Le vénérable W.
Quand on critique un documentaire, il faut toujours être attentif à distinguer le sujet de la forme.
Ici, le sujet est assez intéressant. Il présente la figure méconnue d'un moine boudhiste birman, Wirathu, qui prône la haine des Musulmans depuis plusieurs années et encourage les exactions à leur égard.
Wirathu est le prototype du monstre froid et fascisant qui utilise pour parler des Musulmans les mêmes éléments de langage qu'Hitler utilisait à propos des Juifs : leur lubricité les amène à violer les femmes birmanes, ils ont une stratégie pour nous remplacer dans notre propre pays, ce sont à peine des êtres humains, seule notre race est pure, etc. Autant dire que le spectateur est à la fois surpris (le boudhisme a une bien autre image dans nos contrées) et abasourdi par la façon dont les foules suivent cet illuminé au charisme d'huitre.
Sur la forme, Barbet Schroeder propose un exposé très didactique (carte explicative, sous-titre indiquant les lieux et dates, alternance de témoignages, traduction de documents officiels, présentation du contexte historique) qui au mieux évoquera un bon reportage de télévision, au pire pourra faire penser à un exposé de lycéen.
On attend vainement un geste de cinéma qui rendrait le film formellement attrayant. On croit le tenir dès les premières minutes par la grâce opératique d'un traveling latéral au ralenti, mais malheureusement il nous faudra déchanter : Le vénérable W. est intéressant par son contenu, mais ce n'est pas réellement une oeuvre de cinéma.

/image%2F0894743%2F20140129%2Fob_3371b8_pas.jpg)
/image%2F0894743%2F20220505%2Fob_66992a_cequinouslie.jpg)

Pour commencer, il faut préciser qu'au début de ce dernier opus de Hong Sang-soo, on ne comprend rien à ce qu'on voit.
A chaque Ozon, ou presque, le constat est le même : le garçon est sacrément doué pour raconter des histoires intrigantes, et assez dilettante pour ne jamais produire un chef d'oeuvre.
L'intérêt principal de Tunnel ne tient finalement pas dans son aspect de film catastrophe.
Le buzz qui entoure ce film n'est guère explicable, si on ne le rapporte pas au sens du politiquement correct des Américains.
Le pitch de cette série flamande semblait plutôt sympa : une jeune adolescente assassinée se réveille morte et assiste en tant que fantôme à l'enquête concernant son propre meurtre. Elle est invisible pour la plupart de l'humanité, sauf pour quelques proches.
Pas facile d'entrer dans ce film, qui semble de prime abord se situer quelque part entre Lady Chatterley (sans la poésie sensuelle) et Madame Bovary (sans la profondeur psychologique).
Dans ce film, Jean-Stéphane Bron adopte les codes du cinéma documentaire de Wiseman (tournage dédié à un milieu donné - ici, l'Opéra de Paris, un regard a priori neutre, du temps donné au temps), et pourtant le résultat est loin de valoir celui du maître américain.
Voilà un film que j'aurais aimé adorer. Le mélange d'onirisme et de documentaire brut, la performance des acteurs, le talent du réalisateur : tout aurait dû me conduire à l'enthousiasme.
C'est toujours difficile de voir un auteur qu'on respecte se planter. Je suis donc triste de dire que le dernier opus de Kiyoshi Kurosawa est vraiment très mauvais.
On pense longtemps que le principal (et peut-être le seul) intérêt de ce court film documentaire réside dans le tableau saisissant qu'il dresse du chemin qui mène de la Corée du Nord à la Corée du Sud en passant par la Chine puis par la Thaïlande.
J'aime beaucoup Lucas Belvaux et peut-être encore plus Emilie Dequenne. J'ai donc été triste d'être un peu déçu par Chez nous.
A l'image de son titre alambiqué, le dernier opus de Hong Sang-Soo pousse un peu loin le jeu de déstructuration de l'intrigue que le réalisateur coréen affectionne tellement.
Un film peut être à la fois sympathique et complètement raté : Un jour mon prince en est un superbe exemple.
Oui, The last face est bien le pire film que j'ai vu dans mon existence de cinéphile.
Rares sont les films en provenance de Palestine. Il faut d'autant plus prêter attention à 3000 nuits, de la réalisatrice Mai Masri. /image%2F0894743%2F20260117%2Fob_058c6c_paterson-copie.jpg)
On connait l'histoire : un réalisateur tombe plus ou moins amoureux d'une actrice, puis il décide de faire un film dont elle sera de chaque plan, pour le plaisir de la filmer.
Ainsi donc, Joao Pedro Rodrigues a-t-il l'insigne honneur de rejoindre mon Panthéon des réalisateurs qui se foutent de la gueule de leur spectateur.
: Non, et non, et non !
: Mouais, pourquoi pas
: A découvrir