sur un visage, un pied d'enfant, une scène de pickpocket aperçue au vol) soit toujours présent à l'écran.

Le film est porté par l'acteur/poète/musicien américain Saul Williams, impeccable et très beau, et une photographie amoureuse de la lumière sénégalaise. Certaines scènes sont très belles (la dernière du film, celle où Satché se fait faire la toilette mortuaire qu'il subira le lendemain), d'autres sont un cran en dessous (la rencontre avec l'ex-maîtresse, les scènes politiques), mais l'ensemble dégage une atmosphère de quiétude tranquille très impressionnante.

Un beau film serein à découvrir.

Le cinéma d'Afrique noire sur Christoblog : Un homme qui crie

 

3e

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Journal de France

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Janvier est aussi le mois durant lequel on visionne quelques films en séance de rattrapage de l'année précédente.

Hier soir, par le biais de l'opération Cinetrafic, j'ai eu la chance de renouer avec ce cinéaste / photographe / reporter de génie qu'est Raymond Depardon.

Journal de France est co-signé par Depardon et sa compagne, Claudine Nougaret. Il nous montre en un montage parallèle d'une part les pérégrinations du photographe dans la France profonde pour la réalisation de son expo à la BNF, et d'autre part des chutes de ses travaux précédents, ce qui permet de revisiter en accéléré toute la carrière du maître.

Les deux parties présentent un intérêt.

Celle qui suit Depardon en France est tranquille, sereine. Elle fait ressentir presque physiquement le talent très particulier du photographe qui réside à la fois dans l'obstination maniaque et l'acuité du regard. Accessoirement elle donne à voir quelques unes des magnifiques photos de l'exposition. J'ai presque regretté que cette partie ne laisse pas plus Depardon s'exprimer...

La partie qui révèle les archives est très inégale. Parfois quelconque, elle devient extrêmement intéressante quans elle présente des images rares et prenantes (les mercenaires en Afrique par exemple). Pour les néophytes, elle constitue une excellente introduction à l'univers de Depardon en donnant à voir l'essence de son travail dans les tribunaux, les asiles psychiatriques (intense scène à Paris), et dans le Sahara. Les images de Claudine Nougaret filmée avec amour par Depardon sont aussi superbes.

Parfois surgissent dans le film des moments d'une belle intensité poétique : j'ai adoré le montage qui montre dans la continuité des quidams filmés dans plusieurs villes différentes du monde.

Journal de France prouve parfaitement à quel point Depardon est artiste jusqu'au bout des ongles, et on aurait envie que la promenade en sa compagnie ne s'arrête jamais...

Raymond Depardon sur Christoblog : La vie moderne (****)

2e

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The master

Prétentieux : voilà le mot qui me venait constamment à l'esprit durant la (trop) longue projection de The master.

Dès les premières images, il est clair que l'expérience va être éprouvante. Le plan inaugural sur le sillage du bateau est ainsi à la fois moche, peu signifiant et plein d'orgueil, accompagné qu'il est par une musique pompière (ba da ba boum, ba da ba boum).

Le deuxième plan sur le visage du soldat est aussi poseur et vide : décadré juste comme il faut, dans un genre très "je me regarde filmer". La séquence sur la plage multiplie ensuite les effets, sans qu'on comprenne bien de quoi il est question.

La première moitié du film décline les tares de ces premiers plans, la palme de l'énervement revenant à une bande-son INSUPPORTABLE, alternant les morceaux dissonants (tsiiii, ploc, tsi, tsi, plac, tsiiiiiiii, tsi, plac, plaaaac), les surimpressions sonores, les morceaux à contre-emploi. Bref, tout ce qui semble avoir été possible d'inventer pour être dérangeant dans une bande originale est dans le film.

Côté visuel, c'est du même tonneau. Les vignettes s'enchaînent sans que jamais un sens ne semblent les relier. PTA réussit le prodige de nous rendre absolument ennuyeuse une histoire qui, potentiellement, possédait tous les atouts pour nous intéresser. L'analyse du pourquoi d'un tel prodige pourrait nous occuper un bon moment, mais je pense pouvoir dire qu'il résulte, entre autre, de l'incroyable grand écart entre le manque de véritable talent dans la mise en scène (ces champs / contrechamps d'un classicisme éprouvant) et d'autre part les afféteries pompeuses que PTA utilise comme une sorte de passeport valant "cinéma d'auteur".

Dans la deuxième partie du film, le comble de l'hermétisme auto-centré est atteint lors d'une séquence mémorable, chef d'oeuvre de montage raté dans les grandes largeurs, qui intercale plusieurs scènes d'origine disparate dont on se demande bien ce qu'elles peuvent signifier (il s'agit de la séquence durant laquelle Freddie Quell fait l'aller-retour entre les deux murs).

A partir de ce moment, PTA se fait du spectateur un ennemi juré, tellement ce dernier est largué et s'estime trahi dans sa dignité de public-payeur. Le réalisateur se fout à l'évidence de la gueule du monde dans une poussée narcissique de première bourre, méprisant à la fois son histoire et ses acteurs (qui se démènent comme des pauvres diables tous les deux). Parmi le long chapelet de reproches objectifs qu'on peut faire au film, un des plus net est sa faculté de penser, à l'image de la façon de faire du gourou, que répéter quatre fois les mêmes figures les rend plus aimables ou plus claires.

Le dernier plan est à l'image des premiers : laid. Mais il a au moins le mérite de n'être suivi par aucun autre.

The master fait partie de ces rares films qui vous font culpabiliser d'avoir été au cinéma pour les voir : il vous donne honte d'être assez idiot pour y avoir gâché quelques heures de votre vie.

 

1e

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Jours de pêche en Patagonie

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/12/26/4d6000a2-4e8c-11e2-bb74-5aea9ecb2705-493x328.jpgLes habitués du Festival des trois continents connaissent bien Carlos Sorin, le réalisateur attachant de Historias minimas ou Bombon el perro.

 

On retrouve dans son dernier film les qualités qu'on avait déjà remarqué dans ses oeuvres précédentes : une attention extrême portée aux personnages, une capacité à capter ces petits moments de la vie lors desquels les sentiments vacillent, et une mise en scène parfaitement fluide.

 

Jours de pêche est ce genre de film qui ne fait qu'effleurer son sujet. Du personnage principal, Marco Tucci, on n'apprendra que quelques éléments disparates tout au long du film : il a été alcoolique, il a quitté sa femme, il travaille pour une entreprise allemande de roulement à bille, il est d'origine italienne, il aime l'opéra et surtout, il se rend en Patagonie pour revoir sa fille, qu'il a perdu de vue.

 

Dans ce coin perdu du Sud de l'Argentine, il va donc passer quelques jours à la chercher, et à faire des rencontres minuscules, mais qui, curieusement, laissent chacune une impression durable. Carlos Sorin réussit ce prodige très rare de rendre exceptionnels des personnages somme toute communs, et il le réussit particulièrement bien avec son acteur principal (Alejandro Awada), absolument confondant par la mobilité de ses traits, la douceur de son regard et l'expressivité de ses postures. Le film respire une sorte de bienveillance digne, sans aucune trace de sensiblerie.

 

Un beau moment de cinéma, filmé dans des décors naturels de toute beauté, ce qui ne gâche rien.

 

3e

 

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Gimme the loot

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/90/57/13/20180107.jpg

J'ai vu le film d'Adam Leon dans une salle à moitié vide, à Cannes, dans la section Un certain  regard, et j'ai été immédiatement séduit par sa fraîcheur un peu verbeuse.

 

Les deux acteurs ados (qui s'aiment à l'évidence mais ne se le disent pas) respirent New York, et on suit leur pérégrination dans la grande ville comme on se laisserait porter par une brise d'été.

 

Adam Leon arrive à tourner en étant à la fois léger et profond : la scène ou le jeune black drague la bourgeoise blonde est à ce titre exemplaire, sous la naïveté de l'un et la fausse décontraction de l'autre, on devine le gouffre qui sépare les classes sociales, si ce n'est les races.

 

Promenade sentimentale, portrait joyeux et apaisé d'une ville, croisement de Spike Lee et de Woody Allen (le cambriolage raté !), Gimme the loot est la meilleure façon de commencer tranquillement l'année au cinéma.

 

2e

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Renoir

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/94/68/89/20369180.jpg

Gilles Bourdos signe avec son Renoir un film d'un académisme désuet et sucré, dont on pouvait penser qu'il n'avait plus sa place sur les écrans français.

 

L'image est dorée, la nature souveraine, et des halos esthétiques entourent la chevelure de la magnifique jeune actrice Christa Theret qu'on voit beaucoup en tenue d'Eve, métier oblige (elle est le modèle d'Auguste Renoir dans le film).

 

Si la forme m'a semblé un peu lourde, j'ai été plutôt séduit par le propos, qui nous fait découvrir la cruauté froide de Renoir père (joué admirablement par un grand Michel Bouquet, artiste égoïste en majesté), et les relations ambigues qu'il entretient avec ses enfants, dont le tout jeune Jean Renoir (Vincent Rottiers, un peu léger). Le scénario s'éparpille malheureusement, alors qu'il aurait pu être une sorte de chant funèbre filmé dans un environnement idyllique (belle apparition des soldats défigurés). A noter la belle musique d'Alexandre Desplat.

 

Le film vaudra donc pour les cinéphiles plus pour l'illustration de la naissance de la vocation d'un grand cinéaste (édifiante !), que pour ses qualités intrinsèques.

 

2e

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Foxfire

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/93/74/12/20274730.jpg

Lundi 3 décembre au Katorza, à Nantes, j'étais bien embêté. Laurent Cantet, qui est un cinéaste que j'aime, était là pour présenter son film, et ce dernier ne m'a pas plu.

 

Du coup, j'ai préféré partir à la fin de la séance, avant qu'il ne revienne. Les applaudissements étaient parcimonieux et je sentais que l'ambiance allait être pesante.

 

Foxfire raconte l'histoire d'un gang de fille qui sévit dans les années 50 au Etats-Unis.

 

Sous la conduite d'une chef charismatique, le gang commence par mener des actions féministes, punissant les pervers et les harceleurs. Cette partie est sympa, et on se dit : mais si toutes les filles du monde faisaient cela, ça commencerait à devenir franchement drôle !

 

Ensuite le gang fait des bêtise, sa leader part en prison et au retour, les filles fondent une communauté  crypto-communiste dans une grande maison abandonnée. Manquant de ressources, elles en viennent à faire une grosse, grosse bêtise.

 

On suit tout cela sans déplaisir, mais sans grand intérêt non plus. Si le style de Cantet est assez reconnaissable (une caméra très proche des actrices, qui prend son temps, et qui oscille un peu), il manque au film les tensions incroyables qui irriguaient ses oeuvres précédentes. Ici rien n'accroche véritablement l'attention et je me suis surpris plusieurs fois à penser à des détails périphériques à l'histoire, du genre : "Mais pourquoi ne voit-on jamais aucune famille de toutes ces filles ?" ou "Cela aurait été intéressant de creuser les réactions de racisme de la petite communauté" ou "Ce rejet des hommes couvre-t-il une tendance homosexuelle collective ?".

 

Certains encensent l'actrice principale, Raven Adamson, que j'ai juste trouvé convenable, et qui tire à mon avis sa réputation d'un physique particulier de garçonne.

 

Cantet nous a dit en introduction avoir dédié 4 ans de sa vie à ce film, je ne serai donc pas plus dur que nécessaire.

 

2e

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Les films les plus attendus de 2013 (à Cannes et ailleurs)

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Une année avec un nouvel Almodovar ne peut pas être une mauvaise année.

 

USA

Dès janvier, il ne faudra pas rater Gimme the loot, d'Adam Leon, une des perles de Cannes 2012, The master de Paul Thomas Anderson, Django unchained de Tarantino et le Lincoln de Spielberg. Un peu plus tard sortiront les nouveaux films de Terence Mallick, A la merveille, fraîchement accueilli à Venise et de Jeff Nichols, Mud, tièdement reçu à Cannes. En mars sortira le nouveau film de Derek Cianfrance (Blue Valentine), avec Ryan Gosling plus érotique que jamais dans The place beyond the pines.

Soderbergh continue à pondre des films comme une poule des oeufs, deux sont prévus 2013 : Effets secondaires et Behind the candelabra avec Matt Damon et Michael Douglas. Woody Allen sera de retour à New York, avec Cate Blanchett.

On verra peut-être sur la Croisette Sofia Coppola présenter The bling ring avec Paris Hilton (!?) et Emma Watson. Egalement annoncés comme possibles à Cannes, Nicolas Winding Refn qui ne quitte plus Ryan Gosling (Only god forgives), Steve McQueen qui ne quitte plus Michael Fassbender (Twelve years a slave) et ... James Gray qui n'a jamais quitté Joachim Phoenix, rejoint par Marion Cotillard dans The Nightingale.

En fin d'année on peut espérer la sortie du film de Sean Penn avec De Niro, The comedian. En vrac sont également attendus les nouveaux Gus Van Sant (Promised Land), Judd Appatow (This is 40), Jonathan Levine, avec une histoire de zombies (Warm bodies), Jim Jarmush avec un casting haut de gamme pour Only lovers left alive (John Hurt, Tilda Swinton, Mia Wasikowska), Brian de Palma pour un remake du film de Corneau Crime d'amour, avec Naomi Rapace (Pulsions).

Au rayon des blockbusters, citons vite fait Les misérables de Tom Hooper, un nouvel opus de Die Hard, le retour des frères (enfin, frère et soeur, maintenant) Wachowski (Matrix) avec Cloud Atlas, un film de SF avec Tom Cruise (Oblivion), Iron man 3, After earth de Night Shyalaman, une nouvelle vision de Spiderman avec Man of steel par Zack Snyder, la suite de Star trek par JJ Abrams, Pacific rim de Guillermo del Toro, Kick Ass 2, le remake de Carrie, Under the skin dans lequel Scarlett Johansson est un alien qui se nourrit de chair fraîche, World war Z de Marc Forster qui voit Brad Pitt lutter contre une armée de zombies,etc.

Leonardo di Caprio sera Gatsby le magnifique dans le film de Baz Luhrmann. Les amateurs de SF seront attentifs à Elysium, le nouveau film de Neil Blomkamp (District 9) et surtout au Gravity d'Alfonso Cuaron, avec Georges Clooney. Une curiosité : le  deuxième film de JC Chandor (Margin call), s'appelle All is lost et ne comprendrait qu'un acteur ... Robert Redford.

On ira enfin voir des bikinis colorés dans le Spring breakers d'Harmony Korine, et on attendra avec curiosité le nouveau film de Noah Baumbach (Greenberg), qui s'appelle France Ha.

En toute fin d'année, pourquoi ne pas espérer le nouveau Cronenberg avec Pattinson et Mortensen, Maps to the stars, le film de Werner Herzog avec Jude Law et Naomi Watts, Queen of the desert, ou le nouvel opus des frères Coen, Inside Llewyn Davis.

 

France

Janvier verra la sortie du film américain de Laurent Cantet, Foxfire.

Les grosses cylindrées du cinéma d'auteur seront de sortie en 2013. Bertrand Bonello nous racontera la vie du célèbre couturier dans Saint-Laurent, Gondry visitera Vian avec son Ecume des jours, Desplechin nous emménera en Amérique avec Amalric et Benicio del Toro (Jimmy Picard), Kechiche filmera Léa Seydoux dans Le bleu est une couleur chaude, la trop rare Pascale Ferran tourne Bird people dans un aéroport, Bruno Dumont s'essayera au biopic avec Camille Claudel, 1915, Eric Rochant replonge dans le monde de l'espionnage avec MöbiusQuentin Dupieux sortira deux films (aïe, aïe), Wrong cops et Réalité, et même Godard est annoncé avec un film ... en 3D (Adieu au langage)

Je suis très impatient de voir la fille de nulle part de Jean-Claude Brisseau, qui a triomphé à Locarno, mais j'ai très peur de ce qu'est en train de tourner Asgar Farhadi en France avec Tahar Rahim et Bérénice Béjo, les cinéastes étrangers perdant souvent leur talent en s'expatriant (le film s'appele Le passé, et pourrait être à Cannes). Le film de Guillaume Nicloux d'après Diderot promet d'être noir (La religieuse). Et ce sera peut-être l'année de la consécration pour l'excellent Guillaume Brac dont le moyen métrage Un monde sans femme a été trop peu diffusé en 2012 (Tonnerre). Polanski est en train de tourner La Vénus à la fourrure avec Emmanuelle Seigner et Louis Garrel.

Sinon, Marjane Satrapi se met en scène elle-même dans un film qui semble bien zarbi, La bande des jotas. Autres cinéastes femmes aux manettes en 2013 : Catherine Breillat (Abus de faiblesse, avec Kool Shen et Isabelle Huppert), Claire Denis (Les Salauds, avec Vincent Lindon et Chiara Mastroiani), Rebecca Zlotowski (Grand central avec Olivier Gourmet et Léa Seydoux) . De quoi permettre à Thierry Frémeaux de corriger son image après la sélection cannoise 2012 qui ne comportait aucune femme réalisatrice ! Présence possible (probable ?) sur la Croisette d'Olivier Dahan et Nicole Kidman, dans le rôle titre de Grace of Monaco. Canet fait son film américain, Blood ties.

A noter aussi un film qui promet d'être assez délirant : Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf.

En fin d'année, nous pourrons peut-être découvrir le nouveau Hazanavicius, Will, en préproduction.

 

Reste du monde

Le canadien Denis Villeneuve (Incendies) devrait avoir terminé dans l'année An ennemy, avec Jake Gyllenhaal et Mélanie Laurent, un thriller érotique. Deux films attendus en 2012 ont du mal à se finaliser, mais seront peut-être à Cannes : The assassin de Hou-Hsiao-Hsien et The congress d'Ari Folman (Valse avec Bachir), d'après une nouvelle de Stanislas Lem. Lars von trier pourrait bien venir remettre la zubia sur la Croisette avec Charlotte Gainsbourg dans un nouveau projet sulfureux : Nymphomaniac. Almodovar ne sera pas à Cannes puisque Les amants passager est annoncé en mars.

Côté Asie, beau cru en perspective avec le retour des grands coréens (Bong Joon-Ho et Le transperceneige dans une coproduction très internationale, Park Chan-wook et son Stoker, tourné aux USA avec Nicole Kidman), un film en costume du chinois Jia Zhang-Ke, Blind detective de Johnnie To, A perfect day for Plesiosaur de Kiyoshi Kurosawa, et The grandmasters de Wong Kar-Wai, qui fera l'ouverture du festival de Berlin.

Les malades mentaux trouveront peut-être du plaisir à regarder l'horrible Post tenebras lux du mexicain Carlos "qui se la pète" Reygadas, primé à Cannes 2012 ou à découvrir Historia de la meva mort de l'imbuvable Albert Serra. Terence Davies tourne en Ecosse Sunset song. Le réalisateur argentin Lisandro Alonso tourne avec Viggo Mortensen.

Un des films les plus attendus de cette année (en compétition à Cannes ?) sera le quatrième film du prodige canadien Xavier Dolan, Tom à la ferme, mais j'attendrai personnellement aussi beaucoup de La belle endormie, Isabelle Huppert filmée par Marco Bellochio.

Je conseille enfin de guetter les sorties de Wadjda, premier film provenant d'Arabie Saoudite réalisé par une femme, Haifa Al Mansour et No, passionnant film argentin de Pablo Larrain, avec Gabriel Garcia Bernal. Si vous voulez voir un film africain, ce sera peut-être Aujourd'hui, du sénégalais Alain Gomis ou Grigris de Mahamat Saleh Saloun, qu'on annonce à Cannes.

 

Bonne année 2013.

 

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My own private festival

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Pour sa huitième édition, le traditionnel festival de Christoblog invite un éminent sélectionneur en la personne de mymp, par ailleurs fournisseur régulier des habillages graphiques des-dits festivals, avec pierreAfeu.

Le réglement est toujours le même. Je le rappelle pour les distraits et les nouveaux : le festival est ouvert à ceux qui tiennent un blog, et les critiques de films doivent être consultables par tous les participants. Chacun m'envoie son classement des films par message privé : le meilleur film a 8 points, le moins bon 1 point. Le film gagnant est celui qui a le plus de points. Attention : pour que le vote d'un blogueur soit pris en compte, il doit avoir vu tous les films.
Avec son classement, chacun m'envoie également ses :
- 2 meilleurs acteurs

- 2 meilleures actrices
- 2 meilleurs scénarios
- 2 meilleurs réalisateurs
repérés parmi les films vus.
Chaque participant a enfin la possibilité d'attirer l'attention sur un film coup de coeur sorti pendant le festival mais ne faisant pas partie de la sélection. Le film le plus cité dans ce cadre reçoit un prix spécial

Voici la sélection de l'ami mymp, établi en toute indépendance et sous sa propre responsabilité :

9 janvier / The master / USA / Paul Thomas Anderson

16 janvier / Django unchained / USA / Quentin Tarantino

30 janvier / Dans la brume / Russie / Sergei Loznitsa

6 février / Wadjda / Arabie saoudite / Haifaa Al Mansour

13 février / Passion / USA-France / Brian de Palma

20 février / Die Hard 5 / USA / John Moore

  6 mars / Spring breakers / USA / Harmony Korine

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Sont déjà inscrits, outre myself et mymp, ffred, Ô Bordô , Bob Morane, pierreAfeu, heavenlycreature ...

 

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