Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Christoblog

Articles avec #je n'aime pas

Au nom de la terre

Cela me fait mal de dire que ce film est vraiment mauvais, eu égard au fait que le réalisateur raconte ici l'histoire tragique de son propre père.

Peut-être est-ce d'ailleurs ce manque de distance qui le conduit à produire une oeuvre sans aucune imagination, si proche de l'illustration que cela en devient gênant. Il ne faut pas chercher dans Au nom de la terre la moindre sensation de réalisme, tant le film déroule un programme convenu d'images d'Epinal sur le thème douloureux des suicides d'agriculteurs.

Les péripéties nous indiffèrent, les clichés sont légion, les personnages sont spectraux, leur évolution psychologique semble issue d'un algorithme programmant la survenue du pire après le pire, sans que les véritables raisons de la déchéance ne soient jamais réellement abordées.

C'est franchement, radicalement raté.

 

1e

Voir les commentaires

L'adieu

Pas facile de comprendre l'engouement autour de cette toute petite chose insignifiante.

L'histoire est tiré de l'expérience de la réalisatrice Lulu Wang, américaine d'origine chinoise, qui a du se rendre en Chine sous un prétexte fallacieux pour voir sa grand-mère mourrir, sans que celle-ci soit mise au courant de la gravité de sa maladie.

C'est tout, et c'est bien peu, car le film ne parvient pas à dépasser le caractère anecdotique de son intrigue autobiographique. L'alter ego de la réalisatrice à l'écran, la rapeuse Awkwafina, fait de son mieux, comme le casting chinois plutôt convaincant, mais rien n'y fait : on reste indifférent à cette historiette qui ne parvient pas à nous émouvoir, et même pas à nous intéresser vraiment.

Le film aurait pu parvenir à arracher deux étoiles sur Christoblog, mais sa BO affreusement mélodramatique et sa mise en scène beaucoup trop américaine l'ont finalement entraîné vers la note la plus basse.

 

1e

Voir les commentaires

1917

Tout est joli et bien filmé dans 1917.

Les tranchées semblent être repeintes d'hier, les rats sont bien peignés, les cadavres eux-mêmes veillent à ne pas être trop purulents.

La caméra virevolte autour des personnages avec beaucoup d'élégance, la palette chromatique de la photographie est très jolie, et les acteurs sont parfaits.

Le film se laisse donc regarder, un peu comme si on suivait une visite guidée du terrain de guerre avec un guide sympathique, une sorte de Tranchées Tour pour Américains.

La perfection artistique du film se déploie au détriment de l'émotion (personnellement je n'en ai jamais ressenti) et du sentiment d'immersion. Sur ce dernier point, la première scène de Il faut sauver le soldat Ryan était autrement plus réaliste et frappante. 

Pour tout dire, Sam Mendes se regarde filmer et le spectateur le ressent trop, à mon sens. L'illustration ultime de ce triste constat, c'est la volonté un peu infantile de vouloir réaliser le film en un seul (faux) plan-séquence : une coquetterie qui complique le tournage sans apporter au film un surcroît d'âme.

Décevant, 1917 ne rend pas compte de l'horreur de la Grande Guerre, mais peut se voir comme une sorte de jeu vidéo (et hop je saute au-dessus du puits de mine, et vlan l'avion s'encastre parfaitement dans la grange, et youpi je saute dans la rivière) particulièrement bien réalisé techniquement.

Sam Mendes sur Christoblog : Les noces rebelles - 2008 (*)  / Skyfall - 2012 (**) / 007 Spectre - 2015 (*)

 

2e

Voir les commentaires

Les siffleurs

En regardant Les siffleurs, je me suis demandé où était passé l'originalité rigoureuse et un peu sèche de Corneliu Porumboiu

On a affaire ici à un polar de niveau télévisuel, doté d'un grand nombre de rebondissement dont on se fout totalement, à l'image de la fin.

Dans ce film fait de bric et de broc, rien ne semble coller avec rien : on ne voit pas par exemple ce que la langue des siffleurs Guanches vient faire dans le scénario, qui est par ailleurs inutilement sophistiqué et destructuré.

Aucun des personnages n'attire vraiment l'attention, et les tentatives pour doper artificiellement le film tombent à plats (comme les cartons de couleur qui séparent les séquences). Les différents protagonistes semblent être des reptiles qu'on observe derrière la vitre d'un vivarium.

L'impression générale que laisse le film, c'est que le réalisateur se fout un peu de son histoire et de ses personnages, semant de petits cailloux qui semblent vouloir nous dire : j'aurais aimé tourner un western, un polar noir ou un film conceptuel, et au final j'ai opté pour un film susceptible d'être sélectionné à Cannes. Ce en quoi il a réussi. 

Corneliu Porumboiu sur Christoblog : 12h08 à l'est de Bucarest - 2006 (*) / Le trésor - 2015 (**)

 

1e

Voir les commentaires

Sol

Sol est le plus mauvais film que j'ai vu depuis (très) longtemps. Mal écrit, mal joué, mal réalisé : je n'ai rien vu de positif dans cette histoire mal fagotée de grand-mère qui retrouve son petit-fils en devenant la femme de ménage de sa belle-fille.

Blagues qui ne font pas rire, dialogues qui tombent dans le vide, jeu approximatif des acteurs, situations improbables, personnages caricaturaux, ton pontifiant, sentimentalisme éhonté, clichés édifiants, manque absolu d'originalité : Sol est ce genre de film qui donne honte d'être dans la salle.

Chantal Lauby cabotine et joue comme un pied sur une idée de scénario d'une bêtise insigne. On se demande comment un tel projet a pu trouver de l'argent pour être réalisé... jusqu'à ce qu'apparaisse au générique de fin le nom de Dominique Farrugia en tant que producteur.

Le premier mot qui me vient à l'esprit quand je repense à ce film est : niais. Je le déconseille, sauf aux masochistes et à ceux qui aiment regarder un nanar au cinquième degré.

 

1e

Voir les commentaires

La vérité

Les grands réalisateurs étrangers, lorsqu'ils tournent un film en France, semblent perdre une bonne partie de leur génie. Je ne connais pas d'exception à cette règle, qui a touché Kiyoshi Kurosawa, Asghar Farhadi, Abbas Kiarostami et bien d'autres.

Le mal touche maintenant un de mes chouchou, le japonais Kore-Eda.

Le début de La vérité est en tout point catastrophique : jeu approximatif des acteurs, dialogues artificiels, intrigue inconsistante, erreur de casting, péripéties ridicules, montage à la va-vite, scénario flottant. On a mal pour le réalisateur des formidables Notre petite soeur et Une affaire de famille.

Petit à petit cependant, le film se redresse quelque peu, grâce à une performance encore exceptionnelle de Catherine Deneuve, dont les prestations forcent de plus en plus le respect : au fur et à mesure que son corps s'use, ses sens semblent s'aiguiser.

La subtilité habituelle de Kore-Eda, faite d'une dureté impitoyable mêlée à la tendresse du regard, s'installe en fin de film et on retrouve dans les trente dernières minutes la patte du japonais (par exemple quand le personnage de Juliette Binoche écrit les répliques que prononcent la petite fille). La rivalité féroce des actrices se mêle alors à la douceur acidulée et dépourvue d'ambigüité du personnage de Manon : c'est le Kore-Eda qu'on aime, salé et sucré à la fois.

Malheureusement l'amélioration est trop tardive pour corriger la mauvaise impression du début.

 

2e

Voir les commentaires

Star Wars - L'ascension de Skywalker (IX)

Difficile de faire un véritable travail critique sur un Star Wars : les aficionados en sont forcément fans, les autres s'en foutent.

Pour ma part, j'ai trouvé que cet opus était assez quelconque. Les maladresses sont nombreuses, tant dans la mise en scène que dans le scénario, le rythme est poussif et l'originalité quasi-nulle. Les bons moments sont rares (le décor de la mer déchaînée, et la partie finale, plutôt réussie), et les moments d'ennuis sont légion.

Le film ressemble à un raccommodage de dernière minute mené par maître JJ Abrams, qui essaye de faire tenir ensemble une série légendaire, des personnages inconsistants (Finn, franchement, il sert à quoi ?), les errements de l'opus précédent, tout en évitant consciencieusement de poser sur l'objet la moindre trace personnelle.

D'une certaine façon, ce n'est que dans les dernières secondes du film, quand Rey fait de la luge sur une dune de sable, que le film émeut un peu.

C'est donc raté.

Star wars sur Christoblog : Le réveil de la force (VII) - 2015 (**) / Les derniers Jedi (VIII) - 2017 (**)

 

2e

Voir les commentaires

Lillian

Ce film de l'autrichien Andreas Horvath est bourré de bonnes intentions, dont aucune n'est portée à son terme.

Résumons la chose : en s'inspirant de l'aventure peu documentée d'une russe qui aurait traversé le continent au début du XXème siècle, il s'agit ici de montrer l'errance mutique (le personnage principal ne prononce aucun mot durant le film) d'une jeune fille dans les paysages emblématiques des USA : New-York, le Mississippi, les Badlands, Mount Rushmore, etc.

On sent bien que c'est à moitié improvisé, que l'intérêt du film réside principalement dans l'aspect documentaire de sa découverte de l'Amérique profonde, mais bon, on s'en fout un peu.

Le film s'ouvre par une scène de tournage porno et se termine par une chasse à la baleine en Sibérie : cela résume parfaitement ce qu'est le film : un croisement improbable entre film d'auteur, reportage du National Geographic et installation d'art contemporain.

 

2e

Voir les commentaires

Une vie cachée

Pour apprécier ce nouveau Malick, il faut d'abord aimer l'ensemble de ses tics formels (certains diront son style) : montage cut à l'intérieur d'une même scène, personnages coupés au niveau de la tête, voix off omniprésente, longueur excessive, grand angle qui déforme, personnages dont on entend la voix alors qu'ils ne parlent pas, légère contre-plongée, soleil avec de petites étoiles, musique envahissante, montage qui mixe des scènes n'ayant aucun rapport entre elles, etc.

Pour ma part, l'ensemble de ces petits artifices me lassent et m'empêchent d'éprouver une réelle empathie pour les personnages, même s'il faut reconnaître ici une consistance au propos narratif qui avait disparu du récent cinéma malickien. 

Je suis donc resté à l'extérieur de ce looong pensum (presque 3 heures), intéressant d'un point de vue formel, mais un peu gnangnan quant à son contenu, plein de bondieuseries et de bouillie poético-mystique.

Pour le reste, disons que les paysages et les travaux des champs sont très bien filmés et que l'acteur principal incarne son personnage avec tant de conviction qu'on ne sait pas trop s'il est la victime d'un entêtement maladif ou le vecteur d'une rectitude morale exemplaire. Un comble.

 

2e

Voir les commentaires

Proxima

Proxima est ce genre de film qui se résume à son pitch : la difficile séparation d'une mère et de sa fille pour raison professionnelle.

A part ça, pas grand-chose.

Eva Green est plutôt bien, les autres rôles aussi (en particulier Sandra Hüller - Toni Erdmann, toujours parfaite). La vie quotidienne des apprentis astronautes est montrée de façon réaliste, que ce soit dans les steppes du Kazakhstan ou dans les tristounets bureaux de l'Agence Spatiale Européenne. Thomas Pesquet vient donner des conseils, les machines sont impressionnantes, les Russes pas commodes. Rien que du classique donc, mais plutôt bien filmé. 

Le scénario est anémique, l'ambiance lugubre (pourquoi ne ressent on jamais l'envie de partir dans l'espace ?), et le sentimentalisme est évité jusqu'au dernier quart d'heure.

Le film est finalement ennuyeux, et ressemble à un projet de fin d'étude de la FEMIS (dont est issue Alice Winocour), qui aurait des moyens.

 

2e

Voir les commentaires

It must be heaven

Il y a dans le cinéma d'Elia Suleiman un aspect prétentieux qui me gêne vraiment. J'ai l'impression que le réalisateur toise le spectateur de son air supérieur, exactement comme le personnage qu'il campe dans le film le fait avec le reste du monde. Silencieusement.

L'extrême formalisme du film, son parti-pris de découpage sous forme de vignettes tatiesques, ses allusions politiques parfois difficilement compréhensibles (la scène de la boîte de nuit), ses clichés éculés (ah, les belles femmes de Paris) ne contribuent pas à rendre le film aimable.

J'ai oscillé entre l'indifférence polie, la curiosité amusée (rarement) et l'énervement policé. Une scène m'a vraiment semblé bienvenue, c'est celle du jardin des Tuileries. A ce moment-là, l'acuité de l'observation se conjugue parfaitement avec l'aspect guindé de la réalisation, et le réalisateur s'efface. C'est, avec celle de l'oiseau, les deux seules qui m'ont vraiment convaincues.

Vous risquez fort d'être déçu, car les critiques surestiment à l'évidence le froid talent de Suleiman.

 

2e

Voir les commentaires

Le chant du loup

Il y a quelque chose de fascinant à voir une idée de scénario assez intéressante devenir une bouillie indigeste à l'écran par la seule magie de l'incompétence d'un réalisateur (ou de son équipe).

Le monde des sous-marins, la reconnaissance acoustique, la dissuasion nucléaire : tous ces sujets auraient pu donner un bon film, à la fois distrayant et crédible.

Ce n'est malheureusement pas le cas ici. Le premier défaut du film est son casting : si Kassovitz est plutôt à l'aise dans un rôle ou il peut reprendre les habits du Bureau des légendes, Omar Sy ne parvient pas à rendre son personnage crédible (on s'attend à ce qu'il sorte une blague à chaque dialogue) et François Civil est absolument décalé, avec sa mèche flottante et sa façon de jouer qui convenait bien mieux à Mon inconnue.

Le scénario se perd ensuite dans une succession de clichés, d'invraisemblances risibles et de fioritures ringardes (la romance entre Chanteraide et Diane), avant que les carences évidentes de la mise en scène (problèmes de rythme, direction d'acteur catastrophique) ne finissent par faire couler définitivement le film.

Mieux vaut revoir A la poursuite d'octobre rouge.

 

1e

Voir les commentaires

Little Joe

L'idée originale du film n'est pas mauvaise : une plante est capable d'influencer les sentiments des hommes à son profit, pour survivre, du fait qu'elle a été créée génétiquement stérile. Du coup, les humains l'entourant deviennent possédés par elle, façon bodysnatchers.

De ce concept fumeux, on imagine que certains réalisateurs auraient pu tirer quelque chose de décapant et potable (Lanthimos, Ostlund, Ozon ?). Ce n'est pas le cas de Jessica Hausner, qui propose un exercice de style théorique et peu incarné. Les intérieurs, les extérieurs, les lumières, les couleurs, les vêtements vraiment affreux  : tout concourt à inspirer un sentiment clinique de froideur très calculé.

Les acteurs jouent assez mal (regardez la photo ci-dessus pour vous en convaincre) et ne contribuent aucunement à la crédibilité du propos. La progression de l'histoire est surlignée de façon outrancière, notamment par une bande-son qui semble faite pour éprouver notre résistance au stress auditif (stridence, balle qui rebondit et aboiement de chien).

Regarder ce film absolument raté constitue une véritable souffrance.

 

1e

Voir les commentaires

On va tout péter

Le film de l'activiste - cinéaste Lech Kowalski sur les GM&S représente le degré 0 du documentaire. On dirait une suite de rushes sans queue ni tête : pas de choix de montage, aucun point de vue extra-conflit qui donnerait de l'humanité aux personnages (à part la pêche à la truite inaugurale), un manque d'épaisseur humaine, une mise en scène qui s'apparente à celle du JT de 20h (d'ailleurs, le réalisateur se mêle bien souvent au troupeau des journalistes télé).

L'absence de contrechamps et le manque d'approfondissement des enjeux nuit à la crédibilité du film. Son aspect outrageusement militant rend son contenu suspect.

On ne peut que déconseiller ce pensum lourdingue qui semble être le brouillon d'En guerre, réussissant la prouesse de sembler moins réaliste que la fiction de Brizé.

La présentation du film à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, lors de laquelle les ouvriers se sont exhibés sur la scène comme des bêtes de foire (cornes de brume et drapeaux de la CGT compris) était très gênante : ils donnaient à voir une caricature d'eux-mêmes.

Il y a un seul bon moment dans le film, c'est le passage surréaliste où un huluberlu évoque la reprise de l'usine pour fabriquer des voitures bios. C'est trop peu.

 

1e

Voir les commentaires

Matthias et Maxime

Dans ce film intime et modeste, Xavier Dolan, surdoué parfois hystérique, semble essayer de marquer une pause.

On retrouve ici certaines de ses préoccupations habituelles (le rapport à la mère toxique, les relations amoureuses) et d'autres plus nouvelles (la bande de potes bruyants). 

Il y a peut-être un peu moins de tics que d'habitude, même si on a droit à l'habituelle pluie de confettis / particules et aussi à la bande-son à fond, caméra rivée au macadam.

C'est décousu, souvent répétitif, parfois touchant, et un peu juste pour remplir tout un long-métrage. Il y a aussi une sorte de hiatus entre l'âge réel de Xavier Dolan et celui du personnage qu'il joue. Le film n'est pas exempt de maladresses criardes (le coup de fil pour avoir une recommandation), flotte de façon constante entre différentes intentions et n'est pas vraiment convaincant.

Une initiative sympathique, mais qui n'arrive pas à me convaincre totalement.

Xavier Dolan sur Christoblog : J'ai tué ma mère - 2009 (**) / Les amours imaginaires - 2010 (**) / Tom à la ferme - 2012 (**) / Laurence anyways - 2012 (***) /  Mommy - 2014 (****) / Juste la fin du monde - 2016 (*) / Ma vie avec John F. Donovan - 2019 (*)

 

2e

Voir les commentaires

Downton abbey

Si comme moi vous avez été captivé par la série Downton abbey, vous ne pourrez pas faire autrement que d'aller voir cette sorte de conclusion cinématographique. 

Vous aurez sans nul doute plaisir à retrouver l'intégralité de ce casting incroyable, comme on retrouve de vieux amis. Rarement une série aura permis de s'attacher à un aussi grand nombre de personnages (au moins 25), chacun disposant de son histoire et de sa personnalité propres.

Au-delà du plaisir des retrouvailles, comparable  à celui de glisser ses pieds dans de bonne vieilles pantoufles, la déception poindra certainement. En effet les caractéristiques narratives de la série (une propension à ne pas éviter les drames, une réflexion sur la fin d'un monde et la naissance d'un autre) sont ici sacrifiées au profit de l'anecdote (une visite de la reine et du roi) et du conventionnel (ce vieux monde finira peut-être par subsister, puisque même notre irlandais de Tom Branson y contribue).

Le seul personnage qui donne un peu de profondeur au propos est celui joué par l'exceptionnelle Maggie Smith, toujours aussi jouissivement méchante.  Les autres micro-histoires qui ponctuent ces deux heures de films ne présentent pratiquement aucun intérêt. La réalisation, elle, monte d'un cran par rapport à la série : les travellings sont plus aériens, la direction artistique plus fastueuse. 

Je ne le conseille qu'aux aficionados.

 

2e

Voir les commentaires

Atlantique

J'avais vraiment envie d'aimer Atlantique : de brillantes intentions, une première réalisatrice noire en compétition à Cannes, de la douceur, des bons sentiments, une originalité de ton, le sujet des migrants... mais malheureusement je ne suis jamais entré dans le film. 

La première demi-heure est quelconque : mise en scène et photographie terne, plans de remplissage à foison (l'océan filmé de trente-six façon différentes).  Une fois l'intrigue principale lancée, le film se teinte d'une tonalité irréelle assez belle et intrigante, assez vite gâchée par des choix de scénario vraiment douteux (la réincarnation de Souleymane dans le corps du policier, la différence entre ceux qui reviennent et ceux qui se réincarnent, etc). 

Le film manque de limpidité et de cohérence, il s'égare dans une rêverie dont Mati Diop espère qu'elle se suffira à elle-même, ce qui n'est au final pas le cas, même si on apprécie au passage quelques belles ambiances nocturnes et nonchalantes.

Un film plein de promesses, mais qui n'en finalise vraiment aucune.

 

2e

Voir les commentaires

Ceux qui travaillent

Je n'avais initialement pas prévu d'aller voir ce film, mais porté par de bonnes critiques et une tendresse pour Olivier Gourmet, je me suis laissé tenté, hélas.

Ce premier film du Suisse Antoine Russbach ne présente en effet aucun intérêt notable, semblant réchauffer de nombreuses problématiques déjà abordées mille fois au cinéma : l'homme qui perd son boulot et fait semblant de continuer à y aller pour sauver les apparences (façon Jean-Claude Romand), la dureté du capitalisme mondial (vraiment, certains n'ont aucun scrupule), la facilité de prendre des décisions impliquant la vie des autres en ne quittant pas son écran d'ordinateur (une variante de l'expérience de Milgram), l'aspect désincarné des relations en entreprise, la charge mentale qui pèse sur les cadres, etc.

De tout cela il ne ressort rien d'original ou de simplement crédible. Tout est survolé sans approfondissement (la famille potiche en est une bonne illustration) et comme le jeu de Gourmet est bien trop monotone, on s'ennuie ferme, le réalisateur étirant les scènes sans raison (le film dure 1h42).

Seule éclaircie bien timide, l'escapade dans le port belge avec sa fille empêche Ceux qui travaillent d'être absolument catastrophique.

A éviter.

 

1e

Voir les commentaires

Ad astra

Le nouveau James Gray commence comme se déroulait le précédent, le très beau The lost city of Z :  une narration douce et empathique, quelques morceaux de bravoure relativement peu spectaculaires, un personnage éthéré et neurasthénique, des péripéties assez inattendues.  

La partie de déroulant sur terre puis sur la lune est ainsi assez plaisante à regarder, même si les films d'auteurs se déroulant dans l'espace commencent un peu trop à se multiplier, et parfois à se ressembler (de Seul sur Mars à Gravity, en passant par High life et  First man, en attendant Proxima).

Arrivé sur mars, les choses se gâtent. Alors que les qualités de filmeur poétique de Gray s'exacerbent (les salles de repos, le lac), les défauts du Gray scénariste s'aggravent. On est de moins en moins intéressé par cette relation au père beaucoup trop simpliste, et le personnage de ce dernier s'avérera tristement quelconque. 

Dans toute la dernière partie, le producteur Brad Pitt regarde beaucoup trop James Gray en train de se regarder filmer son acteur Brad Pitt, et je me suis bien ennuyé. Le film sombre progressivement dans une sorte de panthéisme malickien assez détestable pour se finir de la pire des façons possibles.

C'est dommage car Ad astra commençait plutôt bien.

 

2e

Voir les commentaires

Portrait de la jeune fille en feu

A l'inverse de la quasi totalité de la critique, je me suis copieusement ennuyé lors de la projection du dernier film de Céline Sciamma.

Il m'a semblé que dès les premières minutes la totalité du programme proposé par le film était exposé aux yeux de tous : claustration, attente, apparition divine de l'élue, séduction, approches, passage à l'acte, conventions qui empêchent, rencontre fortuite ultérieure. Tout, absolument tout, est prévisible dans ce film : que ce soit dans sa forme (oh, les belles images de la nature qui émoustille les sens) que dans ce qu'il raconte. 

Les clichés s'enchaînent (les quatre saisons, la côte bretonne au coucher du soleil, Adèle en robe de mariée / fantôme) et finissent par constituer un brouet à l'eau de rose déjà vu mille fois, incapable de générer la moindre émotion, échouant là où d'autres ont brillamment réussi (j'ai souvent pensé à Bright star de Jane Campion). Les dialogues m'ont parus par ailleurs très artificiels, et la prestation d'Adèle Haenel, dans sa zone de confort à la mine boudeuse-séductrice, ne m'a pas convaincu.

Au final, j'ai souvent l'impression que les bonnes opinions sur ce film sont de principe, opposant presque d'un point de vue moral (ou politique) la vision d'une femme sur un couple lesbien au fameux male gaze à l'oeuvre dans La vie d'Adèle. Je préfère pour ma part mille fois l'impression extraordinaire de vie brute que dégageait le film de Kechiche à l'exercice de style froid et désincarné que propose Sciamma.

Céline Sciamma sur Christoblog : Bande de filles - 2015 (*)

 

1e

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>